Chercher | En vue | Derniers commentaires | Thèmes | Archives | Liens | Lettre d'info | Syndication | Statistiques

Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

16/05 — Le brassard contre le droit de grève

Sur le site du Figaro, ce petit sondage : « Êtes-vous favorable à ce que l’on remplace la grève par le port d’un brassard sur le lieu de travail ? »

58.64% des internautes ayant répondu au machin sont favorables...

...

Je commence à me dire qu’il faut considérer comme miraculeux le fait que nous vivions pas (encore) sous un régime fasciste.

Un peu de lecture : Droit de grève contre service minimum, quelques éléments pour une autodéfense

 

13/05 — Eldorado

J’ai eu la chance, hier soir, d’assister, dans le tout nouveau cinéma Sauvenière, à Liège, à la première (mondiale, s’il-vous-plaît) d’Eldorado, le nouveau film de Bouli Lanners qui sera présenté au festival de Cannes, dans la quinzaine des réalisateurs. Ce road-movie wallon produit par Versus est une petite perle, minimaliste, intimiste. À ne pas manquer.

 

10/05 — Morts « de la route »

Jeudi, un jeune cycliste de trente ans est mort à Tielt, en Flandre occidentale. L’automobiliste qui l’a renversé « n’est pas parvenu à l’éviter ». En fin de journée, entre Hastière et Florennes, près de Dinant, une dame a perdu la vie alors qu’elle roulait à vélo. Le chauffeur de la voiture était semble-t-il sous l’influence de l’alcool.

Hier, à Courtrai, une cycliste de 16 ans a été renversée par un poids lourd et est décédée peu après son admission à l’hôpital. Le chauffeur « n’a pas vu la cycliste ».

Ce samedi matin, à Couillet, près de Charleroi, deux cyclistes ont été fauchées par une voiture. L’une d’entre elles est décédée.

Pendant ce temps, les médias unanimes saluent, la larme à l’oeil et le trémolo dans la voix, la mémoire d’un footbaleur qui s’est tué cette semaine au volant d’une voiture de sport qu’il conduisait à une vitesse tellement élevée que la pudeur interdit, semble-t-il, de la révéler.

Il est sans doute heureux qu’aucun cycliste ne se soit trouvé sur sa route. Probablement ne l’eut-il pas vu...

 

9/05 — Ordures ménagères et big brother

J’ai été, il y a quelques jours, fourrer mon nez dans une réunion de quartier que tenait le bourgmestre de Seraing, Alain Mathot. J’y allais pour prendre la température en vue d’un article que j’écris sur les enjeux urbanistiques à Seraing mais, de façon générale, j’ai appris pas mal de choses.

Entre autres, comme vous en avez peut-être entendu parler, un important projet est en cours de mise en oeuvre à l’échelle intercommunale concernant la collecte des déchets (lire par exemple l’article de Marc Bechet dans La libre de ce jour). À terme, les systèmes actuels (sacs payants, étiquettes,...) devraient être remplacés par un système de « conteneurs intelligents » (sic) fonctionnant sur le principe suivant : chaque ménage disposerait d’une carte à puce donnantt accès à un conteneur situé à maximum 50 mètres de son domicile.

Là où c’est intéressant, c’est que les poubelles déposées par chaque ménage seront automatiquement pesées et une facture sera dressée en fin d’année en fonction de la production d’ordure, au kilo près. Sur le principe, ça a l’air assez sympa : chacun paiera en fonction de ce qu’il produira (enfin, pas tout à fait, comme le fait remarquer Ecolo, puisque la part forfaitaire est démesurée par rapport à la part variable), ce qui devrait donc inciter tout le monde à produire moins de déchets (ou à aller les balancer dans des dépôts clandestins, mais c’est une autre histoire).

L’effet de bord préoccupant, c’est que les données générées par ce système pourraient être, à en croire le bourgmestre de Seraing, utilisées à d’autres fins que la gestion des déchets. M. Mathot a en effet expliqué le plus sérieusement du monde que « ça permettrait, par exemple, de repérer les domiciliations fictives ». Ne manque qu’un peu d’imagination pour trouver à ce machin d’autres usages du même genre....

 

2/05 — Pour que Liège soit capitale européenne de la culture en 2015

Il est temps que Liège arrête de passer à côté des opportunités. Il est temps aussi que la relation d’amour-haine avec la Wallonie cède le pas à une relation plus mature. Il est temps que la Wallonie cesse de délaisser Liège qui est la seule métropole de la région.

Pour ça et parce que j’ai vraiment très envie que Liège retrouve des couleurs, je lance aujourd’hui avec Alain De Clerck (notamment connu pour être l’auteur de la SPAC) un appel public pour que Liège soit capitale européenne de la culture en 2015.

Pour signer, c’est par ici.

Si vous voulez vous joindre à l’initiative, prenez contact !

 

29/04 — Débat sur le web 2.0

Beaucoup de choses à l’agenda (jeudi, la Mayday, dimanche : vélorution), ces temps-ci, mais notamment ce débat que j’organise la semaine prochaine à Liège (le 8 mai à 20h au Mad Café, pour être exact) avec la revue Politique et Alterezo sur le thème du « Web 2.0, innovation ou imposture ». En guise de mise en bouche, jetez un oeil à l’article que j’ai écrit avec Cédric Jonckheere.

 

10/04 — Pierre Larrouturou

Après un passionant débat hier soir à Charleroi, Pierre Larrouturou était aujourd’hui invité par la RTBF. Il s’agit d’une voix particulièrement précieuse dans la gauche européenne aujourd’hui, dont j’apprécie éminemment la perception lucide des réalités sociales et économiques |1| couplée à la proposition de réelles pistes de sorties de la folie furieuse dans laquelle nous vivons. Voici l’enregistrement de son intervention de tout à l’heure.

/IMG/mp3/20080410_RTBF_Pierre_Larrouturou.mp3

|1| Avec néanmoins une réserve sur l’utilisation un peu trop peu distanciée qu’il fait du concept de croissance.

 

6/04 — La France, terre d’asile

Avez-vous remarqué qu’en même temps que la procédure d’extradition de Cesare Battisti est en passe d’aboutir, avec la bénédiction des autorités françaises, le président Sarkozy déclare que la France prête à accueillir des militants des Farc ... si Ingrid Bettancourt est libérée, bien entendu.

Pour rappel, Cesare Battisti est donc cet ancien militant d’extrême-gauche italien, accusé, dans les années de plomb, de meutres dont il se dit innocent et pour lesquels il a été condamné, dans des conditions extrêmement discutables, à la réclusion à perpétuité. François Mitterrand lui avait accordé l’asile, moyennant certains conditions, dans un geste qui force encore le respect. Quinze ans plus tard, les droites italiennes et françaises — dont la rancune est tenace — ont cherché à l’extrader pour lui faire purger sa peine en Italie. Il a alors pris la fuite au Brésil, où il est aujourd’hui emprisonné, avant une très probable extradition vers l’Italie.

Voilà une nouvelle fois les contradictions de M. Sarkozy mises en lumière par un caprice de l’histoire qui — en plus de charrier bien des souffrances humaines — ne manque pas d’ironie.

 

30/03 — Mayday Mayday

Cette année encore, le précariat rebelle sera au rendez-vous de mai. À Liège, un meeting international aura lieu vendredi 11 avril à 20h30, en présence notamment de Toni Negri. Le lendemain se tiendra une journée de rencontre et de réflexion organisée par Flexblues sur les modes d’organisation des luttes syndicales des précaires.

Le 1er mai, le rendez-vous est donné à Aachen, en Allemagne, pour conspuer l’Europe du capital.

 

28/03 — Mais arrêtez de faire de la pub pour les fachos, bordel

Geert Wilders, il s’appelle (photo). Son nom — et sa tête de méchant pour soap-opera — font la une ces jours-ci en compagnie de ceux d’un tueur en série psychopathe et (ça va sans dire) de quelques sportifs. Aviez-vous entendu parler de lui il y a six mois ? Je suppose que non ; en tout cas, moi pas. Quelle est la raison de ce soudain accès de notoriété ? L’individu — député facho du royaume de Hollande de son état — a publié sur l’Internet un court-métrage montrant, rapporte Le Soir de ce jour, « des images violentes du 11 septembre et des attentats de Madrid. Le tout entrecoupé de versets coraniques appelant à la guerre sainte, encourageant au martyre ». Et, ni une ni deux, le ban et l’arrière-ban des médias et de la politique — jusqu’au secrétaire général des Nations unies ou à celui du Conseil de l’Europe, excusez du peu — de pousser des cris d’orfraie. Et c’est à qui beuglera le plus fort.

Je dois dire que je n’ai pas vu ce film, que je n’ai pas spécialement envie de le voir d’ailleurs et que — même si Le Soir nous donne obligeamment l’url où le visionner tout en délivrant l’injonction paradoxale de ne surtout pas le regarder —, je ne perdrai pas mon temps à cela.

Simplement, je répète que je ne comprends pas cette attitude parfaitement extravagante qui consiste à transformer sciemment un fait insignifiant en événement mondial au motif qu’on est opposé au promoteur dudit. La seule chose que mérite M. Wilders, malgré son teasing hyper-pro, c’est un mépris indifférent. Ce que font aujourd’hui une bonne partie des médias chaque fois que des fachos trouvent l’occasion d’une provocation consiste, tout en prétendant les combattre, à leur offrir une publicité dont aucun groupe antifa — ou démocrate en général — n’oserait même rêver.

Comme l’explique à L’Express Olivier Roy, chercheur au CNRS, ce que cherche Wilders, c’est "devenir le chef de file du courant anti-islam grâce à l’impact médiatique de l’opération". Cette agitation médiatique a pour effet de le lui permettre.

Stop ! Un peu d’esprit critique ! Arrêtez le massacre ! Ce député hollandais bénéficie de la liberté d’expression, comme tout le monde. Il a en conséquence le droit de publier son film, sur le net ou ailleurs. Alors soyez conséquents, Messieurs les indignés : si vous tenez à poursuivre le délire, réclamez le retour de la censure — mais vous aurez alors les défenseurs de la liberté d’expression sur votre chemin. Dans le cas contraire, taisez-vous !

 

18/03 — Visitez les lieux du (futur) crime...

Non, je ne vais pas vous parler de precogs... Mais ce dimanche 6 avril, on vous propose avec le collectif pour un moratoire sur l’autoroute CHB une balade dans la vallée de la Vesdre, sur les lieux — véritablement magnifiques — sur lesquels l’autoroute Cerexhe-Heuseux/Beaufays sera construite si le gouvernement wallon s’enfonce dans ses intentions criminelles (oui, oui, criminelles, c’est bien le mot). Covoiturage possible depuis Liège (me contacter).

Pour plus d’info, c’est par ici.

 

17/03 — Débat sur la poste

J’ai participé ce soir à l’émission « Point Barres », animée par Benoît Derue sur la télévision locale namuroise Canal C, émission dont l’édition du jour était consacrée à un débat sur la libéralisation du secteur postal, avec notamment Paul Furlan, président de l’UVCW et de Bernard Delvaux, membre de la direction de La Poste. Vous pouvez dès à présent voir ce débat en ligne (très fort, Canal C, de poster son contenu sur le net le soir même du tournage).

 

3/03 — Le tram ou la nouvelle culture urbaine

Le tram est semble-t-il définitivement revenu dans les bonnes grâces des élus locaux et des urbanistes tandis que les citoyens le plébiscitent. Le tram est tout simplement en train de devenir le symbole d’un nouvel art de vivre en ville ; véritable fer de lance qu’il est d’un réaménagement des espaces urbains faisant la place belle aux piétons, aux vélos, aux espaces verts. Si besoin est de s’en convaincre, voyez « Le Monde 2 » qui lui consacrait sa couverture de ce week-end et 8 pages intérieures !

Vous trouverez en ligne le long article de Martine Valo et Michèle Champenois (sans les illustrations, faut pas pousser non plus) qui, en passant par Nice, Nancy et Nantes |1|, montre cette évolution plus culturelle que technique.

Bien entendu, pendant ce temps, le gouvernement wallon continue à vouloir investir ses sous dans les autoroutes.

Ah oui, la pétition pour le retour du tram à Liège est toujours en ligne. Et puis, pour les Liégeois, la semaine prochaine, le mardi 11 mars, une conférence est organisée sur les enjeux de long terme des choix de mobilité... histoire de faire un petit peu avancer le débat.

|1| Un petit tour hors des frontières de l’hexagone eut sans doute été utile, mais ne boudons pas notre plaisir.

 

2/03 — Biennale de Liège

Si vous aimez la photographie, un petit tour par la cité ardente s’impose ; puisque s’y tient pour le moment (et jusqu’à la fin de ce mois) la sixième édition d’une biennale qui, sans atteindre sans doute son meilleur niveau, mérite quand même le détour.

Je vous recommande particulièrement les expositions réunies au musée d’art moderne et d’art contemporain (MAMAC, sis dans le parc de la Boverie) sous le thème générique du « territoire mental ». (par contre, vous pouvez franchement vous dispenser d’aller voir l’expo de l’église saint André)

Pour en savoir plus, c’est par ici.

 

24/02 — XXI

Tout le monde en a déjà parlé, je sais — lire par exemple ce qu’en écrit The Mole (faut dire, un succès éditorial dans la presse, c’est pas banal banal vu la morosité des temps). Je voulais quand même ajouter mes deux sous pour vous dire moi aussi tout le bien que je pense de l’objet après l’avoir lu de bout en bout (déjà, rien que ça, ça dénote pas mal par rapport à la manière courante et survolante de « consommer » les médias).

XXI, donc, est un nouveau trimestriel. 200 pages de « narrative journalism » haut de gamme vendues exclusivement en librairies (au sens français du terme ; au grand dam des marchands de journeaux) et qui s’arrachent comme des petits pains, malgré les 15 euros qu’il en coûte. Et si la campagne de promotion du nouveau venu — il y a du beau monde à l’orchestration |1| — a manifestement été très soignée, elle n’explique pas à elle seule un engouement qui semble principalement lié à la qualité des plumes qui s’y expriment.

Ce qui est étonnant avec cet authentique ovni médiatique, c’est que, me semble-t-il, la recette du succès prend méchamment à rebrousse-poil les idées reçues généralement admises parmi les éditeurs de presse, dont le moutonisme un peu pathologique est pour le coup nettement mis en lumière.

Alors que la tendance est au raccourcissement forcené des articles (comptez donc le nombre de phrases d’un article de La Meuse ou de la DH,..), XXI nous livre des articles de dix pages, dans lesquels on a le temps de s’immerger. Face à la profusion des flux d’informations de plus en plus accessibles, XXI renonce d’emblée à toute espèce d’exhaustivité, faisant le choix de la sobriété pour approcher les choses par quelques points d’appui bien choisis.

Alors que la disponibilité gratuite des articles sur le web est plus ou moins redevenue la norme dans la presse francophone après quelques années de fermeture relative, les articles de XXI ne sont disponibles qu’en papier — le site du magazine de contentant de compléter l’offre éditoriale. Ceci reste sans doute une question largement ouverte (on me sait par ailleurs plus chaud partisan du libre accès à l’informaion) — particulièrement en ce qui concerne la contradiction entre rémunération des journalistes et accès à l’information du plus grand nombre.

Alors que la tendance est à la chronique des insignifiantes trépidations du pouvoir, au journalisme de cour, à la starification gratuite de petits roitelets vulgaires dans leurs habits trop grands de représentants du peuple, XXI prend le large, sans façon. On peut par exemple lire dans ce premier numéro un article époustouflant d’Emmanuel Carrère sur Edouard Limonov, écrivain protéiforme et opposant baroque au poutinisme, un article dont j’aimerais vraiment beaucoup que vous ne vous dispensassiez pas de la lecture.

Alors que, parallèlement à sa prolétarisation accélérée, la gent journalistique est loin de faire systématiquement honneur à son statut putatif d’élite culturelle, les journalistes de XXI nous donnent du « lourd ». Il y a de la plume et du fond, du style et pas mal de kilomètres au compteur. Faut dire qu’on leur a vraisemblablement laissé le temps et les moyens de mijoter tranquillement leur papier... Ça aussi, c’est pas spécialement banal.

Même sur le plan des illustrations, XXI détonne. Passée la couverture « à l’italienne » un peu criarde, on découvre de la photo, du dessin, du graphisme cohabitant sans mal avec des pages entières de texte nu, le tout dans un style assez éloigné de l’imagerie d’agence ou de la photo illustrative qu’on retrouve le plus souvent dans la presse. Cerise sur le gâteau, un reportage en bande dessinée (j’avais jamais vu ça, moi) du très délicat Jean-Philippe Stassen — dans lequel les Liégeois reconnaîtront la Casa Ponton, sur la première planche — clôture en beauté ce premier numéro.

Alors que les patrons de presse semblent généralement persuadés que leur métier consiste à répéter veulement aux lecteurs ce qu’ils veulent entendre, XXI s’offre et nous offre le luxe rare de nous surprendre, voire de nous dérouter.

Alors que la tendance est au gratuit-papier-chiotte, à l’omniprésence de la pub, XXI nous épargne tout ça, nous demande quinze euros pour 200 pages denses. Autant dire que ça les vaut. De quoi donner quelques idées aux éditeurs de presse ?

|1| Laurent Beccaria, fondateur et directeur des éditions des Arènes, est directeur de la publication. Patrick de Saint-Exupéry, ancien grand reporter au Figaro et ancien récipiendaire du prix Albert Londres, est rédacteur en chef. Parmi les actionnaires, outre ces deux personnes, on retrouve notamment Gallimard et Charles-Henri Flammarion.

 

samedi 10 mai 2008

Liège 2015, quelques précisions

L’Appel pour que Liège soit capitale européenne de la culture en 2015, que j’ai lancé voici une semaine avec Alain De Clerck et qui a déjà recueilli plus de 2000 signatures, fait grand bruit à Liège. La presse locale s’est largement faite écho de cette initiative dans plusieurs articles (par exemple ici) — et Le Soir, dans son édition de ce week-end, sous la plume de Marc Vanesse, y consacre même une pleine page. On peut notamment y lire une première série de réactions politiques desquelles il ressort une assez large unanimité en faveur de l’idée, à la notable exception du parti socialiste, qui se montre fort réservé. D’autre part, à gauche de la gauche, certaines voix expriment de fortes réticences, non sans arguments, ainsi qu’en témoigne par exemple cet échange sur Indymédia.

Il ne me semble dès lors pas inutile de préciser une série de choses à ce sujet. Pêle-mêle.

1. Tout ce qu’on fait ici, avec Alain et avec les autres personnes qui nous rejoignent, c’est ouvrir le débat — chose qui, à notre point de (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 7 012 signes. Il a suscité quinze réactions.

lundi 28 avril 2008

Tram à Liège, on avance à grands pas

Il y a eu pas mal d’avancées dernièrement sur le dossier des transports en commun à Liège. L’attention médiatique s’étant, cela dit, surtout focalisée sur le sacre du Standard, l’information sur ce sujet a peut-être été reléguée au second plan. Il n’est dès lors pas inutile de faire ici le point sur la situation.

On est en effet passé depuis une dizaine de jours d’une situation de consensus de principe assez éthéré sur la nécessité d’améliorer les transports en commun à une étape ultérieure : celle de l’entame du débat sur la faisabilité financière voire technique du tram liégeois.

Cette relative accélération du dossier est principalement liée à la publication d’une étude sur la mobilité en commun à Liège commanditée par la région wallonne et réalisée par la société régonale wallonne des transports (SRWT). À ma connaissance, cette étude n’est pas encore disponible en ligne. J’ai pour ma part eu l’occasion d’assister à sa présentation par un membre du cabinet du ministre des transports et de prendre quelques notes, mais (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 10 041 signes. Il a suscité deux réactions.

dimanche 27 avril 2008

Le Grand Curtius va « affirmer sa dimension internationale »

Dans le cadre d’une opération nationale, il était possible ce dimanche de visiter les travaux, en voie d’achèvement, du « Grand Curtius ». Je veux parler de cet ensemble muséal — connu également sous les noms d’« EMAHL » ou de « Mégamusée » — qui devrait ouvrir à Liège au printemps 2009 une quinzaine d’années après le lancement du projet.

Ce musée, qui réunira une série de collections qui étaient auparavant éparpillées en divers lieux, devrait, à en croire les autorités, draîner bon an mal an quelques 150.000 visiteurs et constituer une attraction majeure à l’échelle internationale.

Autant le dire tout de suite : même si l’objectif affiché n’est pas démesurément ambitieux (la fréquentation des grands musées internationaux se compte en millions de visiteurs par an) on a un peu de mal à croire qu’il sera atteint. Pour trois raisons :

1. Le contenant, d’abord — presque un îlot entier, située entre Feronstrée et le quai de Maastricht (périmètre en bleu sur l’illustration ci-dessous) —, se signale certes par la (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 5 059 signes. Il a suscité quatre réactions.

samedi 26 avril 2008

Quelques précisions sur la Chine

Un précédent texte publié ici à propos de la Chine m’a valu pas mal de commentaires, pas tous enthousiastes, sur le blog et en dehors. Comme promis, je reviens sur la question pour préciser quelques points.

1. Je m’étonne que le fait d’émettre des doutes sur la pertinence de boycotter les Jeux Olympiques de Pékin soit assez rapidement assimilé par certaines personnes à un alignement sur la position chinoise. C’est à ce genre de remarques — parfaitement abusives, faut-il le dire : rien dans mon texte ne me semble permettre cette conclusion — que l’on voit que la mentalité du « si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi » a bel et bien fait des ravages. Précisons donc : tout en étant défavorable au boycott des JO, je considère le régime politique chinois comme particulièrement déplaisant.

2. Une des raisons pour lesquelles je suis défavorable au boycott est que je pense qu’il n’est pas une mesure efficace pour obtenir de Pékin ce qu’on souhaite en obtenir (grosso modo : le respect des droits de l’homme). (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 3 889 signes. Il a suscité trois réactions.

lundi 7 avril 2008

Le boycott des jeux olympiques de Pékin, une asymétrie tristement révélatrice

Alors que se multiplient les appels au boycott des prochains jeux olympiques d’été, prévus pour cet été en Chine, permettez-moi de poser bièvement les trois questions suivantes et d’en tirer trois conclusions.

1. Pourquoi boycotter le pouvoir chinois et pas, par exemple, le pouvoir russe ou étatsunien ? Si la répression dont fait l’objet en Chine la liberté d’expression — et d’autres libertés fondamentales avec elle — m’indigne sans équivoque, je ne suis pas certain que les outrages aux droits de l’homme dont est responsable le pouvoir chinois soient tellement plus considérables que ceux que commettent d’autres puissances. Au risque d’encourir le terrible risque de passer pour anti-américain (brr, j’en frémis), puis-je par exemple rappeler que c’est aux Etats-Unis qu’on légalise aujourd’hui même la torture ? Il n’est pas non plus inutile de souligner que la Chine n’a pas engagé la moindre guerre, a fortiori illégale, depuis que le régime en place est installé, ce qui n’est pas le cas, loin s’en faut, très (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 10 400 signes. Il a suscité 43 réactions.

lundi 31 mars 2008

Les enjeux de long terme des choix de mobilité

Le 11 mars dernier avait lieu à l’ULg une conférence sur le thème des enjeux de long terme des choix de mobilité. Ce fut un vif succès, tant par la petite centaine de personnes réunies à cette occasion, pour parler d’un thème qui, pour être dans l’air du temps, n’en est pas moins relativement ardu. Mais surtout, la qualité des interventions et leur complémentarité étaient

Il se dégageait de ces exposés la calme et néanmoins terrifiante évidence du désastre en cours et, aussi, de l’inconséquence des personnes à qui la démocratie à confié la conduite des affaires de l’Etat.

Voici déjà l’intervention de Michel Wautelet, professeur à l’UMH et porte-parole de l’ASPO (33 minutes) :

IMG/mp3/20080311_michel_wautelet.mp3

Pour télécharger le fichier mp3 de cette intervention :

Vous pouvez également télécharger les slides de son exposé (...)

Ce billet est long de 1 056 signes. Il a suscité 0 réaction.

samedi 23 février 2008

Kosovo, l’autodétermination contre la souveraineté démocratique

Les autorités de la province serbe du Kosovo, jusqu’alors sous administration de l’ONU, ont donc proclamé unilatéralement son indépendance, il y a maintenant une petite semaine.

Face à cet événement attendu et rendu possible par eux, la réaction des gouvernements occidentaux, largement favorable à la reconnaissance du nouvel Etat, n’a bien sûr guère surpris. Si dans le cas de l’administration étatsunienne, les choses semblent claires, elles sont pourtant sans doute un rien plus complexes en ce qui concerne l’Union européenne. Selon DeDefensa : « S’il y a un sujet qui fait l’unanimité dans les institutions européennes, principales machinatrices avec les USA de l’indépendance, c’est bien le Kosovo. “Il est impressionnant de constater combien tous les dirigeants européens, Solana, les Commissaires à la Commission, etc., combien tous sont persuadés que l’indépendance du Kosovo est une catastrophe absolue, nous dit une source à la Commission européenne. En plus des événements en cours, de l’attitude de la Russie, (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 12 172 signes. Il a suscité seize réactions.

dimanche 17 février 2008

Gratuité des transports publics, ça bouge un peu

La bonne idée de la semaine écoulée, une fois n’est pas coutume, vient du PS. « [...] la confection d’un budget, écrit Elio Di Rupo sur son blog, c’est aussi l’occasion d’être volontariste dans les domaines de société. Une mesure qui combinerait, selon moi, diminution du coût de la vie, mobilité harmonieuse et volontarisme environnemental serait de rendre les transports en communs, et notamment, le trafic national passagers de la SNCB entièrement gratuit. » Il précise sa pensée dans une interview au journal Métro : « il faut tendre vers la gratuité tout simplement parce qu’on ne pourra pas résoudre les problèmes climatiques et d’encombrements de nos routes sans passer par là », ajoutant encore que « dans les cinq à dix années qui viennent, il faudra entamer une réflexion plus fondamentale sur le chemin de fer et les transports en commun. » (via Belga)

Faut-il le dire, je suis à 100% d’accord.

Oui, la gratuité des transports en commun est une mesure de bon sens dans le contexte actuel, susceptible de contribuer (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 5 536 signes. Il a suscité 34 réactions.

vendredi 15 février 2008

Soufflets pour l’éolien ?

Les critiques se sont multipliées, dernièrement, à l’encontre de l’énergie éolienne, désormais ouvertement vilipendée par des associations organisées à cette seule fin. Jusqu’à l’éminent Hervé Kempf y est allé, ce jeudi, d’une saillie attérante dans Le Monde après que Martine Betti-Cusso ait fait de même dans un kilométrique et alarmiste papier dans Le Figaro Magazine. Ceci m’incite à dire deux mots de la question.

Actons tout d’abord avec Kempf que, bien évidemment, la première chose à faire lorsqu’on parle d’énergie, c’est de se préoccuper de la réduction de la consommation. Le principal gisement d’énergie se trouve, ainsi que l’explique l’association Negawatt, dans notre propre — et excessive — consommation d’énergie. Il devrait y avoir consensus sur ce point. Reste que, cela acquis, même dans une société post-carbone et post-nucléaire où l’on ne consommera plus d’énergies fossiles, nous aurons toujours besoin d’énergie. L’éolien et les autres formes d’énergie renouvelable seront alors indispensables.

Si jusqu’il y (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 5 600 signes. Il a suscité seize réactions.