Les archives des Bulles

Vote électronique

samedi 17 mai 2003, par François Schreuer

Ce dimanche, plus de sept millions d’électeurs belges éliront leur représentants au sein des deux chambres fédérales. Pour une partie d’entre eux, ce vote se fera au moyen du vote électronique. Sans m’être particulièrement mobilisé sur la question, je suis ébranlé par quelques uns des arguments avancés par les opposants au système.

Le recours à l’informatique pose d’abord question sur la capacité que les témoins ont à effectivement vérifier le bon déroulement du vote. Plus symboliquement, dans la mesure où il coupe le contact avec un support "matériel", il est sans doute également un facteur fragilisant la confiance du citoyen, surtout si l’informatique appartient pour lui à un univers étranger, envers le système.

Ensuite, plus techniquement, le compilateur (ce qui transforme la suite d’instruction encodées — lesquelles sont publiques et donc vérifiables — en un fichier exécutable par la machine) du programme est "propriétaire" (c’est-à-dire qu’on ne peut pas savoir comment il fonctionne). Pour cette raison, une des conditions sine qua non de l’organisation d’un vote électronique est l’utilisation de logiciels libres. Mais même comme ça, il faudrait, le jour de l’élection, commencer par faire vérifier le code par des témoins qualifiés avant de compiler sur place devant témoins, ce qui, on en conviendra, est pratiquement irréalisable. Mais il reste un problème : le code-source du compilateur lui-même devrait être vérifié, avant d’être compilé (mais avec quel compilateur ?). Et ainsi de suite (i.e. ici). Ajoutons, si certains ne sont pas encore convaincus, qu’il faudrait fort logiquement, vérifier aussi le Bios et l’OS du PC.

Moins probable mais pratiquement réalisable enfin, les instruments de télédétection existant aujourd’hui permettent théoriquement de visualiser à distance l’affichage d’un écran, annihilant potentiellement le secret du vote.

Voir en ligne : Association pour une éthique du vote électronique