Les archives des Bulles

Y’a encore de l’espoir, même au New Labour

jeudi 30 septembre 2004, par François Schreuer

C’est, me semble-t-il, une info capitale, que relevait hier l’Humanité :

Le congrès du Parti travailliste a voté en faveur de la renationalisation des chemins de fer britanniques, au grand dam de Tony Blair et de ses ministres. Le résultat du vote a été annoncé hier, peu avant que le premier ministre prononce son discours pour tenter de resserrer les rangs de son parti en vue des législatives. C’est par 64 % des voix (la plupart venant des syndicats affiliés au Parti) que le congrès a adopté la motion, véritable acte de défiance à l’égard du gouvernement.

Oui, vous lisez bien, pour la première fois depuis des siècles (enfin, depuis longtemps, au moins), un parti social-démocrate européen remet à son ordre du jour le concept de nationalisation. Ce n’est pas rien quand même car, me semble-t-il, depuis le "tournant de la rigueur" des socialistes français en 1983, ce genre d’idées qui fâchent n’étaient plus trop à l’ordre du jour. Alors, bien sûr, les britanniques étaient allés plus loin que partout ailleurs sur le vieux continent dans leur marche forcée vers la marchandisation des fonctions collectives. Il n’empêche, je trouve que ça fait du bien de lire ce genre de choses.

Ce qui est curieux, c’est que l’Huma est le seul journal francophone à en parler (pas trace de l’info dans Libé, Le Monde, Le Figaro, Le Soir, La Libre). L’info est pourtant bien confirmée dans la presse britannique, par exemple dans le Guardian. Qui a dit que l’Huma ne servait plus à rien ?