Les archives des Bulles

Vu d’Ici : les fastes de la Communauté française

jeudi 14 octobre 2004, par François Schreuer

Ayant été un jour — et ce jour commence tout doucement à remonter à quelques années — représentant des étudiants dans l’un des organes de concertation dépendant de la Communauté française, je reçois toujours, et avec un plaisir que je me garderai de dissimuler, le très beau périodique Vu d’Ici.

Il s’agit de la publication de prestige (enfin, j’imagine, il y a peut-être une autre que je ne connais pas) éditée par l’institution francophone à l’attention d’un public dont j’ignore l’étendue mais qui, me comprenant, ne doit pas être fort réduite. Contrairement à l’usage généralement répandu pour ce genre de chose — la Région wallonne fait en général très fort en la matière —, il ne s’agit pas d’une simple feuille de propagande, où la tête des membres du gouvernement s’étaleraient tout sourire sur de grandes pages de papier glacé.

Non, ici, les grandes pages de papier glacé présentent de très belles photos et des textes plutôt intéressants. On y trouve des signatures d’écrivains, de scientifiques,... Disons qu’à tout le moins c’est plus subtil : si Marie Arena, la nouvelle ministre présidente de la « CFWB » se fait interviewer (par Jean-Pierre Jacqmin, excusez du peu), c’est en page 48 seulement et l’interview n’est illustrée que par des photos de graminées.

Bref, la Communauté française est une institution culturelle et entend le montrer. Que redire à cela ? Pas grand chose.

J’ai reçu cette semaine le numéro 26, daté de l’été-automne 2004 et consacré au Thier-à-Liège. En plus de la revue, les lecteurs de « Vu d’Ici » ont eu droit à un compact disc consacré à ce reportage, comprenant des sons, des interviews,... (y’avait déjà eu la même chose pour un quartier de Charleroi, je suppose que la justice distributive intra-wallonne ne pouvait éviter de parler de Liège ensuite).

En feuilletant ces agréables pages de papier glacé, en sortant ce joli cd de sa pochette, je ne peux m’empêcher de laisser poindre en moi un léger sentiment d’étonnement — voire de trouver ça doucement ironique, un tout petit peu scandaleux. Pas tant pour le prix que ça représente — tous les magazines d’informatique proposent depuis longtemps des cd en annexe de presque chacune de leurs éditions —, j’imagine que la pression de quelques milliers de galettes de plastique ne doit pas coûter fort cher (quoique, si ça coûte 1 euro pièce et que la revue est tirée à 25 000 exemplaires, ça fait déjà presque un salaire d’instituteur !). Ce n’est pas non plus l’existence d’une revue de qualité éditée par une institution comme la Communauté française qui me choque.

Non, c’est simplement ce contraste entre différentes réalités à l’intérieur de cette sacrée « CFWB » (j’aime décidemment pas ce terme) : pendant que l’école craque de partout, que les étudiants des Hautes écoles sont dans la rue parce qu’il y a des plafonds qui goûtent, que les locaux sont trop petits, que l’encadrement est insuffisant, etc, on reçoit ce beau magazine.

C’est un peu démago tout ça ? Peut-être. Peut-être mais je n’en suis pas sûr.