Les archives des Bulles

« La télé infernale »

lundi 8 novembre 2004, par François Schreuer

J’ignore depuis combien de temps je n’avais plus regardé une « émission de divertissement » à la télévision. Ca faisait longtemps en tout cas. Après l’expérience de ce soir, il risque de passer encore pas mal d’eau sous les ponts avant que je ne remette ça.

Ce soir, donc, la RTBF programmait la première édition d’une nouvelle émission, « La télé infernale ». Il s’agit d’une vague transposition du Jeu des dictionnaires (et de l’hebdomadaire semaine infernale), reprenant, en télé, les mêmes gugusses (Pierre Kroll, Raoul Reyers, Laurence Bibot, Juan d’Outrelmont,...) « autour de » (selon l’expression consacrée) Jacques Mercier. Bref, une tentative (j’imagine) de transformer le succès quasiment planétaire du mirifique Jeu des dictionnaires [1] en audimat télé où, c’est bien connu, la publicité est vendue plus cher qu’en radio. Non, en fait j’en sais rien, mais je ne vois pas d’autre explication.

Le résultat était un indigeste et affligeant ramassis de vulgarité et de médiocrité. J’ai tenu une heure.

La conclusion, c’est que le Jeu des dicos, c’est bon qu’en radio. Que vraiment on ne voir pas pourquoi il faut qu’une émission de radio qui marche soit bêtement transformée en émission télé (déjà que, retranscrits, les textes ont souvent perdus les trois quarts de leurs saveur). Que la radio, c’est mieux. Que, quand on écoute la radio, on peut faire plein d’autres choses en même temps. Que c’est peut-être pour ça qu’on aime bien le jeu des dictionnaires, parce qu’on n’est pas pris à la gorge quand ils disent des conneries.

Voilà, c’est tout. Y’a juste que j’étais énervé d’avoir perdu une heure. Alors je viens de perdre 15 minutes supplémentaires à te faire partager ce sentiment. Bonne nuit à toi ô lecteur improbable.

Notes

[1Une petite note de bas de page pour signaler que — et il n’y a pas ici la moindre effluve de second degré — je dis ceci sans rire : le Jeu des dicos, c’est souvent très très bon.