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Elargissement de Bruxelles en échange de « BHV » ? Oui

samedi 15 janvier 2005, par François Schreuer

Deuxième bonne nouvelle de la semaine en politique belge (après l’avancée sur le financement des partis racistes). Il semblerait que les quatre partis francophones démocratiques représentés au parlement [1] soient vaguement décidés à ce que la prochaine négociation institutionnelle ne se termine pas, pour une fois, par l’habituel enculage en règle qui avait clos (momentanément) les précédentes sessions de négociation. Enfin, c’est ce qu’ils disent en tout cas. Mais comme ils le disent ensemble — Joëlle Milquet, Elio Di Rupo, Didier Reynders et même les Ecolos [2] — et qu’ils ont vaguement l’air déterminés, on peut peut-être se persuader qu’ils resteront fermes sur leurs positions.

Il faut dire en sus que, cette fois-ci, « on n’est pas demandeurs ». Car, tu dois savoir, Ô mon lecteur, si tu ne connais pas les lieux, qu’ici, en Belgique fédérale, le déterminant universel dont dépend l’issue d’une négociation n’est autre que le fait qu’on soit ou non « demandeurs » ; ou plus exactement, c’est là ce que professent en coeur nos mandataires politiques, unanimes pour l’occasion. Il ne me semble pourtant pas être outrageusement impertinent en faisant remarquer que les faits ne confirment que très moyennement ce postulat. Depuis une trentaine d’années, on peut constater que 1° les Flamands sont systématiquement demandeurs (par exemple, là, entre autres choses, ils aimeraient régionaliser [3] les chemins de fer ou une bonne partie de la sécurité sociale) et que 2° ces mêmes flamands sortent invariablement vainqueurs desdites négociations [4]. À cela, on peut ajouter que le concept de « ne pas être demandeurs » est un peu abstrait dans la mesure où il va bel et bien y avoir négociation. Car bon, à quoi ça sert de réunir une négociation si on n’a rien à demander, hein ? Mais comme, en fait, on a toujours des choses à demander (et heureusement, ça prouve qu’on a encore des trucs à se dire), on va quand même réunir cette négociation. Bref, on a rien à leur dire, mais on va quand même discuter un coup.

Finalement, peut-être bien n’était-ce pas une bonne idée de la part de Bert Ansciaux [5] d’avoir déclaré à la RTBF, avec ce petit sourire satisfait d’avance, ce que tout le monde sait mais ne dit point, à savoir (en substance) que « comme à chaque fois, les francophones commenceront pas dire non, puis à la fin de la négociation, ils diront oui » (on peut difficilement être plus explicite tout en conservant un semblant de langage diplomatique). Ça a peut-être fini par piquer l’humeur des présidents de partis francophones.

Mais venons-en au fait, car je n’ai toujours pas dit de quoi il s’agit (hum, désolé). La Flandre demande que soit scindé l’arrondissement électoral de Bruxelles-Halle-Vilvoorde [6]. Pour tout dire, cet arrondissement électoral est un phénomène un peu bizarre, voire une réelle survivance de la Belgique de papa. Fondamentalement, il n’est pas illégitime de la part de la Flandre de réclamer sa sission, laquelle participe indéniablement de la logique du fédéralisme belge ; pas illégitime, à ceci près que l’attitude de la Flandre à l’égard de la minorité francophone habitant sur son territoire relève d’un véritable apartheid linguistique à tel point que les mandataires politiques du nord du pays s’opposent aujourd’hui avec la dernière fermeté à la ratification par l’Etat belge de la convention cadre du Conseil de l’Europe sur la protection des minorités, texte selon lequel la région flamande serait immédiatement condamnable pour sa politique de discrimnations à l’égard des francophones. Bref, faute de mieux pour protéger les francophones de la périphérie, on s’arc-boute sur le truc qui reste, à savoir cette fameuse sission de « BHV ». Qui ne se fera donc, ont dit les francophones, que si en échange la région bruxelloise est élargie aux « communes à facilité ».

L’extension du territoire de la région de Bruxelles-Capitale semble pourtant une solution de bon sens à bien des égards et, s’il faut l’analyser en termes strictement communautaires, elle constitue à mon avis plutôt un élément constructif et pacificateur que l’inverse.

Premièrement, l’extension de la région bruxelloise constitue un (petit) pas vers son autonomie financière. Le revenu par habitant des communes périphériques est en effet largement supérieur à celui des communes bruxelloise (les gens riches ayant cette regrettable habitude de s’installer en périphérie des grandes villes). L’extension de la région lui donnerait donc une assise fiscale plus large susceptible de l’aider (un peu) à restaurer ses finances, aujourd’hui gravement dans le rouge. Par la même occasion, ce serait le moyen de faire participer les habitants de la périphérie au coût des services collectifs dont ils bénéficient (parce que, il faut bien le dire, une des principales raisons qui a poussé un nombre significatif de bruxellois à s’établir en périphérie est de nature fiscale).

Deuxièmement — en faisant correspondre le découpage juridico-administratif du territoire à la réalité sociale et en l’occurence linguistique — on résout pratiquement le problème des facilités, en les supprimant : les communes à facilités devenant des communes bilingues bruxelloises, cette source majeure de tensions dans la cohabitation communautaire s’évanouit, à l’avantage de tous tant est grand le besoin de facteurs pacifiants [7].

Troisièmement, on atténue le problème de la représentation des flamands à Bruxelles. Endémiquement inférieure à ce que les décideurs flamands souhaiteraient pour que Bruxelles soit dans les faits ce qu’elle est en droit, à savoir une région billingue, la population néérlandophone de Bruxelles se verrait considérablement augmentée par l’apport des communes de la périphérie. Au bénéfice de tous une fois de plus. Il ne serait plus nécessaire aux Flamands, soucieux de garantir une présence à Bruxelles, de réclamer des politiques de discriminations positives ni de soutenir une coûteuse politique d’immigration flamande vers Bruxelles. Les institutions, mieux équilibrées, fonctionneraient sans doute mieux. Et la menace spécifique de l’extrême-droite sur les institutions bruxelloises [8]serait sans doute réduite à néant.

Bref, il me semble parfaitement défendable que l’élargissement du territoire de la région bruxelloise constituerait une avancée aussi bien pour les francophones que pour les flamands. Que tout le monde a nettement intérêt à aller dans cette direction. Dès lors, pourquoi cet étonnant état de fait — que chacun peut aujourd’hui constater — qui veut que l’idée ne soit aujourd’hui portée que du côté francophone et constitue véritablement un tabou, un « onbespreekbaar » (non-négociable) en flamand dans le texte ? Je crois que c’est là une question essentielle, qu’on devrait un peu plus se poser du côté francophone, si on veut avoir une chance de comprendre les Flamands.

La simple tension communautaire n’explique pas ce fait frappant qu’un consensus soit manifestement impossible à réaliser alors les deux revendications qui s’opposent dans cette affaire sont toutes deux de bon sens et franchement complémentaires. La divergence est plus profonde, le malaise est idéologique et pas seulement factuel.

La première raison, immédiate, simple, directe et pragmatique, de l’opposition flamande à tout élargissement de la région bruxelloise, c’est que les (nombreux) partisans du projet nationaliste flamand se rendent bien compte que lorsque la Belgique sera, selon leur voeu, scindée en deux états distincts, il est fort peu probable, malgré l’envie qu’ils en ont, que Bruxelles lie son destin à celui du nouvel état flamand. Dès lors, autant circonscrire le sinistre et ne pas concéder plus que nécessaire.

Mais ce refus même s’ancre dans un réflexe plus profond. L’existence de ce véritable tabou territorial naît sans doute du statut d’assiégés dans lequel se vivent, je crois, beaucoup de dirigeants flamands. La pression démographique bruxelloise étant ce qu’elle est — celle d’une grande ville ayant des problèmes de logement mais draînant néanmoins beaucoup de monde, et ayant en conséquence tendance à s’étendre — Bruxelles est vue comme un coin enfoncé dans son coeur, comme un instrument de francisation de la Flandre, un cancer qui grignote le maigre territoire flamand. Or, on comprend que quand on a une densité d’habitants au kilomètre carré qui flirte celle du Bangladesh, on soit attentif au moindre hectare.

Cela se traduit dans la logique d’épuration linguistique qu’on observe, identifiant nation, sol et langue ; par opposition à un modèle cosmopolite, bâti quant à lui autour du concept de multiculturalité. Le premier modèle, celui que la Belgique connaît, est dramatiquement contraignant pour les personnes, complètement absurde même. La Flandre, mais la Belgique tout entière avec elle, prétend régenter l’expression culturelle la plus fondamentale de ses citoyens, la langue. Il s’agit à mon avis d’une violence particulièrement importante : au nom de quoi peut-on interdire (comme c’est le cas en Belgique) à une administration communale et à un de ses administrés de communiquer dans la langue de leur choix commun ? Si la ville de Liège souhaite ouvrir un service administratif en allemand pour ceux de ses habitants qui parlent cette langue, elle n’en a tout simplement pas le droit. Pour autant, et même si mes choix politiques personnels me font fuir pareilles logiques, je ne suis pas certain qu’on puisse lui nier toute légitimité. Car le modèle opposé, on ne peut s’en cacher, est celui d’un véritable libéralisme culturel, où le plus fort l’emportera [9]. Dans le cas présent, le principe du multiculturalisme est au bénéfice des francophones, en raison de la pression démographique, parce que le français bénéficie d’un plus grand rayonnement et pour diverses autres raisons. Mais dans bien d’autres situations, le français aura à se défendre face à la déferlante anglophone et il n’est pas sûr que la position cosmopolite sera dans ces conditions aussi facile à assumer.

De ceci, on peut conclure qu’à moins de changer les termes dans lesquels chacun formule le problème, la Belgique est dans une impasse. Je crois qu’on a désormais tiré tout ce qui était possible sur la ficelle des « solutions à la belge », que ces solutions en « stoemeling » fonctionneront désormais de moins en moins et qu’il va falloir choisir entre deux voies : consommer le divorce et scinder le pays ou mettre un certain nombre de choses à plat, interroger les conceptions respectives et tellement divergentes de ce qu’est une société bonne selon chacun des partenaires dont l’union forme la Belgique. Si cette seconde option devait être retenue, j’espère sincèrement qu’il sera possible — tabou contre tabou — d’échanger « BHV » contre une Bruxelles élargie, autrement dit de renoncer de la part des francophones à la promotion d’une minorité francophone au sein de la Flandre en échange de l’insertion de la plus grande partie de cette minorité dans la région bilingue de Bruxelles, et tant qu’à faire — parce que c’est de nouveau l’intérêt de tous — son agrandissement à une taille la rendant réellement capable de s’autofinancer.

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La région bruxelloise est en bleu. Les six "communes à facilités" de la périphérie sont en bleu clair. Le pourcentage de francophones est indiqué pour chacune des communes.

Illustration : un petit exemple de l’ambiance qui règne en périphérie bruxelloise. Les panneaux de signalisation bilingues subissent systématiquement le même traitement.

Lire aussi :

Notes

[1Dits aussi « les quatre partis francophones », ou « les quatre partis francophones démocratiques », dans le langage médiatique usuel

[2Soit dit en passant à propos de la stratégie communautaire d’Ecolo, la position de ce parti va très vite devenir intenable. Car tenir le cap de la solidarité francophone indéfectible face à ces odieux flamands tout en gardant un objectif d’alliance avec les verts flamands de Groen ! au-dessus de la mêlée, ça tient de la gageure ; d’autant plus que Groen ! a salement tendance à rallier de plus en plus régulièrement les positions flamandes radicales. C’est dommage, parce que la voie du dialogue communautaire est certainement loin d’être la plus stupide et qu’elle est même franchement nécessaire tant qu’on a encore vaguement le projet de cohabiter. Mais ça ne dit comment Ecolo va se sortir de cette situation paradoxale.

[3Je vais tenter, en notes de bas de pages, la traduction simultanée des principaux concepts à l’attention des éventuels lecteurs non familiarisés avec les arcanes de la politique belge qui trouveraient un intérêt dans la lecture de ce texte. Régionaliser : « transférer aux régions la tutelle de ».

[4Dès lors, il semble que cette idée de « ne pas être demandeurs » vient d’ailleurs. Je me demande s’il ne s’agit pas d’un résidu culturel de l’opposition libérale au refinancement de la Communauté française. Libéralisme social de l’ère Michel oblige, il fut vraisemblablement délicat pour les « bleus » de soutenir que l’enseignement n’avait qu’à se démerder avec les moyens qu’il avait (ce qui correspond pourtant fondamentalement au projet libéral absolu de baisse des impôts quoi qu’il arrive). La campagne libérale sur la question du refinancement de la Communauté française (que, soit dit en passant, un libéral, en la personne d’Hervé Hasquin, présidait, ce qui compliquait encore la posture du « PRL-FDF-MCC » devenu depuis « MR ») fut donc amplement déployée sur le thème du « ne soyons pas demandeurs » ; les rares libéraux favorables au refinancement — on se souvient de la prise de position de Pierre Hazette, alors ministre de l’enseignement secondaire — gardent à coup sûr le souvenir de s’être pris ce machin sur les doigts avec une certaine violence. Bref, ceci n’est qu’une hypothèse, qu’il vaudrait la peine de confronter aux sources historiques pour voir si effectivement le thème a fait une apparition dans le cadre des débuts de l’arc-en-ciel dans la bouche des libéraux puis s’est ensuite propagée à l’ensemble du champ politique. Si un étudiant en sociologie politique ou en histoire contemporaine à la recherche d’un sujet de mémoire me lis,...

[5Un politicien flaminguant, issu de l’ex Volksunie (parti nationaliste aujourd’hui dissous et ayant essaimé dans les trois partis traditionnels flamands, chrétien, libéral et socialiste et étant de ce fait, parvenu à une très grande réussite dans la dissémination de ses thèses). Bert Anscieux est aujourd’hui patron du mouvement Spirit, rattaché en cartel au parti socialiste flamand. Type plutôt intelligent et créatif, il devient soudainement dramatiquement obtus et intraitable dès que la discussion peut concerner de près ou de loin un enjeu « communautaire ».

[6Dit « BHV ». Jadis et jusqu’il y a peu, la Belgique, dont l’administration reste marquée de la brève et néanmoins profonde influence napolénienne, se composait essentiellement de provinces, qui ne sont rien d’autre que les départements instaurés par le régime français, au nombre de neuf (je me rappelle avoir appris à l’école primaire, ce chiffre de neuf provinces composant la Belgique). Parmi celles-ci était la province de Brabant, composée des actuelles provinces du Brabant wallon et du Brabant flamand ainsi que de la région bruxelloise. Comme toutes les provinces, elle était divisée en arrondissements électoraux (en l’occurence, Louvain, Nivelles et... Bruxelles). La région bruxelloise gagna son autonomie en 1989. Le Brabant fut coupé en deux en 1993 selon les pointillés de la frontière linguistique. Et la loi électorale ne bougea pas, de sorte qu’une partie de la province du Brabant flamand vote toujours, pour les élections organisées au niveau fédéral (chambre, sénat et élections européennes), avec les habitants de la région bruxelloise. Cela permet notamment aux nombreux habitants francophones de la périphérie bruxelloise de voter pour les partis francophones. Les Flamands veulent mettre fin à cette situation et réclament en conséquence la création de deux arrondissements, l’un couvrant le territoire de la région bruxelloise, et l’autre celui de l’ancien arrondissement qui appartient à la région flamande.

[7Il ne resterait plus dès lors qu’un point noir de taille dans le régime des facilités : Fourons, qui sans doute doit malheureusement être aujourd’hui acté comme une bataille perdue pour les francophones, la politique délibérée de colonisation flamande ayant fait son oeuvre, même un référendum serait aujourd’hui perdu par les francophones.

[8Etant donné les mécanismes protégeant la minorité flamande à Bruxelles, une majorité est nécessaire dans les deux collèges linguistiques pour gouverner. La stratégie du Vlaams Blok/Belang consiste à tenter de capter un vote francophone sur une liste flamande pour obtenir une majorité absolue dans le collège électoral francophone et de ce fait être en mesure de bloquer le fonctionnement des institutions bruxelloises.

[9Voir Van Parijs, Ph., « Le rez-de-chaussée du monde », in Delcourt J., De Woot Ph.(éd.), Les défis de la globalisation, Presses universitaires de Louvain, 2001.

Messages

  • votre analyse bhv est juste, trés démocratique, mais completement utopique.Jamais le nord du pays ne va céder un pouce de son sacré droit au sol. Conception moyenageuse mais faut faire avec avec. Laissons pisser le mouton. Bruxelles est une ville multiculturelle, avec un potentiel énorme dont la langue véhiculaire est le francais depuis longtemps.Exigeons des flamands un refinancement de Brux. et le respect des directives européennes sur les minorités La configuration politique flamande est une catastrophe.Laissons les se casser la figure seuls.

    • Un refinancement de BXL en échange de BHV ? Non merci !
      BXL a déja été re-financée suffisament de fois et la situation ne s’est pas amélioré pour autant.
      BXL est toujours aussi mendiante qu’avant voir pire.
      Ce n’est pas une solution viable pour la ville, c’est tout au plus un ballon d’oxygène temporaire.

      Je reste persuadé que la base d’une solution viable passe forcément par un aggrandissement territorial.
      Des études objectives montrent que la dimension socio-morphologique de BXL s’étant sur + de 30 communes !
      Il est utopique d’espérer donner à BXL sa vraie taille compte tenu de notre constitution et de l’attachement que les flamands ont pour "leur sol", mais lui ajouter les 6 communes à facilités reste possible.

      S’il a bien lieu, cet aggrandissement providentiel reliera enfin BXL à la wallonie, la plaçant véritablement au coeur du pays et cassant définitivement les idées absurdes d’un BXL encerclé par la flandre voir comprise dedans (fini le Gordel et autres salloperies soi-disantt sportives lol)
      Mais encore et surtout, cela prouvera selon moi que même sous une pression de partis extrémistes, les politiques flamands savent encore agir pour le bien de la Capitale et pour le bien du Pays tout entier, ils prouvent qu’ils sont toujours... Belges !

    • pourquoi les francophones riches qui s’installent sur la terre flamande
      n’apprennent pas simplement le néerlandais ... comme ça au moins ils
      comprendront les documents qu’on leur envoie ... (les flamands pendant
      des siècles ont dû subir les mêmes problèmes à l’université, sur le
      marché du travail, ou pour tout simplement accéder à un niveau de vie
      raisonnable (je vous le rappelle que c’était le français qui régnait là
      bas !!)
      moi, comme tous mes égaux flamands ont dû commencer à apprendre le
      français (et non contre notre gré) à partir de l’âge de 8 ans !!!
      Ou êtes vous les jeunes wallons ? je travaille dans une entreprise
      internationale à Bruxelles où la langue commune est l’anglais ... mais
      tous les flamands parlent le français, et très très peu de wallons
      le néerlandais... je vous rappellent qu’il est prouvé qu’on vous finance
      depuis des siècles, et ce n’a jamais été le contraire comme vous dites
      très régulièrement ...
      Je suis anversois, à anvers, en tant que parisien, on peut se faire
      servir en français sans aucun problème .. (j’ai travaillé à paris, mes
      collègues me l’ont confirmé) ... Mais commander une bière en flamand
      à Charleroi ne sera pas aussi facile ... et ne sera même pas accepté ...
      Donc, la volonté de s’ouvrir vers l’autre ... posez vous des questions
      là dessus..

      goeiedag,

      dominique

    • « Pourquoi les francophones riches qui s’installent sur la terre flamande n’apprennent pas simplement le néerlandais ... ». Deux cas sont à distinguer :
      1. Dans une commune sans facilité de la région flamande, apprendre le néerlandais me parait indispensable. Je suis donc d’accord avec vous.
      2. Dans une des 6 communes à facilités de la périphérie bruxelloise, par contre, ils peuvent choisir leur langue administrative et judiciaire, du moins en théorie parce que la région flamande essaie par beaucoup de procédés d’homogénéiser sa région, les francophones y étant de plus en plus mal perçus…
      Or, il est bon de rappeler que leurs facilités sont des facilités permanentes, s’ils ne s’intègrent pas bien c’est leur problème mais on ne peut en aucun cas nier leur droits. Ceci coince souvent avec le nord du pays, qui les considères comme étant temporaires et devant permettre l’assimilation progressive des francophones en Flandre… Mais pourquoi un tel acharnement ? Il est évident que la montée des partis nationalistes et extrémistes au nord du pays n’y est pas pour rien…

      « Les flamands pendant des siècles ont dû subir les mêmes problèmes… »
      Les flamands ont au cours de l’histoire de notre pays et à juste titre revendiqués leurs droits. Ils les ont progressivement obtenus et c’est tant mieux ! Aujourd’hui, les flamands sont égaux face aux francophones et même majoritaire dan un certain nombre de cas. La page est donc tournée depuis un certain temps.
      Alors prenez donc votre respiration et dite vous « Mais au fait, est ce que les francophones veulent du mal aux flamands ou veulent tuer la langue néerlandaise ? » La réponse est non. Il est temps pour la région flamande de se calmer un petit peu.

      En ce qui concerne l’acquis de l’autre langue nationale, je relativise vos propos :
      1. Il n’y aura jamais autant de francophones bilingues que de flamands bilingues puisque que les proportions sont de +- 40% Fr et 60% Nl.
      2. Même s’il reste du progrès à faire, sachez que la Belgique n’a jamais compté autant de francophones bilingues qu’aujourd’hui, ne soyez donc pas si pessimiste.
      En ce qui concerne l’ouverture d’esprit, la région flamande et sa politique d’homogénéisation ne sont malheureusement pas un très bon exemple… Je ne peux pas parler des wallons étant bruxellois mais en ce qui nous concerne, notre ouverture d’esprit est évidente, les bruxellois sont généralement des gens conviviaux et très ouverts sur le monde.

      Maintenant, je vais tenter de vous expliquer pourquoi, en dehors de tout problème communautaire, l’élargissement de Bxl est positif.
      Aujourd’hui, on constate qu’une partie des bruxellois grandissent à Bxl mais préfèrent s’installer en périphérie (dans les 2 Brabants) dès qu’ils veulent ou ont les moyens de fonder une famille. Ils fuient véritablement la fiscalité trop élevée de Bxl.

      Ajouter à cela les centaines de milliers de navetteurs (en grande majorité flamands d’ailleurs) qui utilisent les infrastructures de Bxl chaque jour mais qui paient leurs impôts dans leur commune du Brabant, l’UE qui fait monter les loyers, etc.
      Le résultat de tout ceci est un grand paradoxe : Bxl est économiquement parlant une région très riche (la 3ième d’Europe il me semble) mais ses habitant la quittent et ceux qui restent sont de plus en plus pauvres, si bien que la ville rencontre des problèmes financiers et se retrouve dépendante (vis-à-vis de l’état, de l’UE,…) et subit parfois en plus des chantages financier d’autres régions du pays…
      Les bruxellois conscients de tout cela aimeraient bien voir cette situation évoluer vers un mieux. L’extension de la région est une solution bénéfique et viable sur le long terme pour la capitale tout en réglant le problème des facilités.

      Ce que j’essaie de dire ici, c’est que mon intention n’est pas de faire gagner une communauté ou une région sur une autre mais bien de faire progresser la Belgique vers un mieux.
      Penser pour le bien de Bxl, c’est penser pour le bien du pays tout entier et il en a besoin.

      En espérant que tu as eut le courage de tout lire lol,
      Bien à toi Dominique.

    • Bonjour,

      Merci de votre réponse. Je suis heureux de voir que ce billet a été lu par au moins un de mes concitoyens du nord du pays.

      Quelques éléments de réponse à votre message.

      pourquoi les francophones riches qui s’installent sur la terre flamande n’apprennent pas simplement le néerlandais... comme ça au moins ils comprendront les documents qu’on leur envoie...

      Certes, cela peut se défendre pour ceux qui s’installent en Flandre, mais il se trouve que beaucoup de francophones habitaient déjà ce territoire avant que l’on invente le concept de frontière linguistique.

      Plus fondamentalement, je crains l’idée d’épuration linguistique que véhicule aujourd’hui le discours flamand : elle ne s’accorde pas avec le modèle de société dans lequel je souhaiterais vivre. Je préfère un monde cosmopolite, où se cotoient les cultures et les langues, où se développent des infrastructures culturelles (journaux, théâtres, bibliothèques, écoles,...) répondant au besoin des populations présentes sur un territoire plutôt que voulant imposer un modèle unique.

      J’habite Liège et je souhaiterais sincèrement que les services communaux liégeois soient autorisés à offrir un service en néérlandais pour faciliter la vie aux habitants néérlandophones de Liège, mais aussi en anglais, en allemand, en arabe, en turc,... Je crois que je serais plus heureux en sachant que ma ville est ouverte aux populations venant d’ailleurs qui souhaitent venir s’y installer.

      les flamands pendant des siècles ont dû subir les mêmes problèmes à l’université, sur le marché du travail, ou pour tout simplement accéder à un niveau de vie raisonnable (je vous le rappelle que c’était le français qui régnait là bas !!)

      L’oppression linguistique qu’on subies les populations de langue (ou de dialectes) flamande est indéniable. Il est cependant frappant de constater une assimilation entre les « oppresseurs » francophones du premier siècle d’existence de la Belgique avec les francophones d’aujourd’hui. Celà me semble particulièrement injuste à deux points de vue :

      • Les populations wallones, y compris en milieu urbain, n’étaient guère plus francophones que leurs homologues du nord du pays. Le fait que le wallon soit aujourd’hui devenu une langue presque morte ne doit pas faire oublier que l’oppression fut la même (le wallon a même été quasiment éradiqué par la politique scolaire). Bref, dans des conditions historiques différentes et qui ne sont pas totalement comparables, mais dans une mesure similaire je pense, les wallons wallonisants ont aussi connu des difficultés dans l’accès à l’université, à la fonction publique,...
      • Le français a longtemps été l’appanage de la seule bourgeoise, au nord comme au sud du pays (ceci est extrêmement important). Plutôt qu’aux francophones d’aujourd’hui qui ne sont que les héritiers des wallons d’hier, il me semble que les règlements de compte des flamands — si réglement de compte il doit y avoir — devraient plutôt concerner les franskilions, ces flamands privilégiés qui ont longtemps fait le choix (et le font encore parfois aujourd’hui) de parler français.

      Ou êtes vous les jeunes wallons ?

      Je n’ai pas de chiffres, mais je suis prêt à croire que les jeunes francophones maitrisent moins bien le néérlandais que l’inverse. C’est en partie imputable à la différence de rayonnement des deux langues (le français donne accès à une aire culturelle nettement plus importante que le néérlandais : son apprentissage — indépendamment du cadre belge — est donc plus « rentable »), mais ça n’explique pas tout.

      Celà dit, la connaissance du français est aussi en net recul chez les jeunes Flamands : lorsque je rencontre un jeune flamand, nous parlons le plus souvent en anglais ! En ce qui me concerne, liégeois, j’ai choisi de ne pas apprendre le néérlandais pour apprendre l’anglais et l’allemand, parce que je pense — en raison du nationalisme flamand — que la Belgique n’a pas d’avenir et que la seule motivation sérieuse que j’aurais à apprendre cette langue est l’existence de la Belgique.

      je vous rappellent qu’il est prouvé qu’on vous finance depuis des siècles, et ce n’a jamais été le contraire comme vous dites très régulièrement...

      Hum, pourriez-vous citer une source à l’appui de votre propos ?

      Je suis anversois, à anvers, en tant que parisien, on peut se faire servir en français sans aucun problème .. (j’ai travaillé à paris, mes collègues me l’ont confirmé) ... Mais commander une bière en flamand à Charleroi ne sera pas aussi facile ... et ne sera même pas accepté ... Donc, la volonté de s’ouvrir vers l’autre ... posez vous des questions là dessus..

      Vous avez entièrement raison sur ce point. A ceci près que la possibilité d’utiliser le français en Flandre est aujourd’hui en net recul.

      Bien à vous

      FS

    • J’ai ue l’honneur d’avoir travaillé dans une entreprise gantoise ou travaillaient 80 ouvriers walonnes. J’ y étais délégué syndicale et on a ue fait un cause d’honneur et de démocratie de faire obliger notre patron, contre la législation linguistiue, de faire traduire les PV du consei’l d’enteprise et du comité d’ d’hygiène en francais. Même les collégues dans l’ordite du Vlaams blok ne pouvaient/osaient. pas réagir contre cela. Pourquoi ? Il est évident que dans letravail commun avec des dangers journaliers dans des chantiers de l’industrie chimique ou petrol la sécuritié personnel et la sécurité d’emploi est plus important que les lois linguistiques.

      Cela dit il est claire que prèque aucin ouvrier francophone ne parlait le néerlandais et que la majorité de travaillerus néerlandophones essaient à parler le francais.

      Je vois la solution du conflit "communautaires" dans ce pays dans la même optique qu’on a résolu les problèmes entre colègues dans notre entreprise :

      Ce sont les gens, le peuple, la populations ellem même qui doit prendre en main le problème iindépendemment de la "réforme d’ Etat" qui est devenu un élement de conflit et de surenchère entre les communaités linguistique et un entrae pour résoudre d’une manière sociale et d’en bas le problème.

      Cela suppose un mouvement politique indépendemment des partis traditionnelles qui est capbel d’organiser en son sein , comme c’est el cas ici, mais en deux (ou trois, ou quatre ) langues la dialogue nécéssaire pour résoudre les problème réeelles de la populations

      La base de cette mouvement est selon mois clairement et nécesaiement ou mieux inétivabelemnt démocratique, mondialiste, républiqaine et gauche. La question communaitaires y occupent en soi plus la place centrale qu ’il occupe au jour’hui comme champs de bataille à d’autres batailles auteour du budget publique, le chômage, la sécurité sociale et la position vias-à-vis de la guerre ou de la paix dans le monde.

      Mais sur cette base deux principes sont repris
      reris d’une manierère obligatoire :

      1. la néssessité de déterritorialiser les doirit démocratique qui sont liée à l’ppartenance d’un communautés linguistique, culturel etc. Cela veut dire que en effet à Liège il est possbile de faire des choses comme on a feit dans notre entreprise.

      2. la céssecité urgent de la part du gournement dans les écoles et dans les entrepises via le sysèùe de temps de crédit, d’un programme de développement de bilinguisme (fr/nl) Cela veut dire que l’Etat se présent vis-àvis tous les citoyens comme organe de stimuler le bilinguisme tant au ord qu ’au sud et cela indépendemment des langques officielle dans les relatons des citoyen avec l’administration publique.

      1° deterritorialiser

    • Raf Verbeke :
      "J’ai ue l’honneur d’avoir travaillé dans une entreprise gantoise ou travaillaient 80 ouvriers walonnes. J’ y étais délégué syndicale et on a ue fait un cause d’honneur et de démocratie de faire obliger notre patron, contre la législation linguistiue, de faire traduire les PV du consei’l d’enteprise et du comité d’ d’hygiène en francais."

      Et comment vous faites avec les travailleurs Turcques, les informaticiens Indiens ou les plombiers Polonais dans votre entreprise ?

    • Je suis français, je vis et travaille en périphérie bruxelloise depuis 2 ans et demie. Actuellement je suis sidéré de constater que l éclatement de la Belgique me touche plus que certains de mes collègues frphones ou nlphones.
      Je voudrais préciser une chose : il n’y a désormais plus que les riches qui s’installent en périphérie, les prix sur bxl ont bcp augmentés, il n’est donc plus rare de voir des francophones qui pour des raisons de budgets décident d’acheter proche de bxl, très proche, mais ne partent pas à l’assaut de magnifiques villas...
      Quand je suis arrivé en Belgique j’avais 2 de nl à l’université, j’été plein de bonnes intentions pour m’intégrer, mais depuis que nous avons acheter notre maison à sint pieters leeuw ma vision des choses à complètement changée. A chaque échanges que je fait avec ma commune, je suis considéré comme un parasite, un moins que rien, devrais je rappeler à ces fonctionnaires que je paye des impôts qui payent leurs salaires...
      alors depuis peu je n’ai pas envie de faire des effort d’intégration, le plus paradoxale c’est que désormais je défends ma langue maternelle et en réaction à leur bêtise, je prône la fierté de mes origines, après moult humiliations du style : vous avez les moyens de venir avec un interprète...etc
      Et bien si ils ont peur des francophones, ils n’ont pas fini de l’entendre.....

    • Il me semble qu’un dernier élèment de réponse à Dominique est à citer : une question : sur quel base économique s’est industrialisée la Belgique ? réponse (en tous cas dans les cours d’histoire donnés dans les écoles francophone) le charbon. Où était le charbon ? réponse : en Wallonie. Les stéréotypes qui provoquent tant de hargne flamande (le pauvre soldat flamand mort sur le front de l’ijser parce qu’il n’avait pas compris un ordre donné en français, les 2,5 euros par jour donnés par un flamand à la Wallonie, l’oppression francophone...) ont tous étés démontés par des scientifiques, historiens, politologues ou sociologues... mais ces discours=là ne sont pas véhiculés par les médias. Pourquoi ? Parce que depuis des années le politicien flamand se sert de la Wallonie comme un bouc émissaire et que ça marche pour récolter des voix. Parce que il est plus facile de vendre un journal ou un magazine véhiculant un tel stéréotype propagateur que de briser les mythes qui fondent la nation flamande. Le français est la langue bourgeoise qui s’est imposée dans la Belgique du XIXe siècle. Toute personne (wallon ou flamand) qui voulait progresser socialement se metteait de lui=même à la parler. Le flamand s’est uniformisé et à atteint le statut de langue ? tant mieux. Faut=il pour cela obliger certaines personnes à le parler si elles ne l’estiment pas nécessaire ? pour l’italien vivant dans le brabant flamand je comprend que cela ne paraisse pas très attrayant. Qu’il aille vivre dans le Brabant Wallon ? la question suivante amène la réponse de demain. Ne vivrait=il pas simplement en Belgique ? Je suis également en faveur d’un état multiculturel dans lequel une personne peut s’exprimer et s’informer dans la langue de son choix. Je pense = naivement ?= que les problèmes communautaires cesseront lorsque l’on sortira de l’émotionnel pour enfin pouvoir discuter rationnellement et résoudre les problèmes quotidiens de la population belge.

    • Pourquoi ne pas instaurer des écoles bilingues en Wallonie et à Bruxelles ? Seulement les flamands ne veulent pas...
      S’il est vrai que l’apprentissage du néerlandais est très mauvais en communauté francaise, il ne faut pas compter sur les flamands pour l’apprendre ! En effet, allez faire un tour à la mer, essayer de parler en néerlandais avec les commercants... Ils vous répondrons de suite en francais sans même vous donner la chance d’apprendre avec eux.

      C’est pareil dans le monde du travail. J’ai travaillé durant 2 mois avec trois flamands, deux d’entre eux ne parlait pas bien le francais, et pas moyen qu’ils vous adressent la parole en néerlandais même si vous le leur demandez. Les flamands ne veulent pas que l’on apprenne leur langue et ils s’en réjouissent.

  • Sous la pression d’une Flandre unanime, les partis traditionnels ont osé bousculer le dernier tabou garant d’un semblant d’unité institutionnelle : toucher aux frontières de Bruxelles et de la Flandre.

    Preuve de courage ? Effrayés par leur témérité, ils se sont empressés de préciser que leur décision était purement tactique, rappelant « n’être demandeurs de rien ». Sympa pour les habitants des communes à facilité soumis à de nombreuses tracasseries, pour les francophones de Bruxelles, victimes des privilèges exorbitants accordés aux Flamands. Et pour les Fouronnais…

    Sans revenir sur l’histoire, il est trivial de reconnaître la constance du Mouvement flamand. Observons simplement que des citoyens lucides, considérés au mieux comme « un peu extrémistes », ont tout fait pour sauver la Belgique. Si les propositions wallonnes de 1903 à 1945 de fédéralisation avaient été suivies, nous n’en serions pas là… Les « bons Belges » appliqueront jusqu’au bout la maxime de La Rochefoucauld : « On est toujours plus heureux de ce que l’on ignore que de ce que l’on sait ». Si les politiciens flamands courent derrière le Vlaams Belang dans ses projets, même les plus anti-démocratiques, nos politiciens francophones vivent dans la nostalgie d’une Belgique qui n’a jamais existé. Ils ne veulent rien voir venir.

    En face ils mènent une guérilla permanente. Deux exemples, l’un symbolique, l’autre concret : les transferts Nord-Sud et la scission de l’Arrondissement de Bruxelles-Halle-Vilvorde.

    Même dans les chiffres les plus extrêmes publiés, les transferts se situent dans la moyenne basse des transferts entre régions d’autres Etats d’Europe. Rien que de normal dans le cadre de la solidarité entre les citoyens d’un même Etat. Nos myopes des partis traditionnels, ont cru devoir réagir sous forme d’une querelle de chiffres et d’arguments. Le problème est ailleurs, les Flamands veulent nous faire comprendre qu’ils ne veulent plus partager cet Etat avec nous.

    Loin d’être symbolique comme on l’a prétendu, la scission de BHV entre bel et bien dans la logique d’indépendance. La marche irrésistible de la Nation flamande suppose la fixation de frontières d’Etat : telle est en est le sens. La dissolution de la Yougoslavie a en effet consacré en Europe le principe selon lequel les limites administratives internes acquièrent, en cas de sécession, le caractère de frontières d’Etat protégées par le droit international. Les éventuels Etats européens sont liés par ce principe qui maintiendrait les communes à facilité dans la Flandre indépendante. Les effets d’une scission seraient irréversibles.

    Encore faudrait-il que ces limites administratives soient établies de manière univoque et définitive. Or, tant que la scission de BHV n’est pas consommée, ce n’est pas le cas. Ses limites chevauchent et contredisent celles des régions linguistiques et des Etats fédérés de Flandre et de Bruxelles. Elles sont une indication claire de l’opposition persistante d’une des parties à la limitation de Bruxelles aux 19 communes. C’est le seul atout qu’il serait stupide de galvauder dans le dernier quart d’heure. Il ne faut donc pas céder sur ce point et sacrifier le moyen et le long terme, en particulier la continuité territoriale entre la Wallonie et Bruxelles et leur avenir commun, à des satisfactions immédiates mais illusoires, comme le refinancement éventuel de la Région ou l’allégement partiel, hypothétique et transitoire des contraintes linguistiques.

    Si les stratèges des partis traditionnels viennent de nous rejoindre sur ce point, ils ne précisent pas que la seule contrepartie négociable à la scission de l’arrondissement est la fixation démocratique des limites de la Région bruxelloise, par la consultation des populations concernées.

    Certains pensent maintenant à s’inventer un autre avenir. Des pistes existent. L’indépendance de la Wallonie et de Bruxelles (sous forme d’un district) sont évoquées. Si la "Mini-Belgique sans la Flandre" semble tenir la corde, on n’ose (pas encore trop) parler de réunion à la France…

    La Wallonie n’étant pauvre qu’en comparaison avec la Flandre provisoirement plus riche, la viabilité économique d’un Etat wallon est réelle, mais sera difficile et coûteuse socialement. L’obstacle réside surtout dans le fait que la Wallonie n’a jamais voulu devenir une nation.

    Bruxelles en "District européen" enclavé dans un Etat flamand ? Le district de référence est Washington. Ses habitants se plaignent d’être traités comme des citoyens de seconde zone… Il n’est pas simple de transformer Bruxelles en un district fédéral européen, l’Union n’est pas un Etat et n’a ni le pouvoir, ni le moyen, ni le désir d’administrer un territoire. Que serait la ville dirigée par des eurocrates ( la plupart, habitant en dehors de la ville) ? L’anglais aurait vite fait de remplacer le français et les autres langues. Sans compter les Ministères fédéraux vidés des milliers de fonctionnaires flamands rapatriés et les compensations aux Flamands qui y ont tellement investi !

    Une "Mini-Belgique sans la Flandre" ? Qui pense sérieusement qu’elle serait viable ? Beaux débats en perspective pour choisir une capitale administrative ! Le manque de continuité territoriale accroîtrait le bien réel « sentiment national bruxellois », conséquence paradoxale des contraintes imposées par la Flandre à la ville depuis 1963. Les courriers des lecteurs et les propos des politiques incitent à penser que les deux régions ne pourraient vivre ensemble sans heurs…

    Les partis traditionnels francophones n’ont rien à opposer aux Flamands. Le simple fait d’accepter de discuter montre qu’ils sont prêts à des concessions. Des scénarii circulent déjà allant du re-bétonnage des facilités (que deviendront-elles dans l’Etat flamand ?) à un refinancement de Bruxelles. N’espérons pas, dans l’hypothèse de concessions inacceptables, que les mesures de sauvegarde du type « sonnette d’alarme » ou opposition des ministres francophones au fédéral puissent sauver l’essentiel. Les concessions auront l’aval des Présidents de partis, nous vivons en particratie…

    Si négociation il doit y avoir, il faut y aller dans de bonnes conditions, les Francophones et les Wallons n’ont jamais pu, pour des raisons de nombre, de moyens ou de volonté, tenir un dialogue équilibré avec les Flamands.

    La vraie négociation, la seule, qui mettra fin, une fois pour toute, aux problèmes communautaires sera celle qui aura lieu entre les Etats successeurs de la Belgique. La Flandre et… la France.

    Si l’on analyse froidement l’évolution de la situation institutionnelle, l’heure décisive approche où les Bruxellois, dans le respect scrupuleux des droits individuels de leurs concitoyens de langue néerlandaise, devront choisir leur destin. Nous leur proposons de le faire aux côtés de la Wallonie, dont ils sont en si grand nombre les enfants, en marche sur le chemin qui les ramènera dans leur maison commune.

    Claude Thayse
    Réunioniste
    http://www.claude-thayse.net

    • *

      Mini-Belgique !? Vous trouverez sur le site http://nordsud.skynetblogs.be/archive-week/2007-24 un petit délire qui date des élections communales d’octobre 2006, mais conserve son sel et correspond tout-à-fait à votre hypothèse d’une Mini-Belgique, que je crois viable tout simplement parce que nous n’aurons guère d’autre choix dans 10 ou 20 ans, si tant est que nous l’avons encore.

      Je vous le conseille si vous taraudent les rumeurs d’impasse institutionnelle et de sécession unilatérale qui circulent en cette période post-légilative (10/06/07).

      *

      L’article principal de ce blog est une belle synthèse du problème BHV.
      Un seul argument me vient à l’esprit pour le compléter, que personne ne semble avoir évoqué dans les comments.

      Je doute qu’il existe une majorité parmi les habitants des communes à facilité pour rejoindre la région bruxelloise. L’argument fiscal n’est sans doute pas le principal.
      Je formule l’hypothèse que la plupart des citoyens de ces communes, et principalement les "immigrés francophones" ont vécu un rejet radical de l’urbain, et que rejoindre une capitale multiculturelle et cosmopolite en extension, est le cadet de leur souci.
      En cas de referendum, on risque un rejet de nature quasi raciste, en tout cas anti-urbaine, proche des réflexes "nimby" de bourgeoisies (flamandes et francôphones) coincées culturellement dans leurs 4-façades.

      Il faudra donc convaincre par des mesures transitoires, rappeler que Bruxelles compte elle-même des zones villageoises et pavillonnaires (Neerpede, Berchem, Uccle...) similaires, mais je n’y crois guère.

      Bref un belle idée de compromis sans doute trop rationnelle et trop peu belge, et qui pourrait capoter in extremis comme la Consitution européenne le jour du referendum français.

      *

      La suite sur mon blog ?

      Voir en ligne : Les communes à facilité veulent-elles rejoindre Bruxelles ?

  • Synthétisons même le package

    - scission BHV, tant au niveau de l’arrondissement électoral que de l’arrondissement judiciaire - même les magistrats se plaignent de la situation existante.

    - intégration des communes à facilité, plus éventuellement St Stevens Woluwé et Strombeek

    - circonscription électorale unique.

    Qu’en penses-tu ?

  • Très bonne synthèse du problème. Une précision : quand vous évoquez la "minorité francophone", il faut savoir que dans certaines des ces communes les francophones représentent plus de 75% de la population.
    L’incompréhension est très grande entre les deux communautés sur ce problème. Pour les néerlandophones il s’agit d’un "territoire" historiquement flamand et soumis à une forme de "colonisation linguistique" récente. Pourtant, les facilités ont été accordées aux communes ou plus de 30% de citoyens parlant l’autre langue résidaient sur place lors du dernier recensement. Si je ne me trompe pas c’était avant guerre (dans les années 50 les recensements ont été boycottés par les bourgmestres flamands). Il serait donc logique de considérer ces zones comme historiquement bilingue. C’est impossible de faire entendre cet arguement à un néerlandophone.
    Je crois cependant qu’un raidissement excessif des francophones dans ces communes est contre productif. Les facilités, moins on parle, mieux leurs habitants vivent. Je crois néamoins illusoire de penser qu’un élargissement soit acceptable pour les partis politiques du nord.
    Et où en sont vos cours de néerlandais ?

    • Précision : le dernier recensement linguistique date de 1947.

      A l’époque, les francophones représentaient à peine plus de 30 % de la population dans les 6 communes à facilités (et encore bien moins au début du XXe siècle), alors qu’ils y sont aujourd’hui nettement majoritaires.
      Il s’agit donc bien, quelque part, d’une espèce de "colonisation linguistique" et il ne me semble pas tout à fait juste de parler de "communes historiquement bilingues".

      Cela ne veut pas dire qu’il faille aujourd’hui remettre en question les facilités accordées aux francophones. Il y a un "fait accompli" à Wezembeek ou Kraainem, et cela ne résoudrait rien d’essayer de revenir 100 ans en arrière.

  • oui elargir agrandir amenage evoluer ameliore allonge expansionné pheriferier la banlieue la peripherie, le contour le centre en arriere, a l’est et au sud,
    laisser bruxelle vivre en paix

    S V P

  • Bruxelles a le droit d’evoluer comme toutes les villes
    le problème c’est que les pauvres Bruxellois ont affaire avec des gens intolérants,racistes,qui ont peur de Bruxelles et de son influence ces gens n’osent pas rencontrer les autres communautés ils preferent rester entre eux et c’est sans doute pour cela qu’ils se comportent comme des gamins avec leurs drapeaux et leurs menaces et cela montre bien quel sort les francophonnes auront dans une flandre independante

  • stop !!! il serait tps que les flamands soient mis au pied du mur... Je suis Bruxellois depuis 5 ans, venant d’un pays ou le ndl on ne sais meme pas que ça existe...

    Malheureusement, ou heureusement car j’aime cette ville et j’adore parler le français, j’ai du bouger pour rejoindre le siege de ma société établie à Bruxelles... Ma famille malgré que je sois né à Milan et ayant vécu à rome toute mon enfance,m’a toujours parlé en français et anglais ce qui fait de moi un quasi parfait trilingue...

    J’arrive à bxl il y a 5 ans et je m’apercois de ce clivage, de ces problèmes politiques sans queue ni tête... donc je m’informe pour en savoir plus, entre temps je recois une convocation au tribunal apres avoir connu un contentieux avec mon garagiste qui est établi à ternat, je recois les documents en néerlandais, je demande donc a l huissier de m expliquer ou de traduire cela à francais , a quoi il me répond," vous vivez à bruxelles, vous devez connaitre les 2 langues" ... Tout cela alors que 75% des bruxellois sont francophones tout de même... seconde mésaventure de ce type, je me fait opérer en 2006 et je me rend à la mutualité st-michel pour un rdv avec le medecin contrôle avant de reprendre le travail, j’arrive dans le cabinet de consultation et la je m’apercois que pas un folder, pas un magazine, rien n’est en français alors que toutes les personnes présentes sont francophones... j’adore votre beau pays mais franchement je pense qu il est impossible de demander à des personnes qui arrivent de connaitre une langue dont ils ont a peine entendu parlé, bcp de personnes ici ne parlent meme pas francais, just anglais, mais je refuse de faire l’effort d’apprendre une autre langue alors que 1/ elle ne me servira a rien si je me déplace sauf pour aller en Hollande 2/ cela va me prendre plusieurs heures par semaine alors que je n’en au aucune réelle utilité et que je travaille déja une 50 aine d’heures par semaine...

    Si les flamands veulent la cission ils n’ont qu’a la faire et bruxelles devient francophone completement ce qui permettra a bcp de bruxellois sans emplois de pouvoir postuler pour des emplois de bureau peu qualifié et dans les administrations qui sont souvent pris par des flamands ne vivant meme pas la région...

    • il serait tps que les flamands soient mis au pied du mur... Je suis Bruxellois depuis 5 ans, venant d’un pays ou le ndl on ne sais meme pas que ça existe...

      Non, je suis désolé. Cette attitude est inacceptable. Elle ne fait qu’ajouter de l’huile sur le feu. Un minimum de respect pour les Flamands et pour leur langue est indispensable.

      Je comprends votre situation, mais je suppose que vous devez habiter en périphérie bruxelloise, sur le territoire de la région flamande, parce, dans la région de Bruxelles-Capitale, on ne vous demandera jamais de connaître les deux langues. Si vous souhaitez vivre dans un monde monolingue francophone, vous pouvez vous établir dans le Brabant wallon.

      Bien à vous

      FS

  • Cet article est de bon sens mais de bon sens il en manque en politique. C’est pourquoi, j’ai créé une pétition demandant à nos parlementaires d’élargir Bruxelles.

    A voir à cette adresse :
    http://elargissement-uitbreiding.blogspot.com/

    Crois-tu pouvoir la signer et la promouvoir ?

  • Il me semble qu’un dernier élèment de réponse à Dominique est à citer : une question : sur quel base économique s’est industrialisée la Belgique ? réponse (en tous cas dans les cours d’histoire donnés dans les écoles francophone) le charbon. Où était le charbon ? réponse : en Wallonie. Les stéréotypes qui provoquent tant de hargne flamande (le pauvre soldat flamand mort sur le front de l’ijser parce qu’il n’avait pas compris un ordre donné en français, les 2,5 euros par jour donnés par un flamand à la Wallonie, l’oppression francophone...) ont tous étés démontés par des scientifiques, historiens, politologues ou sociologues... mais ces discours=là ne sont pas véhiculés par les médias. Pourquoi ? Parce que depuis des années le politicien flamand se sert de la Wallonie comme un bouc émissaire et que ça marche pour récolter des voix. Parce que il est plus facile de vendre un journal ou un magazine véhiculant un tel stéréotype propagateur que de briser les mythes qui fondent la nation flamande. Le français est la langue bourgeoise qui s’est imposée dans la Belgique du XIXe siècle. Toute personne (wallon ou flamand) qui voulait progresser socialement se metteait de lui=même à la parler. Le flamand s’est uniformisé et à atteint le statut de langue ? tant mieux. Faut=il pour cela obliger certaines personnes à le parler si elles ne l’estiment pas nécessaire ? pour l’italien vivant dans le brabant flamand je comprend que cela ne paraisse pas très attrayant. Qu’il aille vivre dans le Brabant Wallon ? la question suivante amène la réponse de demain. Ne vivrait=il pas simplement en Belgique ? Je suis également en faveur d’un état multiculturel dans lequel une personne peut s’exprimer et s’informer dans la langue de son choix. Je pense = naivement ?= que les problèmes communautaires cesseront lorsque l’on sortira de l’émotionnel pour enfin pouvoir discuter rationnellement et résoudre les problèmes quotidiens de la population belge.

  • On pourrait aussi se rendre compte que la régionnalisation ça pue du cul et revenir à un état unitaire et un seul Brabant. Ça veut dire moins de frais de fonctionnement, plus (dans le sens disparition) de concurence fiscale entre régions, simplification administrative pour tout le monde (entreprises implantées sur les différentes région qui doivent jongler avec tout ça, réseaux de transport, gestion des routes et voies navigables, une seule et même norme concernant le bruit des avions, ne plus passer pour des abrutis auprès du monde, ne plus être en campagne électorale perpétuelle, etc). Par contre ça veut dire moins de postes politiques à pourvoir, et ça c’est très triste.
    Puis de quoi parlera-t-on aux infos si la Belgique se met à être gouvernée de façon rationnelle ?

  • Si le vote de la cission de BHV est voté demain au parlement par les flamands sans les francophones, pourquoi les francophones ne voteraient t-ils pas pour l’élargissement de Bruxelles sans les flamands ? Chacun son vote et Dieu pour tous ! Et tous les Belges (ceux qui sont fier de l’être encore) seront contents. Par contre, je n’vous dis pas les commentaires extérieurs sur le soit disant "centre de l’Europe"... Il ne faut pas se laisser guider par des extrémistes. J’ai perdu mon grand-père à la guerre 40/45 et une cousine fusillée par les allemands parce qu’elle a aidé des familles juives. Malheureusement, en repartant, les soldats allemands nous ont laisser leurs collaborateurs et leurs descendants ont été élevé dans la haine et la cruauté. Il faut créer des lois contre ça. Chacun a le droit de vivre et la guerre est finie.

    • Si le vote de la cission de BHV est voté demain au parlement par les flamands sans les francophones, pourquoi les francophones ne voteraient t-ils pas pour l’élargissement de Bruxelles sans les flamands ?

      Pour deux raisons très simples :

      — les députés élus dans les circonscriptions flamandes sont majoritaires au Parlement (en raison de leur population de plus de 6 millions d’habitants)

      — l’élargissement de Bruxelles demande une majorité qualifiée.

      Pas possible :)

  • Voilà un bel article. Ce serait bien si les politiciens raisonnaient un peu plus dans ce sens, au lieu de se comporter comme des enfants gâtés.

  • Bruno De Wever, le frère de Bart De Wever, président de la NVA, est professeur d’Histoire à l’université de Gent.
    Il estime que la périphérie bruxelloise n’est pas flamande.
    Pour Bruno De Wever, la Région bruxelloise doit être élargie. Jusqu’à 80 % de francophones habitent dans les communes flamandes, poursuit-il. On ne peut pas développer de structure d’Etat contre les gens.

    Dans La Libre Belgique du 17/11/2007 :

    Bruno De Wever, professeur d’histoire à l’Université de Gand et frère du président de la N-VA Bart De Wever, plaide pour qu’on renonce au tabou selon lequel la périphérie autour de Bruxelles est en Flandre. Selon lui, la Région bruxelloise doit être élargie, a-t-il indiqué dans le débat télévisé "Open Kaart" sur la chaîne économique et financière Kanaal Z (Canal Z).

    Jusqu’à 80% de francophones habitent dans les communes flamandes de la périphérie bruxelloise. "On ne peut pas développer de structure d’Etat contre les gens. Bruxelles doit être élargie comme monnaie d’échange pour une plus grande autonomie socio-économique de la Flandre et la séparation de la sécurité sociale", a déclaré l’historien.

    Le plaidoyer rejoint les demandes de plusieurs politiciens francophones, mais n’est pas négociable pour beaucoup de partis flamands.

    Bruno De Wever est conscient des critiques auxquelles il s’expose. "En tant que professeur d’université, je peux me permettre de me laisser accuser et humilier. Mon gagne-pain ne dépend pas de l’électeur", a-t-il répondu en substance sur Canal Z.

    Comme me dit ma petite soeur Thérèse, dont je partage l’avis : "Het is toch een merkwaardige uitspraak van een vlaamsgezinde hoogleraar en blijkbaar tevens een intelligent kopke bij De Weverkes... Dit is een stuk logisch denken..."

    S’il y a avait seulement un peu de pensée logique chez les politiciens ...

  • Et à condition que Bruxelles ne soit plus la capitale de la Flandre.

    Il faut se souvenir que dans les milieux flamingants des années 1956/1957, c’est-à-dire bien avant 1963 et la loi concernant les frontières linguistiques élaborée par Luc Gilson (P.S.C.), circulait le message : ce sera Mol, et puis Louvain (Leuven) et pour terminer Bruxelles.

  • Relevé dans La Libre Belgique de ce 3 janvier 2008, l’article "De Vlamingen, een volk in beweging..." de Guy Vande Putte. Germaniste. Traducteur des "Flamands", de Manu Ruys (1973) et auteur de "Belgica creola" (1999).

    "Les Flamands, un peuple en mouvement, une nation en devenir" : 35 ans après sa publication, le livre de Manu Ruys, alors rédacteur en chef du "Standaard", était bien prémonitoire.

    ... ...

    La fin de la Belgique est-elle pour autant inévitable ? Les propositions visant à la conserver - ne fût-ce qu’en façade - foisonnent. En 1999, en écrivant "Belgica Creola", j’essayais de montrer l’inanité de toute théorie d’homogénéité ethnique, à Bruxelles, évidemment, mais aussi dans les deux autres régions. Qu’est-ce qu’un "pur" Flamand ? Qu’est-ce qu’un "pur" Wallon ? Dans toute généalogie, l’Autre est présent et l’onomastique ou étude des noms propres ne fait que le confirmer. Il ne s’agit certes pas de revenir à la Belgique de papa - certains disent de bon-papa - mais de consolider une Belgique fédéralisée, forte de trois régions et privilégiant les notions de "solidarité" sociale et de "collaboration" linguistique et culturelle, plutôt que celles d’"égoïsme" social et de "cloisonnement" linguistique et culturel. Il va de soi que dans cette optique, la région de Bruxelles ne peut se concevoir qu’élargie à son hinterland socioéconomique.

    ... ...

  • Actualité > Belgique.
    Dans Le Soir :

    Le vice-président du PS Philippe Moureaux estime que les Francophones ont intérêt à accepter le confédéralisme, afin d’éviter le séparatisme. En échange de cette concession aux demandes flamandes, il faut obtenir un verrou, qui exige une majorité parlementaire des trois quarts pour toute modification constitutionnelle ultérieure, explique-t-il.

    ... ...

    A propos du dossier de l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde, Philippe Moureaux pense que l’élargissement des limites de Bruxelles doit devenir l’objectif des Francophones. « Dans un large paquet thématique, les Flamands peuvent accepter cet élargissement, je crois », dit-il.

    Lire l’article complet.

  • Je ne comprend pas comment on peu se laisser toujours faire, comment aussi alors que bruxelles est à une majorité écrasante francophone,on ne joue pas dans le même jeu.

    Les communes à facilités ne jouent pas le jeu et veulent que l’on y parle NDL,faisont de même pour Bruxelles... que le francais y retrouve sa supériorité, que le néerlandais y soi hors la loi bxl comme sur les communes a facilité... C’est un peu le truc " tu ne respecte pas mes droits , je ne vois pas pq je respecterai les tiens".

    En agissant de la sorte ce serai tout bénéfice pour la région.
    Quand je vais au bureau de poste et que tout le bureau de poste est flamand, et que ces mêmes flamands parlent à 9 personnes sur 10 en français, si on ne parle plus que français pourquoi encore engager des bilingues.même chose pour tous les services publiques, les administration, la justice ( as tu déjà demandé à halle de t’envoyer une contravention en français ?refusé !) Ca diminuerai de manière significative le chômage wallons et bruxellois, augmenterai par contre celui de la flandre, les recettes des impôts de ces travailleurs et l’effondrement de cette flandre qui de plus en plus à mauvaise image au niveau européen serait annoncé, les transferts de flandre ne seraient plus qu’un souvenir, et ils auraient enfin perdu cette bataille.

  • J ’admire le sens de l’humour et la fine analyse politique.
    J ’ai peu ëtre juste une chose à rajouter mais de taille :
    Nous Francophone, essayant de trouver une logique : oui , un Bruxelles élargi est bien pour Bruxelles ( Francophone en passant).
    La majorité des Flamands crache sur l’existence de la région de BXL ( arrachée en last minute contre la perte des Fourons).
    La tendance en Flandre est de récupérer Bruxelles et si pas de l’étouffer économiquement en l’obligeant ainsi a ce tourner vers elle.
    Comme vous le dit si bien, les compromis en stoemeling, ou chacun pouvait interpréter les textes à sa vision ( facilités pour toujours et facilités provsoires pour les flamands n’ont sont qu’un exemple) est au bout du rouleau ; les deux visions sont face à face avec aucune échappatoire possible.
    Seul l’Europe pouura nous départager. En cas de scission du pays la démocratie est périphérie retrouvera ses droits et pourra enfin exprimer son avis, sans avoir peur du Lion et de son fameux Gordel symbolique.
    Au diable le populisme et les complexés , au diable la Belgique !

    ( amateur de conversations politiques saines, n’hésitez pas à m’envoyer un mail, surtout si vous etes un néerlandophone qui a envie de débattre de son point de vue)

  • Et si finalement toute cette crise politique belge nord-sud n’était pas entretenue aussi pour faire passer la pilule de la crise économique plus facilement ? Bon je sais c’est uen hypothèse assez tirée par les cheveux. Une sorte de bouc émissaire qui habitue et anesthésie la population encore plus sur les vrais problèmes de la situation actuelle comme une lame de fond recurante nettoyant la tête des gens. Avec pour exemple la chute de Leterne I, tombé dit-on à cause d’un manque de confiance du parlement après tout le vaudeville en plusieurs actes des -teur, -teur, -teur (on n’a pas eu droit au démineur... pfff), qui pour seul argument valable d’unification pour un wallon pouvait se réduire au fait qu’il est supporter du Standard de Liège, un club fondé par mes amies les jésuites, humour, humour ...