Les archives des Bulles

Où l’on découvre le pourquoi du comment son adresse mail est toujours saturée de courrier électronique « non sollicité »

jeudi 14 avril 2005, par François Schreuer

Je suis abonné à une revue (Courrier international pour ne pas la citer) qui donne à ses abonnés l’accès à ses archives en ligne. Sympa ! D’autant plus que ces archives sont une véritable mine d’or. Sympa, sauf que, pour une obscure raison, ça ne marche pas. Le système sensé me délivrer le mot de passe d’accès refuse de fonctionner, semble-t-il en raison du fait qu’ayant déjà été abonné à un autre titre géré par le même système de paiement en ligne, une confusion est née entre mes deux "identités" sur ce site. Ou quelque chose comme ça. Peu importe.

Car, après deux ou trois mails de réclamation directement envoyés au service abonnements de la revue, je viens de prendre un bon quart d’heure à aller me balader sur le site de ladite plate-forme de paiement en ligne où se trouvait effectivement un onglet « réclamations », par le biais duquel j’ai alors envoyé une troisième ou quatrième fois mon mail de protestation. En attendant de voir ce qu’il adviendra de cette réclamation, je ne peux m’empêcher de noter ici la petite et irritante découverte que j’ai fait en cliquant sur cet onglet « réclamations ».

Parmi les options proposés aux réclamants était une intitulée « Je ne souhaite plus que vous transmettiez mon adresse mail à des tiers ». Bon, voilà, au détour du fin fond d’un site sur lequel je ne serais jamais allé si je n’avais eu le problème dont je viens de parler, on m’informe bien gentiment que j’ai le droit de demander à ce que la société éditrice de la revue que je lis cesse de faire le commerce de mes données personnelles ! J’ai donc coché la case demandant à ce que mon adresse « ne soit plus transmise à des tiers », après quoi j’ai reçu un mail bien poli : « Votre demande a bien été enregistrée. Votre adresse E-mail ne sera plus communiquée à des sociétés extérieures. Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à notre titre. » etc. J’imagine que ces enflures étaient dans leur droit grâce à quelque fioriture juridique adaptée, en signalant le fait quelque part dans le creux d’un chapitre insipide de leurs conditions générales de vente, par exemple (ces textes tellement longs que personne ne les lit et tellement techniques qu’il faudrait un avocat pour en comprendre toute la portée).

Dois-je supposer que l’étape suivante de la quête impossible de nettoyage de ma boîte mail consiste à identifier tous les « tiers » auxquels mon adresse a été transmise pour les sommer de me rayer de leurs listings ? A tout hasard, je viens d’envoyer une nouvelle réclamation demandant à Courrier international 1° de me communiquer la liste des tiers auxquels ils ont transmis mon adresse de courrier électronique et 2° de se charger de demander à tous ces tiers (et récursivement à tous les tiers à qui ceux-ci auraient pu communiquer mes coordonnées) que je souhaite qu’ils suppriment mes coordonnées personnelles de leurs bases de données.

Je ne sais pas si ça servira à grand-chose mais je suggère tout de même à ceux de mes lecteurs qui subiraient la même chose de m’imiter. J’imagine qu’à partir d’un certain seuil, le coût de traitement des protestations excède le bénéfice retiré du traffic de bases de données. Et dans ce cas, il y a peut-être une chance que ça cesse.