Les archives des Bulles

SN Brussels n’aime pas le vélo

mercredi 5 octobre 2005, par François Schreuer

Au très disputé concours des comportements écologiquement antédiluviens, la palme revient cette semaine à la SN Brussels Airlines, la compagnie aérienne « nationale » belge née sur les cendres de la défunte Sabena, qui a jugé bon de blâmer une membre de son personnel qui avait la très contestable habitude... de venir au travail en vélo. Sans doute qu’à exercer l’activité économique la plus polluante qui soit, on finit par se dire que de toute façon, une bagnole de plus ou de moins, ça n’y changera rien et que les gens qui se piquent de circuler à vélo ne sont que des provocateurs réfractaires au progrès et donc dangereux. Je ne sais pas.

Toujours est-il que cette compagnie qui a décidé de contribuer ardemment à notre bien-être commun a infligé une sanction disciplinaire à la malheureuse cycliste au motif, d’après l’agence Belga, que « la steward est toujours en sueur lorsqu’elle arrive au travail » et que « son uniforme est toujours chiffonné ».

Dans ce genre de structures, pourtant théoriquement soumises à la loi du profit et de la rationnalisation, multiplier les places de parking, ne pose de problème à personne et il se trouve toujours quelque part un budget pour les financer. Par contre, installer une douche et un vestiaire (ou d’ailleurs installer des espaces adaptés pour parquer les vélos) semble toujours relever pour bon nombre de chefs du personnels du domaine du strict inenvisageable.

L’association Fietsersbond, qui regroupe des cyclistes en communauté flamande explique (toujours d’après Belga) aussi l’argument de la SNBA ne tient pas la route car l’employée n’a qu’un kilomètre à parcourir. Le Fietsersbond ajoute que les cyclistes sont en meilleure forme et en meilleure santé, qu’ils risquent donc moins d’être malades ou victimes d’un accident de travail et qu’ils sont plus productifs et, enfin, « Ils arrivent également rarement en retard au travail ». Bien sûr, on aurait aimé un argumentaire moins ad hoc (car, quand bien même le vélo n’aurait pas que des avantages, il n’en reste pas moins que c’est un droit fondamental de ne pas se soumettre au règne du tout à l’auto), mais bon, c’est déjà une bonne chose qu’il y ait eu cette réaction.

Pour la petite histoire, l’assocication a octroyé à la steward une adhésion gratuite.