Les archives des Bulles

On peut se passer d’aller voir « Romanzo Criminale »

dimanche 7 mai 2006, par François Schreuer

J’ai tenté hier soir de me reconnecter sur la production cinématographique ambiante, que j’ai plus ou moins délaissée depuis quelques temps pour le mirifique musée du cinéma, mais ce fut un lamentable échec. Ça s’annonçait plutôt bien, pourtant : du policier-politique italien des années 70 (dans « l’âge d’or des Brigades rouges » précisait le synopsis — j’aurais dû me méfier de cet « âge d’or » qui ne veut rien dire), largement de quoi me faire bouger de mon fauteuil.

Ça s’appelle Romanzo Criminale, c’est signé Michele Placido, les acteurs sont beaux — ô la plastique d’Anna Mouglalis corsettée de dentelles —, il y a beaucoup de violence, toutes sortes de morts, des stars même il paraît, il y a un ou deux jolis paysages de bord de mer comme le Golfe de Gênes et la Campanie (je n’en sais rien en fait) en font d’inimitables, mais le film est raté, le scénario sent le pétard mouillé qu’accouchent à grand-peine ces scénaristes couillons incapables d’assumer leur ambition de parler de l’histoire (note pour plus tard : citer des noms et y aller trash quand on écrit un roman historico-politique). Le propos reste extrêmement vague autour du thème à peine ébauché de l’État qui a protégé des truands pour les utiliser comme hommes de main contre les communistes.

Quant au traitement des brigades rouges et de la répression des années de plomb, sensées servir de trame dramatique au film, il est complètement inexistant au point que ça en devient nauséeux d’une sorte de neutralité politiquement correcte, fort opportune commercialement il est vrai à l’heure où le marché italien est tellement, hum, coupé en deux.