Les archives des Bulles

Pour faire de la politique, il faut savoir ouvrir grand la bouche

samedi 3 février 2007

Pour « réussir » en politique, l’adoption d’un comportement grégaire est très souvent indiquée. C’est un constat que l’on fait régulièrement, particulièrement lorsqu’on est amené à fréquenter ou à observer attentivement le microcosme de la politique professionnelle. Les effets de ce phénomène sont comiques ou tristes selon les circonstances, mais, personnellement, ça me rend en général plutôt triste [1]. Vous pourrez avoir les meilleures idées du monde, vous n’irez souvent pas bien loin si vous ne sacrifiez pas à quelques usages sociaux où il est question de se taper de grands coups de paluches dans le dos, d’engloutir des litres de bière ou de rire bruyamment aux moments indiqués, de préférence après qu’une personne hiérarchiquement haut placée ait sollicité cette approbation de votre part par le biais d’une plaisanterie plus ou moins grasse selon l’avancement de la soirée.

Mimétisme, soumission au chef, comportements rituels, on peut (un peu trop facilement) faire une analyse éthologique du politicien comme on peut en faire une du singe, avec probablement des conclusions relativement proches.

Si j’écris ceci aujourd’hui, un peu abruptement et sur ce ton assertif qui sert aux grandes vérités, c’est que ces considérations viennent de prendre une actualité très vive dans mon esprit à la lecture du journal Le Monde de ce jour dans lequel je trouve la photo que vous pouvez contempler ci-contre montrant, d’après sa légende, « le député du Parti des travailleurs (PT, gauche), Arlindo Chinaglia (au centre), lors de son élection à la présidence de la Chambre des députés à Brasilia, le 1er février 2007. »

Notes

[1Quoiqu’il ne s’agisse pas, et loin de là, du pire des travers du monde politique, pour autant que je puis en juger.