Salut Karim,
Je ne conteste pas les faits que tu énonces (et je soulignais d’ailleurs qu’Ecolo est probablement plus avancé que les autres partis dans le domaine). Cela dit, je trouve quand même que le fait qu’Ecolo fasse appel pour sa communicaton à une boîte tellement ancrée dans la culture propriétaire qu’elle n’a pas peur d’afficher sur ses productions l’avertissement dont copie d’écran est reprise ci-dessus est quelque chose de significatif sur une certaine désertion de la question, chez Ecolo et ailleurs, sur une lacune culturelle.
Certains parlementaires ont fait du boulot sur le sujet (je pense en particulier à Zoé Genot), Ecolo a fait avancer la question a plusieurs reprises sur le terrain législatif, mais ça ne semble plus beaucoup retenir l’attention aujourd’hui. Le fait qu’une recherche sur le site web d’Ecolo sur le sujet ne donne rien est également assez significatif de cette perte d’intérêt [1].
Concrètement, comme je l’écrivais récemment (et brièvement) dans la revue Politique, quatre enjeux me semblent majeurs au niveau du logiciel libre :
- Interdire effectivement la « vente liée », c’est-à-dire d’obliger par la loi les vendeurs d’ordinateurs à donner au consommateur le choix du système qu’il souhaite utiliser, sans lui faire payer d’office, comme c’est souvent le cas aujourd’hui, une rente à Microsoft. Sur ce terrain, il me semble que les Verts européens ont fait des choses, mais je n’ai pas l’impression qu’il se passe grand-chose pour le moment en Belgique.
- Veiller à ce que les écoliers soient amenés à apprendre l’informatique sur d’autres systèmes que celui de M. Gates. Là, on avance tout doucement, mais de très grosses échéances ont été manquées dans l’indifférence générale. L’équipement informatique des écoles wallones (le plan « Cyberclasse ») — investissement majeur (plusieurs dizaines de milliers d’ordinateurs installés) de la région wallonne décidé quand Ecolo était au gouvernement — a été fait avec des logiciels propriétaires. Le plan fédéral visant à fournir un ordinateur bon marché à tous les foyers ne proposait que des logiciels propriétaires. Certains Espaces publics numériques fonctionnent certes avec des logiciels libres mais c’est au cas par cas et selon les énergies localement disponibles.
- Légiférer sur l’usage des standards ouverts de façon à permettre le partage des données et l’accès de tous aux sources d’information. Quelques avancées ont été obtenues, notamment au niveau fédéral et au niveau de la région bruxelloise, mais seulement sur des formats bureautiques (OpenDocument). Les formats multimédias en particulier sont toujours le terrain de jeu des industriels qui tentent chacun d’imposer leur format sans qu’aucune loin ni même une recommandation de bonnes pratiques pour les entités publiques n’ait été adoptée.
- Exiger des fabricants de composants et de périphériques informatiques qu’ils publient les spécifications de leur matériel et autorisent l’écriture de pilotes pour tous les systèmes d’exploitation. Là, c’est le néant le plus complet. C’est pourtant le point le plus critique pour l’avenir du logiciel libre.
Quant au détail de tes arguments :
ECOLO.be vient de basculer en SPIP (logiciel libre).
Presque tous les sites des locales et régionales ECOLO tournent soit en SPIP soit en code html allégé, fort compatible.
Dont acte.
Le Cabinet de la Ministre bruxelloise Huytebroeck tourne sous Open Office (logiciel libre) et c’est souvent idem dans les communes où les verts sont en majorité.
Il serait intéressant de disposer d’un cadastre du parc informatique public et para-public, avec la mention des systèmes d’exploitation utilisés. Là, je dois dire qu’on
Ancien permanent ECOLO de 3 locales (Bruxelles-Ixelles-Molenbeek), je ne dévoilerai pas un scoop en disant qu’Open Office, Firefox, Thunderbird et The Gimp etc étaient nos outils de travail.
Vous devriez aller donner quelques conseils à Ecolo J ou à Ecolo fédéral, je pense.
Comme indiqué sur le site ecololive (TV), il sera accessible à tous (Linux compris) dans quelques jours. Ceci dit, cela fonctionne sur Firefox à partir de la version 2.
Je t’avoue qu’après l’avertissement en question, j’ai fait ma saisie d’écran et je ne suis même pas allé plus loin.
à bientôt
François
[1] Cela dit le moteur de recherche d’Ecolo n’indexe pas tout puisqu’on trouve quelques résultats en cherchant via Google !