Les archives des Bulles

Sur la rupture de Ségolène Royal un soir d’élections

mardi 19 juin 2007

Tirée du blog de l’excellentissime Jean-Luc Mélenchon, une citation à propos d’annonce par Ségolène Royal de la rupture de son couple un soir d’élections législatives.

.../... Ensuite l’autre qui nous pourri la soirée avec son histoire de couple. Terrible ! On commence tous par penser que c’est une ruse de journaliste pour tirer la droite d’un mauvais pas et re-peopliser une situation qui tournait tragiquement à l’avantage du match droite gauche. On se défausse donc tous en rangs sérrés : « affaire privée, respect etc... ». Je me fends même d’un « il n’y a pas de divorce heureux même par consentement mutuel ». Puis je réalise que je viens de me faire avoir et la moutarde me monte au nez. Car on nous dit : « ce soir Ségolène Royal annonce etc... » Donc ce n’est pas une affaire privée. C’est une affaire que Ségolène Royal rend publique et ça change tout. Je dis donc ce que je pense. Je le dis poliment, mais j’avoue que je le pense dans des termes plus rudes. Car je suis très faché de m’être senti obligé à l’élégance avec quelqu’un qui n’en a aucune et se contrefiche de celle des autres. Son délire narcissique vise à subsituer à la politique, qui se passe d’elle ce soir là, le retour à la focalisation de l’attention sur elle. Typique du comportement de toute puissance enfantin. Les gosses font ça tout le temps, ils se signalent, ils s’imposent, ils focalisent sur eux par leurs cris, leurs larmes, leurs souffrances réelles ou supposées, la société des adultes qui discutent sérieusement de choses qui les dépassent. Là, sitôt sa souffrance étalée comme de la confiture collante sur la tartine médiatique de la soirée médiatique, nous avons aussitôt l’air d’imbéciles, tous autant que nous sommes, sur tous les plateaux et ce matin dans toute la presse et surtout à la une du "Monde" ce midi, dans le titre et le dessin de Plantu. Bien sur, juste après, devant le tollé, suivant un scénario devenu classique arrive le « non, non, ce n’est pas moi qui ai voulu ça, on a fait exprès de mal comprendre, j’avais décidé d’en parlé à sept heures du matin et pas le soir à 23 heures » et ainsi de suite sur le mode victimaire bien connu. La semaine dernière c’était le même cirque avec le coup de téléphone à Bayrou et ainsi de suite pendant toute la campagne présidentielle. Questions : que devient la plainte contre les journalistes qui avaient soit disant « violé » sa vie privée en racontant déjà tout les tenats et aboutissant de cette histoire banale de couple ? Et que faut-il penser de cette nouvelle forme de féminisme que l’on qualifierait de goujaterie nauséabonde si un homme la pratiquait à l’égard de sa compagne ? Que faut-il penser de cette façon de proclamer sans cesse vouloir « protéger "ma" famille » et « mes » enfants (l’homme étant là dedans l’accessoire que le pronom possessif exclut sans autre forme de respect) quand on étale sans cesse les avatars de sa vie privée la plus intime ? .../...