Les archives des Bulles

Juliette Boulet

lundi 23 juillet 2007

Il paraît que la fonction mûrit l’homme (ou la femme). Non, non, ce n’est pas d’Yves Leterme que je parle (quoiqu’il y aurait matière) ; mais de Juliette Boulet, nouvelle députée du parti Ecolo ; parachutée deuxième de liste dans la circonscription du Hainaut après des étapes électorales très récentes en province de Luxembourg et à Ixelles. Ça tombe bien, la voici toute prête à mûrir pendant quatre ans (ou plus probablement deux) sous les ors du palais de la nation.

L’hebdomadaire satitique Pan [1], qui n’est jamais dernier à sortir de petites perles, nous livre de la jeune (26 ans) dame un entretien d’une vacuité splendide, artistique [2]. Outre que Mme Boulet ne va pas, avec cette intervention, se faire que des amis chez Ecolo (elle balance pas mal sur ses collègues, sans raison apparente), on apprend par exemple que le clivage gauche-droite au sein de sa formation est « une question à laquelle [notre fringuante députée] doit encore trouver des réponses. » Sur la « constitution » européenne, qui est en principe son domaine de compétence puisqu’elle a travaillé comme assistante au Parlement européen et dirigé la commission concernée de son parti, elle nous livre cette réplique pleine de sel :

Je l’ai décortiquée et étudiée pendant mes études, ça me rendait malade… Je trouvais qu’il y avait beaucoup d’avancées. J’étais donc plutôt favorable, malgré qu’au sein d’Ecolo, ça rugissait dans tous les sens. Il y avait au moins la volonté d’une tentative de clarification de tous les traités, qui étaient à se casser la tête ! Ce sont des détails, mais dans le texte fondateur de ce que va être l’Union européenne, on vire le drapeau et l’hymne. En faisant cela, on vire toutes les références auxquelles le citoyen peut se rattacher ! On se fout de la tronche du citoyen…

Il serait cruel de commenter longuement (quoiqu’il y aurait de longues choses à écrire sur ces « rugissements » dont bien peu ont percé à l’extérieur du parti, si tant est qu’ils aient pu s’exprimer à l’intérieur). Signalons seulement que le reste est à l’avenant.

Comme quoi le score d’Ecolo dans le Hainaut — nettement le plus faible de toutes les circonscriptions du pays, malgré les déboires du PS — n’est peut-être pas, comme on a peut-être tendance à le croire du côté de « Kegeljan », un fait de nature, une sorte d’incompatibilité foncière entre l’auto-proclamée « terre d’envol » et les sphères éthérées de l’écologie politique. Qui sait, allez savoir, peut-être que la qualité du personnel politique d’Ecolo y est aussi pour quelque chose,...

Notes

[1Dont on peut, soit dit en passant, considérer que le passé nauséabond appartient bien au passé.

[2Si l’on voulait la paraphraser, on dirait comme elle, « Oh purée, qué bonheur ! ». Mais le veut-on ?