Les archives des Bulles

Et si on appliquait {vraiment} le principe pollueur-payeur ?

samedi 18 août 2007

Note rapide avant de revenir éventuellement sur cette information par la suite : après 11 ans de procédure judiciaire (quand même), plusieurs constructeurs automobiles japonais (Toyota, Nissan, Nissan Diesel, Hino, Mitsubishi, Isuzu et Mazda) viennent d’accepter d’indemniser des victimes de la pollution de l’air (lire les articles du Monde et de Libé).

Certains phénomènes sociaux sont difficilement explicables. Par exemple, pour quelle raison l’opinion publique reste-t-elle d’une stoïcité bovine face à certains menaces sur la santé publique tandis qu’elle peut prendre le mors au dent sur d’autres éventuellement moins dangereuses ? Ainsi, les dégâts graves pour la santé que représente la pollution automobile sont désormais plutôt bien connus — et le moins qu’on puisse dire est qu’ils sont importants [1]. Il n’empêche que, face à cette agression quotidienne concernant tous les habitants des villes [2], les réactions politiques et citoyennes restent incroyablement faibles. Pendant que « nos » élus s’étripent à Val Duchesse sur le statut linguistique d’un arrondissement judiciaire, nous subissons chaque jour une exposition à des substances qui portent gravement atteinre à notre santé. Même des mesures ultra-minimales — comme l’obligation d’apposer un filtre à particules sur tous les véhicules à moteur thermique en circulation — sont, à en croire les journaux, très loin de préoccuper ces Messieurs-Dames en leur château.

Face à cette absence criminelle de réaction, peut-être la voie judiciaire s’impose-t-elle. J’ignore les possibilités que donne le droit belge et européen en la matière, mais je suppose qu’il doit être possible de trouver des angles d’attaque. Pour ma part, entre autre chose, je me verrais bien attaquer les TEC de Liège, dont plusieurs lignes de bus passent sous mes fenêtres.

Peut-être que la généralisation de ce genre d’actions judiciaires permettrait d’enfin stimuler la fibre inovatrice — dramatiquement éteinte actuellement — chez les constructeurs automobiles et d’amorcer enfin la désacoutumance de notre société au pétrole.

Notes

[1Voir par exemple, en ligne, le reportage vidéo (février 2007) de la Télévision suisse romande : Le bal des particules fines.

[2Soit dit en passant, ce n’est pas une raison pour arrêter de rouler à vélo : la pollution est plus concentrée à l’intérieur des habitacles des voitures qu’à l’air libre.