Les archives des Bulles

Mais que faire de l’argent des amendes ?

mardi 21 août 2007

Il y aurait donc, apprend-on (ici ou ici), tellement de recettes venant des amendes pour infractions de roulage qu’on ne saurait plus quoi en faire [1] — étant entendu (admettons) qu’il est convenu que leur produit soit affecté à la sécurité routière. Ainsi, les zones de police, auxquelles cet argent est affecté — quand même 100 millions d’euros en 2006 — en seraient pour certaines d’entre elles à le dépenser n’importe comment. Et le ministre de l’Intérieur — le brillant Patrick Dewael, qui trouve sans doute là un terrain plus à sa mesure que celui des questions migratoires dont il est également en charge — de proposer que l’argent puisse être affecté à d’autres finalités.

Je dois dire que je tombe par terre en lisant cette nouvelle. Pour une raison très simple : l’« amélioration de la sécurité routière », dans le chef des éminences qui ont la haute main sur la question, consiste manifestement uniquement en des mesures concernant la voiture-reine et elle seule. Pourtant, je ne connais pas de meilleure mesure d’amélioration de ladite sécurité routière que celles qui poussent les automobilistes à délaisser leur voiture pour un mode de transport doux ou pour les transports en commun. Or, justement, le manque d’investissements est criant dans ce pays [2] en matière d’aménagements urbains pour les vélos (pistes cyclables, parkings pour vélo,...) mais aussi d’aménagements urbains en général (transformer en boulevards arborés les semi-autoroutes qui traversent encore trop souvent nos villes, y placer des bancs, des passages pour piétons,... réduit, on le sait bien, la vitesse des voitures et donc le danger qu’elles représentent) sans parler — les 100 millions seront loin d’y suffire — des transports en commun.

Pendant ce temps, on achète des motos de flics qu’on laisse pourrir dans leurs garages...

Notes

[1Soit dit en passant, comme j’en avais déjà parlé l’année passée, je me demande toujours pourquoi le montant des amendes n’est pas proportionnel au revenu des contrevenants (ou éventuellement à la puissance de leur voiture), comme c’est le cas dans d’autres pays. Ça permettrait de ne pas priver du quart de son revenu mensuel un précaire qui se fait flasher en dépassant de dix kilomètres/heure la vitesse autorisée tout en rendant les sanctions quelque peu dissuasives pour les richards qui s’en contrefoutent actuellement (j’ai même lu des témoignages de cadres supérieurs auxquels leur employeur demandait de rouler aussi vite que possible, le coût des amendes étant inférieur aux « prix du temps »).

[2Bon, plus en Wallonie et à Bruxelles qu’en Flandre, il faut bien le dire.