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À propos d’une orange bleue, brèves remarques sur les événements en cours

samedi 25 août 2007, par François Schreuer

L’assoupissement estival et l’impérieuse obligation que j’ai de me préoccuper de choses moins terrestres que la politique politicienne belge le dispute au vif sentiment que les événements auxquels on assiste actuellement ont — chose rare dans le maeström fade de l’actualité — quelque chose de significatif. Je suis même convaincu que de nombreux historiens seront amenés à s’intéresser d’assez près au déroulement des négociations par lesquelles tente laborieusement de se mettre en place un gouvernement dit « orange bleue » [1]. Et comme il est probable que, parmi ces historiens, nous ne serons pas les derniers à cogiter, tentant de comprendre ce qui nous sera arrivé, il est sans doute utile d’entamer dès à présent le travail, en commençant par tenter d’élever un peu le débat.

La crise belge nous pose avec beaucoup d’insistance certaines questions importantes, nous impose d’y donner des réponses, lesquelles ne seront pas sans très profondes conséquences sur l’avenir des habitants de ce pays, mais aussi beaucoup plus largement sur la crédibilité du projet européen.

Qu’est-ce qu’un espace public légitime ?

La question centrale est celle de la définition d’un espace politique : qu’est-ce qui définit les limites du lieu de la délibération collective ? L’enjeu est territorial, soulignons-le, trois fois plutôt qu’une. Or à la différence de beaucoup d’autres choses dans ce monde et quoi qu’on puisse penser de l’inventivité institutionnelle des précédentes générations, le territoire ne se prête pas — ou pas totalement — à la multiplicité des appartenances. Cruel retour à la matérialité du monde dans une discusson culturelle qui navigue bien souvent « hors sol », dégagée de ce genre de contingences. Le puissant mouvement nationaliste flamand nous oblige pourtant à trancher cette question du territoire. S’opposent deux optiques ; moins faciles à cerner qu’il n’y paraît.

Faisons une première tentative pour les caractériser.

Soit — ou plutôt serait — d’une part, un républicanisme multiculturel — peu assumé comme tel dans le débat belge mais qui fonde indéniablement sur le plan philosophique la position francophone — affirmant que ce qui crée un espace politique, ce qui légitime un Etat, c’est l’acte politique de sa création. On renonce ici à chercher une essence nationale dans la culture, la langue, l’histoire,... pour faire reposer la citoyenneté sur l’adhésion au projet d’un « vivre-ensemble » commun, sans considération pour l’origine ethnique ou les racines culturelles des individus. On pourrait dire qu’il s’agit en quelque sorte d’une approche nominaliste de la question politique, d’une saine application du rasoir d’Occam à tout le fatras conceptuel dont on s’encombre beaucoup trop régulièrement. C’est le modèle du droit du sol — chacun est le bienvenu. C’est le modèle de la Révolution française. C’est aussi le modèle qui a modelé les premiers temps de la construction européenne quand les puissances européennes détruites par la guerre ont décidé, par pure décision politique, de rayer d’un trait les antagonismes nationalistes pour mettre en avant la possibilité d’un devenir commun.

Face au camp républicain, le camp nationaliste flamand aurait — restons au conditionnel, c’est plus prudent — mis du temps, après la guerre, à reconstruire son propos et peine toujours à en faire reconnaître la légitimité dans un contexte qui reste quoi qu’on en dise post-moderne. Tout nationalisme s’apparrente en effet in fine à une forme d’essentialisme ethnique, pour ne pas dire de racisme. Et l’on sait que ce critère ethnique — « raciste » — n’est plus admissible ouvertement aujourd’hui dans le monde occidental [2]. Plus que d’autres, les Flamingants — que Jacques Brel disait « nazis pendant les guerres et catholiques entre elles » —, de par leur passé de collaboration avec l’occupant nazi, de par la persistance au sein de leur communauté d’une extrême-droite extrêmement dure, savent cette difficulté. Tout le défi des nationalistes flamands qui cherchent à se présenter comme modérés se serait donc concentré dans la recherche d’un critère alternatif à l’ethnicité auquel ils voyaient bien que leur raisonnement nationaliste risquait de les mener. Et ils sont brillamment parvenus à leurs fins en faisant tout reposer sur la question linguistique. Celle-ci est politiquement acceptable par leurs interlocuteurs wallons ou européens dans la mesure où la langue est en principe accessible à chacun qui fait l’effort de l’apprendre. Il n’empêche que c’est bien à un peuple uni et homogène, à une « nation » au sens romantique du terme que rêvent les nationalistes flamands. Les déclarations d’Yves Leterme sur le manque de capacité intellectuelle des francophones à apprendre le néerlandais ou l’exigence de communautarisation des allocations familiales (c’est-à-dire la perspective de voir les enfants flamands « valoir » plus que les enfants francophones) sont significatives de ce permanent sous-entendu crypto-raciste duquel il serait bon de se débarasser une fois pour toutes.

Voilà pour une première approche du débat en cours — ou plutôt une première conjecture. On ne s’en tirera cependant pas aussi facilement.

Car en se fondant sur des bases linguistiques, le nationalisme flamand marque un point décisif. Et rend possible une présentation complètement inverse des choses où le territorialisme linguistique apparaît comme la véritable résistance à la déferlante marchande, où la défense linguistique est d’abord celle des minorités. Historiquement, le nationalisme flamand aime d’ailleurs — non sans raisons, il faut le lui concéder — à se présenter comme un nationalisme « de gauche », un nationalisme qui aurait émancipé les travailleurs flamands d’une tutelle politique et culturelle de la bourgeoisie francophone. C’est à la fois exact et inexact. Car si, effectivement, l’Etat belge unitaire était, jusqu’après la première guerre mondiale, un Etat francophone opprimant les parlers populaires, le nationalisme flamand, aveuglé par la prédominance dans son raisonnement du critère linguistique, se trompe en assimilant implicitement les oppresseurs francophones d’hier aux wallons d’aujourd’hui. La bourgeoisie francophone du XIXe siècle n’était pas wallonne, elle était surtout bruxelloise et... flamande. De ce point de vue, la classe populaire wallonne a quant à elle été doublement vaincue : perdant sa langue hier (le wallon a été éradiqué au profit du français), et niée aujourd’hui dans ce statut de victime culturelle que revendique la Flandre.

On le voit, les choses sont plus complexes qu’il n’y paraissait au premier abord.

Nous ne sommes cependant pas au bout de nos interrogations. Et la suivante saute aux yeux : comment se fait-il que le mouvement flamand, héritier putatif d’un nationalisme émancipateur, soit si proche aujourd’hui non seulement, pour une partie de ses membres, du fascisme mais aussi — et là de façon écrasante — d’une doctrine économique des plus libérales ? Curieux cocktail, quand même !

Des négociateurs francophones velléitaires et inconséquents

Dans le même temps, il est tout sauf certain que les francophones sont prêts à assumer les conséquences d’une posture républicaine qu’on leur a peut-être prêtée un peu vite. Car à l’hypostase nationaliste flamande, « les francophones » ont de toute évidence du mal à trouver une réponse plus convaincante que l’affirmation d’une autre hypostase, en l’espèce celle de la Belgique. Pire, les francophones — du moins ceux à qui le résultat des élections a permis d’accéder à la table des négociations — échouent manifestement à tenir un discours centré sur l’idée de bien commun, à proposer un projet positif justifiant l’existence de cette Belgique dont ils réclament le maintien à hauts cris. Cette faiblesse confine à la carricature dans la « liste » de revendications que les négociateurs francophones ont émis en riposte à la liste flamande. Dans cette liste, les francophones se contentent en bonne partie de revendiquer des avancées pour « leur » clan et renoncent jusqu’à chercher à justifier ces revendications par un discours recevable par les Flamands, quand bien même ce serait possible dans certains cas (comme par exemple sur l’élargissement de la région bruxelloise, dont on peut à mon avis plaider de bonne foi l’intérêt pour chaque des communautés et chacune des région du pays). Dans certains cas, les revendications francophones apparaissent comme des provocations parfaitement immatures et inacceptables. Je pense en particulier à la remise en cause de la représentation garantie des Flamands au parlement bruxellois — qui est l’exacte contre-partie à la parité linguistique dont les francophones bénéficient dans le gouvernement fédéral. Remettre en cause la place des Flamands à Bruxelles revient, si l’on est cohérent, à accepter de renoncer à la cogestion de l’Etat fédéral par les deux communautés linguistiques.

Bref, l’intérêt général est absent non seulement des revendications des uns comme des autres, mais également de leurs discours. Ça ne facilite pas les choses. Plus clair encore, si les francophones parvenaient à assumer une posture républicaine, ils ne parleraient plus des francophones et des Flamands, mais seulement des Belges — et l’auteur de ces pages avec eux. Bien sûr, c’est plus facile à dire qu’à faire quand on a face à soi un front nationaliste très dur. N’empêche.

Ce faisant, en s’arc-boutant sur une position « francophone », les négociateurs du MR et du CDH oublient complètement la Wallonie ; il est extrêmement important de le souligner. Sur les huit demandes qui constituent la fameuse « liste » francophone, six (six !) concernant exclusivement Bruxelles. Seules deux (l’instauration d’une assurrance dépendance fédérale et la refédéralisation de la médecine préventive) concernent l’ensemble du pays. C’est extrêmement grave. Ce qui est en train de se passer, c’est que le maigre crédit, le peu d’influence dont disposent encore les partis censés représenter tous les francophones, ils l’utilisent à la défense de la seule région bruxelloise [3] et, pire, des seuls habitants de la périphérie, lesquels ne sont pourtant pas ceux qui en ont le plus besoin : pour le plupart, ils sont plus riches que la moyenne, ils se sont souvent établis en périphérie pour des raisons fiscales et, en refusant, de parler le néerlandais tout en habitant en Flandre, ils jettent inutilement de l’huile sur le feu communautaire. Je ne vois pas pourquoi les électeurs wallons devraient payer — politiquement — pour ces habitants de la périphérie. On me permettra de dire que je préfère que l’on consacre l’énergie et les moyens à résoudre les problèmes d’emploi à Liège ou à Charleroi plutôt que de se préoccuper de la langue des formulaires administratifs des habitants de Linkebeek.

Une dépendance réciproque entre la Belgique et l’Europe

Mais restons-en provisoirement là en ce qui concerne l’analyse des positions en présence. Et contentons-nous de constater sinon de revendiquer le fait que la Belgique constitue un microcosme du projet européen, une reproduction en miniature du problème que pose la construction europénne : comment doter d’un projet politique mobilisateur un ensemble culturellement très hétérogène ? Il ne me semble pas abusif de prétendre que de la sortie par le haut — aussi bien sur le plan culturel que sur le plan socio-économique — de la crise belge dépend tout simplement l’avenir de l’Europe, ne serait-ce qu’en raison des effets ravageurs qu’aurait une reconnaissance internationale des revendications nationalistes flamandes — somme toute bien proches des revendications catalanes, bavaroises, ou de celle de la « Padanie », pour ne citer que quelques exemples où se retrouvent les principaux éléments centrifuges qui menacent l’Union. Les dirigeants politiques et les médias des autres pays de l’Union commencent à en prendre conscience et leur inquiétude est palpable. Cette inquiétude ne devrait pas être prise à la légère par les dirigeants flamands : elle constitue à présent le principal obstacle sur leur chemin.

Je pense que la sortie par le haut est encore possible, même si la voie devient au fil des jours, de plus en plus étroite. Le consensus, si l’on y parvient, passera inévitablement par la construction de nouveaux fondements crédibles et recevables par tous à la construction de nouvelles solidarités. Et les régions riches doivent se rendre compte que cette solidarité est aussi dans leur intérêt. C’est là une chose difficile quand un égoïsme aussi abject que de courte vue en est venu à constituer le projet politique central de partis comme la Ligue du Nord italienne, la CSU bavaroise ou le Vlaams Belang (dont les thèses ont largement percolé dans toute la classe politique flamande), pour ne prendre là aussi que quelques exemples. C’est pourtant une chose nécessaire. Et plutôt que d’ironiser sur le paradoxe qu’il y a de toute évidence à voir les représentants Belges promouvoir la solidarité sur la scène européenne tout en se montrant incpables de l’appliquer chez eux, les Européens (Juncker dans Le Soir d’aujourd’hui par exemple) feraient bien de rappeler quelques évidences sur les conditions de possibilité du projet européen.

Ajoutons que l’enjeu européen est aussi celui de la capitale de l’Europe, qui s’il est déterminant pour l’Union sur le plan politique l’est aussi sur le plan économique pour les différentes régions de Belgique. Or on voit mal l’Europe rester à Bruxelles en cas de scission du pays. L’exemple serait bien trop délétère. Si la Belgique éclate, l’Europe ira vers l’Est. Je ne le souhaite pas, mais je pense qu’on ne doit pas se faire d’illusion sur ce point et la Flandre, la première ferait bien d’y penser, car avec l’Europe, ce serait une partie significative de sa prospérité actuelle qui s’en irait. On me rétorquera qu’elle y pense et que son projet pour Bruxelles a nom « Brussels DC », un district international européen, hors territoire, directement placé sous la tutelle européenne. Ce serait désastreux à bien des égards, notamment pour la vie démocratique bruxelloise (il suffit de voir Washington DC pour s’en convaincre) mais encore plus pour la Wallonie, qui se verrait privée — après avoir apporté son soutien à moult reprises à Bruxelles — de l’indispensable solidarité avec Bruxelles. On peut, on doit s’en inquiéter en Wallonie car il est tout sauf certain que les Bruxellois ne se laisseront pas tenter par ce scénario qui scellerait pourtant une vitoire totale de la Flandre. Les tendances à la rupture de la solidarité Wallonie-Bruxelles sont de plus en plus fortes, incarnées notamment dans le terrible Manifeste « Nous existons » dont il a été question dernièrement dans ces pages. Ce danger prend également forme avec la concentration à Bruxelles d’une bonne partie de la vie intellectuelle et médiatique francophone. Il est notamment évident que la plupart des médias belges francophones sont d’abord des médias bruxellois, qui nient ouvertement les problèmes et l’importance de la Wallonie. En témoigne l’absolue indifférence qui entoure dans le traitement médiatique la concentration exclusive des négociateurs francophones sur les questions bruxelloises. Il semble à cet égard indispensable de récréer à Liège un quotidien d’envergure nationale ou internationale, capable de porter dans le débat public une voix francophone belge non bruxelloise.

Seule issue : refonder la solidarité, malgré le jeu de dupe de la droite

Quoi qu’il en soit, les Flamands doivent comprendre qu’une bonne partie de leur revendications actuelles ne sont pas acceptables parce qu’elle hypothèquent gravement l’avenir du Sud de ce qui est encore un pays. C’est par exemple le cas de la demande de régionalisation de l’impôt sur les sociétés (Isoc) qui augure d’une concurrence fiscale des plus dévastatrices sur la possibilité de maintenir des fonctions de solidarité. Il n’y a que les libertariens les plus bornés (et les nationalistes flamands, donc) pour ne pas voir que l’évidence, dans un marché européen unifié, est d’harmoniser la fiscalité à ce même niveau européen, que c’est une condition sine qua non au maintien des structures de protection sociale à terme. On quitte ici définitivement les rivages éthérés du débat culturel pour se plonger dans le cambouis socio-économique — qui, à en croire les négociateurs flamands, serait la seule chose qui les intéresse, ultra-pragmatiques qu’ils seraient.

Ce faisant, on quitte aussi le domaine des opinions supputées et des intentions avortées pour se contenter de voir dans le comportement des acteurs la mise en oeuvre rationnelle de leurs objectifs. On cesse de se lamenter sur l’inévitable et on comprend que beaucoup de monde joue la stratégie du pire. Autrement dit, la droite sait que son intérêt est de faire monter la tension, sait qu’en focalisant tout le débat sur le linguistique, elle aura les mains libres pour démanteler l’Etat social et envoyer paître les questions environnementales. Je reproche dès lors à MM. Reynders et Leterme, entre autres, d’aller sciemment au conflit, sachant que cela leur profite à deux égards. D’une part, les postures de matamore qu’ils prennent plaisent, pensent-ils, à une opinion publique qu’ils font tout pour monter contre l’autre côté du pays ; leur intransigeance affichée soutient à peu de frais leur cote de popularité. D’autre part, la régionalisation accrue qui sera l’inévitable terme de la négociation en cours (quoiqu’interrompue pour le moment) aura pour conséquence d’accroître la concurrence : concurrence fiscale entre régions, concurrence sociale, concurrence totale. Ce dumping fiscal et social qu’ils organisent consciemment, on le sait, est l’allié numéro un des libéraux de tous poils : il fait pression sur les salaires, tire à la baisse les conditions de travail, augmente les bénéfices des grands groupes capitalistes capables de profiter des conditions les plus avantageuses de chacune des zones en concurrence [4]. Que les électeurs de MM. Reynders et Leterme, entre autres, comprennent cela, et l’on aura déjà derrière nous l’essentiel de nos ennuis [5].

Mon propos est donc simple : la sortie de la crise vers le haut n’est pas seulement un problème culturel. Le problème culturel est intimement lié aux questions sociales et économiques — quand il n’est pas carrément instrumentalisé par la droite qui cherche, sans pouvoir le dire ouvertement (sans quoi elle perdrait la plupart de ses électeurs) à détruire les mécanismes égalitaires. À ce jeu, la Wallonie est triplement perdante : perdante parce qu’elle est abandonnée par les négociateurs francophones au profit de la périphérie bruxelloise, perdante parce que l’avenir de la solidarité avec Bruxelles est pourtant menacée, perdante enfin parce que c’est elle qui a le plus à perdre dans le dumping fiscal qui se dessine à l’horizon.

Notes

[1D’après les couleurs des partis libéraux (MR francophone et VLD néerlandophone) et chrétiens(CDH francophone et cartel CD&V-NVA néerlandophone) qui cherchent à former la majorité.

[2Sauf en Israël qui n’accorde pas une citoyenneté pleine et entière à ses ressortissants arabes ; mais c’est un autre débat.

[3Le contenu du consensu atteignable sur la question bruxelloise a pourtant été esquissé par Philippe Van Parijs dans Le Soir de jeudi : élargissement réduit de la RW, suppression des facilités pour les nouveaux habitants, etc. Le seul problème de la position de Philippe Van Parijs est son régionalisme bruxellois, qui tend de facto à détruire la solidarité avec la Wallonie.

[4Au sujet du caractère « néolibéral » de l’Orange bleue, lire Olivier Hubert, « La vision économique de l’orange bleue ou l’éloge du néolibéralisme », papier paru dans La libre Belgique du 10 août.

[5À cet égard, il y aurait matière à longuement analyser les raisons pour lesquelles le CD&V s’est droitisé à ce point, malgré sa dépendance historique à l’égard de l’ACW — le mouvement ouvrier chrétien flamand — sensée pourtant lui éviter cette tentation.