Les archives des Bulles

... et De Wever a de très sales fréquentations

vendredi 31 août 2007

Après Yves Leterme hier, un mot sur son comparse de cartel Bart De Wever, au sujet duquel on peut lire ceci dans Pan :

Et certains oseront encore dire que le président de la N-VA est extrémiste… Une photo fait fureur en Flandre depuis quelque temps, où l’on distingue Bart De Wever contemplant amoureusement… Jean-Marie Le Pen ! Le cliché aurait été pris en 1998 à Anvers, lors d’un rassemblement de nationalistes, sous la houlette du plus célèbre borgne de France, qui rêvait d’une grande coalition de ses homologues européens. Les mamours ne s’arrêtent pas là : De Wever et Le Pen se sont aussi vus à l’enterrement du fondateur historique du Vlaams Blok, Karel Dillen, en mai dernier. Pour rappel, Bart négocie actuellement un gouvernement « fédéral »…

Pour rappel, le cartel CD&V-NVA est incontournable pour la formation d’un gouvernement.

Mais dans quel traquenard sommes-nous fourrés ?

Messages

  • De Wever a répondu à cette photo dans la libre :
    http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&art_id=367438

    pour ma part, bien que je n’aime pas l’homme (qui est nationaliste), je suis pourtant satisfait de sa réponse dont voici deux extrait :

    "c’était vraiment un débat inintéressant. J’ai trouvé que Le Pen était juste un frimeur et un poujadiste, qui n’avait de réponse à rien."

    "Honnêtement, si cela choque quelqu’un, je m’en fiche éperdument, je suis un homme libre. J’ai aussi depuis un an une chronique bimensuelle dans un quotidien de gauche, le "Morgen". Et cette photo prouve juste qu’un jour je me suis retrouvé dans la même pièce que Jean-Marie Le Pen. Et après ?"

    J’ajoute que si Le Pen venait débattre en Belgique, je réfléchirais à la possibilité d’y aller. Connaitre ses ennemis, c’est les combattre mieux. Ce qui me dérangerait, ce serait d’être mêlé à des racistes d’extrême droite.

  • L’article complet de La Libre :

    Le président de la N-VA a été photographié en compagnie de Jean-Marie Le Pen un soir de 1996. Mais pour lui, assister à un débat n’est pas sympathiser.

    D.R.

    Probablement pas un hasard : c’est au moment où la N-VA est partie prenante des négociations pour la formation du prochain gouvernement, que commence à circuler sur le Net une photo montrant son président, Bart De Wever, en compagnie du leader d’extrême-droite français, Jean-Marie Le Pen.

    Photomontage ou photo tout court ? Le document est bien authentique et date de 1996 mais le président du parti indépendantiste flamand dément toute sympathie à l’égard de Le Pen. "J’avais juste fini mes études et je pensais que c’était une occasion unique de pouvoir entendre Le Pen, qui était à l’époque un personnage de poids dans la politique française. Je suis un légaliste, avec des convictions démocratiques, mais j’ai une conception anglo-saxonne de la liberté d’expression : dans une démocratie, tout le monde doit être libre d’exprimer son opinion, même si c’est une opinion que je déteste. Et je préfère toujours avoir une information de première main que de manière filtrée."

    Avant de se répandre sur le Net, la photo avait déjà été diffusée il y a deux ans sur le site web de Filip Dewinter (Vlaams Belang), une raison jugée suffisante, selon Bart De Wever pour que les journaux flamands s’abstiennent de la publier :

    "Pour moi, l’existence de cette photo était plutôt une mauvaise surprise. Le photographe a déclenché au moment où Le Pen quittait la salle et je me trouvais à l’arrière-plan à ce moment-là. Par la suite, quelqu’un du Vlaams Belang a dû me reconnaître, malgré mes 20 kilos de moins, et a tout fait pour la faire publier dans les journaux flamands, en pensant que ce serait gênant pour moi."

    Bart De Wever se souvient avoir posé deux ou trois questions au patron du FN : "Pour le reste, c’était vraiment un débat inintéressant. J’ai trouvé que Le Pen était juste un frimeur et un poujadiste, qui n’avait de réponse à rien."

    Quant au Vlaams-Nationale Debatclub, est-ce un club de débats ordinaire ou plutôt un cercle proche de l’extrême-droite ? Tout dépend du point de vue. Pour Résistances, initiative citoyenne qui combat l’extrême-droite, c’est un "club fortement influencé par l’extrême-droite, en particulier par le Vlaams Belang". Mais on a pu aussi y voir des personnalités d’horizons divers, notamment l’un ou l’autre éditorialiste flamand. Il faut rappeler à cet égard qu’en matière de débats, les Flamands, contrairement aux francophones, ne respectent pas de cordon médiatique et que des hommes politiques d’extrême-droite sont régulièrement invités à débattre, y compris dans les studios de la VRT.

    Le compagnon en cartel d’Yves Leterme est-il conscient de l’impact désastreux que ce type d’image peut avoir au sud du pays ? "Honnêtement, si cela choque quelqu’un, je m’en fiche éperdument, je suis un homme libre. J’ai aussi depuis un an une chronique bimensuelle dans un quotidien de gauche, le "Morgen". Et cette photo prouve juste qu’un jour je me suis retrouvé dans la même pièce que Jean-Marie Le Pen. Et après ?"

  • Là-dessus, je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi, François. Comme le dit un autre commentaire : "Qu’est-ce que ça prouve, sinon que De Wever s’est un jour trouvé dans la même pièce que Le Pen ?"

    Et quand De Wever dit qu’il a une approche anglo-saxonne du débat d’idées, je me sens assez proche de lui. Je trouve que, dans la presse francophone, les idées dérangeantes ou radicales n’ont trop souvent pas droit de cité. Le débat d’idées est souvent beaucoup plus riche, dans la presse flamande. Deux exemples me viennent à l’esprit :
    — dans Humo de cette semaine, une grande interview avec une interview de ALF, cette organisation que certains qualifient d’éco-terroriste.
    — dans Knack, il y a quelques semaines, un entretien sur quatre pages de François Houtart, farouchement anti-capitaliste.
    Pour lire ce genre de choses dans la presse belge francophone, il faut se lever de bonne heure... Et pourtant ni Humo ni Knack ne sont des magazines spécialement orientés politiquement !

    Cela dit, je n’ai pas la moindre once de sympathie pour de Wever. Et si je suis pour la liberté d’expression, j’ai plutôt envie de gerber quand je vois Filip Dewinter à la télé.

    • Je suis plutôt favorable à l’idée de discuter avec tout le monde (pour autant que les conditions permettent un débat), y compris avec l’extrême-droite parce que la seule manière de réfuter son discours, c’est d’humilier publiquement ses chefs en démontrant leur indigence intellectuelle et politique (bon, il faut être sûr de son coup).

      Mais ici, ce n’est pas de débat qu’il s’agit, semble-t-il. Plutôt d’une réunion semi-publique de fachos. De toute évidence, De Wever n’est pas aller là pour combattre l’extrême-droite, il est allé écouter par intérêt anthropologique (au mieux) ou sympathiser (au pire). Ajoutons que la photo — ce sourire un peu béat, cet air soumis, les mains croisées, etc —, sans être décisive sans doute, ne plaident pas en sa faveur.

      Mais j’admets qu’il y a matière à discussion.

    • D’accord avec toi : ce sourire un peu béat, cet air soumis, les mains croisées, ne plaident pas en sa faveur. Mais cela ne me semble pas décisif pour en conclure que De Wever a des sympathies pour les idées d’extrême droite. Ce n’est pas une "preuve" en tout cas.

      Ce qui me dérange aussi, c’est l’espèce de délectation avec laquelle les francophones font la chasse aux "Flamands fachos" et dénoncent les "dérives xénophobes" des partis flamands. Cela leur sert trop souvent d’alibi pour ne pas écouter sérieusement ce que disent les partis flamands, ou pour ne pas s’opposer avec énergie - et avec des arguments solides - aux propositions de loi minant chaque jour un peu plus la solidarité.