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La Birmanie me broute

samedi 29 septembre 2007, par François Schreuer

Oui, je le dis comme je le pense, quitte à susciter à mon endroit de l’animosité supplémentaire à celle que déjà me valent déjà d’autres pages de ce carnet : la Birmanie, ces jours-ci, me remplit d’exaspération.

Je ne compte plus le nombre de courriels que j’ai reçus pour m’inviter à aller ce samedi manifester sur la place des libertés à Bruxelles en soutien « à la démocratie » en Birmanie. De nombreux amis m’ont sollicité pour je participe à ce grand moment immanquable. Là encore, à l’instant précis où j’écris ce billet, une amie me demande via messagerie instantannée si je viens à la manif tout à l’heure, s’étonne, voire s’indigne, de ma réponse négative.

Mais les questions que je pose à ces gens qui vont se réunir aujourd’hui sur la place des libertés sont les suivantes :

1) Pensez-vous que votre action va changer quoi que ce soit à la situation ? Car non seulement la position des gouvernements occidentaux est sur la même longueur d’onde que vous (sur ce point, vos grandes réclamations d’une réunion du conseil de sécurité de l’ONU confinent à l’attitude de la mouche du coche), mais en plus on sait que l’influence occidentale en Birmanie est relativement congrue (tant sur le plan économique que sur le plan diplomatique), au contraire des puissances asiatiques. On sait aussi que tant que la Russie et la Chine ne lèveront pas le veto qu’elles mettent jusqu’à présent à toute résolution un tant soit peu ferme du Conseil de sécurité de l’ONU, rien ne bougera de ce côté (et j’espère que vous ne pensez pas que les politiques étrangères de la Chine et de la Russie seront influencées par votre manifestation sur la place des libertés). Je ne dis pas que ça a toujours été le cas (par exemple la contestation du PDG de Total à l’UCL fut de toute évidence un service rendu aux Birmans) mais ce l’est très clairement aujourd’hui.

2) Êtes-vous seulement au courant que pendant que vous manifestez pour lesdites libertés, un procès a commencé à Anvers qui, dans l’indifférence quasi générale, les menace ici et maintenant (notez, on pourrait prendre d’autres exemples, comme celui du mini-traité européen qui reprend mot pour mot l’essentiel des dispositions du traité constitutionnel pourtant rejeté par les urnes françaises et néerlandaises ; et bien d’autres sujets encore). Savez-vous seulement que ce procès est mené en vertu de lois — les lois antiterroristes — votées par vos propres représentants élus et que vous avez en conséquence la possibilité de contester cette évolution du droit plus que préoccupante de façon autrement plus efficace que la junte birmane. Pour avoir tout simplement posé la question à plusieurs de ces amis qui m’invitaient à manifester pour la Birmanie, je sais que vous êtes nombreux à ne même pas être au courant de la tenue de ce procès.

3) Accessoirement, ne pensez-vous pas qu’en réclamant « le retour de la démocratie » en Birmanie, sans la moindre précaution oratoire sur cette fameuse démocratie, vous légitimez l’idée que le régime dans lequel nous vivons est quant à lui exempt de critiques sérieuses ? Ne pensez-vous pas que l’audience médiatique exceptionnelle qui vous est donnée (invité de matin première, chat sur lesoir.be et j’en passe) a un rapport direct avec cette approche, avec cette caution que vous donnez aux régimes occidentaux ?

On me rétorquera peut-être que les luttes ne sont pas incompatibles, qu’il est possible d’être à la fois solidaire des Birmans en lutte et défenseurs des libertés fondamentales ici et maintenant. C’est malheureusement faux et pour une raison très simple : le temps est compté, la militance épuise et il faut choisir les causes que l’on défend avec beaucoup de discernement. Il suffira de compter cette après-midi le nombres de joyeux badauds ramenés par le probable beau temps, l’unanimisme médiatique mâtiné — allez comprendre — d’un petit parfum de contestation à bon compte, de retour à la grande époque. Et puis de comparer ce chiffre à celui de la poignée de militants qui étaient jeudi matin à 8h30 (et je m’empresse de préciser que je n’y étais pas) devant le palais de justice d’Anvers (évidemment, c’est sportif) pour dénoncer cette mascarade de procès qui, sous la conduite du procureur Delmulle, va tenter — et risque bien d’y parvenir — de condamner un homme, Bahar Kimyongür, auquel on a strictement aucun acte répréhensible à reprocher.

J’ajoute que pour avoir personnellement sollicité, à plusieurs reprises, l’une des figures principales du combat birman — qui aime à se présenter lui-même comme un grand pourfendeur des injustices de par le monde — je me suis heurté à un mur : demandes de précisions gênées dans un premier temps sur un dossier qu’il « ne connaissait pas », tentatives de trouver une échappatoire une fois que les précisions furent données, puis finalement silence radio. Je trouve cette attitude parfaitement indigne.

Il est vrai que contester l’attitude scandaleuse du gouvernement belge sur le dossier Kimyongür — et particulièrement celle de sa ministre « socialiste » de la justice — est moins profitable à une belle carrière politique que de se faire le héraut du combat pour la démocratie à l’autre bout du globe. Et, évidemment, les militants du CLEA — cette organisation qui s’est constituée pour défendre les victimes des lois antiterroristes en Belgique aujourd’hui — ne seront pas reçus et décorés par le gouvernement démocratique birman (si celui-ci est un jour mis en place), ne voyageront pas, bobos heureux, dans les vertes collines de Birmanie, le sentiment sirupeux du devoir accompli ruisselant sur leurs belles faces de happy fews.

Qu’on me comprenne bien, les Birmans en lutte ont toute ma solidarité et j’ai beaucoup de respect pour leur combat. Mais si je sais que je peux rien faire pour eux ; si je sais en outre que la soi-disant démocratie dans laquelle je vis n’en a que les oripeaux, qu’il y a bien longtemps que le pouvoir a été confisqué par une oligarchie endogame qui se coopte entre elle (oui, oui, les élus du peuple sont choisis par les partis bien plus que par les électeurs) et que, aujourd’hui, même les libertés fondamentales sont mises en cause,... alors je sais que la priorité dans mes combats se trouve ici et non là-bas.

32 Messages de forum

  • La Birmanie me broute 29 septembre 2007 11:58, par lambda

    Opinion qui se défend. Mais pourquoi reprocher à "l’une des figures principales du combat birman" de faire exactement ce qui est promu plus haut, a savoir que comme "la militance épuise et il faut choisir les causes que l’on défend avec beaucoup de discernement". On voit donc mal comment lui reprocher de se concentrer sur le combat Birman et, pire, trouver "cette attitude parfaitement indigne". Contradiction majeure qui fait douter de l’honnêteté du reste.

    • Les jeunes ambitieux 30 septembre 2007 15:11, par François Schreuer

      Argument intéressant. Mais la contradiction ne me semble pas aussi évidente qu’à vous. Je défends deux principes dans ce texte : 1) être sélectif dans ses lieux d’intervention, certes, et 2) regarder d’abord chez soi, faire d’abord là où les choses dépendent de nous avant de parler de ce qui est lointain.

      Mais d’abord, pour ce qui est l’indignité dont je parle, elle concerne cette attitude qui consiste à se montrer a priori ouvert sur une question, puis à renoncer sans même avoir le courage de le dire quand on se rend compte que se bouger sur cette question pourrait être nuisible à une carrière politique.

      Plus généralemet, si les jeunes ambitieux du PS — démocrates ça va sans dire, défenseurs des grands principes, des libertés fondamentales et tout le toutim — avaient le cran — en cohérence avec les principes qu’ils disent défendre — de dire que les lois anti-terroristes sont gravement liberticides et que le gouvernement belge a très sérieusement dérapé dans la gestion du dossier Kimyongür, les choses avanceraient sans doute. Mais ce cran, ils ne l’ont pas ; ce serait nuisible à leur carrière, le « Boulevard » le leur ferait payer cash. Et la lâcheté transpire de leurs yeux quand on leur parle de ces questions. Alors ils en rajoutent sur la Birmanie ou sur autre chose pour soigner leur côté « engagé ». Ca ne leur coûte rien. C’est de la propagande à deux balles.

      • Les jeunes ambitieux 3 octobre 2007 18:18, par Bernard Frippiat

        Comme c’est bizarre, je n’y comprends rien à la politique, mais ce qui est dit ici je ne le comprends que trop bien.

  • La Birmanie me broute 29 septembre 2007 12:00, par cyclomal

    Belle illustration de l’impuissance des démocraties occidentales à camoufler complètement leur nature profonde sous l’instrument publicitaire, l’indignation et le rameutage des bonnes âmes.
    On va pas laisser la place aux russkofs et aux niakoués tout de même !

    S’il le faut, nous français, on fera encore donner la BK conseil sossailletie : l’actuel ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, le french doctor qui apprécie le lien intime entre l’humanitaire et le militaire, pour une misère, avait volé au secours du pétrolier Total accusé d’avoir succombé, à l’insu de son plein gré, à la coutume locale du travail forcé !(l’exploitation des richesses du sauvage anhistorique sous dictature excusable, c’est de chez nous)

    Et la répression sanglante, c’en est pas une de coutume birmane peut-être ?(je lui mâche le travail gratuitement)
    Comme le défilé de circonstance dans nos belles capitales est en train de le devenir, en moins exotique : on se compte en espérant se voir à la télé le soir en rentrant et on fustige les absents, leur froideur et leur propension à nous piquer la vedette, les chiens !

  • Trois choses me gênent 29 septembre 2007 12:13, par Bande passante

    Trois choses me gênent dans votre billet.

    Dans le désordre :

    * Vous donnez des leçons sur ce qui est le mieux et ce qui est moins bien.

    * Le ressort de la culpabilité me paraît utilisé comme dans nombre d’appels à militer. ("N’allez-vous pas cautionner les vilains côtés de la démocratie ?")

    * Le ton affectif et moralisateur, condescendant ("Il suffira de compter cette après-midi le nombres de joyeux badauds ramenés par le probable beau temps, l’unanimisme médiatique mâtinée, allez comprendre, d’un petit parfum de contestation à bon compte, de retour à la grande époque"), voire frustré (votre appel passé et vain à une figure birmane) de l’ensemble.

    Tout cela nous fait un peu beaucoup d’égotisme si j’y ajoute la remarque du commentateur précédent.

    • Trois choses me gênent - précision 29 septembre 2007 12:17, par Bande passante

      Il fallait lire "commentateur lambda" et non "précédent", vu que le temps que j’intervienne, l’honorable Cyclomal s’est entremis.

    • Trois choses me gênent 3 octobre 2007 23:06, par Franz

      Rapidement :

      Vous donnez des leçons sur ce qui est le mieux et ce qui est moins bien.

      Mais tout le monde le fait. Les démocrates qui dénoncent les assassinats arbitraires comme les « libéraux » qui refusent qu’on taxe les voitures de sociétés. Et même vous-même (implicitement, c’est vrai) qui expliquez somme toute qu’il est mal de donner des leçons sur le bien et le mal. Un débat de ce type (quels que soient les termes dans lesquels on le pose) est pourtant la condition sine qua non à l’existence des phénomènes de la morale et de la politique, entre autres choses.

      * Le ressort de la culpabilité me paraît utilisé comme dans nombre d’appels à militer. ("N’allez-vous pas cautionner les vilains côtés de la démocratie ?")

      Pouvez-vous préciser ? Je ne suis pas certain de bien comprendre de quoi il retourne.

      Quoi qu’il en soit, je n’ai pas l’impression que la culpabilité soit un moteur très intéressant. La responsabilité par contre, m’intéresse plus, notamment dans la question de l’avenir de la planète (après avoir été rebuté par Jonas, je finis par le trouver intéressant, voire très intéressant) et, par extension, dans les phénomènes de recul démocratiques qui me semblent liés à cette question.

      Je relie ça à la question du conséquentialisme : la justesse d’un action (voire, si l’on veut poser le débat dans ces termes, son caractère moral) doit intégrer la question de son impact. La posture « politique de témoignage », c’est du vent. La question de la « prise de risque », soulevée par un autre intervenant, est aussi utile.

      Le ton affectif et moralisateur, condescendant ("Il suffira de compter cette après-midi le nombres de joyeux badauds ramenés par le probable beau temps, l’unanimisme médiatique mâtinée, allez comprendre, d’un petit parfum de contestation à bon compte, de retour à la grande époque").

      Admettons. Mais bon, ceci n’est qu’un blog, perdu dans l’immensité de la toile. Je me permets de m’y exprimer sur un mode et dans un style — peut-être un peu trop sanguin et assertif.

      FS

  • La Birmanie me broute/la broute manie me brouille t-elle l’écoute ? 29 septembre 2007 13:32, par les amiEs du négatif à l’oeuvre

    Jeudi 27 septembre 2007
    DEMOCRATIE OU DEMAGOGIE : by Isa LAVAREC commenté par Stéphane.K des AmiEs du Négatif...
    Isa.Lavarec, qui vient de rejoindre le groupe de discussion "Paul-Louis Courier", animé par nous, a écrit ce qui suit cette courte introduction.
    N’etait-ce l’actualité, ce texte serait circonscrit aux "discussions en cours" dans le groupe...
    Seulement voila, le sang coule à Rangoon, sous les bottes des "archaïsmes de la domination concentrée".
    PAUVRETÉ ET FAIM, MOTEUR DU SOULÈVEMENT ...
    Reuters - il y a 14 minutes

    Dispersion d’une manifestation à Rangoun.
    new YAHOO.EU.Rater("rater","http://us.i1.yimg.com/us.yimg.com/i...","http://us.i1.yimg.com/us.yimg.com/i...",null,true)

    Ce que nous apprenons serait qu’il s’agirait-là d’une nouvelle "Révolution Démocratique", comme il y en eût tant ces dernières vingt années avec les résultats controversés que l’on sait...

    Comme toujours, leurs "Républiques et leurs Démocraties"
    s’élèvent d’abord contre nous autres, partout le même ordre nous condamne !
    Il s’agirait maintenant, au centre d’une confusion globale, d’en assoir la légitimité au prix de notre sang, de notre liberté.

    L’opposition au régime Birman n’est représentée ici que par un ex-Ministre de la junte en disgrace, qui nous résume les évènements par la formule déjà bien usée comme la corde de 100 000 000 de penduEs : Démocratie...rien d’autre !
    Laquelle, ici serait représentée par des bouddhistes, ailleurs par l’Islam/Hamas, Chiites, aux USA par les intégristes catho, etc !
    On sait ce que cela nous laisse !
    Le rempart le plus sérieux aux révolutions authentiquement dangereuses pour l’ordre marchand existant, partout dans le monde, est bien, en fonction des "spécificités" locales, le recours astucieux à la "religion adaptée"...
    Tout plutôt que laisser s’affranchir de tout ceux qui n’ont rien !

    Les formes modernes de domination exigent tout simplement de l’économie la modernisation de ses méthodes de domestication...

    Voyez le chemin parcourru depuis Tien ANMEN, ou encore à Rangoo, précisément ! Si les "libertés n’y ont pas progressé d’un Yuan, la marchandise elle s’est installée furieusement, et avec elle la généralisation de la misère !

    S.K/Les amiEs du négatif à l’oeuvre.

    DEMOCRATIE OU DEMAGOGIE : by Isa LAVAREC Modifier

    Aujourd’hui, je voudrais vous faire part d’une révolte. D’un cri du cœur.

    Hier, j’ai participé à un café littéraire. Un auteur présentait son roman.

    Rien d’extraordinaire direz vous. C’est vrai, seulement au moment des questions - réponses j’ai été…. Comment dirai je ?

    Gênée ? Non ce n’est pas assez fort.

    Outrée ? Non, c’est trop fort.

    Déçue alors ? Certainement, les interlocuteurs étaient des érudits.

    Choquée ? Sûrement, le nombre de personnes qui critiquaient la démocratie était très important.

    Est-ce grave ? OUI, je le pense.

    Ces critiqueurs de la démocratie, ceux qui la confondent avec démagogie, laxisme, opinion publique, etc.. etc…. ceux qui confondent conséquences et principes, ceux qui ne distinguent pas la chose de ce que les Hommes en ont fait, savent-ils le chemin que nos ancêtres ont dû parcourir pour imposer la démocratie dans notre constitution ?

    La démocratie, du grec dêmokratia, de dêmos « peuple », et kratein « commander ». (-crate, -cratie ) d’après le grand Robert est un régime, une doctrine politique qui vient de l’Antiquité où la souveraineté appartient aux citoyens (où on ne se situer que dans l’individuel).

    Dans sa définition la plus simple, celle donnée par Périclès, homme politique (-495 / -429,) et reprise par Abraham Lincoln, seizième président des USA (1809 -1865,) « La démocratie, c’est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple ».

    Il en découle que les représentants du peuple sont issus du peuple et que le gouvernement (royauté ou république) doit être pour le peuple et œuvrer dans le sens de l’intérêt général, l’intérêt de la nation et non pour des intérêts particuliers.

    La démocratie n’est pas seulement une manière d’être des institutions, elle est aussi une exigence morale.

    Certes, je sais que le concept « démocratie » souffre d’une pluralité de significations déposée en elle au cours de l’histoire. Je sais aussi que cette richesse associe des contradictions, « la liberté ne répond pas toujours à l’attente de la justice ; la justice ne va pas sans que soient sacrifiées des libertés ; le contrôle démocratique de la croissance contredit parfois les lois économiques du développement » *[1]

    Mais ces contradictions ne justifient pas toutes les critiques que j’ai entendues à l’encontre de l’idée démocratique.

    « Elles prouvent seulement que la démocratie est à la mesure de l’homme dont elle reflète les déchirements. Faite de ses exigences, elle n’a de chance de les concilier que dans la mesure où il est parvenu à les maîtriser en lui-même. C’est pourquoi à toutes les conditions historiques, économiques, politiques ou sociales qui déterminent l’accomplissement de la démocratie s’en ajoute une autre, primordiale, à savoir l’existence de démocrates. La démocratie ne s’impose pas par la vertu de mécanismes qui lui seraient propres : elle a besoin des hommes qui, en la vivant en eux, la font vivre pour tous. » *[2]

    Mais pour cela n’est-il pas nécessaire

    1. D’être libre soi même ? D’avoir jeté à la poubelle tous ces à priori, ces préjugés et ces dogmes ? De ne plus chercher à AVOIR, avoir, avoir, avoir encore et avoir toujours plus ? D’accepter d’ ETRE sans vouloir toujours PARAITRE ? De vivre sans imposture ? D’apaiser son ego ?
    2. Pour « vivre la démocratie en soi » ne faut –il pas prendre conscience des autres et de leurs besoins ? Le besoin de l’autre n’est-il pas aussi notre besoin ? ne faut-il pas pour cela, s’oublier, lâcher un peu de son Moi pour passer au collectif ?

    Cette liberté – responsabilité, indispensable au « vivre ensemble », dans un collectif commun, s’acquière t-elle spontanément ? Est-elle innée ou doit-elle s’apprendre ? Les citoyens connaissent –ils leurs devoirs envers les autres, envers la société, aussi bien que leurs droits ?

    Il me semble que la génération qui a souffert des restrictions de l’après guerre, a intégré la notion de » bien collectif ». Elle respecte les structures élaborées ensemble, par choix direct ou par élection des représentants qui agissent à sa place.

    Qu’en est-il des générations qui n’ont connu que cette société où l’on doit consommer, consommer à tout prix, où on est harcelé, dés le réveil, par la pub, où on se débarrasse rapidement de tout et où l’enfant est roi ?

    La notion de bien collectif est-elle toujours la même ? Ont-ils conscience de ce que représente leurs votes pour la nation et pour eux ?

    La démocratie est notre histoire, notre bien commun.

    Elle n’est pas démagogie.

    Elle ne mène vers l’individualisme que si les Hommes le veulent bien.

    On n’a que le régime politique que l’on mérite ! N’oublions pas que si la société fait l’Homme, l’Homme fait la société.

    Alors réagissons et défendons la DEMOCRATIE.

    Elle est notre VIE.

    A bientôt chers lecteurs Isa

    Commentaire des amiEs du négatif…

    nosotros incontrolados

    à isabel.lavarec

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    11:11 (il y a 24 minutes)

    Chère Isa,
    Tu oublies, hélas, de nous parler de l’auteur et de son ouvrage à l’origine du débat dans ce "café littéraire"...Mais aussi de considérer l’évolution du concept de "démocratie" dans les luttes récentes XVIII°,XIX°,XX° et XXI° siècles où l’on vit, en particulier dans les luttes libertaires significatives se forger et émerger la modernisation du concept en "DÉMOCRATIE DIRECTE" dénaturé en concentré il y a quelques mois en un fourre-tout P.S décomposé, ridicule et menteur sous le vocable de "démocratie participative" ; ainsi, on voudrait nous faire accroire qu’en principe et par principe la démocratie ne le serait pas, qu’elle ne l’aurait jamais été jusqu’aux présidentielles de 2007 ? De qui se moque-t-on ? Bien sûr que nous critiquons la "démocratie", celle rabâchée à longueurs de J.T et de spots publicitaires, même les moines bouddhistes ne jureraient plus que par la démocratie à l’instar de Ratzinguer après J.Paul II, des extremistes musulmans, des nationalistes de tout poil... l’opposition Birmane en exil animée par un ex 1er Ministre en disgrâce et alors fort peu Démocrate nous assomment à grands coups de "démocratie", "démocratie" et ""démocratie"...
    La "démocratie spectacle", une affaire entendue, semblerait-il : pas pour nous !

    Et ce ne sont pas les citations vertueuses et autant de poncifs traitant de la question vomie des bouches des dirigeants ou ex-dirigeants de cette planète qui confèrent à ce terme (démocratie) un sens réel, mais bien les luttes contre toutes les manipulations effectuées en son nom.
    Il en va de même concernant toutes les variantes adaptées de la "chosification" du tout, élections, droits, civisme, syndicalisme, etc.
    Bien cordialement. Steph.K
    Paul-Louis Courier-groupe.
    http://nosotros.incontrolados.over-...

    par Nosotros.Incontrolados-Les Amis du Négatif à l’Oeuvre publié dans : INTOX ET FAUSSE CONTESTATION communauté : les amiEs du negatif à l’Oeuvr
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    Jeudi 27 septembre 2007
    SARKO EXIGE DE TOTAL QU’IL ASSECHE LA CONTESTATION
    TOTAL ASSECHE LA CONTESTATION
    "DE L’ENCENS ! MAIS PAS D’ESSENCE !!!" Pas d’essence pour les émeutiers Birmans dont on nous dit qu’ils n’existent pas...Sarko met Total en garde-"Si les émeutiers et autres milliers de rebelles Birmans constituent ponctuellement une "clientèle locale d’appoint non négligeable", il est recommandé à la firme, tête de pont de nos investissements en Asie, représentant la France, de ne pas soutenir les trublions en leur vendant de l’essence..." Et il ne faut pas bousculer non plus les investisseurs Chinois ou compromettre nos perspectives commerciales dans la zone consacrées par les futurs J.O
    Les amiEs du négatif : http://nosotros.incontrolados.over-...

  • La Birmanie me broute 29 septembre 2007 14:18, par Tanguy

    Quelques réactions à tes arguments

    1) On ne sait jamais l’impact que l’on peut avoir. Il me semble que la junte espère qu’on ne la regarde pas trop pour pouvoir mater à l’aise les manifestations. Dès lors, même si c’est très modeste, ce genre d’action peut avoir de l’effet.

    2) Totalement d’accord.

    3) On ne sait jamais mais de là à dire qu’ils ne faut pas soutenir les opposants à la junte birmane... cela me laisse perplexe.

    Par rapport à la personne de Action Birmanie, soit tu critiques la personne et tu la cite, soit tu critique l’ensemble des militants de AB. Je trouves ton texte un peu ambigu là dessus.

    Pragmatiquement, ne serait-il pas plus intelligent que le CLEA s’associe au mouvement en faveur des Birmans tout en distribuant des tracts appelant les manifestants à un peu de cohérence. Mieux vaut partir du point de vue optimiste qui est de penser que ces manifestants sont demandeurs de cohérence et ne le sont pas entièrement seulement parce qu’ils ne sont pas au courant de la situation en Belgique. Même si c’est pas vrai, je crois que cela peut-être plus productif.

  • La Birmanie me broute 29 septembre 2007 15:32, par Pierre

    Pas loin de partager ton énervement devant ces démocrates à géométrie variable. Au fond, il s’agit à nouveau (comme pour l’affaire Léonard) d’un bel exemple du combat éthique auquel se limite — raccrapote — aujourd’hui une gauche qui a renoncé à lutter dans le champ économique (où il n’existe pas de démocratie, faut-il le préciser, surtout lorsque l’on parle de la Birmanie, terrain de prédilection de plusieurs multinationales) et que dénonce avec justesse Jean Bricmont.

    Mais sans doute faut il prendre aussi en compte le conditionnement dont nous sommes toutes et tous victimes (à des degrés divers), le battage médiatique qui fait que l’on est convaincu de vivre dans une démocratie totale sans même bien percevoir l’écart entre notre particratie parlementaire "à la belge" et une démocratie réelle, étendue à tous les secteurs de la société (justice, entreprise,...)

    Tout cela me fait repenser à un des derniers textes de Brassens "Tant qu’il y a des pyrénées"

    _ Frapper le gros Mussolini,
    _ Même avec un macaroni,
    _ Le Romain qui jouait à ça
    _ Se voyait privé de pizza.
    _ Après le Frente Popular,
    _ L’hidalgo non capitulard
    _ Qui s’avisait de dire "niet"
    _ Mourait au son des castagnettes.
     
    Refrain :
    _ J’ai conspué Franco la fleur à la guitare
    _ Durant pas mal d’années ; 2x
    _ Faut dire qu’entre nous deux, simple petit détail
    _ Y avait les Pyrénées ! 2x
     
    Qui crachait sur la croix gammée,
    _ Dans une mine était sommé
    _ De descendre extraire du sel
    _ Pour assaisonner les Bretzels.
    _ Avant que son jour ne décline,
    _ Qui s’élevait contre Staline
    _ Filait manu militari
    _ Aux sports d’hiver en Sibérie.
     
    Refrain
     
    Aux quatre coins du monde encore,
    _ Qui se lève et crie : "Pas d’accord !"
    _ En un tournemain se fait cou-
    _ per le sifflet, tordre le cou.
    _ Dans mon village, on peut à l’heure
    _ Qu’il est, sans risque de malheur,
    _ Brandir son drapeau quel qu’il soit,
    _ Mais jusques à quand ? Chi Io sà ?
     
    Refrain
     
    S’engager par le mot, trois couplets un refrain,
    _ Par le biais du micro, 2x
    _ Ça s’fait sur une jambe et ça n’engage à rien,
    _ Et peut rapporter gros. 2x
    _

    Voir en ligne : pierre.eyben.be

  • La Birmanie me broute 29 septembre 2007 15:58

    Agir pour soutenir la Birmanie depuis la Belgique, c’est aussi mettre la pression sur TotalFinaElf, partenaire européen officiel de la démocratie dans le monde. C’est encore un moyen de faire avancer le droit belge (ex : http://www.birmanie.net/doc/070208_...). Par ailleurs, s’étonner de l’action d’un "happy few" pour la Birmanie, est-ce la meilleure façon de rassembler autour du jugement de Bahar Kymyongür ?

    Il me semble que ce qui fait le plus défaut dans la résistance à la machine froide de la dévastation, active là-bas autant qu’ici, c’est le rassemblement des forces, la convergence des luttes, appelez-ça comme vous voulez. Pour ma part je pense qu’il est plus utile, efficace et beau (carrément) d’identifier ce qui unit plutôt que de se focaliser sur ce qui divise.

    Amitiés,

    jb

    ps : un dicton de la grand-mère de ma cousine : "Si la Birmanie te broutte, ne la broutte pas en retour, tu n’as pas les dents de Total".

  • La Birmanie me broute 29 septembre 2007 18:16, par Zorro Roronoa

    C’est surtout un problème lié à la presse en général. C’est toujours une période creuse entre la rentrée et Halloween (vivement les reportage qui vont encore nous expliquer d’où ça vient, j’ai oubléi depusi l’an passé) qui est le prélude aux sujet sur les fêtes de fin d’années. Visiblement Israéliens et Palestiniens sont en vitesse de croisière. Quelques morts par-ci par là, mais rien de symboliquement fort. L’Irak semble avoir aussi trouvé son rythme normal avec ses 20 à 50 morts annoncés chaque jour. C’est gentils, mais ça lasse, d’autant qu’il n’y a plus une Florence Aubenas pur nous dire combien les journaliste se battent pur le bien universel au risque de leur vie (c’est gentil, mais aller dans une zone de guerre et pleurer aprsè parce qu’on se fait blesser/tuer/enlever, c’est grotesque).
    Il fallait bien trouver autre chose. La grippe aviaire ? Hmm déjà usé. La formation du gouvernement ? Tout le monde s’en fou ça fait plus de 100 jours et le pays continue à fonctionner tranquillement.

    La Birmanie c’est super : on n’en a jamai parlé, ça a l’air complètement nouveau. Puis on fera sans doute des reportages pour expliquer si on doit dire Birmanie ou Myanmar. Bon allez, je mise tout sur un bon retour de Chavez à la pointe de l’actualité pour octobre à moins qu’on nous ne ressorte Ingrid Bétancourt du placard, tout ça avant les fêtes (et le traditionnel remplissage des citerne à mazout qui coute cher) et une année 2008 qui sera placée sous le signe des JO (logique finalement, c’est un évènement médiatique à la base), et surtout de la succession de Poutine. On va tout savoir sur la Russie d’ici peu, moi je vous le dis.

    • La Birmanie me broute 30 novembre 2007 22:48, par Paco Rabane

      Putain, on a réussi à réunir Chavez, Sarkozy et Bétancourt dans la même série de reportage entre la période crsue post-Halloween et pré-St Nicolas.
      J’en pleure de joie.

      Je vais pouvoir ouvrir un cabinet de voyance

  • La Birmanie me broute 29 septembre 2007 18:28, par Claude

    Pour résumer la pensée profonde de l’auteur : à chacun ses problèmes. Au lieu de se mêler des affaires des autres on ferait mieux de s’occuper de ce qui se passe chez nous.

    Signé : la gauche d’avant garde

    • La Birmanie me broute 30 septembre 2007 14:53, par François Schreuer

      Quand la mauvaise foi le dispute à la bonne conscience, il devient difficile de discuter.

      Il ne s’agit bien évidemment pas ici de disqualifier la solidarité internationale, mais de faire preuve d’un peu de modestie et de réalisme.

      L’Europe n’a pas été foutue de condamner Pinochet alors qu’il était sur son territoire et elle voudrait faire tomber la junte birmane ?

      L’Europe fait voter des lois liberticides, détruit scrupuleusement l’Etat social, est un exemple d’anti-démocratie,... mais voudrait donner des leçons en Asie du Sud-Est ?

      Tout ça ressemble à une diversion. Voire à de l’impérialisme humanitaire, selon le titre du livre de Jean Bricmont.

      • J’ai compris 30 septembre 2007 19:50

        En gros si on est de ton avis et qu’on s’extasie y a moyen de discuter (s’autocongratuler plutôt).
        Par contre, si on a le malheur d’émettre une critique ou pire dire un truc du genre "la droite a des bons côtés", on est un sale capitaliste liberticide qui ne mérite même pas qu’on s’intéresse à lui.

        • Non, vous n’avez pas compris 30 septembre 2007 20:29, par François Schreuer

          Bon, vous écrivez, je cite :

          Pour résumer la pensée profonde de l’auteur : à chacun ses problèmes. Au lieu de se mêler des affaires des autres on ferait mieux de s’occuper de ce qui se passe chez nous.

          Ce n’est de toute évidence pas ce que je dis. J’en conclus que vous faites preuve de mauvaise foi. Et la mauvaise foi est en général un obstacle sérieux à toute discussion.

          Pour le reste, on peut ouvrir un débat sur la droite, mais je ne vais pas commencer ici.

    • La Birmanie me broute 3 octobre 2007 15:29

      vous avez tout lu et tout compris ! bravo !

  • La Birmanie me broute, ben oui moi aussi 29 septembre 2007 22:04, par Affreux Jojo

    Ah oui, tiens une révolution colorée avec en vedette (américaine, bien sûr) une personne accusée de corruption. Ca va commencer très fort ce truc. Bon d’accord, j’y connais rien, j’ai pas approfondi le machin mais je m’explique mal que nos médias surmédiatisent un événement comme il y a 10 par jour dans le monde. Des manifs de 300 ou 3.000 personnes, c’est pas ça qui manque et en général ça fait difficilement la 6e page de la gazette locale.

    En d’autres mots, ce truc pue de la gueule. Et on voudrait remplacer les infréquentables généraux birmans par une "démocratie controlée et libéralo-sauvage" qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

    Encore une fois, on ne verra qu’à l’autopsie. Mais moi, j’y vais pas, na !

    • La Birmanie me broute, ben oui moi aussi 30 septembre 2007 09:18, par Zorro Roronoa

      Faut dire que la Birmanie a un certains attrait touristique. C’est comme le raz de marée de Noêl 2004. Si y avait pas eu autant de touristes sur place, on ne serait même pas au courant.

  • La Birmanie me broute 30 septembre 2007 09:48, par Catherine Hollard

    Merci de me donner l’occasion d’exprimer mon agacement devant ce bel unanimisme démocratique, alors que les USA envahissent l’Irak conte l’avis de la comunauté internationale, alors que les sanctions internationales ne s’appliquent pas à Israël quand il construit un mur déclaré illégal par la communauté internationale, alors que le président français bafoue les règles démocratiques institutionnelles (rôle du chef de l’état, du 1er ministre), alors que la France est montrée du doigt pour le traitement réservé à ses prisonniers et que chez nous on se jette par la fenêtre pour échapper à la police... quelle est la prise de risque de tous ces militants de la liberté en Birmanie ?

    C.H.

  • La Birmanie me broute 30 septembre 2007 10:51, par ememgé

    Je ne sais pas ce qui se passe en Belgique et je m’en excuse puisque c’est un pays aux portes du mien, mais cela fait plus de 10 ans que je milite pour la démocratie en Birmanie, pour que Aung San Suu Ky ne soit plus assignée à résidence et que le peuple birman qui est l’un des plus pauvres de la planète soit libéré d’une junte militaire dont les dirigeants se gavent en affamant le peuple. Ils se révoltent enfin et ça ne servirait à rien ? Je ne veux pas le croire !

    • La Birmanie me broute 30 septembre 2007 14:43, par François Schreuer

      Où lisez-vous que la révolte des Birmans est inutile ?

      Mon propos ne concerne que les « démocrates » européens qui pensent avoir de l’influence sur l’Asie du Sud-Est mais laissent la situation se dégrader en Europe sans même, à la rigueur, avoir conscience de ce qui se passe (quand ils n’apportent pas carrément, par leur silence complice, leur caution morale de grands « démocrates » aux processus liberticides en cours ici et maintenant).

  • La Birmanie me broute 2 octobre 2007 10:12, par Bernard Frippiat

    J’aime beaucoup cet article. Je me méfie moi aussi de plus en plus de ces "téléthons-à-la-crème" qui, même légitimes, semblent plus donner bonne conscience aux âmes endormies que de les réveiller !

    Bernard Frippiat
    (http://www.pbase.com/bernardfrippia...)

    • La Birmanie me broute...ou pas ! 4 octobre 2007 11:58, par Anne-Lise

      Bonjour François !

      Pt’être je lis ton article avec un peu de retard...
      Il me renvoie à toutes mes contradictions, celles que souvent, je ne sais comment résoudre.

      Pour travailler dans un mouvement social, je crois pouvoir dire que j’investis la citoyenneté occidentale, et belge en particulier.
      Les oripeaux de notre démocratie. Voila que ça me parle.

      Mais les grands combats, où, en apparence les enjeux sont clairs, ça mobilise les foules (bien autrement que notre petit combat local...C’est sûr qu’à Tubize, c’est plus difficile, les gens sont lassés de cette pseudo-démocratie).

      J’ai l’impression que quand on entend le mot "démocratie", cela semble à nos oreilles être acquis (comme si ça l’était une fois pour toutes). Et qu’en Birmanie, "ça" ne l’est pas encore.

      Comme si nous espérions pour eux qu’ils atteignent cette démocratie, pour vivre la même jouissance que nous. L’extase devrais-je dire !

      Bien sûr je n’y crois pas. Je crois qu’on est bien loin de ce que j’imagine être la démocratie...et qu’finalement, on ne l’atteindra probablement jamais car, elle me semble être faite de mouvement...

      Mais si cette manif. (version 2, ce samedi 6/10), elle pouvait être un lieu de rencontre.
      Un lieu où questionner cette militance d’un jour (d’une heure tout au plus) du commun des mortels occidentaux ? Un lieu d’échange sur les enjeux de la militance ici. En se confrontant.

      Et même si, cela ne l’était pas...
      Parmi les personnes qui participeront à cette manif, nous trouverons bien quelque moyen de les catégoriser : au moins deux. Les militants d’un jour pour une "grande" cause (médiatisée, combat pour la démocratie, avec un grand "D", un concept...)
      Et les militants d’ici, pour qui ce sera une heure, parmi les combats qu’ils mènent ici et maintenant.
      Et pt’être qu’ils se parleront aussi...

      J’crois qu’j’irai à cette manif.
      (et pt’être j’regretterai d’y être allée)

      Anne-Lise

  • Jean-Paul Marthoz se souvient que certains anti-impérialistes dans un passé proche refusaient de manifester contre l’Afrique du Sud, pour ne pas donner une « caution » « aux régimes occidentaux » :

    Les informations en provenance de Birmanie sont entrées ce vendredi matin dans les colonnes de « brèves » des quotidiens internationaux. Peu de nouvelles, mauvaises nouvelles ! Cette soudaine rareté signifie que la junte militaire a repris le contrôle de la rue, mais aussi celui du front médiatique.

    Comme le dénonce Reporters sans frontières, un news blackout est tombé sur ce pays cadenassé. Les bloggeurs qui avaient réussi à berner la censure et qui avaient constitué, selon la formule du Times de Londres, le « troisième pilier de la rébellion du safran », sont confrontés à la répression, au blocage d’Internet et des communications internationales. Malgré le génie et l’audace des internautes et des dissidents, le travail de collecte de l’information réalisé par les associations démocratiques se révèle de plus en plus difficile.

    La loi du silence

    De l’Afrique du sud sous l’apartheid à la Corée du Nord, les régimes dictatoriaux ont toujours tenté d’étouffer la liberté d’informer. Refusant d’octroyer des visas aux journalistes dérangeants, ils ont souvent réussi, pendant un certain temps, à faire glisser leur pays en dehors des pages d’actualité internationale. Certains ont même eu recours à l’assassinat de journalistes pour dissuader les reportages et les témoignages.

    Ces Etats autoritaires ont aussi activé leurs relais et bénéficié de « sots utiles » dans les pays démocratiques pour tenter de jeter la confusion et saper la mobilisation. La démonstration de ces “compagnons de route” de la dictature est (im)pitoyable : comme le régime birman est la cible des critiques occidentales, il ne faut surtout pas apporter la moindre caution aux « puissances impérialistes » en manifestant contre la junte de Rangoon. Une étrange solidarité se dessine ainsi entre les services de relations publiques des multinationales complices du régime et les porte-parole autoproclamés d’un anti-impérialisme dévoyé.

    C’est pour contrer ces stratégies que la société civile internationale doit plus que jamais se mobiliser. Il faut, de Bruxelles à New York, de Genève à Bangkok, prendre le relais médiatique, organiser des événements pour remettre la Birmanie au devant de la scène. Pour empêcher que la junte et ses alliés internationaux ne puissent revenir à la situation ante, comme si rien ne s’était passé. Pour signaler aux démocrates birmans qu’ils ne sont pas sortis, une nouvelle fois, du “cycle de l’information” et qu’ils continuent à faire l’objet de toute notre attention.

  • La Birmanie me broute 8 octobre 2007 12:47, par enchantemoicestlmaflute

    Voilà la provoc pure et dure... Oui à quoi bon la démocratie ? A quoi bon les droits de l’Homme. Je pense que l’auteur à voulu se démarquer et montrer tout simplement son égo à travers une différence qui prouve encore une fois que l’égo dès qu’il se manifeste dit n’importe quoi ! A la provoc le miroir de l’âme renvoi la provoc...

    Notre pire ennemi est notre ignorance...Les bonnes formules empruntées à des instants éphémères de clairvoyance ne sufisent pas.

    Sur cette terre de souffrances, si nous nous battons superficiellement contre des moulins à vent, nous n’arriverons à rien...

    Cherchons d’abord ce qui est essentiel à l’Humanité entière et ensuite, nous serons bien assez lucides pour voir la même réalité, la ressentir, la respirer, et enfin peut être Aimer, par là, toutes les voies s’ouvrent, et quelque soit la destination, nous nous retrouvons, toutes les voix sont bonnes à entendre... Combien, croyez vous que la nature développe de logique, partout, dans l’Univers ? Cette logique accèssible à notre petit cerveau de primate balbutiant... Ayant encore des difficultés à voir que notre terre n’est pas encore l’Humanité rêvée... JjS

    • La Birmanie me broute 8 octobre 2007 16:06, par François Schreuer

      Pourriez-vous me faire la grâce de lire et de comprendre les textes auxquels vous répondez.

  • La Birmanie me pose question... 8 octobre 2007 16:00, par Benoit D

    ’lo François,

    Globalement, je comprends ta position critique vu l’unanimité occidentale, gouvernementale et médiatique. J’en veux comme illustration le compte-rendu qu’en a fait le Soir : ils font état d’un "demi millier" (1000/2 = 500) de manifestants. Le même nombre de gens pour une cause moins politiquement correct auraient été quantifiés comme "plusieurs dizaines de manifestants" (50*10 = 500...) ou, si le journaliste à un peu de sympathie "quelques centaines de manifestant" (5*100 = 500 aussi !). Mais "un demi-millier", c’est presque mille, c’est beaucoup de gens pour cette noble cause, n’est-ce pas ? ;-). Comme dit Jean Bricmont, si tout ces pouvoirs soutiennent la cause birmane, c’est pas notre humble personne qui peut y changer quelque chose.
    Et effectivement, les lois anti-terroristes ici, c’est pas des cadeaux !!

    Bonne continuation sur ton blog,

    A+

    Benoit D.

  • Régis Debray à propos de la Birmanie 8 octobre 2007 16:41, par Chuperpaco

    Régis Debray à propos de la Birmanie, dans Le Soir du 26 septembre :
    "Je me méfie des empathies faciles comme celle qui se dessine en Europe pour ce mouvement de protestation dans un pays qu’onne connaît quasiment pas. Il y a des quantités d’autres situations où le fort écrase le faible sans que personne ne regarde."

  • A quoi ça sert ? 11 octobre 2007 18:21, par Viviane

    Alors la campagne de la Birmanie te broute ? Tant pis, passe à autre chose. D’autant plus que les argument que tu avances peuvent s’appliquer à tellement d’autres combats, et si tu vas au bout de toi-même, tu vas arriver à être contre Amnesty international, contre toute résistance institutionnelle (ou "lissée"). Oui, mais franchement, à quoi cela sert ? N’est-ce pas une cause un peu secondaire ? Il y des combats qui méritent plus ton énergie que ça...

  • La Birmanie me broute 13 septembre 2008 15:36, par S.N

    je réagis un peu tard, mais j’ai été ce matin à une énième manifestation brimane et je partage votre billet... malheureusement j’aurais envie de dire...

    le militantisme ne dispense pas de la réflexion...

    Ce à quoi je vais m’atteler...