Les archives des Bulles

« Pour certain Ministre Régional, ce n’est pas encore suffisant »

samedi 29 septembre 2007

Jean-Pierre Collignon, signataire de la pétition pour le tram et chroniqueur à la RTBF, entre autres qualités, me signale très aimablement ce billet passé ce matin dans sa « Chronique de l’Indispensable Monsieur Jean-Pierre, chroniqueur mondain » dans l’émission « Première séance », sur la Première chaîne radio de la RTBF.

À lire et à écouter, avant de se retrouver ce lundi à 18h devant l’hôtel de ville de Liège.

MP3 - 3.5 Mo

Après l’informateur, le médiateur, le formateur et l’explorateur et bientôt, pourquoi pas le pacificateur, le réanimateur voire, pour finir, le fossoyeur, la farce n’en finit pas et, contrairement à ce qu’affirment certains journaleux qui prennent leurs vessies pour des lanternes, l’heure n’est pas au doute ou à la panique mais bien plutôt à la rigolade, pour ce qui me concerne, en tout cas. D’ailleurs et en outre, je ne perçois nulle-part la moindre impatience ni tourments d’aucune sorte dans le chef d’une population qui vaque à ses petites occupations quotidiennes dans une indifférence qui n’a d’égale que la suspiscion grandissante à l’encontre d’une classe politique qui n’a d’importance que celle qu’elle se donne. Mais pendant qu’en très haut lieu le cafouillage et la mascarade prennent de l’ampleur, dans les gouvernements régionaux et dans celui de la Wallonie en particulier, les élus du Peuple, eux, s’activent et travaillent à la mise en oeuvre de chantiers de toutes sortes et de toutes natures. Parmis lesquels ce projet autoroutier qui sommeillait depuis plusieurs décennies dans les cartons de je ne sais quel ministre aujourd’hui à la retraite et qui concerne très particulièrement la région qui m’a vu naître et grandir, je veux parler de la région Liégeoise, cela à l’intention des distraits et des mal comprenants. Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’il est maintenant avéré que le trafic automobile, camions et autobus au diesel compris, est responsable de près d’un quart des émissions de co2, que le trafic est en constante augmentation sur un réseau autoroutier, le nôtre, qui occcupe 4% de ce petit Royaume en voie de disparition. Hé bien, pour certain Ministre Régional, ce n’est pas encore suffisant et il est question d’en venir aux choses sérieuses en mettant en oeuvre un chantier proprement démesuré, à l’est de l’agglomération liégeoise, avec construction d’un nouveau tronçon d’autoroute de près de quatorze kilomètres de long, sensé remédier aux graves difficultés de circulation dans la ville et à ses environs. La région que traverserait cet ouvrage d’art, expression qui me fait bien rire aussi, est une des plus belle et des plus riche en paysages des environs de Liège ; et si la Nature y est foisonnante, la vallée de la Vesdre encore vierge de toute agression majeure et si — relativement, bien sûr — il fait encore bon vivre en ces contrées, ça ne durera peut-être plus longtemps. L’aveuglement devant les dégâts bientôt irréversibles causés par la politique du tout à la voiture, l’absence de réflexion sur le long terme en matière d’aménagement urbain et de transports en commun, à Liège en particulier, le mépris affiché par quelques décideurs à l’endroit de ceux qui suggèrent d’autres options, plus durables et moins polluantes font craindre, en effet, qu’après tant d’autres, cette région ne soit sacrifiée au nom de la rentabilité immédiate. Je pense, avec rage, à ce grand moment de télévision où l’on a vu, dimanche dernier au soir, un célèbre communicateur de la Police Fédérale rendre compte de ce que, à l’issue de la journée sans voiture de Bruxelles on a pu voir des dizaines de milliers d’ahuris et d’inconscients prêts à se précipiter dans les rues de la capitale au volant de leur bagnole après une insoutenable attente de quelques heures. Mais on a vu aussi, tout au long de cette belle journée, des milliers de personnes de tous âges, hommes, femmes et enfants, pédaler, courir, se promener sagement et gaiement sur les avenues et les boulevards bruxellois sous un soleil complice. Et rien que cela devrait amener à réfléchir ceux qui ont à charge l’intérêt et le bien-être commun. Serait-ce vraiment trop vous demander, Messieurs ?

29 septembre 2007