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Micropolitiques des groupes, entretien avec David Vercauteren

dimanche 30 septembre 2007, par François Schreuer

J’avais déjà publié dans ces pages, en juillet dernier, l’enregistrement d’un débat autour du livre Micropolitiques des groupes, de David Vercauteren et consorts.

Paraîtra dans les pages « Alter » du prochain numéro de la revue Politique (en librairie d’ici une dizaine de jours) un entretien avec David que j’ai réalisé en compagnie de Mathilde Collin. Je vous renvoie à la revue pour le texte de l’entretien, mais je publie ici une série d’extraits — non publiés faute de place et un peu bruts de décoffrage — de cette longue conversation que nous avons eu avec David.

On est les enfants de l’évenement de ’68. Il n’y a plus un sujet central de la révolution qui s’appelle l’ouvrier, il n’y a plus un moteur central qui s’appelle la classe, il n’y a plus un lieu de production de conflictualité qui s’appelle l’usine. On est les enfants de cette modification qui s’est opérée, d’abord sous une forme de lutte, autour de 68, puis après autrement, récupérée, remangée. Donc se pose à nous, en tout cas depuis les année 90, la question des luttes minoritaires et le rapport de transversalité : comment ce qui se joue à droite, par exemple sur une lutte locale sur l’aménagement du territoire, peut s’allier, s’articuler avec une autre lutte locale sur les sans-papiers, l’immigration, ou au niveau du chômage, ou au niveau de la bouffe. Comment faire en sorte de ne pas reproduire ce qui s’est déjà produit, c’est-à-dire de créer des coordonations vides ?

Comment faire en sorte qu’une lutte d’ouvriers métallos puisse s’allier avec une lutte féministe ? On sait déjà d’entrée de jeu la différence au niveau du langage. Un métallo, par le propre de son travail en usine, va avoir un ton de voix qui est très élevé par rapport à, imaginons, des féministes qui viennent du secteur des services, par exemple. Comment peut s’articuler cette question là ? Pour moi, c’est la même question que de savoir comment on prend une décision dans un groupe. Comment une décision sur un sujet va s’effectuer. Si c’est la décision va s’effecter à coups de rapports de force, dans le sens « j’impose ma décision par rapport à d’autres et je ne veux pas entendre les autres » ou le groupe ne se donne pas la possibilité de penser sa décision par rapport au problème qui est posé, qu’il n’arrive pas à faire que toutes les personnes, la quizainze, la vingtaine qui sont autour de la table, ou plus, arrivent à passer d’un « je » à une articulation à un « nous », un nous qui se construit à partir des différences, de l’hétérogénéité des personnes autour de la table. Et que ce « nous » prend en compte toutes les différences. Ce « nous »-là, ce sera un « nous » de force.

Pour moi au niveau de luttes minoritaires qui agissent sur certains aspects du capitalisme, se pose la même question. Je dirais même plus : quand on a développé notre lutte au niveau des transports. On est sur cet objet « transports publics », mais qu’est-ce qu’il touche, cet objet ? À travers une situation, on retrouve énormément de choses. Évidemment la question des modes de gestion des transports, comment ça s’organise. La question de la place de la voiture dans une ville ou dans un aménagement de territoire. Et derrière le transport, il y a des questions écologiques. donc il y a la question de l’appropriation de la terre, donc des guerres, des modes de production qui sont liés à cela. Il y a la question du flux, la gestion en flux tendu, qui encombre l’espace par les camions, etc. La question du mode d’appropriation collective de l’espace. De quel espace a-t-on envie ? Est-ce qu’on trouve normal que 30 % de l’espace public soit occupé par la voiture ? Quels sont les espaces pour les enfants ? Et tous les phénomènes qui sont liés à ça : vu qu’on ne peut plus jouer dehors, on enferme les gamins à l’intérieur, et comme ils font du bruit à l’intérieur, on va les foutre devant la télé. Je dis, on touche à plein de questions à partir d’un seul sujet.

Et la question du nombre est une mauvaise question. Nous étions 5 dans le collectif sans ticket. On parlait très peu alors de transports gratuits. En quelques années, ce débat est devenu d’actualité. Au niveau du collectif contre les expulsions, c’est la même chose, on était une poignée. Beaucoup d’actions sont faites par des gens qui sont relativement pas mal déterminés, qui arrivent à se composer par hasard et à bien s’entendre, et à créer une force qui vient trouer une situation.

Non, la question du nombre n’est pas importante. Les syndicats aujourd’hui, il sont combien ? La CSC, la FGTB ? La FGTB est toujours révolutionnaire. Ils sont un million. Quelle force potentielle ! Qu’est-ce qu’ils font ? Quand on compare avec des groupes qui sont 5, qui sont 10, et qui arrivent à faire bouger des trucs. Et eux, ils vont venir après-coup, suivre. Évidemment, ce sont des institutions, donc ils durent. Ils ont toute une capacité de maintien de cette structure. Il est clair qu’il n’y aura plus le chômage, la CSC ou la FGTB vont moins bien se porter. Qu’est-ce qu’ils font au niveau du chômage ? Au niveau de l’organisation des chômeurs ? Ça j’en sais rien. Toutes les questions un peu intéressantes qui sont apparues ces dernières années là-dessus l’ont été en dehors de ces structures. C’est des structures mortes. Le parti socialiste, c’est quoi sa fonction ? Elle est simple, c’est d’engranger des voix, pour avoir la possibilité d’aller au gouvernement dans ce que eux estiment être le lieu du pouvoir — on sait très bien qu’en Belgique le pouvoir n’est plus au parlement. La fonction du parti est d’engranger des voix. C’est à partir de ce critère qu’on va garder le président ou pas. Ecolo, c’est la même chose. C’est ça l’objectif, le critère. « Si on augmente, c’est que notre politique est correcte ». Si on se casse la gueule, c’est que notre politique n’est pas correcte. Mais on se casse la gueule par rapport à quoi ? Au nombre de voix. C’est ça le critère in fine. C’est pas pour ça qu’à l’intérieur de ces appareils, il n’y a pas des gens qui font des trucs, je dis pas. Quand il y a des luttes qui se font jour, on va toujours trouver des articulations dans tous ces appareils et dans toutes les associations peu ou prou institutionnaliées qui ne savent même plus pourquoi elles fonctionnent. Mais elles fonctionnent parce qu’elles ont des permanents qui chaque année sont là pour faire tourner la bicoque. Mais quand un groupe, petit à petit, ne sait même plus pourquoi il sait ce qu’il fait – généralement, là, il se bouge beaucoup ou plus du tout – et il commence à avoir du pognon – pour payer un ou deux permanents, pour « pérénniser » son action comme on dit dans le langage de l’éducation permanente. Si, très rapidement, il ne sait même plus pourquoi on le fait, on va arriver à ce problème qui est connu depuis un bon bout de temps et qui s’appelle la bureaucratisation. Toute l’énergie du groupe, du parti, du mouvement, est là pour maintenir coûte que coûte l’outil.

Certains de ces outils ont pourtant une utilité évidente.

Je ne le nie pas. Mais c’est comme à Cuba. Tu vas à Cuba, tu vas parler avec un pro-castriste, on va te sortir quoi comme argument ? Vous les connaissez : gratuité de la santé, gratuité de l’éducation, gratuité de je sais pas quoi. En permanence. Pour légitimer le truc. L’alphabétisation, vous avez vu les autres pays ?

Et c’est vrai tout ça.

Mais est-ce que ça, ça évacue tout un questionnement de fond sur ce qu’est devenu Cuba ? Est-ce que ça respire à Cuba ? Est-ce que ça pense à Cuba ? Est-ce que ça lutte à Cuba ? Est-ce que ça aspire toujours à quelque chose, ou pas ? Ou est-ce qu’on est dans une formidable attente ? Cuba, c’est l’attente. C’est l’attente permanente. C’est comme ici avec la sécurité sociale : attendre. C’est l’outil, il faut préserver l’outil, camarades. Très bien, préservons. Mais que ça ne soit pas ce qui anesthésie la pensée C’est de la faiblesse, ça, de dire « on préserve l’outil, on est contents ».

Comment est-ce qu’il est possible de dire ce genre de choses à des gens qui sont des alliés sans les insulter gravement ?

Le problème, c’est qu’à un moment, ça arrête de penser. À partir du moment où une structure ne pense plus, que veux-tu qui se passe ? Ils ont leur ronron, leurs réunions techniques-ci, leurs réunions de coordination de ça. Ils ont leur machine et la machine entretient. On est dans la production et la reproduction d’une machine. Et c’est cette machine qui est devenue l’élément central de l’existant. Alors, moi je veux bien, comment ne pas insulter les gens, mais je crois qu’en Belgique, il faut un peu insulter. On est dans un tel état de chloroformisation de la société qu’il y a un peu à aller bousculer là-dedans. Et il y a bien l’une ou l’autre personne dans les structures qui pense et qui essaye de poser l’une ou l’autre question, jusqu’au jour où il devient trop fatigué ou qu’où le met dans un poste un peu plus élevé s’il est un peu trop chiant. Il y a quand même à secouer ce cocotier. La pilarisation, en Belgique, est une formidable machine à anesthésier, du sommet à la base. Dans les quartiers, la même chose : comment le slam, comme production artistique des milieux populaires, est quadrillé par le milieu associatif, c’est extraordinaire. Et du coup, quel type de parole est transmise à travers le slam ? Ça va jusque-là. Un peu d’air ! Mettons-nous en risque ! Aussi bien celui qui énonce cette question que celui à qui elle s’adresse.

Diverses expériences montrent que ce type d’interpellations suscite plutôt une levée de boucliers. Le résultat pragmatique n’est pas satisfaisant.

Il y a eu la marche blanche. Et, pour utiliser un mot de Castoridis, en terme d’instituant, c’est-à-dire de questionnement de l’institué, était quelque chose de formidable. Ça a bousculé dans toutes les centrales syndicales, ça a ouvert des pistes de questionnement très grandes. Qu’est-ce qu’il en reste ? Il y avait quelque chose qui se passait et qui n’était plus si évident que ça. Après, le ronron est revenu et on a éjecté toutes les personnes qui ont été reprises là-dedans.

Il y a un phénomène qui est assez particulier, c’est le phénomène de la carrière. Là où les gens fonctionnent selon cet objectif, si tu te mets à crier, tu es grillé. C’est un formidable anesthésiant aussi.

Ne faut-il pas alors être un saint, ou avoir un patrimoine socio-symbolico-économique très élevé, pour pouvoir se permettre de parler. Car chacun est pris dans les rêts de la machine, beaucoup d’entre nous dépendent d’une façon ou d’une autre du système, lequel ne tolère de toute évidence que très peu de remise en question, même amicale, même constructive.

Le fait qu’il y ait un peu plus de luttes en France ou en Italie, c’est le fait d’une autre organisation. Quand on regarde ici, la consensualité molle qui existe, c’est assez faramineux. Il y a un imaginaire, là, qui ne dépend pas rien que du statut. En Italie, le précariat est hautement plus grand qu’ici. En Espagne aussi.

Je ne vois pas ce que ça apporte de dire « tu es un petit connard de bureaucrate, tu pense pas ». Celui-là qui adresse cette critique-là, il peut se regarder. Qui il est pour dire ça ? Il y a quelque chose à fabriquer entre, pour que ça bouge un peu. Il faut que ça bouge des deux côtés. Il y eu pas mal de groupes qui ont essayé de faire bouger entre ; qui ont essayé de créer un petit territoire entre des institutions et leur petit milieu, de créer des ponts, des passerelles, mais c’est très compliqué, de part et d’autre.

Par rapport à l’expérience que j’ai dans les différentes luttes menées, il y a toujours de la transversalité qui s’opère, ça va aller jusqu’à un cabinet, parce qu’il y a quelqu’un qui est à l’aise avec ça. C’est pas pour ça qu’on va se mettre à faire la fête ensemble, mais il y a un début d’articulation qui peut exister. C’est à partir d’exemples vivants que ça se met à bouger. Et quand c’est calme, c’est par une confiance, tout bêtement. Si quelqu’un veut un peu entendre, il entendra. S’il ne veut pas entendre,...

Ce serait intéressant d’en venir à un bilan du CST, des collectifs bruxellois du tournant des années 90-2000. Peut-être en voyant d’où viennent toutes ces choses dont on a parlé, en quoi l’analyse dont nous parlons ici est le produit de ces luttes.

Au niveau du collectif sans ticket, c’est une histoire, un peu, de hasard. Tout groupe est une histoire de dés jetés. On ne sait pas exactement si ça va être un double six ou un double un. Il y eu le centre social juste avant, qui nous a permis de nous rencontrer, de créer un début de culture, de créer des problèmes en communs et d’avoir cette volonté, à la fin du centre sociale, les poursuivre sur un petit sujet, qui était peu abordé à l’époque et qui était peu, du coup, convoité, ce qui nous permettait d’avoir une marge de manoeuvres pour expérimenter, ne pas devoir se justifier sur ce qu’on est en train de faire, est-ce qu’on est traîtres ou pas traîtres, etc. Tout groupe, peu importe le lieu où il intervient, a besoin de créer un territoire qui soit le sien, de se protéger, de nourrir ce territoire. C’est un peu ce qu’on s’est permis de faire pendant la première année après le centre social, en 2000, d’expérimenter tranquillement. On était trois à ce moment-là, dans des réseaux, avec des amis autour. Ça nous a donné aussi la possibilité de nous former, avec une petite structure, le GREFA, Groupe de recherche et de formation autonomes, que nous avons créée et qui permettait de nourrir un certain nombre de questions, en invitant des chercheurs. Ça crée de l’air de se former collectivement.

Puis, il y a eu une deuxième période, qui a été plus activiste, si on veut. Petit à petit, le groupe s’agrandit, on trouve des gens avec qui s’allier. C’est la chose la plus compliquée, finalement, s’entendre. Pouvoir avancer un certain nombre de trucs et aller assez vite là-dessus. Il y avait une certaine forme de culture, de confiance qui, je crois, ont permis qu’on expérimente à différents degrés. Depuis le lobbying jusqu’à l’activisme dans la rue. Discuter toutes les semaines avec des travailleurs, des chauffeurs. Discuter avec ce que nous on appelait la banlieue du travail salarié, donc des gens qui sont chômeurs, sans-papiers, travailleurs, précaires,... sur la question de la mobilité. Ça a été possible parce qu’il y avait une volonté de recherche et d’expérimenter. En définitive, on avait pas a priori une vérité sur comment il s’agissait de faire de la politique. Ni une vérité sur les alliances momentanées qu’on faisait. On a fait par exemple une alliance avec certaines parties des écolos sur un truc particulier, ça a été de travailler une réforme institutionnelle. À ce moment, il y avait Durant au gouvernement fédéral, Daras en Wallonie, il y avait des parlementaires et des gens du parti. C’était penser ensemble les différents leviers. Pour nous, c’était de l’expérimentation dans le sens que ce n’est pas évident de travailler avec un parti. C’est comme ça qu’on a présenté la chose. Eux ont aussi à faire un petit pas à faire, pour se fritter à des questions qui ne sont pas forcément évidentes pour eux non plus. Mais c’est un espace de travail. On bosse. Il se fait qu’après trois ou quatre réunions, il ne s’est plus rien passé. Cette alliance qu’on ouvre, le critère d’évaluation du projet, c’est ce qui se passe. À partir du moment où il ne se passe plus rien, on retire nos billes du jeu. Quand, par ailleurs, un an plus tard, on nous propose de venir dans les concertations de la mobilité, là on ne participe plus. On a participé à notre manière en faisant un happening, en venant perturber la réunion avec un texte expliquant pourquoi on ne vient plus. Quand on essaie de travailler, ça ne marche pas, qu’on ne vienne pas nous demander d’évaluer, à la fin, comment ça c’est passé. C’est chaque fois des one shot, c’est là où ça passe, là où on apprend. Là, où il y a des rencontres qui s’effectuent, qui permettent d’augmenter un peu nos puissances mutuelles, on continuait. Là où ça bloquait, on arrêtait. On est devenu en quelques années, des experts, ou une contre-expertise, sur les transports, posant des questions que d’autres évacuaient, entre autres la question sociale.

Cette volonté de recherche a permis de ne pas trop s’emmerder dans des questions un peu morales. On peut pas aller parler avec. On ne peut pas recevoir du fric de l’institution, etc. Pour nous, c’étaient chaque fois des questions conjoncturelles. Il fallait évaluer l’intérêt de chaque situation, de chaque action. On a fait des free zone, on allait pas faire des free zone pendant 150 ans. Tant que ça produisait des effets pour nous. Et même au niveau du groupe, faire des actions tout le temps, ça fatigue, donc il faut se ressourcer. faire des formations, faire autre chose, renouveller, faire de la radio. Il y a eu cette conjonction de confiance dans un groupe, de composition hasardeuse, de recherche, d’expérimentations.

C’est un peu ce qui se joue dans le livre : comment on peut penser une pratique collective qui ne se crée pas à partir d’un fondement ni d’une finalité ? Comment on peut faire en sorte de créer dans le cheminement même de son existence ses propres critères d’évaluation, qui font qu’on a à continuer ce qu’on est en train de faire, à la changer, le modifier, mais dans l’acte même de ce qui est en train de se faire et pas par rapport à quelque chose qui nous dit qu’il faut le faire, un futur ou un passé. Le futur de la fondation dans lequel on doit toujours répondre à ça, à la parole fondatrice qui a dit ce qu’on devait être. Ou à la parole lointaine à laquelle on doit toujours revenir sans cesse pour comprendre ce qu’on est en train de faire aujourd’hui. Cette pensée de l’expérimentation, du milieu pour parler comme Gilles Deleuze, de penser à partir des signes, des forces, des affections, des forces qui traversent ce qu’on est en train de faire. Penser en fonction d’une capacité à agir qui augmente ou pas. Ou alors est-ce qu’il y a des freins, de l’impuissance qui s’installent dans le groupe ? Dans les actions qui sont menées. Comment est-ce qu’on peut mener ça ? Le rapport aux objectifs — parce qu’on a toujours des objectifs qu’on se fixe — le rapport à ces objectifs dépend de ces questionnements. Ce ne sont les objectifs qui déterminent ce que le groupe a à suivre. Cette pensée-là, c’est l’attention à comment les choses sont en train de se réaliser, de se faire, de se défaire.

Quand il vont y arriver, dans quel état ils seront ? Qui seront-ils ? Est-ce que ce seront des gens qui ont gagné quelque chose dans la compréhension de leur propre vie, de l’environnement dans lequel ils sont. Ou est-ce que c’est devenu des bons militants, des bons soldats, des bons bénévoles, qui marchent au pas cadencé. Et qui auront leur résultat. Le résultat va devenir « on a réussi notre concert, il y a 600 personnes qui sont venues ». C’est bien ça, on est content si c’était ça l’objectif. Mais quel type de processus a vu le jour ? Qu’est-ce qu’on a à prendre, chemin faisant. Ça c’est un autre objectif, ou ça accompagne l’autre objectif, mais qui est aussi important. Le problème, c’est qu’on est rivé sur le résultat. Ce faisant, on s’empêche à penser le processus. C’est quoi nos critères de pensée ? C’est le signe. Il faut être attentif à ce signe. Tout a coup, il y a un puis deux puis trois qui sont partis du groupe. On a même pas vu ça. Par rapport au résultat, il y en a plusieurs qui disent « ça nous mange trop, ça nous bousille, on a plus le temps de, on est bousillés ». Si le groupe dit « on en parlera après, on fera un bilan une fois que ce sera terminé », évidemment ceux qui sont partis ne seront plus là.