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Rassemblement pour le tram à Liège ce lundi 1er octobre à 18h devant l’hôtel de ville

lundi 1er octobre 2007, par François Schreuer

Les signataires (plus de 2300 à ce jour) de la pétition pour le tram et contre l’autoroute Cerexhe-Heuseux/Beaufays organisent un rassemblement ce lundi 1er octobre à 18h devant l’hôtel de ville de Liège.

Alors qu’une bonne partie des principaux décideurs liégeois continuent à affirmer leur volonté de réaliser tant l’autoroute CHB qu’un très hypothétique réseau de tram ou de tram-train, nous rappellerons que, les capacités d’emprunt de la Région wallonne étant ce qu’elles sont, il n’est budgétairement pas possible de réaliser l’un et l’autre de ces deux projets à court ou moyen terme. Et qu’en conséquence un choix s’impose. Dans la situation actuelle, aucun débat sérieux n’a lieu sur ce choix qui engage pourtant gravement notre avenir. Si rien ne bouge, c’est un projet vieux de trente ans qui sera réalisé, engloutissant 400 millions d’argent public, soit approximativement la somme nécessaire à la construction d’un réseau de tram de base (4 lignes) dans l’agglomération liégeoise.

Nous rappellerons par ailleurs que, loin de concerner principalement le trafic de transit international, la nouvelle autoroute, d’après les propres études du ministère wallon de l’équipement et des transports, sera principalement utilisée pour des déplacements locaux. Et qu’en conséquence, c’est bien d’un choix de mobilité à l’échelle de l’agglomération liégeoise qu’il est question ici.

Alors que presque toutes les grandes villes françaises sont passées au tram avec succès, alors que l’Allemagne a des longueurs d’avance en matière de transports en commun, nous rappellerons aussi que Liège n’est plus très loin d’être la seule agglomération de plus de 500.000 habitants en Europe occidentale à ne pas disposer d’un système de transports en commun de grande capacité. Dans le même temps, la Belgique — et la région liégeoise y contribue grandement — dispose, selon le ministère belge des affaires étrangères, du réseau autoroutier le plus dense du monde.

Nous rappellerons encore que la politique du tout-à-la-voiture menée par le gouvernement wallon est littéralement suicidaire. La surenchère autoroutière permanente mène dans le mur et tout le monde le sait. Face au défi climatique et face au renchérissement du prix de l’énergie (qui ne fait que commencer), il est plus que temps de modifier profondément la manière d’aménager le territoire et de se déplacer. C’est un impératif environnemental. C’est aussi un impératif social.

Il est donc temps de mettre un coup d’arrêt définitif à l’inflation routière et de réorienter massivement les crédits wallons vers la mobilité douce et les transports en commun. C’est ce que nous rappellerons ce lundi à nos élus qui assisteront au conseil communal de Liège, à 18h30.

À lire aussi dans ces pages :

Photo : Une du quotidien Le Jour du 25 avril 2006. Source.

Messages

  • Je ne comprends pas l’intérêt débordant pour le tram. Pour la plupart de nos villes, ce moyen de transport est :

    * Inadapté, car incapable de franchir des côtes et/ou des courbes prononcées.

    * Dangereux : Lourd et sur rails, il est incapable de freiner rapidement (+ de 50m en général)

    * Lent et inefficace : face aux aléas de la circulation citadine, le tram n’a aucune flexibilité et agilité. Ou alors, il faut le mettre en site propre, ce qui est difficile et cher la plupart du temps.

    Son seul avantage à mes yeux : sa capacité à transporter beaucoup de monde. Mais on peut sans doute augmenter les fréquences ?

    Alors je vous pose la question : pourquoi pas le TROLLEY-BUS !?

    * Le trolley répond à tous les défauts du tram (cf ci-dessus)

    * Il est tout aussi peu polluant

    * Il est autonome en cas de besoin : le spectre de "hey jef, de fleche is af" (lorsque le pantographe se détache de la caténaire) n’est plus à l’ordre du jour, puisque les trolleys sont aujourd’hui capable de se mouvoir de manière autonome pour rallier le prochain dispositif permettant de se raccorder à nouveau). Ceci permet également de faire un détour en cas de besoin...

    * ...

    Je serais curieux d’avoir votre avis sur la question...

    • A ce sujet, voici un article sur les trolleys de Lyon qui m’ont inspiré cette réaction :

      http://home.fonline.de/lars/trolley...

    • Effectivement, je suis favorable au tram et pas au trolley ; et ça vaut la peine d’en parler.

      Quelques réponses, donc.

      Inadapté, car incapable de franchir des côtes et/ou des courbes prononcées.

      Pour les lignes envisagées, le tram devrait passer partout sans problème. Les montées d’Ans, de Fléron et du Sart-Tilman ne sont pas assez fortes pour empêcher le tram de passer.

      Dangereux : Lourd et sur rails, il est incapable de freiner rapidement (+ de 50m en général)

      Oui, c’est vrai. Mais c’est le cas de tout véhicule de grande capacité.

      Lent et inefficace : face aux aléas de la circulation citadine, le tram n’a aucune flexibilité et agilité. Ou alors, il faut le mettre en site propre, ce qui est difficile et cher la plupart du temps.

      Quel que soit le mode choisi pour le réseau structurant, il faudra le mettre en site propre intégral (ou quasi-intégral). C’est la seule manière d’obtenir une vitesse commerciale justifiant la réorganisation du réseau.

      Son seul avantage à mes yeux : sa capacité à transporter beaucoup de monde. Mais on peut sans doute augmenter les fréquences ?

      Oui, la capacité est l’argument central. Et c’est un argument massue quand on voit les problèmes de capacités qu’on rencontre déjà aujourd’hui (et donc, à plus forte raison, qu’on rencontrera demain quand le réseau aura été réorganisé, que le prix de l’énergie aura encore augmenté,...).

      Le principal coût d’exploitation d’un réseau de transports en commun est la masse salariale. Ce qui complique l’augmentation des fréquences au-delà d’un certain point. Et quand bien bien même on augmenterait la fréquence sans augmenter la capacité des rames, on risque à tout moment l’effet « accordéon » (un véhicule surchargé et donc lent suivi de deux ou trois à moitié vides).

      Il y a un argument supplémentaire en faveur du tram : son confort, sans commune mesure avec le bus ou le trolley. C’est l’aspect positif du freinage régulier (entre autres choses), on n’est pas secoué, on peut lire, les personnes fragiles ne sont pas projetées par terre dans un tournant serré ou lors d’un freinage trop brusque. Il me semble que cet élément n’est pas négligeable dans une politique de retour vers les transports en commun.