Les archives des Bulles

À Anvers, deux procès et le racisme

lundi 8 octobre 2007, par François Schreuer

Les médias sont pleins des comptes-rendus du procès d’Hans Van Themsche, ce jeune Anversois qui a tué deux personnes et en a blessé une gravement dans les rues d’Anvers le 11 mai 2006, pour des motifs racistes évidents, qu’il a lui même clamé haut et fort avant, pendant et après son raid sanguinaire.

À la lecture de ces comptes-rendus proliférants, le premier constat qui saute aux yeux est la complaisance dont la plupart des journalistes font preuve à l’endroit de M. Van Themsche. Les effusions de pleurs de son clan, ses remords aussi crédibles que les lectures de Nostradamus par Paco Rabanne, les thèses les plus aberrantes de sa défense sont en effet relayées de façon peu critique. Les parents du meurtrier peuvent ainsi assurrer contre l’évidence « qu’ils n’ont pas donné une éducation raciste à leur fils ». Le grand-père de l’intéressé était pourtant engagé volontaire dans la SS tandis que son père — qui se présente comme opposé au racisme — a été longuement membre du Vlaams Belang, dont il a cependant rendu la carte récemment, « par respect pour les victimes » — comprenne qui pourra cette attitude paradoxale de déni de responsabilité conjugué à un aveu implicite.

Je ne souhaite à personne d’être le fils ou le petit-fils d’un SS, ce qui ne doit sûrement pas être drôle. Mais une telle ascendance crée quelques obligations, au premier rang desquelles le respect d’un antifascisme scrupuleux, une démarquation absolue vis-à-vis des crimes commis par ceux qui furent peut-être les humaines les plus barbares de l’histoire de l’humanité. Se prétendre antiraciste comme le fait de manière parfaitement surréaliste la famille Van Themsche tout en adhérant au plus dangereux parti néo-nazi d’Europe n’a strictement aucun sens. Il est tout simplement outrageant pour les victimes du nazisme de laisser de telle allégations être proférées dans un tribunal sans être très durement contredites.

Dans le même genre, les frères du criminel affirment qu’il n’a jamais propagé d’idées racistes, ce qui est une insulte à la vérité qui devraient valoir à ces témoins douteux une inculpation fissa pour faux témoignage.

L’innacceptable culmine dans la tentative de faire passer le meurtrier raciste pour un malade atteint d’autisme, de mettre ses crimes racistes sur le compte d’un « syndrôme d’Asperger » opportunément sorti d’un tiroir par quelques psychiatres sans scrupule, au mépris des personnes réellement atteintes de cette maladie. Fort heureusement, le ministère public a vertement récusé cette thèse hallucinante.

M. Van Themsche est vraisemblablement un individu perclus de bêtise, empli d’ignorance, profondément marqué dans son être par la dégénérescence de la pensée qu’est le phénomène raciste. Son acte est sans doute celui d’un semi-dément formaté par le système idéologique du Blok/Belang. Le seul procès qu’il convient donc de faire à Anvers, c’est celui de l’extrême-droite. Et je ne suis pas certain que c’est ce à quoi l’on assiste. Il n’empêche. Si la liberté a un sens, Van Themsche doit être lourdement condamné, aussi faible, minable et inconsistant qu’il soit. Il convient tou simplement qu’il vole au trou dans l’infamie et qu’il y reste quelques dizaines d’années. Je dirais même plus : peut importe qui il est, son acte menace trop profondément la société pour mériter la moindre mansuétude. Il faut appliquer la loi, qui est claire. Et cesser d’étaler dans les pages des journaux des remords probablement feints. Il faut briser Van Themsche, lui faire subir les foudres de la puissance publique contre son acte inacceptable.

Cela dit, les lecteurs de ces carnets le savent, un autre procès se tient actuellement à Anvers, un procès dont les enjeux politiques et juridiques sont beaucoup plus importants puisque c’est rien moins que la jurisprudence en matière de « terrorisme » qui va s’y établir ; un procès dont la tenue même est contestable en raison du caractère foncièrement arbitraire et liberticide des lois d’exception en vertu desquelles il a lieu ; un procès qui, pourtant, retient beaucoup moins l’attention des médias que celui de M. Van Themsche. Je veux bien sûr parler du procès du DHKC-P, dans le cadre duquel est notamment poursuivi M. Kimyongür, militant communiste à qui aucun acte répréhensible n’est reproché, mais qui risque pourtant plusieurs années de prison pour « appartenance » à une organisation « terroriste », tout cela pour avoir traduit des communiqués d’une organisation révolutionnaire turque. Je ne vais pas revenir sur ces concepts juridiquement farfelus mais pourtant coulés dans la loi sous l’effet de la psychose "anti-terroriste" qui s’est emparée de gouvernants du monde occidental tout entier. Et un doute s’instille : pourrait-on traiter M. Kimyongür comme on le fait s’il était non seulement né en Begique, de nationalité belge, diplômé d’une université belge, mais aussi blanc, de la couleur bien pâle qui sied aux rejetons de notre très hypothétique nation. Disons-le tout net, je ne pense pas que si Bahar s’appelait Jean-Marc Vandepiperseel, qu’il était l’enfant d’un respectable boucher de Vilvoorde ou d’un comptable de Woluwé et pas le fils d’un mineur anatolien venu s’établir dans le Borinage, l’accusation tomberait d’elle-même, parce qu’elle est trop grotesque, trop infâme, trop insultante autant pour ses auteurs que pour sa victime. Ce n’est que parce que le procès de Kimyongür reste enfouis sous une chape d’indifférence — raciste — qu’il est possible de lui infliger ce traitement indigne que la Belgique lui a réservé.

Ce spectacle me dégoûte. Cette victoire en creux, peu visible mais réelle, de l’abject nationalisme (photo) me révulse. D’un côté, un minable et inconsistant meutrier raciste fait la une de la presse et suscite des commentaires enflamés alors qu’il n’y a aucune controverse sur la nature des faits — accablants — qui lui sont reprochés et pour la répression desquels le code pénal est des plus clairs. D’un autre, un homme juste, droit, respectable, fort de ses convictions et qui a défendu de manière pacifique le rêve de voir dans le pays d’origine de ses parents s’établir un régime politique plus juste, risque quant à lui plusieurs années de prison pour un chef d’accusation fantaisiste. Mais le silence se fait autour de lui, les commentateurs autorisés prennent des pincettes pour parler de son cas, relaient de façon éhontée de chef d’accusation de "terrorisme" véhiculé par l’accusation, se montrent incapables de déconstruire cette notion vide, ad hoc.

L’ignominie d’une législation arbitraire — tacitement soutenue par 90% de la classe politique, pour notre honte à tous — se mêle à la rationnalité spectaculaire de mass-médias plus soucieux d’offir des trémolos inoffensifs et complaisants à leurs lecteurs que de s’ériger en dernier rempart de libertés fondamentales qui reculent de façon inquiétante.

Messages

  • Qu’il ait tué par racisme ou pas on s’en fout. Il a tué (pris en flagrant délit, la présomption d’innocence n’a plus de sens) et donc mérite d’aller en prison pour quelques temps. Point barre !

    C’est quoi cette hypocrisie du crime raciste ? Si tu s’en prends à quelqu’un faut surtout faire gaffe à ce que ce soit quelqu’un de la même couleur de peau que toi, tu risques une peine moins forte. Finalement c’est ça le message.
    Si chacun doit être égal qu’on commence par supprimer toute discrimination légale, y compris positive.

    Quant à dire que les nazi furent les pires criminels de l’histoire, je trouve ça audacieux. Comme si ce régime avait eu le monopole du massacre en 6000 ans d’histoire. Attention, je n’ai pas dit que c’était des enfants de choeur et il n’est pas question de négationnisme, juste de mesure dans certaines formulation.

    • Qu’il ait tué par racisme ou pas on s’en fout. Il a tué (pris en flagrant délit, la présomption d’innocence n’a plus de sens) et donc mérite d’aller en prison pour quelques temps. Point barre !

      C’est quoi cette hypocrisie du crime raciste ? Si tu s’en prends à quelqu’un faut surtout faire gaffe à ce que ce soit quelqu’un de la même couleur de peau que toi, tu risques une peine moins forte. Finalement c’est ça le message. Si chacun doit être égal qu’on commence par supprimer toute discrimination légale, y compris positive.

      Je reconnais que la question n’est pas simple. Autant, comme j’ai pu l’écrire, je ne suis pas favorable à la répression pénale des propos racistes, autant j’ai l’intuition assez ferme que le caractère raciste d’un acte attentatoire à la personne d’autrui en constitue une circonstance aggravante. Mais j’ai du mal à la justifier sur un plan rationnel pour le moment.

      J’y réfléchis.

      Quant à dire que les nazi furent les pires criminels de l’histoire, je trouve ça audacieux. Comme si ce régime avait eu le monopole du massacre en 6000 ans d’histoire. Attention, je n’ai pas dit que c’était des enfants de choeur et il n’est pas question de négationnisme, juste de mesure dans certaines formulation.

      Oui, je me disais bien que j’allais recevoir ce genre de commentaires (et, à la rigueur, on peut se demander quel intérêt il peut bien y avoir à établir un tel classement morbide). Mais j’ai plutôt tendance à maintenir mon affirmation.

      D’une part, factuelle, le judéocide n’a pas d’équivalent dans l’histoire. Il y a bien eu des massacres de masse, des génocides (notamment celui des Indiens d’Amérique), etc, mais aucun n’avait le caractère systématique, froidement organisé de crimes de masse commis par les nazis à l’encontre des Juifs et de beaucoup d’autres catégories de personnes (gitans, homosexuels, communistes,...).

      D’autre part, théorique, la question de la barbarie d’un régime politique me semble surtout pouvoir être abordée en partant de son discours. La barbarie nazie n’a touché à l’horreur absolue que parce qu’elle a théorisé ses crimes au sein d’un système de pensée affirmé, revendiqué, assumé. C’est toute la différence entre les Nazis et les Huns (par exemple).

      On pourrait éventuellement ajouter un troisième argument, tenant au point de vue duquel on parle. Si les crimes d’Attila, ou même ceux de Léopold Ier nous concernent somme toute assez peu, ce n’est pas le cas des crimes nazis, qui peuvet être considérés comme l’aboutissement de la civilisation moderne, et nous forcent à ce titre à une mise en question permanente des fondements de notre action.

      ++

      François

    • Oui bof, les Mongols qui massacraient des villes comme ça parce qu’ils en avaient envie c’est balèze aussi. Alexandre le grand a tué moins de personne, et pour cause la population mondiale devait être de quelques millions de personne à son époque. Pourtant à l’échelle de l’humanité, il en tué des gars pour assouvir sa soif de conquête. Les Anglais avec les Ecossais à une époque ne rigolaient pas. Là aussi l’objectif était de faire disparaître les conquis, même si les Anglais du moyen age n’avaient pas de moyens aussi efficaces que les Allemands au début du 20ème siècles. La preuve en est que les Ecossais sont toujours là. Que dire de la façon dont l’Espagne a traité les juifs après la reconquesta (ce sont les Espagnols qui ont "inventé" l’inquisition quand même), alors que les musulmans étaient tolérés (tolérance à géométrie variable, ma préférée), voire bien accueillis tant qu’il se contentaient de vivre tranquillement et de faire du commerce. Staline et ses goulags, ça aussi c’est récent et l’ordre de grandeur est, dit-on, le même que pour les camps de concentration.

      Enfin bref, les exemple d’élimination massive pour le plaisir ou pour raison idéologique (au moyen age c’était religieuse, mais c’est le même principe) ou simplement pour avoir le tord de déplaire à un chef d’état. Le plus grand tord des nazis par rapport aux autres tueurs en masse, finalement c’est d’être arrivé au pouvoir au 20ème siècle avec des moyens industriels considérables sous la main et non pas au moyen age où il fallait se contenter d’arbalètes et de catapultes pour conquérir et de bûcher sur la grand place pour exécuter en nombre. Faut dire aussi que ce sont nos villes qui ont été bombardées et envahies et une partie de notre population déportée. Je doute que le nazisme ait le même impact sur les esprits en Inde. Par contre chez eux, le colonialisme britanique ils doivent considérer que c’est la pire chose qui puisse exister, alors que pour nous les anglais c’est juste des types qui font de la bonne musique, roulent à gauche et mangent n’importe quoi. Non mais sérieux, la cuisine anglaise c’est horrible.

      Ceci dit, c’est juste une expression qui me gène un peu, la seconde guerre mondiale devait être atroce (j’y étais pas, si ça se trouve c’est un coup de Marcel Bélliveau avec la complicité de tout ceux qui ont vécu à ce moment là). On pourrait presque s’en réjouir. Depuis la fin de cette guerre, les esprits ont été tellement marqués que l’Europe occidentale est en paix depuis plus de 60 ans, ce qui n’était sans doute plus arrivé depuis l’empire romain à son apogée (j’ai la flemme de vérifier, mais de mémoire la guerre a été omniprésente sur notre continent au cours de l’histoire, ce qui explique sans doute cette volonté de compétition entre nations et maintenant entre entreprises ou individus de la civilisation occidentale (là je m’avance un peu, c’est juste une idée qui vient de traverser l’esprit)).

      Ah oui, le sujet. Hans Van Themshe en prison et qu’on nous foute la paix dans les médias avec ça. Ce type est une menace, il faut donc supprimer la menace en l’enfermant. Maintenant, en prison ou en asile, je m’en fous tant que c’est pour longtemps (ni évasion ni remise de peine (encore un concept totalement absurde)).

    • Le génocide arménien que le génocide tutsi étaient tout aussi planifiés, revendiqués, et atroces que le génocide juif. Et ils étaient chacun de bien plus grande ampleur. La seule différence est que les victimes étaient pauvres et loin du monde occidental...

      Quant aux affirmations que la responsabilité et culpabilité sont deux choses différentes, et que les Allemands et descendants de collaborateurs nazis auraient un quelconque devoir moral, elles sont tout simplement scabreuses. Juger les personnes sur base de leurs ancêtres, c’est clairement une discrimination basée sur l’origine et ça porte le nom de... racisme. Bravo !

    • La discussion visant à savoir quel est le pire régime politique de l’histoire n’a pas grand sens. Bien sûr que les génocides arménien et tutsi étaient abominables. Simplement, sans doute pour m’être intéressé aux travaux de l’école de Francfort, je suis porté à penser que le nazisme perpètre l’horreur plus loin que tout autre régime politique, pour des raisons que Horkheimer et Adorno ont expliquées mieux que moi. On rétorquera (à raison ?) que, par comparaison aux phénomènes totalitaires du "court" XXe siècle, un événement comme le génocide rwandais demeure impensé. C’est possible. On pourrait gloser longuement sur la question ; personnellement j’arrête ici sur ce point.

      Sur la question de l’héritage symbolique, je suis moins assertif que vous. Je trouve néanmoins assez problématique l’idée qu’une collectivité puisse s’exénérer d’un passé criminel au motif qu’une ou deux générations sont passées. Sur le plan individuel, c’est plus discutable (bien évidemment, il n’y a pas de tare héréditaire). Le problème se pose dans ce cas sur deux plans : l’historicité de toute existence humaine d’une part, autrement dit une dépendance constitutive de l’individu vis-à-vis du collectif dont la négation me semble d’une grande naïveté ; l’ambivalence des héritages à demi acceptés d’autre part.

      Et puis, bien entendu, votre définition du racisme ne tient pas la route.

    • Mince alors ! Et la serbie il y a dix ans ? Oublié aussi ?!

    • Et puis, bien entendu, votre définition du racisme ne tient pas la route.

      Sérieusement, ça t’arrive parfois de te remettre en question ?
      Tu es tellement sûr de toi dans tout ce que tu avances sans jamais accorder le moindre compromis ou admettre la moindre erreur de jugement que ça en est terrifiant, bien plus encore que certaines de tes idées farfelues. Dire simplement : "j’avais pas vu ça comme ça", plutpot que "c’est nul" ; ce serait tout de suite plus crédible pour quelqu’un qui se plaint de la pauvreté du débat démocratique.

      Pour parler un peu de l’autre procès, je constate encore une fois le manque total de cohérence. Les gens du DHKPC qui en font juste partie n’ont pas à être combamné, ce sont de braves gens. Par contre les fils de membres du Vlaams Belang ou les Allemands ont forcément une faute à expier. Deux poids, deux mesures. Il faut dire que le VB est de droite (ce qui est le pire qu’on puisse imaginer*) alors que le DHKPC est de gauche (ce qui est formidable). Quant à leur noble combat contre la Turquie, est-ce suffisant pour les acclamer ?
      Chavez s’oppose clairement l’impérialisme américain, mais je doute qu’il vaille beaucoup mieux. Castro est l’incarnation même de cette oposition aux USA aussi malsaine que le système qu’elle attaque.

      Et pour terminer une question qui a été évoquée par d’autres, toujours pas d’explication rationnelle sur pourquoi il est plus grave de frapper un noir qu’un blanc ? Ça m’intéresse beaucoup. Si je ne supporte pas les roux (parce qu’il y en a un qui m’a persécuté à l’école), est-ce que je risque de me faire juger pour racisme après en avoir tué quelques uns dans la rue. Sérieux, les roux c’est vraiment des connards, faudrait les placer dans des camps et les exterminer.

      *Soit dit en passant les théories du VB, comme toute idéologie extrémistes, me consternent. Gauche ou droite, à ce niveau c’est du pareil au même et ça n’a plus la moindre importance.

    • Non, non, pas de ce ton-là. Si ce que j’écris ici ne vous plait pas, rien ne vous oblige à venir le lire. Mais si vous venez ici, un minimum de courtoisie s’impose.

      Tout d’abord, commencez par signer vos messages ; j’ai déjà dit un certain nombre de fois que je trouvais déplaisante au possible cette habitude qu’ont certains lecteurs de ces pages de commenter sans signer ; comme ça ne semble pas suffire et que certains se croient tout permis blottis derrière l’anonymat, les messages non signés (au minimum d’un pseudo et d’une adresse mail répondant) seront à présent tout simplement supprimés (vous avez l’insigne privilège d’être le dernier commentateur anonyme de ce site). Ceci est désormais clairement précisé dans le formulaire de commentaire.

      Ensuite, je ne vous autorise pas à me tutoyer.

      Enfin, merci de rester dans le sujet. Ce lieu n’est pas destiné à parler de ma personne, de mes qualités et de mes défauts — surtout pas de façon anonyme — mais à discuter sur les sujets proposés. Pour cette raison, l’accumulation exagérée d’arguments spécieux et rhétoriques est aussi un motif de non publication des commentaires ; le temps est trop rare pour le gaspiller à répondre à ce genre de choses.

      Vous savez maintenant comment faire pour que vos messages restent en ligne.

      Sur le fond, il n’y a pas grand-chose à dire.

      1. Ce site n’est pas destiné à étaler mes états d’âmes. Et je concède volontiers mes erreurs, ce qui est déjà arrivé un certain nombre de fois sur ce blog.

      2. Le manque de cohérence que vous voyez entre mes positions sur Van Themsche et le DHKPC ne me saute pas aux yeux. Je n’ai pas prétendu qu’il fallait condamner en justice un membre du Belang pour appartenance à cette organisation.

      3. Si vous cherchez des justifications au fait que le caractère raciste d’un crime en constitue une circonstance aggravante, je suppose que vous en trouverez dans l’exposé des motifs de la loi concernée. J’ai indiqué que cette question restait peu claire pour moi ; dont acte.

      4. Je serais heureux que vous indiquiez ce que vous entendez par « extrémiste ». Pour moi ce terme ne veut rien dire ; c’est juste une manière que les prétendus « modérés » ont de stigmatiser ceux qui remettent en question l’ordre établi (et ceci n’implique bien évidemment aucune appréciation substantielle quant auxdits contestataires). Je ne doute pas que les dirigeants de l’apartheid considéraient Nelson Mandela comme un extrémiste — et après ? L’indigence d’une telle accusation devrait sauter aux yeux de ceux qui l’emploient. Je regrette que ce ne soit pas le cas.

      5. Il va sans dire — et je l’ai pourtant précisé à quelques reprises déjà — que défendre les droits civiques les plus élémentaires d’une personne n’implique en rien l’endossement de ses positions politiques.

  • Bonjour,

    je suis assez étonné de la virulence des propos que vous tenez. De plus, je vraiment heurté par la phrase suivante :

    Je ne souhaite à personne d’être le fils ou le petit-fils d’un SS, ce qui ne doit sûrement pas être drôle. Mais une telle ascendance crée quelques obligations, au premier rang desquelles le respect d’un antifascisme scrupuleux, une démarquation absolue vis-à-vis des crimes commis par ceux qui furent peut-être les humaines les plus barbares de l’histoire de l’humanité.

    Cela me met très mal à l’aise. Qu’est-ce que cela sous-tend ? Que si le pouvoir ne doit pas se transmettre de père en fils, la culpabilité oui ? Les allemands vont-ils devoir sans cesse demander pardon pour les fautes commises par leurs grand-parents ? Doit-on leur donner le poids énorme d’avoir un comportement "antifasciste rigoureux" ? Avons-nous plus le droit qu’eux d’être fasciste sous prétexte que nous n’avons pas de grands-parents SS ? Allons donc... Nous sommes responsables de nos actes mais pas de ceux de nos ancêtres. La causalité n’est jamais allé que du passé vers le futur aux dernières nouvelles.

    • Culpabilité et responsabilité sont deux choses différentes. Comme vous le savez, dans tout héritage, il y a deux faces ; on n’endosse jamais l’une sans devoir endosser l’autre. Autrement dit, la seule condition pour pouvoir se considérer comme exonéré de toute responsabilité, c’est de refuser en bloc l’héritage. Ce qui est impossible à faire dans le cas d’un Etat. Et ce que la famille Van Themsche n’a de toute évidence pas fait.

      Et si vous pensez que les Allemands ne vivront pas, pour quelques générations encore, avec une dette morale écrasante, vous n’avez, à mon avis, pas compris grand-chose à ce pays.

      Le principe d’individuation n’est pas absolu (anthropologiquement, il a beaucoup de choses à dire là-dessus : l’idée que la causalité soit la seule chose qui nous oblige est d’une très grande naïveté). Notre existence s’inscrit dans une situation historique, qu’on le veuille ou non.

    • Je confirme en partie, j’ai une amie allemande qui m’a dit que lors de la coupe du monde de football de l’an passé, au moment des exploits de leur équipe, c’est la première fois qu’elle voyait les gens sortir dans la rue avec des drapeaux et manifester un sentiment de fierté nationnale.

    • Et si vous pensez que les Allemands ne vivront pas, pour quelques générations encore, avec une dette morale écrasante, vous n’avez, à mon avis, pas compris grand-chose à ce pays.

      Je pense que certains le vivent et que certains continueront à le vivre mais là n’est pas mon propos. Ce que j’essaie de dire c’est qu’il est irrationnel de rendre responsable une personne ou un peuple (passons l’Etat qui a une valeur plus symbolique) d’actes qu’ils n’ont pas commis en tant que personne ou peuple. Le peuple allemand de 1939 n’est pas celui de 2007. Il n’est en RIEN responsable des atrocités commises par une partie du peuple de 1939.

      Etes-vous, en tant que Belge, responsable des atrocités commises au Congo sous Leopold II sous prétexte que ces dernières étaient commises par des individus du peuple belge ? Si un de vos ancêtres s’est illustré par le viol et la rapine vous sentez-vous une responsabilité particulière ? Non ? Parce que cela remonte à trop loin ? Est-ce qu’il y a une période de "wash-out" générationnel à partir duquel la responsabilité s’estompe ?

      D’un autre côté, je trouve également profondément irrationnel la fierté des belges quand l’équipe nationale belge gagne (il parait que cela arrive) contre une autre équipe nationale. Ou la fierté d’être Belge, Français... Tous ces status qui ne dépendent pas le moins du monde d’une action auquel l’individu a participé. Mais je m’insurge moins car cela ne prête pas à conséquence et que l’instinct grégaire est ce qu’il est. Par contre, votre discours me met mal à l’aise car j’ai l’impression qu’il met une pression sociale sur un peuple ou des familles en raison de leur histoire.

      Voilà ce que j’essayais d’exprimer...

  • A vu de ce qui se passe en californie il se pourrait bien que l’autisme sous ses diverses formes devienne une maladie aussi préoccupante que le Sida il y a quelques années. En californie les instituts spécialisés ne suivent plus tant le nombre de cas augmente.
    [http://en.wikipedia.org/wiki/Image:US-autism-6-11-1996-2005.png]
    On ne sait pas encore si c’est parceque le diagnostique s’est affiné ou si il y a une cause sociale ou environnementale.
    Cela peut être grave car même benigne elle peut affecter sournoisement notre fragile comportement social.

  • Sérieusement, je ne pensais même pas que la prison à vie existait encore dans notre monde laxiste avec les délinquants et meurtriers.
    Le seul avantage de la médiatisation de cette affaire, c’est que ce charmant garçon risque moins (très légèrement) de sortir grâce à une réduction de peine accordée à la va-vite (Melchior, si tu passes dans le coin, sache qu’on ne t’oublie pas) et que ça fera peut-être réfléchir les types un peu violents.

    Par contre,je serais curieux de savoir si la peine aurait-été la même s’il avait attaqué des blancs.