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Tram à Liège : Willy Demeyer fait la moitié du chemin

jeudi 11 octobre 2007, par François Schreuer

Dans un entretien au journal Le Soir, le bourgmestre de Liège et président de la fédération liégeois du Parti socialiste, Willy Demeyer, prend une position claire et ferme en faveur du tram, ce dont on peut se féliciter. Le débat est enfin lancé et le bourgmestre peut être assuré du soutien des signataires de la pétition dans le combat qu’il semble vouloir mener contre les conservatismes qui sévissent aujourd’hui parmi les responsables des transports en commun, ce dont témoigne l’état déplorable du réseau de transports en commun liégeois. On peut aussi se réjouir de voir le bourgmestre reconnaître la nécessité qu’il y a de créer à Liège un réseau de transports en commun structurant. De même que de le voir rejeter les propositions de Jean-Claude Phlypo, dont le manque d’ambition pour Liège est véritablement sidérant au regard des défis sociaux énormes qu’annonce la raréfaction du pétrole. Celle-ci — et l’augmentation du prix de l’énergie qu’elle annonce — ne manquera pas en effet, en l’absence de mesures importantes pour la mobilité en commun, de restreindre fortement l’accès à la mobilité des moins fortunés.

Reste une question — de taille — à poser : comment financer ce tram ? Le bourgmestre évoque les travaux qui seront bientôt entrepris sur le métro de Charleroi pour justifier un investissement similaire à Liège. Mais le budget qu’il faudra dégager pour un réseau de tram liégeois est d’une toute autre ampleur que les 75 millions récemment consentis par le gouvernement wallon (via un emprunt à la BEI) pour « boucler la boucle » du métro de Charleroi. Et on sait que les capacités d’investissement — et même d’emprunt — de la région wallonne sont des plus limitées.

Une solution simple existe, pourtant : annuler la « liaison » autoroutière Cerexhe-Heuseux Beaufays (CHB), pour laquelle 400 millions d’euros sont prévus, et réorienter ces fonds vers la mobilité en commun qui, sans cela, risque de devoir attendre les calendes grecques. Ce sera aussi un choix beaucoup plus cohérent en matière de mobilité.

Pour que le tram ait des chances réelles d’être réalisé à moyen terme, on ne peut dès lors qu’inviter le bourgmestre — et tous les citoyens — à nous rejoindre en signant la pétition « Oui au tram ! Non à l’autoroute ! », adressée au gouvernement wallon.