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Quand Radiohead fait « la révolution »

jeudi 18 octobre 2007

On peut lire pas mal de commentaires, dernièrement, sur la sortie du dernier album de Radiohead qui est donc diffusé en ligne, via un site web et non plus via le réseau de distribution classique. Par exemple, Libé titrait il y a quelques jours sur la « révolution » que constituerait la sortie de cet album « In Rainbows » (avant de s’étonner que l’album soit « malgré tout » « piraté »).

Je dois dire que je suis sceptique.

1. S’il s’agit simplement de diffuser la musique par le net, ça n’a franchement rien de révolutionnaire : tout le monde le fait.

2. S’il s’agit de se passer d’une maison de disque, c’est déjà plus original, mais je n’en vois pas vraiment l’intérêt. Pour une raison très simple : j’ai tendance à penser que ce qui est rétrograde et castrateur dans le système actuel, ce ne sont pas les maisons de disque (enfin si, un peu, bien sûr, mais indirectement), mais bien le droit d’auteur dans sa forme actuelle. Ce sont deux choses assez différentes. Autrement dit : réformez le droit d’auteur pour permettre le libre usage non commercial des oeuvres et les maisons de disque deviendront inoffensives.

Un exemple très concret pour illustrer mon propos : si vous êtes une petite radio et que vous cherchez à rendre vos émission disponibles en ligne, vous aurez les pires difficultés à le faire si vos émissions contiennent de la musique sous copyright. Déjà pour diffuser un stream en direct de la radio, ça coûte bonbon en droits sabam. Mais si vous voulez constituer une base de données d’émissions écoutables en libre accès — ce qui est une idée encore bien plus intéressante à mon avis — autant renoncer tout de suite. Tous vos moyens y passeraient.

L’initiative révolutionnaire de Radiohead répond-elle à ce problème ? La réponse est simple : non.