Je ne suis pas à 100 % d’accord. Le débat d’hier soir, sur "Face à l’info", avec Geert Lambert, Herman De Croo et Mark Eyskens était très instructif, c’est vrai.
Mais , sur Matin Première, je trouve que Jean-Pierre Jacquemin est souvent le premier à rajouter de l’huile sur le feu. Exemple : hier, Di Rupo dit qu’il trouve "scandaleux" que le ministre Keulen n’ait pas nommé les trois bourgmestres de la périphérie. Et Jacquemin lui demande : "Scandaleux, pas plus que cela ?" Di Rupo, sans doute par peur de paraître plus mou sur le sujet que le MR, muscle alors le propos : "Si, si, bien sûr que c’est beaucoup plus grave que cela." (je cite de mémoire)
Et ce matin, j’étais assez abasourdi en écoutant l’interview du bourgmestre de Linkebeek. Le journaliste semblait considérer comme une évidence qu’il fallait dans ce cas considérer les trois bourgmestres comme des pauvres victimes d’un déni de démocratie. Le moindre esprit critique semble avoir disparu face aux thèses du FDF, et personne ne fait un tant soit peu l’effort de comprendre les positions flamandes.
Mais j’ajoute que ce serait une grave erreur d’évaluer de façon trop personnelle l’attitude de tel ou tel journaliste dans cette crise. Certes, il y en a qui jouent un peu plus que d’autres la carte de l’hystérie et de la dramatisation à outrance. Mais le fond du problème est ailleurs : un certain sensationnalisme anti-flamand soft fait grimper l’audience ou le lectorat, tout simplement. Donc, quelque part, c’est bête à dire, mais c’est un peu la faute des auditeurs et des lecteurs.