Les archives des Bulles

Bande de cons !

vendredi 16 novembre 2007, par François Schreuer

Là, ce soir, j’aurais voulu vous faire un billet sur la médiocrité insondable de notre personnel politique, sur ses petitesses banalisées et ses grands cris en commandite. En foutre plein la gueule à tout le monde, aux (quasi-)bourgmestres fransquillions — oui, fransquillions — de la périphérie bruxelloise qui n’arrêtent pas d’insulter les Flamands et qui nous demandent d’être solidaires avec eux, aux petits coqs en rut qui crient à la fin du monde parce qu’on va peut-être éventuellement scinder un arrondissement électoral (un arrondissement électoral !), aux écolos qui se proclament les grands défenseurs unitaristes du pays blablabla mais, comme le signale (l’écolo) Didier Coeurnelle, merci à lui, votent le doigt sur la couture du pantalon toutes les conneries qui passent par la tête des grands leaders charismatiques du putain de « front » des francophones. J’aurais aligné dans le viseur tous ces « démocrates » (dont certains se prétendent même « socialistes », quelle bonne blague) qui s’indignent (à raison) de l’alliance avec les fascistes pour le vote de la scission de BHV mais pratiquent néanmoins la pire collusion qui soit avec les fascistes turcs à Bruxelles. J’aurais voulu faire sa tête (à claques) au carré à cette mauviette de Wathelet Junior. J’aurai voulu envoyer Didier Reynders et Elio Di Rupo sur la lune s’envoyer à la face respectivement, pour l’un son mépris prétendûment cérébral et pour l’autre ses éructations boulevardières. J’aurais voulu faire sortir le mot « gauche » de la bouche d’Isabelle Durant (oui, ç’aurait été le point le plus difficile de mon programme).

Les Flamands auraient eu aussi leur compte (surtout Yves Leterme et Bart De Wever qui semblent engagés dans la finale intergalactique visant à savoir qui sera le plus bouché des deux), bien sûr, mais ça, on connait la chanson.

J’aurais aussi expliqué comment il se recrute, le personnel politique. J’aurais montré que ce sont les ouiouistes-coucouchepanier qui « montent » dans 95% des cas, que le système de reproduction des élites (pff, « élites », n’importe quoi) — contre son propre intérêt — recrute des gens fades et lâches, prêts à trahir leurs principes pour deux points dans les sondages, prêts à toutes les compromissions pour entrer ou demeurer dans les bonnes grâces de tel cador. J’aurais aligné les exemples montrant que cette conjuration des imbéciles qui nous gouverne est largement composée de gens veules, bornés, irrespectueux.

Oui, je sais, ç’aurait été un billet un peu « poujadiste », comme on dit. Parce que quand même, ça ne se fait pas, et il y a des cons partout. Oui, mais plus au parlement qu’ailleurs. Et plus au gouvernement qu’au parlement. C’est triste à dire, mais c’est comme ça.

Bon, mais je n’aurai pas à l’écrire, ce billet, parce qu’il semble que Thomas Gunzig l’a déjà fait, pour « La Semaine Infernale » du 8 novembre. Merci à lui.

Bande de cons !
pas vous, cher public !
Les autres, les formateurs, informateurs, explorateurs, chef de groupe, président de partis flamands, présidents de partis francophones, seconds couteaux, troisièmes couteaux, de gauche, de droite, les cathos, les écolos, les libéraux...
Bande de cons de Flandre
Bande de cons de Bruxelles
Bande de cons de Wallonie.
D’abord à tous ceux qui croient avoir gagné les élections d’il y a 5 mois.
À tous ceux qui avaient un grand sourire
À tous ceux qui avaient les bras en l’air.
Le temps est venu de vous avouer quelque chose :
Les gens n’ont pas voté pour vous parce qu’ils vous aimaient.
Les gens ont voté pour vous parce qu’ils étaient obligés.
À la veille du onze juin : dans les rues, les maisons, les bureaux, les gens hochaient la tête et se demandaient vraiment qui ils allaient pouvoir choisir parmi ce catalogue de nuls,
de klets,
de nouilles,
d’opportunistes agressifs,
de carriéristes sans charisme,
de mal fringués,
de gros type à l’élocution problématique,
de petit nerveux en pleine tendinite de l’égo,
de semi-hystériques,
de semi-mafieux,
de cyniques,
de je-m’en-foutistes,
de ratés de tout le reste,
de fils à papa,
d’experts comptables en décrochage professionnel,
d’entrepreneurs en faillite frauduleuse,
de sinistres,
de pas lavés,
de faux gentils
de vrais méchants...
Les Leterme, De Krem, Reynders, Milquet, Michel, De Wever, Maingain, Wathelet, Bacquelaine...
Cette morbide collection de névrosés qui nous gouvernent avec leur troubles anxieux, leur troubles dissociatifs, leurs troubles psychosexuels, leur troubles obsessionnels compulsifs.
Et en plus, ils sont tous... si moches.
Cette élection, à tout le monde, ça a un peu fait l’impression d’un de ces mariages forcés que l’on organise dans des pays très loin d’ici.
C’est comme si on avait été une jeune fille devant choisir entre le vieux marchand qui pète au lit où l’arrière cousin qui ne se brosse pas les dents.
 
Bande de cons
Vous n’avez rien gagné du tout.
Si c’était possible, on reprendrait nos voix et on ne les donnerait qu’après les négociations, à ceux qui auraient su être un peu intelligents
un peu sobres
un peu humains
Mais non, donner c’est donner, reprendre c’est voler.
Vous aviez un chouette petit pays,
pas très grand mais bien équipé,
de voisins plutôt sympas,
bien situé
avec la mer,
avec la forêt,
avec pas trop de charges.
Vous aviez une chouette petite population,
pas parfaite parfaite.
Mais en gros, ce n’était pas des talibans non plus,
c’était pas des Contras
C’était pas des Tigres Tamouls
Une petite population de fabricant de pralines
des marchands de kayak,
des chanteurs à texte
des comiques parfois drôles
des stylistes un peu punk
des postiers plutôt polis
des sportives en minijupe
des flics à moustaches
des tas de gens prêt à travailler plus à gagner toujours moins et à ne pas dire grand chose.
Une petite population qui mélange le goût des mandarines à celui des spéculoos.
Une petite population qui n’a rien contre l’Eurovision ni les horodateurs.
Une petite population qui rend visite à ses grands-parents le dimanche pour boire un café après le chicon gratin
Une petite population de buveurs de bière et de joueurs de kiker.
Une petite population qui emmène ses enfants à Plakendael au printemps et à Paradisio en hiver....
Comme ça, sans ennuyer le monde,
en VW touran.
Une petite population prévoyante qui a quelques euros sur un compte épargne et une concession au cimetière.
Une petite population qui est plutôt toujours d’accord et en gros une petite population qui ne veut pas d’histoire.
Et vous,
bande de cons,
tout ce que vous trouvez à faire,
ce sont ces petites réunions où l’on tourne encore plus en rond que sur un circuit Marklin
ce sont ces petits comités aussi stérile qu’un champ de patates à Tchernobyl
ce sont ces petites réactions à chaud qui me rappellent les crises de mon chat quand il n’aime pas la marque de ses croquettes
ce sont ces airs de petits tribuns en solde
ce sont ces grands chevaux sur lesquels vous montez et qui seront toujours comme ces petit poneys tristes de la foire du midi.
Tout ce que vous trouvez à faire, c’est de vous tirer dans les pattes pour gagner une floche qui vous donnera droit à un tour gratuit sur ce manège sinistre que vous appelez « politique »
 
Bande de nuls
Alors moi,
J’ai eu une idée,
une grève,
une vraie grève,
une bonne grève
une grève de tout le monde tant que la politique belge ressemblera à une conserve de rollmops :
Les enfants n’iront plus à l’école
Les femmes enceintes n’accoucheront pas
les déménageurs ne déménageront pas
Navetteurs ne navettez plus
Alcooliques n’alcoolisez plus
chauffeurs ne chauffez plus
Pilote, mécanicien, traiteur, boucher, pêcheur, éboueur, esthéticienne, taxidermiste, stripteaseuse, scaphandrier, géomètre expert, fleuriste, traiteur, opticien, huissier, substitut, gourou, préfet, trésorier, banquier, infographiste, ajusteur, analyste programmeur, technicien hotline, proxénète, dealer, animateur, orthodontiste, urologue, animateur socioculturel, fossoyeur...
Et tous les autres....
Total Stand By
On arrête tous...
Et vous verrez que dans trois jours,
ils feront moins les malins.