Les archives des Bulles

Paranoid Park

vendredi 16 novembre 2007

Je ne sais pas si je suis en train d’apprivoiser la face immobile de la force, cette vita contemplativa qui se refuse lorsqu’on est comme je le suis enfoncé jusqu’au cou dans l’hyperactivité si ce n’est le bougisme. Toujours est-il que j’ai finalement vu et beaucoup apprécié le dernier film de Gus Van Sant, Paranoid Park.

Parmi d’autres sujets de méditation, ce film me laisse penser que le cinéma a beaucoup moins que l’industrie du disque à redouter les échanges numériques de données dans le court et moyen terme. Pour la raison très simple que la vision d’un film sur pellicule est définitivement une expérience infiniment plus riche que ce que peut offrir un écran numérique et que j’espère que le public saura se rendre compte de tout ce qu’il perdrait à déserter les salles obscures pour matter des DivX téléchargés en P2P.

Le film de Van Sant est tout de textures et de semi-obscurités ; c’est un chef d’oeuvre de velouté (notamment dans les séquences de skate, tournées en 8mm), une étude anatomique in vivo. Ses longs plans semblent chercher à s’approprier la matière. On a besoin de salles de cinéma pour ce genre de choses [1].

Notes

[1Et ça tombe bien, puisque les Grignoux s’apprêtent à ouvrir 4 nouvelles salles à Liège (lire les récents articles du Soir ici et ici. Pourvu que ce soit l’occasion d’élargir encore le nombre de films proposés et de projeter des classiques.