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Arrêtez d’écrire « Mr »

mercredi 21 novembre 2007

S’il-vous-plaît, faites moi plaisir si vous êtes concerné par cette note insignifiante, cessez d’écrire partout « Mr » pour Monsieur. Il s’agit là de l’abréviation anglaise, c’est-à-dire de l’abréviation de « Mister ». Et, pour une raison que j’ignore, l’usage s’en généralise de façon inquiétante en français. Un peu comme ces « cents » d’euros que bon nombre de commerçants (entre autres, mais c’est avec eux que je parle le plus souvent de la chose) s’acharnent laborieusement à prononcer alors que le français (sans majuscule, le français) dispose du très joli « centime » pour désigner le centième d’une unité monétaire.

L’abbréviation française pour Monsieur est tout simplement « M. ».

14 Messages de forum

  • Arrêtez d’écrire « Mr » 21 novembre 2007 19:39, par Jean-Paul

    Et en français, on écrit "abréviation" avec un seul B (abbreviation c’est de l’anglais)

     :-D

  • Arrêtez d’écrire « Mr » 21 novembre 2007 21:01, par Ø

    La dénomination officielle de la centième partie d’un euro est le cent.
    Il en est de même dans les douze autres pays de la zone euro.
    En Allemagne par exemple, c’est également le cent, pas le pfennig.

    Le centime est la centième partie du franc comme le pfennig celle du mark.

    • Centime 21 novembre 2007 21:08, par François Schreuer

      Le centime est la centième partie du franc comme le pfennig celle du mark.

      Non, c’est inexact. Cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Euroce... ou
      http://fr.wiktionary.org/wiki/centime

      • Centime 21 novembre 2007 23:52, par Pierre Lison

        Hello François,

        Oui, sauf que la page du wiktionnaire consacrée à "cent" mentionne également le sens suivant (section "nom commun 2") :

        " 1. Division monétaire valant un centième de l’unité principale de nombreuses monnaies (dollar, euro, rand, etc.). Pour l’euro, cette division est aussi appelée centime en France."

        Les deux appellations semblent donc attestées au dictionnaire(1).

        Pierre

        (2) Si tu me permets une petite parenthèse, j’éprouve du reste les plus vives réticences devant cette tendance, selon moi typiquement francophone (à relier avec la longe tradition centralisatrice française en général), à juger systématiquement tout fait de langue au regard d’une seule et unique norme, définie officiellement par une institution centralisée (l’Académie Française) et érigée en dogme quasi absolu. Je n’ai évidemment rien contre la notion de norme langagière en tant que telle, qui est bien sûr un outil essentiel pour éviter la fragmentation et la dispersion d’une langue en une infinité d’idiomes, mais il me semble qu’on oublie trop souvent dans les pays francophones que (1) ce sont les usagers qui font la langue, et non les institutions ("language is use" disait l’ami Wittgenstein), et (2) cette langue est en constante évolution (notamment du fait de son contact avec d’autres langues). Un dictionnaire est là pour attester a posteriori les faits de langue, et non pour juger a priori sur l’autel de je ne sait quelle norme absolue et intemporelle. Enfin bref, oui il faut des règles, mais c’est aux règles de s’adapter à l’évolution perpétuelle de la langue et non l’inverse. Si l’usage du mot "cent" s’est fixé durablement en français, pourquoi diable lui faire un procès ?

        • Centime vs. cent 22 novembre 2007 00:03, par François Schreuer

          Tu as raison, Pierre, entièrement raison et c’est un enjeu important, je crois, à bien des égards, que d’essayer de ne pas (trop) se fourvoyer en matière de langue et de langages [1].

          Je ne citais pas tant les autorités wikiesques pour imposer le diktat académique que pour acter du caractère répandu et donc légitime de l’usage que je promeut.

          Si l’usage du mot "cent" s’est fixé durablement en français, pourquoi diable lui faire un procès ?

          Parce que c’est moche, inaudible, déplaisant. Et que, en bon usager de ma langue, je contribue moi aussi à sa formation (oui, évidemment, c’est la — très jouissive — conséquence de ce qui précède) ; par exemple en tâchant de convaincre mes contemporains qu’ils communiqueront mieux avec moi s’ils me parlent de centimes que de ces horribles "cents".

          [1] Bon, en même temps, c’est tellement compliqué qu’on peut avoir des doutes sur les chances d’y parvenir.

          • Canse vs cent 22 novembre 2007 09:02, par Pierre Robette

            Puis-je rappeler ceci :

            çanse [f.n.] 1. (v.m.) ancyinne pîce di manoye, d’ on cinteme (cent)

            dictionnaire wallon

          • Centime vs. cent 23 novembre 2007 00:52, par Ø

            Parce que c’est moche, inaudible, déplaisant.

            Vous êtes seul juge de vos goûts qui ne sont pas nécessairement partagés par tous.

            • Centime vs. cent 23 novembre 2007 00:56, par François Schreuer

              Vous êtes seul juge de vos goûts qui ne sont pas nécessairement partagés par tous.

              Oui, bien sûr.

              La discussion mettait en avant le caractère subjectif de la constitution de la langue. Je ne fais que l’assumer.

      • Centime 23 novembre 2007 00:48, par Ø

        Je lis bien qu’il s’agit du cas de la France.
        La Wallonie n’y est pas encore rattachée et fait encore partie, jusqu’à preuve du contraire, de la Belgique.

        • Le français aux Français ? 23 novembre 2007 00:57, par François Schreuer

          Bah non, la langue ne connaît pas de frontières étatiques. Les Wallons parlent le français, ni plus ni moins que les habitants de France (où les variations lexicales sont légion).

  • Arrêtez d’écrire « Mr » 22 novembre 2007 14:18, par Madrange, mon jambon star

    Tout ça n’est rien à côté de l’usage de problématique au lieu de problème initié par nos amis journalistes.

  • Arrêtez d’écrire schizophrène 22 novembre 2007 15:15, par Philippe

    S’il-vous-plaît, tant qu’à me lancer dans des incantations que je respecte éminement, au vu de la détérioration de l’usage de la langue française.
    Dans tellement d’articles de presse ou autres, l’utilisation du mot schizophrène pour dire la division d’une opinion, d’un avis, d’une action par une personne divisée (double personnalité)... le mot a une autre définition en psychiatrie. Alors je ne refuse évidemment pas l’utilisation métaphorique d’un terme pour ensemencer la réflexion (je pense icic à une de mes principales critiques de l’affaire sokal). Le problème que j’ai avec cette utilisation épisodique de ce terme à titre de synonyme sans autre volonté d’enrichir le concept par ses emprunts, c’est l’utilisation en miroir du terme par les patients et leur famille alors qu’il s’agit d’un "diagnostic" tellement difficile à faire passer, à expliquer et surtout à porter (la stigmatisation de ce type de pathologie est majeure). Les patients utilisent alors ce terme dans sa définition "vulgaire" en imaginant ce que la maladie n’est pas. Voilà.