Les archives des Bulles

La face cachée des jolis vélos de la JCDecaux

lundi 26 novembre 2007

Préparant l’intervention que je ferai jeudi soir au Baradéba d’Etopia, à Bruxelles, au sujet du système Cyclocity, je cherche à étayer mon argumentaire — déjà ébauché dans un précédent article — défendant l’idée [1] selon laquelle les vélos en libre-service de la société JCDecaux (Vélo’V à Lyon, Vélib à Paris, Cyclocity à Bruxelles, etc) auraient pour fonction de placer sous surveillance (géolocalisation, mémorisation des itinéraires, identification des lieux régulièrement fréquentés) une partie de la population à des fins de profilage commercial fin.

À cette fin, je suis notamment en train d’écumer différents documents émanant de ladite JCDecaux, dont celui qui lui tient lieu de rapport annuel 2006 (pdf). À la page 44 de ce document, on trouve cette citation :

Afin d’optimiser son offre produits, le Groupe a mené une politique ambitieuse de développement qui concilie diversité des designs, standardisation maximale de ses composants de base, et rationalisation des coûts de production. Acteur majeur de la communication offerte aux citadins, le Mobilier Urbain bénéficie aujourd’hui des avancées des nouvelles technologies de l’information et de la communication, dans les domaines de l’information visuelle (écrans géants à LCD, TFT pour 2m2 et Cholestériques pour les 8m2), des communications radio (emploi massif des technologies GPRS pour interconnecter les mobiliers sans travaux de voirie, de Bluetooth pour connecter les citoyens aux Mobiliers Urbains), des nano-technologies (micro processeur embarqué du vélo) ou des technologies logicielles de l’environnement Internet et de l’Internet mobile, en vue d’offrir un service toujours plus réactif et personnalisé aux citoyens. Avec un bureau d’études, une Direction des Nouvelles Technologies et une Direction des Arts Graphiques intégrés, JCDecaux dispose de tous les atouts et d’une force de frappe très importante pour répondre rapidement à tous les appels d’offres et concevoir des mobiliers innovants, parfaitement adaptés au cahier des charges de
ses clients en France ou dans le reste du monde. [...]

(c’est moi qui souligne)

Il me semble que cette citation est probante. La question est désormais : pourquoi cette question de la vie privée n’est-elle pas abordée par les édiles municipaux qui envisagent d’équiper leur ville de ce système ?

Notes

[1Née de la lecture d’un article d’Annie Kahn : « Avec JCDecaux, l’Inria imagine la publicité sur mesure pour le chaland », in Le Monde, 31 mars 2006.