Les archives des Bulles

Bottins téléphoniques, gabegie écologique

mardi 27 novembre 2007

S’il y a bien un objet que les technologies de l’information rendent ringard, c’est celui-là : perpétuellement en retard, lourd, encombrant, le bottin téléphonique n’a plus guère d’utilité que pour les gens qui ne disposent pas de connexion à l’Internet. Et pourtant, bon an mal an, les bottins (pages blanches et « pages d’or ») continue à être distribué à plusieurs millions d’exemplaires par la société publicitaire anversoise Truvo (ex-Promédia) qui a semble-t-il trouvé là une activité particulièrement juteuse.

Comme il se doit, en gestionnaire avisée, la société Truvo communique d’ailleurs régulièrement sur le caractère indispensable de son activité, ainsi qu’on a pu en trouver certains échos dans la presse ces derniers jours.

Un lecteur, Pierre Becquart, attire mon attention sur les conséquences écologique de cette pratique qui perdure et il me semble utile de relayer ici sa missive.

[...] On peut lire sur le site de Truvo que ses pages d’or sont éditées à 4.500.000 exemplaires. On peut supposer qu’il en aille grosso modo de même pour les pages blanches. Le poids unitaire d’un des volumes excède largement le kilo et peut même atteindre 1,5 kg. En prenant un poids moyen de 1,25 kg par volume (blanc et d’or) on obtient une masse totale indicative de 11.250 tonnes de papier par an ! Soit 320 camions de 35 tonnes.

Ces tonnes d’un papier blanchi ou coloré, puis chargé d’encre d’imprimerie représentent une charge écologique intolérable au regard de la valeur ajoutée qu’elles représentent encore pour le citoyen aujourd’hui. Probablement des supports papiers devront encore subsister quelques années pour donner l’accès à cette information aux citoyens non connectés à internet. Mais il faut impérativement que les instances responsables (qui ?) prennent des actions en vue de limiter la distribution des briques papier à ceux qui en ont vraiment besoin et qui en formulent explicitement la demande et pas aux autres.

Laisser l’initiative à l’éditeur Truvo à cet égard est illusoire. D’une part il est contraint d’honorer ses (juteuses) obligations contractuelles à l’égard des opérateurs (pages blanches) et d’autre part il a besoin d’annoncer un tirage important à ses annonceurs potentiels (pages d’or). Il ne faut donc rien attendre de ce côté. Mais il est urgent que les acteurs tels que associations de consommateurs, presse et partis politiques s’intéressent à ce problème [...].

Voilà qui pourrait en tout cas donner du grain à moudre à une éventuelle nouvelle journée de déversement, après celle qui avait été organisée l’année dernière.