Les archives des Bulles

In memoriam Velojef

samedi 2 février 2008

Je viens d’apprendre que Jean-François Carbonelle aka Velojef a mis fin à ses jours le 2 janvier.

Ceux qui fréquentent les manifs écologistes connaissent la silhouette familière de Jef, circulant sur un vélo muni de drapeaux gigantesques, sa bonhommie charmante, son exigence.

J’ignore les raisons de son choix. Mais qu’un camarade tellement plein d’humanité choisisse d’anticiper la plongée dans le néant en dit long, je pense, sur l’impasse collective dans laquelle nous nous trouvons, sur la violence insoutenable que produit notre système.

Il est urgent que la résistance s’organise.

Qu’il repose en paix.

6 Messages de forum

  • In memoriam Velojef 2 février 2008 02:13, par Ø

    Comme vous le dites vous ignorez la ou les raisons de son choix.
    En profiter pour en faire une récupération politicienne n’est pas une attitude des plus élégante.

    • In memoriam Velojef 2 février 2008 10:50, par BiBQ

      Assez d’accord, les paragraphes 3 et 4 étaient superflus

      • In memoriam Velojef 3 février 2008 03:30, par François Schreuer

        Soit. Mais que peut-on dire alors ? Doit-on, dans une situation comme celle-ci, se contenter de faire silence, éprouver un moment de douleur, saluer la mémoire du disparu ? Doit-on réduire le suicide à sa pure dimension personnelle et exonérer de ce fait tous ses déterminants collectifs ?

        Si je suis bien entendu entièrement d’accord que personne ne peut s’arroger le droit de parler à la place de celui qui a fait le choix du partir, je n’accepte pas non plus l’idée que cette extrémité à laquelle certains — nombreux, je trouve — arrivent serait totalement indépendante du monde dans lequel on vit.

        Ma conviction est que le suicide des camarades qui sont partis — tout comme celui des travailleurs qui, souvent dans l’indifférence, se donnent la mort sur leur lieu de travail — a quelque chose à voir avec la barbarie de notre monde, avec la gigantesque injustice que « notre » système génère, avec les situations d’insoutenable souffrance qui se multiplient un peu partout.

        Il ne me semble pas trahir leur mémoire en exprimant cette opinion.

        • In memoriam Velojef 3 février 2008 12:08, par François Bayrou

          Ce message a été supprimé. Merci à son auteur de le poster à nouveau sous une identité moins dérisoire que « François Bayrou ». Il y a des choses dont je veux bien parler avec des gens masqués. D’autres non. FS.

        • In memoriam Velojef 20 février 2008 02:38, par Yann

          Connaissant un peu Jef et ayant discuté plusieurs fois avec lui, je me permets d’évoquer l’hypothèse d’une raison parmi celles, cumulatives, qui auraient pu le pousser à mettre fin à ses jours.

          Il m’a appris qu’il était ancien toxico du genre drogue bien hard. Il s’en est sorti, il y a de nombreuses années, via la religion chrétienne mais dans une vision bien plus puriste (au sens proche du « message de Jésus » tel qu’il est transcrit dans les évangiles) que celle de Joseph Ratzinger.

          Pour expliquer la spiritualité à laquelle il tenait tant, il prenait l’image de la Force, concept issu de Star Wars. C’est-à-dire quelque chose qui nous entoure, qui est extérieur à nous, que nous pouvons ressentir et qui peut nous aider. Pour lui, cela venait d’un dieu.

          Mais cela n’en faisait pas un mystique et quiconque l’a croisé pourrait vous l’affirmer.

          Il était un franc partisan de la décroissance et l’affirmait par ses manières parfois un peu déconcertantes pour des décroissants d’origine petite-bougeoise (dont moi), par son implication profonde lors de manifestations (exemple : la cyclonudista) ou par le détournement de symboles religieux (ou plutôt leur retour à l’origine) pour dénoncer la société de consommation.

          Jef, plus que tout autre personne que je connais dans le milieu militant, était un « marginal ». Marginal dans le sens où il était proche de plein de milieux et d’idées mais qu’il serait impossible de le « classer » dans une catégorie.

          Tout ça pour dire qu’il est encore plus impossible de définir la personnalité de Jef que celle d’une personne « quelconque ». Mais puisque François émet l’idée que son suicide soit dû, entre autres, au « système », je me permets une interprétation complémentaire : je pense que Jef a aussi été très déçu soit du mouvement actuel de la décroissance et des gens qui l’incarnent, soit de leur possibilité à faire évoluer les choses dans le bon sens.

          Mais, au moins, il restera dans nos esprits et c’est, j’espère, sous cette forme qu’il aura la fameuse vie éternelle dont parlait le Jésus qu’il aimait tant.


          Les organisateurs de la Démarche 2007 ont crée une page à sa mémoire : http://www.demarche.org/Demarches/Velojef

  • In memoriam Velojef 7 février 2008 16:04, par Ben

    Dur ... Les "sensibles" y seront contraints avant les ignorants ...