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Pour financer les cadeaux fiscaux aux riches, l’Etat fédéral ponctionne la SNCB et les entités fédérées

vendredi 22 février 2008

Ce qu’il y a de suffocant dans la politique socio-économique réactionnaire qui est menée en Occident depuis quelques décennies, c’est non seulement le caractère strictement inique des lois qui sont votées — et qui sont directement responsables du fait que des dizaines de millions d’européens vivent aujourd’hui dans la pauvreté, entre autres choses — mais c’est aussi et peut-être surtout la manière dont ces « réformes » sont présentées, sous le sceau prétendu d’un « bon sens » permanent, sous la contrainte alléguée d’une nécessité économique qui n’existe, si elle existe, qu’en raison du dumping acharné que se livrent notamment les Etats membres de l’Union européenne.

Ainsi, la discussion budgétaire difficile dans laquelle notre ersatz de gouvernement fédéral est actuellement embourbé — et les appels qui s’ensuivent à la « solidarité » (sic) des entités fédérées — a ceci d’irritant qu’elle n’est, somme toute, que la conséquence des réformes fiscales inconsidérées qui ont été votées par les précédentes majorités (« arc-en-ciel » puis « violette ») et de la complaisance manifestée par le ministre des finances Didier Reynders (photo) à l’égard de la fraude fiscale (sans parler de sa gestion générale du département des finances, assimilé par d’aucuns à du sabotage passif). Après avoir dilapidé des sommes astronomiques dans des « cadeaux » aux riches, comment s’étonner que l’argent manque dans les caisses ?

Il y a dans la manière de présenter la situation — excluant d’emblée que la solution pourrait tout simplement être de taxer le capital ou de réinstaurer la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu —, tant dans le chef des grands médias que dans celui des partis politiques, quelque chose d’authentiquement castrateur de tout débat public. Il y a en particulier de l’indécence à affirmer, comme le fait dans une belle unanimité le gouvernement fédéral, que, sans contestation possible, la situation budgétaire est une menace sur la sécurité sociale. Tout comme il en a à demander aux Communautés et à la SNCB de contribuer à l’effort budgétaire — ce qui revient à entraver les investissements dans l’enseignement et la recherche ou dans la mobilité en commun, pourtant portés aux nues par les mêmes comme des priorités absolues.

Que, face à ces demandes, le gouvernement wallon se dise « prêt à collaborer » me laisse pantois, dans la mesure où cette attitude revient, pour les partis de la majorité régionale (PS & CDH) à entériner implicitement la lecture fiscale qui est manifestement faite à l’échelon fédéral, sous l’impulsion des deux partis « libéraux » dont l’offensive de long terme ne se dément pas, loin sans faut : de nouvelles baisses de la fiscalité sont en effet une fois encore à l’ordre du jour...