Les archives des Bulles

Mais arrêtez de faire de la pub pour les fachos, bordel

vendredi 28 mars 2008

Geert Wilders, il s’appelle (photo). Son nom — et sa tête de méchant pour soap-opera — font la une ces jours-ci en compagnie de ceux d’un tueur en série psychopathe et (ça va sans dire) de quelques sportifs. Aviez-vous entendu parler de lui il y a six mois ? Je suppose que non ; en tout cas, moi pas. Quelle est la raison de ce soudain accès de notoriété ? L’individu — député facho du royaume de Hollande de son état — a publié sur l’Internet un court-métrage montrant, rapporte Le Soir de ce jour, « des images violentes du 11 septembre et des attentats de Madrid. Le tout entrecoupé de versets coraniques appelant à la guerre sainte, encourageant au martyre ». Et, ni une ni deux, le ban et l’arrière-ban des médias et de la politique — jusqu’au secrétaire général des Nations unies ou à celui du Conseil de l’Europe, excusez du peu — de pousser des cris d’orfraie. Et c’est à qui beuglera le plus fort.

Je dois dire que je n’ai pas vu ce film, que je n’ai pas spécialement envie de le voir d’ailleurs et que — même si Le Soir nous donne obligeamment l’url où le visionner tout en délivrant l’injonction paradoxale de ne surtout pas le regarder —, je ne perdrai pas mon temps à cela.

Simplement, je répète que je ne comprends pas cette attitude parfaitement extravagante qui consiste à transformer sciemment un fait insignifiant en événement mondial au motif qu’on est opposé au promoteur dudit. La seule chose que mérite M. Wilders, malgré son teasing hyper-pro, c’est un mépris indifférent. Ce que font aujourd’hui une bonne partie des médias chaque fois que des fachos trouvent l’occasion d’une provocation consiste, tout en prétendant les combattre, à leur offrir une publicité dont aucun groupe antifa — ou démocrate en général — n’oserait même rêver.

Comme l’explique à L’Express Olivier Roy, chercheur au CNRS, ce que cherche Wilders, c’est "devenir le chef de file du courant anti-islam grâce à l’impact médiatique de l’opération". Cette agitation médiatique a pour effet de le lui permettre.

Stop ! Un peu d’esprit critique ! Arrêtez le massacre ! Ce député hollandais bénéficie de la liberté d’expression, comme tout le monde. Il a en conséquence le droit de publier son film, sur le net ou ailleurs. Alors soyez conséquents, Messieurs les indignés : si vous tenez à poursuivre le délire, réclamez le retour de la censure — mais vous aurez alors les défenseurs de la liberté d’expression sur votre chemin. Dans le cas contraire, taisez-vous !