Les archives des Bulles

Ordures ménagères et big brother

vendredi 9 mai 2008

J’ai été, il y a quelques jours, fourrer mon nez dans une réunion de quartier que tenait le bourgmestre de Seraing, Alain Mathot. J’y allais pour prendre la température en vue d’un article que j’écris sur les enjeux urbanistiques à Seraing mais, de façon générale, j’ai appris pas mal de choses.

Entre autres, comme vous en avez peut-être entendu parler, un important projet est en cours de mise en oeuvre à l’échelle intercommunale concernant la collecte des déchets (lire par exemple l’article de Marc Bechet dans La libre de ce jour). À terme, les systèmes actuels (sacs payants, étiquettes,...) devraient être remplacés par un système de « conteneurs intelligents » (sic) fonctionnant sur le principe suivant : chaque ménage disposerait d’une carte à puce donnantt accès à un conteneur situé à maximum 50 mètres de son domicile.

Là où c’est intéressant, c’est que les poubelles déposées par chaque ménage seront automatiquement pesées et une facture sera dressée en fin d’année en fonction de la production d’ordure, au kilo près. Sur le principe, ça a l’air assez sympa : chacun paiera en fonction de ce qu’il produira (enfin, pas tout à fait, comme le fait remarquer Ecolo, puisque la part forfaitaire est démesurée par rapport à la part variable), ce qui devrait donc inciter tout le monde à produire moins de déchets (ou à aller les balancer dans des dépôts clandestins, mais c’est une autre histoire).

L’effet de bord préoccupant, c’est que les données générées par ce système pourraient être, à en croire le bourgmestre de Seraing, utilisées à d’autres fins que la gestion des déchets. M. Mathot a en effet expliqué le plus sérieusement du monde que « ça permettrait, par exemple, de repérer les domiciliations fictives ». Ne manque qu’un peu d’imagination pour trouver à ce machin d’autres usages du même genre....