Bien moi qui ai toujours ete un feministe (egalitaire en general, je suppose), je m’insurge contre les derapages feministes en tant que feministe ET hoministe. En particulier depuis que les movements feministes ont sacrifie les garcons pour sauver les filles des mutilations genitales. Quelque soit les horeurs des mutilations genitales feminines, l’etablissement de precedents juridiques qui legitimisent specifiquement les circoncisions masculines sont de fait un sacrifice massif des garcons aux mutilations genitales.
D’abord, quelque soient les raisons de cet etat de fait, les mutilations genitales masculines en milieu hospitalier (circoncisions neonatales), sont depuis longtemps connues comme etant une responsabilite feminine ecrasante : The Problem of Routine Circumcision. CANADIAN MEDICAL ASSOCIATION JOURNAL, Volume 95 : Pages 576-581, September 10, 1966.. En 1966 on sait deja que ce sont les meres qui decident a 74% la circoncision de leurs fils (voir la section Decisions and Attitudes to Circumcision), contre peres 15%, et docteur 11%. Il s’agit la de la decision formelle bien entendu, la signature a l’hopital, et ne dit pas grand chose sur le mecanisme de prise de decision en famille avant l’hopital par example, ou sur le simple fait que les meres accouchent beaucoup sans les papas. Bref je peux comprendre qu’il y a plus que ce qu’il ne paraisse a premiere vue. Cependant, la decision formelle, la responsabilite legale reviendrait a 74% aux femmes (ou plus, combien de docteurs des 11% sont femmes), si on etend ces chiffres (qui ne sont qu’une realite regionale, en 1966)
Alors on s’ecrie en milieu feministe que les circoncisions ne sont pas comparables aux mutilations genitales feminines. il semblerait en effet que les versions les plus extremes de mutilations genitales feminines sembleraient gagner la palme de l’horreur. Cependant, reduire la circoncision a une ablation du capuchon clitoridien trahit une mauvaise foi evidente. Comme si le capuchon jouait le meme role que le prepuce masculin pendant le coitus. Comme si les filles avaient un uretre au travers de leur gland (si on retient les aspect hygieniques de la circoncision par rapport a l’uretre, alors l’equivalent feminin n’est pas l’ablation du capuchon, mais bel et bien une modification de la vulve, et si on retient la modification de la sexualite, la aussi, il faut comparer la circoncision avec les mutilations genitales feminines qui reduisent les fonctions de glissement sans frottement pendant le coitus). Comme si un clitoris etait un penis... Bref, les mutilations genitales les plus mineures sont bel et bien feminines, avec les amputations du capuchon du clitoris uniquement, pourtant, qui chez les feministes voudrait bien les laisser faire ? Personne. Une desinformation ultra-feministe partisanne, qui n’apprend rien de vrai ou d’utile sur l’anatomie des sexes, et ne cherche qu’a obtenir des lois de protection des femmes, au detriment des protections des hommes, un sacrifice de l’homme pour la femme, un sacrifice base sur la mauvaise foi, sur une ideologie sexiste inadequate, plutot que sur les faits sur le terrain, sur la realite physiologioque, et sur les principes universels des droits de l’homme.
EN TANT QUE FEMINISTE :
Ce qui me derrange, c’est que cette campagne de reduction des mutilations genitales masculines a quelque chose de leger et trivial compare aux mutilations genitales feminines, c’est que ca n’aide pas les femmes a obtenir des droits egalitaires dans d’autres domaines importants de la condition de la femme : droit au travail, a voyager (passeport), a frequenter librement, a occuper la rue, a se marier, etc... En effet, une fois une jurisprudence non-egalitaire etablie, il est difficile de revendiquer des droits egalitaires. La court supreme d’Arabie Seoudite a confirme la non-validite du principe egalitaire entre les sexes ces dernieres annees, me semble-t-il. Alors forcement, les femmes doivent se retrancher dans le systeme traditionel de ’securite sociale tribale’, ou la solidarite feminine joue un tres grand role, et egalement les ceremonies traditionelles, circoncisions (masc et fem) y-compris. En effet, ce sont a ces occasions que les veuves et repudiees ont une chance privilegiee de se faire receuillir, et/ou de monayer leurs services (cuisine). D’ou le fait que les femmes se serrent les coudes pour maintenir les mutilations genitales en societe traditionelle. Probleme avec cette strategie feministe internationale : les femmes (et plus generalement les couples) sont repoussees dans les reflexes traditionels, y compris faire beaucoup d’enfants pour la retraite, et y compris baisser la tete devant le patriarcat sur tout ce que le feminisme voudrait bien aider ces femmes a s’en sortir. Ce n’est pas un pecher d’intention, mais le resultat est negatif pour le feminisme mondial, quand on passe des lois sexistes contre les hommes. En particulier des lois qui legitimisent la mutilation des garcons, qui consciemment ou non, chercheront a obtenir plus tard un genre de justice sociale (si mon corps est sacrifie a la tradition, alors surement celui de la femme doit aussi l’etre). D’ailleurs, les fillettes apprennent leur place et leur devoir a ces occasions, quand leur frere est mutile de maniere tres publique : tu vois petite fille, toi aussi, ton corps ne t’appartient pas, comme celui de ton frere.
EN TANT QUE MASCULINISTE
Ce qui me derrange avec ce movement sexiste contre les mutilations genitales feminines exclusivement, c’est le cercle vicieux du referencement circulaire : si les circoncisions ne sont pas des crimes, alors les victimes (circoncis) ne sont pas comptabilisees comme telles. Et le compte de la violence feminine contre les hommes n’en tient pas compte, et alors on peut se convaincre que les femmes sont vraiment les grandes victimes des hommes, et que les hommes ne sont pas des victimes (et souvent des femmes de surcroit), et alors on se convainc que les femmes doivent avoir plus de protection speciales. Alors encore une fois seules les victimes femeles sont comptabilisees par ces nouvelles dispositions speciales, ce qui convainc encore plus que les femmes sont les victimes... Forcement, tant qu’on ne met pas les circonciseurs(ses) en prison, on ne peut pas les compter comme criminels. On voit la le feminisme preoccupe a maintenir sa theorie de la femme victime de l’homme, a denigrer l’existence de violence contre les hommes (violence feminine tres souvent), plutot qu’engage a resoudre des vrais problemes de justice pour tous, de droits de l’homme, etc... On voit la un feminisme anti-democratique a l’oeuvre. Et effectivement, ca donne envie de combattre ce neo-feminisme.
EN TANT QUE CITOYEN DU MONDE
Pire, on n’accorde pas le benefice du doute aux societes traditionelles sur leur sentiment d’equite sexuelle. Les mutilations genitales feminines seraient distinctes, car imposes pour changer la sexualite feminine, et pas les circoncisions : ce qui est faux, les memes raisons sont utilisees dans les deux cas pour maintenir les traditions. Les societes traditionelles sont injustes avec leurs femelles. On doit donc aller leur apprendre a bien traiter leurs femelles. Nous rendons vraiment compte de l’arrogance de l’occident envers ces societes ? Merci le neo-feminisme pour ainsi se faire porte parole du monde developpe. Merci de confronter des patriarcats deja massivement emascule par ces propres meres, avec ces theories debordantes d’arrongance feministe, se faisant antagonisant le peu de bonne volonte qu’on pourrait trouver si on restait consistant avec les droits de l’homme, version egalitaire.
REGRESSION
Instinctivement ca donne meme envie de se dire : les femmes ne meritent pas le droit de vote, vu ce qu’elles en font. Ca donne envie de renfermer la femme au foyer. Ca demande un effort intellectuel de combattre cette reaction instinctive. C’est pour dire, ne nous etonnons pas si certaines societes mutilantes traditionelles ne sont pas enclines a accorder des droits egalitaires aux femmes, tant que leurs femmes, tres notemment, peuvent mutiler leurs garcons, et tant que la sororite internationale (fraternite au feminin), a une telle attitude sexiste envers les hommes.
TROP TARD POUR MOI
Pour moi, c’est trop tard, je ne peux pas faire confiance aux femmes en general, ou je dois combattre en permanence mes instincts qui me disent : voila les vampires/sangsues qui se nourissent du sang des garcons. Sauf quand elles s’insurgent contre ma circoncision avec la meme verve fraternelle qu’elles accordent a leurs consoeurs. Imaginez la situation des suffragettes, dans un monde ou presque personne ne veut entendre parler du droit de vote pour les femmes, cela fait quoi ? Autour d’un siecle ? Plus ? Et bien pour moi ce neo-feminisme est qualitativement aussi sexiste et arrieré que le patriarcat d’il y a un siecle en Europe. Sauf que les suffragettes etaient intactes pour la plupart, et nourissaint un espoir non-impossible pour elles memes d’obtenir le droit de vote, d’obtenir une parite legale tangible. Pas moi, je ne serai toujours pas intact et entier, si (et quand) je vois de mon vivant le droit a l’integrite genitale accorde aux garcons avec la meme non-negociabilite constitutionelle qu’aux filles. Je ne peux nourir qu’un espoir reduit dune certaine dignite, tres relative, et d’un sentiment fraternel que mon infortune aura peut-etre servi apres tout, a quelque chose de plus grand.