Les archives des Bulles

Par-delà la rue Paradis ?

jeudi 13 novembre 2008

Il y a bien des choses qui donnent à penser au passant ordinaire que le quartier des Guillemins (dont vous vous souviendrez qu’il m’a valu récemment quelques émotions) est tout simplement en train de disparaître, mangé, brique après brique, par une machine effrayante (je l’ai photographiée hier matin) qui transforme les maisons en tout petits cailloux. Ce phénomène d’aplatissement de la ville est d’autant plus terrifiant qu’il ne semble pas que l’on en sache — ou du moins que l’on en dise — si clairement que cela la raison. Et je ne parle même pas seulement de la spéculation qui s’épanouit ni du fait que celle-ci soit en bonne partie le fait d’un service public (ce qui est pourtant passablement révoltant, si l’on veut bien prendre la peine d’y penser un instant) mais simplement de cette impéritie quotidienne qui voit par exemple les pouvoirs publics proposer le plus tranquillement les plans d’une place où ils savent que devra bientôt passer un tram... sans pourtant dire par où passera celui-ci passera. Il règne quelque chose comme une permanente improvisation, rythmée, si l’on peut dire, par ces urgences subites qui justifient toutes les précipitations autant que par les longues périodes de latence qui sont — c’est un classique — guerre d’usure et bientôt guerre lasse pour celles et ceux qui habitent là.

Pour tenter d’y voir plus clair dans cette mélasse, voire pour promouvoir la vision d’un quartier urbain et habitable, urbAgora, associée à quatre autres associations, lance aujourd’hui, à l’occasion d’une conférence de presse, une plate-forme et un site web dont on espère qu’il pourront contribuer à la tenue d’un débat.

Ceci n’interdit cependant pas d’écouter Barcelona, la ritournelle interprétée par Giulia y los Tellarini, qui fait partie de la bande son du dernier film de Woody Allen : Vicky Cristina Barcelona.

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