Les archives des Bulles

Les Daerden et l’Europe

dimanche 23 novembre 2008

Vous pensiez qu’on en serait bientôt débarassés ? Que nenni. Déjouant les pronostics qui le disaient sur le départ, Michel Daerden a annoncé vendredi qu’il comptait rempiler pour un tour à la Région wallonne (Marcourt aurait pu lui faire un peu d’ombre en cas de succès électoral). Problème (on n’a rien sans rien) : son fils ne pourra pas être candidat sur la même liste (c’est interdit). Commentaire du père (dans Le Soir) : « Evidemment, c’est un problème mais je conseille à Frédéric, si je tire la liste régionale, d’aller à l’Europe. D’autres ont fait ce chemin, tel Elio Di Rupo, et ça ne les a pas empêchés de revenir ensuite dans des fonctions intéressantes. » Vous avez bien lu : être député européen n’est pas une fonction intéressante. Mais qu’est-ce qu’il faut entendre par là ?

Le fiston — par ailleurs empêtré dans des conflits d’intérêts sans nom en rapport avec le cabinet de révisorat familial — nous l’explique, non sans surrenchérir dans l’étalage de sa vulgarité : « [...] figurer sur la liste européenne ne constitue pas mon choix préférentiel, mais on peut être député européen et bourgmestre tant que la ville n’a pas plus de 50.000 habitants. C’est un niveau de pouvoir qui influence la politique du pays et de la Région, ce n’est donc pas une voie de garage. Même si ce poste ne permet pas d’avoir la même visibilité pour la population et la même médiatisation. » On comprend : député européen n’est pas une fonction intéressante parce que cela ne donne pas autant de visibilité que ministre régional. C’était tout bête, il suffisait d’y penser...

Bref, alors que les enjeux qui se jouent au niveau européen sont tout simplement colossaux, en particulier pour la gauche, le PS pourrait y envoyer un « fils de » qui cumulera (ce qui est totalement impossible en pratique) avec le mayorat d’une ville de 37.000 habitants, mandat dont M. Daerden Jr ne cache pas qu’il aura sa priorité sur le mandat européen. La veulerie de cette clique n’a décidément pas de limites. Pas plus que la complaisance dont ces gens font l’objet de la part d’un parti qui persiste à se réclamer du socialisme. J’aimerais que leurs électeurs puissent mesurer l’ampleur de l’impuissance collective à laquelle ils nous condamnent en persistant à voter de cette manière.