Les archives des Bulles

Appaloosa, de Ed Harris

dimanche 11 janvier 2009

À défaut de pouvoir alimenter ces pages, ces derniers mois, avec toute l’ardeur que je souhaiterais pouvoir y mettre, je vous livre ici un conseil cinéma que je vous conseille de ne pas négliger : ne manquez pas Appaloosa, de Ed Harris. Si vous êtes fan de western, j’imagine que vous n’aurez pas eu besoin de moi pour aller le voir. Par contre, si ça ne vous a jamais trop branché, c’est peut-être l’occasion d’essayer.

Le film est en effet un véritable classique de ce genre particulièrement codifié, avec tous les ingrédients nécessaires : le marshal viril et taciturne (Ed Harris himself) qui débarque dans une petite ville terrorisée par une bande de criminels emmenés par un chef perfide (Jeremy Irons), l’adjoint fidèle qui n’en pense pas moins (Viggo Mortensen), la veuve démunie (Renée Zellweger), les aventuriers sans foi ni loi, les indiens voleurs de chevaux, les (magnifiques) paysages désertiques, la scène du saloon, le procès, les duels,...). Grâce à ce classicisme ou en dépit de lui, le film fait mouche, le suspense s’installe tandis que les personnages s’épaississent : le héros s’avère ne pas être celui qu’on pensait, la veuve moins démunie qu’il semblait, les notables moins honnêtes qu’ils disaient. Seul le méchant demeure, s’impose, se révèle plus coriace que prévu. Et quand le pouvoir bascule du côté obscur de la force, on se demande si le sol ne va pas s’ouvrir sous les pieds du tandem de law enforcers. Je vous laisse découvrir ce qu’il en sera...

Par ailleurs (les sorties de ces deux derniers mois ayant été particulièrement plantureuses), j’en profite pour vous recommander très chaleureusement la tout à fait biblique (et agricole) vie moderne de Raymond Depardon et le très enlevé et charmant Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen (avec une mention spéciale pour la musique). Si vous êtes encore affamé, les Two lovers (qui sont en fait trois) de James Gray ainsi que les drôlatiques et néanmoins particulièrement politiques Louise [et] Michel du duo Kervern-Delépine — qui s’offre, les temps y sont propices, un massacre de rentiers digne de leur inspiratrice — devraient faire votre affaire.