Les archives des Bulles

Liège 2015, un bilan

lundi 23 février 2009, par François Schreuer

Il faut savoir terminer une guerre. Il faut savoir admettre une défaite. Il est un moment où la persévérance et l’obstination se transforment en entêtement, un moment où la combativité devient de l’acharnement, un moment où l’engagement de toutes ses forces dans la bagarre devient du gaspillage plutôt que du courage. Pour ma part, dans l’analyse que je fais de la situation, ce moment est arrivé et à ceux qui diront « Vous devez continuer », je répondrai « Après vous ».

Soyons clair : Liège ne sera pas capitale européenne de la culture en 2015. C’est désormais un fait acquis. Ce n’est pas nécessairement un drame tant il est vrai que beaucoup d’autres choses se jouaient dans cette consultation populaire et dans ce processus d’une façon plus générale. Mais c’est un échec. Et ceux qui cherchent à prolonger aujourd’hui un suspense qui n’existe plus, sur cette question de la capitale européenne de la culture, sont soit des naïfs, soit des opportunistes qui cherchent à capitaliser sur la frustration de milliers de personnes.

Je me permets d’esquisser ici un premier bilan, à titre personnel, de cette affaire. En quatre points.

Primo, je pense qu’on peut à bon droit souligner que ce qui a été fait n’est pas banal, pas banal du tout, voire carrément inédit sinon exceptionnel, malgré l’issue que l’on connaît à présent. Le projet joyeusement délirant qui a été imaginé n’a pas été loin de réussir. Ça s’est joué à quelques centaines de voix. Il faut remercier toutes les personnes qui se sont bougées, les bénévoles, les militants, les deux dizaines de milliers de votants qui ont pris la peine de se rendre aux urnes par un matin froid et pluvieux de février, un premier week-end de vacances scolaires. Même si la participation à un scrutin devrait être « normale », mobiliser un dimanche matin 18 446 personnes parmi 158 690 participants potentiels (soit 11,6 % de ce chiffre) reste un coup de force. Et encore ne s’agissait-il pas d’un thème a priori populaire mais de culture. Il est certain que, lors des prochaines élections communales, la culture ne sera plus la 32e roue de la charrette, mais l’un des thèmes importants du débat électoral. Voilà au moins un acquis.

Secundo, il faut le dire sans ambages : l’attitude de la majorité communale est déplorable, honteuse. La stratégie du PS a été de miser sur l’abstention et de tout faire pour décourager le vote, de façon à ce que le quorum de participation ne soit pas atteint. Cette stratégie a fonctionné – de justesse sans doute mais elle a bel et bien fonctionné. Que le parti qui a conquis, jadis, le suffrage universel en soit arrivé à l’indicible bassesse d’affirmer que « voter ou ne pas voter sont deux actes également citoyens » en dit long sur sa décrépitude. On a en outre observé une accumulation préoccupante de faits litigieux lors du processus de vote. Des milliers de Liégeois n’ont pas reçu de convocation. Des centaines de personnes (probablement plus nombreuses que les 564 voix manquantes) se sont ensuite vu refuser le droit de voter faute de présenter une convocation alors que, pour les modalités du vote, les dispositions du code électoral sont en vigueur pour une consultation populaire et que la simple présentation d’une pièce d’identité suffit à voter lors de n’importe quelle élection. De nombreuses personnes qui exigeaient que ce refus soit porté au procès-verbal du bureau ont été éconduites. On a même des témoignages de policiers communaux intimant à certains de ces protestataires trop têtus l’ordre de quitter le bureau de vote. La consultation populaire était une disposition fragile de notre ordre juridique ? La voici fragilisée plus encore : après les expériences de Huy, de Verviers, il sera difficile, encore plus difficile, de tenter le coup une nouvelle fois.

Tertio, pourtant, le principal échec de ce jour est d’abord et avant tout un échec démocratique. Car si la population s’était mobilisée massivement, si 30 000 ou 40 000 personnes, par exemple, s’étaient rendues aux urnes, la grève du zèle de l’administration, les procédures alambiquées et les médiocres mesquineries qu’on a pu observer n’y auraient rien pu : le quorum aurait été atteint sans difficulté. Et si l’on voulait obtenir le titre, il fallait que le soutien citoyen au projet soit sans faille. C’est râpé : on est trop juste. Sans doute certains, notamment parmi ceux que le thème du jour intéressait directement, qui n’ont pas été voter pour de plus ou moins futiles raisons alors qu’ils en avaient l’intention doivent-ils avoir quelque regret. Mais il semble surtout que les gens frustrés qu’on ne leur demande pas leur avis sont ontologiquement plus nombreux que ceux qui sont prêts à le donner lorsqu’on le leur demande au cours d’une procédure de consultation publique. Il y a une discipline démocratique — lorsqu’on est appelé aux urnes, on y va, point barre — qui s’étiole et l’attitude honteuse du parti dominant, je le répète, n’y est certainement pas pour rien. On ne saurait cependant éviter de dire un mot du « code wallon de la démocratie locale », dont une révision en profondeur s’impose tant il semble avoir été écrit pour juguler la participation citoyenne plutôt que pour la développer. Si un parlementaire wallon a un peu de temps à consacrer au sujet, ce ne sont pas les suggestions qui manquent : simplification de la procédure de procuration, adaptation du quorum de 10 % au corps électoral plutôt qu’à la population (ce qui est une absurdité sans nom), extension de l’horaire du vote pendant l’après-midi et pas mal d’autres choses.

Quarto, il faut pouvoir faire un brin d’autocritique. Certes, le mérite des personnes rassemblées dans et autour du très informel collectif « Liège 2015 » est considérable, le talent de bon nombre d’entre elles bien réel, et je me permettrai évidemment pas de reprocher ici quoi que ce soit à quiconque en particulier. Pourtant, je pense que des erreurs graves ont été commises par ce collectif et son entourage. Je pointerais principalement deux chose : une certaine tolérance à l’égard de certains propos poujadistes et un refus implicite de reconnaître la légitimité de l’opinion contraire à la sienne, la pertinence possible du « non » [1]. Pas plus tard que samedi après-midi, par exemple, des bénévoles certainement bien intentionnés mais fort peu avancés dans leur réflexion politique hurlaient au mégaphone des slogans poujadistes du type « Ni gauche, ni droite, cette fois-ci c’est pour VOUS que vous votez ! ». En tant que l’un des deux co-fondateurs de ce mouvement, je porte sans doute une part significative de la responsabilité de ces errements. L’objet « Liège 2015 » était de toute évidence trop mal défini dès le départ (ses objectifs étaient-ils seulement clairs aux yeux des militants rassemblés dans la hâte ?). Son organisation interne, surtout, était dramatiquement absente, avec pour conséquence d’invraisemblables contre-temps pratiques, un manque de clarté dans la répartition des responsabilités, des réunions qui, pour les plus longues, faisaient presque un tour d’horloge, une remise en question permanente de toutes les décisions, bref une gestion hystérique (c’est-à-dire sur le mode permanent de la crise et dans une perversité parfois exacerbée dans les rapports humains) et tyrannique (c’est-à-dire faisant reposer de plus en plus d’arbitrages sur la personne d’un chef unique, par défaut d’une instance collégiale bien définie). Cette absence de structure a en outre rendu le collectif excessivement perméable à l’arrivée de l’un ou l’autre opportuniste auxquels on peut faire confiance pour rentabiliser l’affaire ou de personnages fantaisistes dont la présence a contribué à rendre le pilotage du bateau impossible. La scène de l’écriture des trois lignes du communiqué de presse envoyé ce dimanche après qu’il soit apparu que le quorum n’était pas atteint en a été l’illustration douloureusement paroxystique. Durant un temps terriblement long, une quinzaine de personnes, parmi lesquelles une moitié de demis-inconnus, rassemblées par le hasard dans l’atmosphère étouffante du bureau-containeur, discutant en s’écoutant à peine, dénués de toute conception commune de la politique, de l’action collective ou même de la culture faute d’en avoir jamais sérieusement discuté ensemble, haussant le ton et jouant à l’influence (ne manquant pas, par exemple, d’en appeler à la démocratie ou à « Liège » en réplique à quiconque suggérait qu’on fonctionne sur un autre mode), sortant et rentrant sans cesses de la boîte où cela se passait de sorte que la composition de l’assemblée changeait sans arrêt, le tout en l’absence du président parti on ne sait où qui était pourtant censé communiquer, quelques minutes plus tard, la substance de cet échange aux journalistes massés à quelques mètres… Cela n’est tout simplement pas sérieux.

Il me faut ici et avant de conclure dire d’où je parle. Les observateurs attentifs se souviendront que j’ai soutenu, en décembre le principe d’un compromis avec le pouvoir politique [2], qui fut durement critiqué par la presse et par un certain nombre de signataires de l’appel à consultation, ainsi que j’en ai rendu compte dans ces pages. Après cet épisode, j’ai fait le choix de ne plus m’exposer publiquement comme porte-parole, à la fois pour des raisons personnelles et parce que ma personne avait été fortement associée à ce compromis et que j’étais en conséquence devenu minoritaire au sein du groupe. J’ai aussi choisi, après une pause, de consacrer à nouveau beaucoup d’énergie à la campagne de la consultation populaire, malgré les forts dissensus existants et même si certaines tendances à l’œuvre dans le collectif ne laissaient pas de m’inquiéter, parce que je pensais que l’enjeu était trop important, parce que je m’en serais voulu longtemps de ne pas avoir fait tout ce que je pouvais pour que ne fut pas un échec la première consultation populaire d’initiative citoyenne [3] organisée dans une grande ville en Belgique, dont j’étais en outre l’un des trois promoteurs officiels.

Ce dimanche, j’ai été physiquement empêché de répondre à un journaliste par un membre du collectif qui estimait sans doute que mon point de vue n’avait pas à être connu. J’ai choisi, sur le moment, d’éviter de rentrer dans une confrontation violente et d’ajouter ainsi le scandale au scandale, mais cet événement scelle dans mon chef une rupture définitive avec ce collectif qui est devenu un clan — c’est-à-dire un groupe de personnes réuni par autre chose que par les idées. Je reprends donc ici ma liberté de parole la plus complète.

François Schreuer

Notes

[1Ce dernier point en plus d’être une faute morale dans le chef de qui défend le débat public était également une erreur tactique tant il est vrai qu’un vrai et bon débat contradictoire bien stimulant aurait assurément accru le suspense et donc la participation.

[2Compromis dont certains observeront peut-être un jour ou l’autre qu’il aurait été plus fécond que l’impasse actuelle.

[3Même si formellement d’initiative communale.

Messages

  • Il est dommage que l’on en soit arrivé là. L’élan démocratique, l’espoir que les principes démocratiques dépassent les arrangements politiciens méritait sans doute mieux. Je vous remercie cependant pour le combat mené.

  • J’ai tout vécu de l’extérieur et donc, je m’exprime comme simple citoyen...

    Hier soir, sur le coup de 19h30, je me suis rendu Place du Marché avec mon épouse. Je lui ai dit que je l’emmenais voir une chose extraordinaire : soit le délire du bonheur absolu, soit l’immense tristesse de la désillusion, soit le stress de l’attente.

    Depuis le début, je me suis dit « Ils sont fous, ils n’y arriveront jamais ! ». Mais vous avez tenu le cap avec une rage de changement, une vision à long terme et un enthousiasme hors du commun. Un groupe d’individus qui se dresse en broyant du positif et clame « voici notre vision de ce que devrait être demain », c’est rare, très rare, trop rare. Et j’ai commencé à y croire moi aussi… Et je peux vous dire que je n’ai pas été le seul à être touché par cette contagion vertueuse…

    Donc, hier, à 19h30, nous avons été les témoins, mon épouse et moi, de l’immense tristesse de la désillusion… Et, sur le coup, j’ai été triste pour vous et avec vous… Mais avec un peu de recul, je me sens léger, heureux, gai… Car vous avez insufflé quelque chose de neuf, de frais, de positif, de démocratique… Vous incarnez le renouveau. Vous incarnez cette « autre chose » qui fait défaut.

    Et, à vous tous qui avez fait Liège 2015, je vous dis merci car vous avez créé une véritable « installation » immatérielle, sociale et culturelle qui me marquera certainement bien plus qu’une Capitale Européenne en 2015.

    Bonne et longue route à toutes et à tous,

    Pierre Ozer

  • Salut François,

    Je pense ici, et au fur et à mesure que je te lis, qu’il est un peu trop tôt pour faire cette "autocritique" qui doit advenir, je le reconnais.
    Je pense qu’il ne faut pas être fataliste à ce point alors que d’autres -je sais que tu écris en ton nom, mais, ça peut évidemment être confus- pensent parfois différemment, c’est rendre à ceux d’en face, et trop rapidement à nouveau, les ’armes’..
    Les choses doivent décanter, même pour toi, j’en suis convaincu.

    Bien à toi..

    Selçuk

  • Bravo François, pour ce bilan qui me semble frappé du bon sens (presque) d’un bout à l’autre. Je me suis permis de renvoyer les lecteurs de mon blog vers le tien pour qu’ils te lisent d’un bout à l’autre.
    Pour la mésaventure de la négociation avec le bourgmestre, je ne suis pas du même avis que le tien, tu le sais déjà, mais sur le reste, je te suis parfaitement.
    A ton mea culpa, toutefois, je voudrais, comme Pierre Ozer, ajouter les félicitations de milliers de Liégeois qui, pour la première fois depuis quinze ans au moins, ont eu le loisir de rêver à un avenir radieux et ont beaucoup aimé ça.
    Offrir du rêve aux gens, non pas dans l’illusion mais dans la conviction, c’est le principal moteur du changement en politique. Pas celle qu’on pratique comme métier mais celle qu’on vit comme une force.
    Bravo, disais-je, je n’ai rien à ajouter.

  • Bravo pour la lucidité et la nuance.

    Merci pour l’investissement qui m’a permis, comme à des milliers d’autres Liégeois, d’éprouver (comme ressentir et mettre à l’épreuve) le pouvoir du citoyen.

    J’ai beaucoup appris de cette expérience, ça fait plaisir à mon âge ;-))

    Au plaisir de te re(ce)voir dans mon auditoire

    Thérèse J.

  • Merci d’avoir partagé ce point de vue personnel et éclairant.

  • Très bon, ce bilan, nuancé et pertinent.

    Et en outre, l’omerta dont tu fais l’objet sur rtl-tvi est aussi emblématique , interpellante et révélatrice.

    Olivier

  • La façon dont nous avons été « consultés » est tout simplement scandaleuse. Du papier qui n’indique rien sur la façon dont on peut voter par procuration (il faut aller sur le net pour obtenir une procuration, alors qu’on reçoit 3 feuilles explicatives par la poste, insistant bien sur le fait que le vote n’est pas obligatoire, une convocation jointe n’aurait pas été inutile) au choix de la date (le premier WE du congé de carnaval) en passant par la conduite honteuse du corps « démocratique » Liégeois empêchant des milliers de votants de voter par simple présentation de la carte d’identité.

    Se procurer un duplicata à la maison communale, ne pas pouvoir voter sur simple présentation d’une carte d’identité, devoir obligatoirement se rendre aux urnes un dimanche matin (sans étendre cette période à l’après-midi), ne pas pouvoir voter par procuration de façon aisée (j’étais en week-end professionnel à l’étranger avec plusieurs amis, 7 Liégeois n’ont pu trouver 7 autres Liégeois pour aller voter pour eux : Oui, évidemment).

    Quoi qu’il en soit, le collectif a souligné — une fois de plus — que la démocratie, à Liège, reste un doux rêve. Nos politiques ont trop peur de se voir priver de leur petit pouvoir par une « minorité » qui se bouge — enfin - ...

    Désolé pour le style, j’y couche ce que je ressens à chaud, depuis le boulot, mes 5 minutes de pause sont consacrées à ce blog dont j’espère que le public dépassera un jour le demi-million de lecteurs, pour contre-balancer la désinformation RTLienne.

  • Si j’ai bien compris, l’accord boiteux avec le bourgmestre aurait été la bonne solution ? Un immeuble en démolition dans un terrain à nouveau abandonné par les promoteurs pour des arts "émergents" ?

    Bravo au collectif qui, envers et contre tout, a combattu, combat encore et combattra probablement dans le futur ! Pourquoi pas dans un Liège 2015 "off" ? En Avignon, le festival "off" a pris la vedette sur l’officiel.

    A moins que SCOOP : Di Rupo somme Demeyer de présenter la candidature de Liège pour 2015 (http://www.wallonie-france.org/arti...).

  • Merci pour le bilan, y compris les réserves et les nuances.
    Pour moi c’était une bonne expérience de démocratie, avec comme critique aux organisateurs le choix de la date, et comme critique au code wallon la base sur laquelle est déterminé le taux de participation. Sinon, dans "mon" bureau de vote, impeccablement organisé comme pour de "vraies" élections, j’ai pu voter sans convocation, sur présentation de ma carte d’identité. Ils ont des listes d’électeurs, il n’y a donc aucun risque d’entourloupe.

    J’étais assez étonnée de la conviction avec laquelle mon fils voulait voter. Je me suis demandée par la suite s’il n’était pas motivé par ses sympathies pour le MR, ce qui serait fort regrettable, mais pas du tout impossible. Nous étions plutôt optimistes : les deux bureaux ne désemplissaient pas. Les 10 % devaient être atteints.

    Il s’agit maintenant de construire des synergies (je n’aime pas beaucoup ce mot-là non plus). A bien des égards, dans le ’in’ et dans le ’off’, Liège est déjà une capitale culturelle. Continuons !
    Christine

  • Continue à t’investir, ton honnêteté intellectuelle et tes avis nuancés sont absolument nécessaire à l’heure actuelle. Je suis sûr qu’un jour, les choses changeront grâce à ce genre de point de vue hors des portes ouvertes et des extrêmes en tous genres
    C’est pas toujours facile de se battre contre un mur mais ne dit-on pas que les échecs sont tout aussi important que les victoires ?

    Courage, tu auras un jour tes victoires !

  • Cher François,

    On ne se connait pas encore, puisque les liens aixois/liègeois se sont endormis ces dernières environ 8 années. Je n`ai appris de votre mouvement que le vendredi passé et j`étais électrifié sans que j`aurais vraiment compris les causes. J`ai écrit à Alain que je connais depuis la préparation de la 1ère EUROGENIALE aux Trois Bornes (voir http://www.relais.de/menus/mainframe.htm) :

    Cher Alain

    Dommage que ça n`a pas marché (d`aussi près - pas 10 % d`ardents ?) !

    La discrépance entre le résultat de la collecte de signatures et le résultat d`hier, montre-t-elle un manque d`indépendance chez les Liégeois ou plutôt qu’eux aussi (et pas seulement les Aixois)sont surtout orientés vers leurs ventres et s`intéressent beaucoup plus aux finances publiques qu`aux perspectives socioculturelles ?

    De mon avis, à part de cela, il faudrait absolument et urgemment une liaison, indépendante des institutions politiques, administratives et culturelles, entre certains acteurs de Liège, de Maastricht et d`Aix, donc de la région trans-frontalière avec l`intention de campagnes réunies (...).

    Après la lecture de ton bilan et des autres réactions j’ajouterais que l’« on » devrait commencer par une réflexion commune de nos expériences aixoises et liégeoises avec la culture politique communale sur le fond de nos visions et objectifs respectifs et dans l’intention d’enfoncer les leviers encore plus profondément et plus surement.

    (voir aussi http://www.relais.de/forum/read.php...)

    Ça ferait plaisir de faire ta connaissance et de se rencontrer.

    W. Roelen

  • Cher Monsieur Schreuer,

    Je ne vous connais pas mais je partage pour l’essentiel la teneur de vos réflexions. Je regrette qu’une partie de nos mandataires ne se soit pas davantage mobilisée.
    LIEGE est une grande ville, mais qui ne prend pas assez conscience que promouvoir la culture, c’est aussi promouvoir l’économique et le social !
    D’autre part,n’ayant pas reçu ma convocation, je suis allé chercher un duplicata à la Cité administrative où j’ai vu une quantité incroyable de convocations revenues à l’expéditeur ???

    Ce seront nos petits enfants qui devront défendre la candidature de LIEGE, ... en 2041 (si Mons passe, charmante ville par ailleurs, ce sera une ville flamande qui sera désignée en 2025) !

    Bien à vous,

    Robert MOOR
    Citoyen de LIEGE

  • Merci pour ton article François.

    Tu y croyais, j’y croyais aussi, loin des clivages politiques.
    Je suis convaicu que certains, à Liège, ont râté une belle et grande occasion.

    Nous aurons l’occasion de nous revoir, pour d’autres combats.

    Amicalement.

  • C’est vrai que c’est un échec.

    Il faut y réfléchir.

    Les citoyens sont-ils tellement démotivés ? Ils avaient l’occasion de se faire entendre, dans un sens ou dans l’autre et ils n’ont pas saisi cette opportunité.

    Vraiment dommage pour la démocratie.

    • Le taux de participation aurait-il été plus important sur d’autres types de sujets ? C’est possible, mais je n’en suis pas sûr.

      J’ai l’impression que les mécanismes de démocratie directe ne sont absolument pas partie de la culture politique belge. Il y a un énorme travail à faire pour l’intégrer, lui donner sa juste place, celle d’un complément au système représentatif.

      Il faut voir ceci comme une étape.

  • Un élément de réflexion pour aller plus loin...

    Dans un initiative comme celle d’un candidature culturelle d’une ville, dans une situation comme celle de Liège, la consultation aux seules frontières de la ville fut sans doute bien étroite...
    En effet, le rayonnement d’une telle chose se serait sans aucun doute étendu au "grand Liège", de Flémalle à Herstal...

    Il y a nombres de liégeois "extra-muors" qui se sont sentis frustrés ne n’avoir rien à dire...

    Donc, une perspective de réflexion, entre "élections" et consultation à l’échelle d’une commune, n’y-a-t-il pas quelque chose de plus à construire, en terme de démocratie participative et d’initiative citoyenne ?

    • Oui, bien sûr. Tout le monde est d’accord sur le fait que Liège-Ville est un territoire beaucoup trop petit pour parler des grands enjeux liégeois. La réponse s’appelle « Communauté urbaine » et sa construction est peut-être le grand défi politique à Liège pour la décennie à venir.

      Cela dit, dans le cas présent, on a a fait avec ce que les institutions existantes permettaient, à savoir une consultation populaire communale — et c’était déjà beaucoup.

      François

  • C’est une belle bataille qui a été menée et qui, à un fifrelin, a presque été gagnée !

    Je tiens à saluer et à remercier par mon commentaire les trois initiateurs de Liège 2015.

    Car face à la frilosité du collège communal pour tout mouvement qui ne va pas dans le même sens que celui qu’ils ont choisi, un résultat positif n’était certainement pas facile à obtenir.

    Avec en prime de super bonus la vilénie des opportunistes du coin qui prennent toujours un malin plaisir à agir contre vous, tels des serpents courroucés dans leur égo ressentant le besoin de tirer à eux une couverture qui n’est pas faite pour eux mais pour tout le monde.

    Que dire devant tout cela sinon dommage, mais bravo !

  • Monsieur Schreuer,

    C’est avec intérêt et attention que j’ai pris connaissance de votre billet. Permettez-moi dès lors ces quelques commentaires :

    La démarche du collectif par rapport à la demande de dépôt de candidature de la Ville s’étant achevée ce dimanche, le grand acquis de l’initiative restera, comme vous le soulignez, d’avoir placé la culture au centre des débats pendant plusieurs mois. C’est déjà une victoire en soi.

    Pour le reste, je ne peux partager vos propos ni votre analyse. Vos accusations à l’encontre de l’attitude du PS et de la Ville sont, selon moi, injustes et non fondées car elles ne tiennent pas compte du contexte dans lequel la participation s’est déroulée, ni de la particularité de la consultation populaire telle que prévue par le « Code de la démocratie locale ».

    Le contexte tout d’abord. Pour bénéficier de la mobilisation citoyenne, un projet doit dégager un minimum de crédibilité. En lançant « votre » initiative à quelques mois à peine de la date de dépôt des candidatures fixée par la Communauté française, cette crédibilité était déjà fortement entamée : bon nombre de citoyens ont perçu cette agitation soudaine avec étonnement. Pourquoi ne pas avoir contesté le choix de Mons au moment où la décision a été prise par le Gouvernement de la Communauté française ? Comment monter un dossier sérieux en si peu de temps alors que la ville hennuyère y travaille depuis plusieurs années ? Quelle était réellement la spécificité du projet liégeois ? Quelle plus value pour la Ville qui accueille déjà les plus grandes infrastructures culturelles de la Communauté française ? Autant de questions légitimes qui ont empêché une adhésion massive à cette initiative.

    Dans ce contexte, il faut également être attentif au mécanisme de consultation populaire. Comme vous le mentionnez, les dispositions actuelles méritent d’être revues. Quoi de plus normal cependant : une législation doit faire ses « erreurs de jeunesse », surtout sur un sujet aussi sensible. Elle mérite dès lors de faire partie des priorités du prochain Gouvernement wallon, à la lumière des expériences négatives et positives qui se sont succédées dans notre Région.

    Au-delà de ces quelques considérations, je ne peux absolument pas tolérer vos critiques à l’égard du respect des principes démocratiques par le PS. Comment osez-vous parler de « décrépitude » à l’égard d’un parti qui s’est battu récemment pour octroyer le droit de vote aux électeurs étrangers aux élections communales, qui se bat aujourd’hui pour le retour au vote traditionnel sur papier et pour les droits des sans-papiers ?

    Votre analyse est incorrecte car vous commettez l’erreur de ne pas tenir compte de la spécificité de la consultation populaire telle qu’elle s’est déroulée à Liège. Il ne s’agissait pas, en effet, de choisir parmi plusieurs propositions, mais de répondre par « oui » ou par « non » à la question posée. Dès lors, compte tenu du fait que le décret ne rend pas le dépouillement obligatoire en dessous du seuil de participation, le soutien au « non » peut parfaitement se manifester par un refus de participer à la consultation populaire ! Il s’agit même du moyen le plus efficace pour exprimer son choix !

    Dès lors, vous l’aurez compris, je pense qu’il est profondément injuste de stigmatiser l’attitude du collège communal, en encore plus celle du PS. N’oubliez pas que celui-ci a fait preuve de sa bonne volonté en refusant de compter le nombre de signatures récoltées par le collectif et a permis ainsi la tenue rapide de la consultation. Vos arguments sur l’envoi des convocations et l’accessibilité des bureaux me semblent bien maigres. Vous l’avouez par ailleurs : quand bien même le nombre de participants aurait été de 10% + 1, l’opération aurait été un échec.

    En vous remerciant de m’avoir lu jusqu’au bout, je termine en précisant que je me suis exprimé à titre exclusivement personnel.

    Laurent Rea Fuente

    • Bonsoir,

      Merci de ce message. J’aimerais voir plus souvent des cadres socialistes, surtout quand ils sont aussi éminents que vous, venir discuter sur ce blog.

      Quelques réponses à votre interpellation.

      Pourquoi ne pas avoir contesté Mons à la suite de la décision de la Communauté française en sa faveur ? Outre que notre objectif ne fut jamais de « contester Mons » ni, de façon générale, d’attiser la moindre querelle sous-régionaliste mais principalement de demander que la ville que nous habitons se dote d’un projet à (au moins) moyen terme, notamment en matière culturelle ; outre que des protestations furent bel et bien émises (notamment sur ce blog) à l’encontre du choix de la CF, sans écho particulier ; la raison pour laquelle aucun mouvement n’est né en mai 2008 et pas avant est double : d’une part, le règlement européen en vigueur à l’époque confiait aux autorités publiques de chaque Etat le choix de la capitale. La décision de la CF n’était donc formellement pas contestable. Ce règlement a cependant changé en 2006 [1] en confiant le choix de la capitale européenne à un jury international — de sorte que la décision de la CF était frappée d’obsolescence. D’autre part, la situation budgétaire et politique de la ville de Liège rendait peu crédible cette candidature. Cette situation a évolué au printemps 2008 : il nous a alors semblé disposer d’une bonne « fenêtre de tir » pour lancer dans le public l’idée d’une candidature liégeoise.

      Concernant le projet lui-même, vous soutenez qu’il était trop tard, en mai 2008, pour lancer une initiative visant à promouvoir la candidature de Liège comme capitale européenne de la culture. Je ne peux vous suivre : à ce moment, il restait, selon un calendrier raisonnable, environ deux ans et demi pour monter un dossier. Si le conseil communal de Liège avait voté sans consigne particratique le 26 mai, une nette majorité aurait penché en faveur du dépôt de la candidature dès ce moment [2] et le dossier aurait pu être construit dans de très bonnes conditions. La panique qui s’est emparée du cabinet de Mme Laanan et de l’IEV lorsque vous vous êtes rendus compte du potentiel du mouvement initié vous a conduit à raccourcir le délai autant que possible et vous avez obtenu du comité paritaire idoine la publication de l’appel à candidatures dès septembre (alors qu’il était plutôt attendu pour la fin de l’automne), avec un délai exceptionnellement raccourci à cinq mois au lieu de dix (contrairement à ce que vous affirmez, en effet, l’appel à candidatures n’était par encore publié au moment où nous avons lancé notre initiative). Même dans ce cadre biaisé, la candidature liégeoise restait crédible. En effet, à la différence de Mons, nous n’envisagions pas une candidature « d’équipement » visant à doter la ville d’infrastructures dont elle dispose déjà mais une candidature de « mise en cohérence », visant à habiter les « briques » dont nous disposons.

      Concernant la législation relative aux consultations populaires, je ne pense pas qu’on puisse parler d’« erreurs de jeunesse » dans la mesure où, sauf erreur de ma part, les dispositions concernées du « code wallon de la démocratie locale » datent de 1995 et d’une loi fédérale sur le sujet (la matière ayant entre-temps été régionalisée sans que les articles concernés soient modifiés). Par ailleurs, les lacunes de ce texte sont tellement énormes qu’on peut à bon droit s’interroger sur le sérieux avec lequel le parlement a travaillé en 1995.

      Concernant la « décrépitude » du PS, je ne vois pas en quoi citer quelques vagues exemples d’actions positives de votre parti [3] contredit d’une quelconque manière mon analyse. On pourrait en effet citer quelques autres exemples, beaucoup plus significatifs, où votre parti s’est comporté d’une manière particulièrement veule et indigne de son prétendu caractère « socialiste » : le PS a-t-il oui ou non privatisé la Poste ? Le PS a-t-il oui ou non soutenu le traité constitutionnel et son avatar le traité de Lisbonne qui sanctuarise, entre autres choses, la liberté de circulation des capitaux ou l’inféodation de notre défense à l’OTAN ? Le PS a-t-il oui ou non soutenu le soi-disant « pacte » entre les générations ? Le PS a-t-il oui ou non entériné le principe de la chasse aux chômeurs ? Le PS s’oppose-t-il à la présence (illégale) d’armes nucléaires américaines sur le territoire belge (à Kleine Brogel pour être précis) ? Etc, etc. La discussion sur la situation de la social-démocratie en Belgique francophone dépasse cependant largement le cadre de ce commentaire et, tout en restant à votre disposition pour une discussion approfondie sur le sujet, je me contenterai donc pour l’heure de vous renvoyer aux très nombreux textes qui, sur ce blog, abordent cette question.

      Concernant l’usage de l’abstention comme façon de dire « non », je persiste à penser que défendre ce point de vue est déshonorant. Vous devriez aller relire quelques discours des fondateurs du courant politique dont vous prétendez les héritiers et qui doivent se retourner dans leur tombe. Le peuple a TOUJOURS intérêt à voter. Ceux qui lui conseillent de s’abstenir sont des partisans du pouvoir en place, des oligarques, ni plus ni moins, des gens qui cherchent à empêcher que se crée de la puissance collective, des tenants du monopole des partis sur l’action politique — monopole qui s’apparente à bien des égards à une rente de situation.

      Enfin, sachez que j’ai plaidé dès le dimanche soir pour la fin des hostilités. Parce que je sais que nous avions besoin d’une victoire plus large que les 19.010 votants requis. Parce que je ne pense pas que poursuivre la guerre aurait pu produire quoi que ce soit de bon pour Liège ou pour ses acteurs culturels. Parce que je sais (contrairement à vous, visiblement) ce que veut dire le mot discipline républicaine et que je veillerai toujours à ce que mon action politique ne profite pas à la droite (quels que soient les conflits qui nous opposent). Néanmoins, nous serons nombreux à Liège à nous souvenir de la manière dont cette consultation a été organisée. Nous nous souviendrons des centaines de personnes (probablement plus de mille) à qui le vote a été refusé pour cause de défaut de convocation (alors que le vote sans convocation est systématiquement accepté lors des élections — dont l’organisation relève du même texte de loi — et que l’envoi des convocations avait connu d’assez grosses perturbations). Nous nous souviendrons des dizaines de refus, par les présidents de bureau, d’inscrire au procès-verbal les problèmes constatés par des électeurs et même par des témoins des partis de l’opposition. Nous nous souviendrons que certaines personnes qui refusaient de quitter le bureau tant que leur réclamation n’aurait pas été actée au PV, ainsi qu’elles en avaient le droit, ont été sorties par la police. Nous nous souviendrons des personnes qui ont été évacuées de certains bureaux de vote (des témoignages attestent cela pour au moins quatre bureaux, en Outremeuse et à Bressoux), à l’intérieur desquels elles se trouvaient, à 13h pile au mépris de la législation qui précise que toutes les personnes arrivées avant 13h ont le droit de voter. Nous nous souviendrons des militants socialistes (au rang desquels au moins un conseiller communal en la personne de M. Bougnouch, au bureau de la rue de Porto, ainsi qu’en attestent plusieurs témoins et qu’a pu le constater un journaliste) qui incitaient les citoyens à rentrer chez eux à l’entrée de certains bureaux.

      Mons aurait pu gagner à la loyale et recevoir l’assentiment de tous si elle n’avait pas préempté le droit de concourir. Sa victoire est désormais irrémédiablement entachée. Tant pis pour elle. Tant pis pour vous.

      Bonne fin de soirée,

      FS

      [1Il semble que sur ce point, vous-mêmes et la plupart des membres de votre parti soyez gravement frappés d’amnésie : vous ne l’évoquez jamais alors qu’il s’agit pourtant d’un élément très significatif à prendre en compte dans le débat.

      [2Plusieurs conseillers socialistes, notamment, nous ont fait part, dans les jours qui ont précédé, de leur très vif regret de devoir voter contre notre proposition.

      [3Concernant les sans-papiers, voici environ un an que le PS est dans un gouvernement qui n’applique pas son accord de majorité, au grand dam de tous les mouvements de défense des sans-papiers ; concernant le vote papier, je ne sais pas que les déclarations de M. Courard à la veille des dernières élections communales aient été suivies du moindre effet alors que la tutelle des communes est pourtant régionale depuis quelques années maintenant,...

    • Encore une fois.... Je croyais qu’après l’affaire des Récollets à Huy, le Ps ne réagirait plus comme l’avait fait Mme Lizin en prétextant que ceux qui ne s’étaient pas déplacés pour voter, marquaient par ce geste, leur accord avec le pouvoir communal.
      Non, Mr Rea Fuente, ne pas avoir voter à la consultation populaire, ne veut pas dire qu’on a dit NON.

      Cette pensée est un déni de démocratie !!

      En outre, deux amis de mon fils (19 ans) n’avaient pas reçu de convocation .... On va voir s’ils seront aussi oubliés pour les élections de juin !

      Je trouve vraiment dommage que le PS, parti démocratique et social, se soit comporté ainsi !


      BRAVO pour cette analyse François Scheuer !!

    • Brillant, François, tu es en pleine forme ! On en redemande, des réactions comme celles-là, argumentées et pleines de souffle. Bravo.

    • Bonjour,

      Je vous remercie pour cette longue réponse argumentée, avec laquelle je ne peux cependant être d’accord, comme vous pouvez vous en douter.

      Corrigez-moi si je me trompe, mais à la relecture de votre billet initial et à la lecture de votre réponse, vous imputez principalement l’échec de la consultation au renoncement des citoyens à se déplacer pour exprimer leur avis (je reprends vos propos « Mais il semble surtout que les gens frustrés qu’on ne leur demande pas leur avis sont ontologiquement plus nombreux que ceux qui sont prêts à le donner lorsqu’on le leur demande au cours d’une procédure de consultation publique ») et à l’attitude de la Ville. C’est évidemment le point culminant de la divergence qui nous oppose : l’échec de la consultation réside selon moi dans le manque de crédibilité et de contenu de votre démarche. Qu’il y avait-il derrière le slogan ? Pas grand-chose de concret qui aurait pu mobiliser les Liégeois(es). Sans prétendre avoir dans ma poche un baromètre de l’opinion publique, je pense que le citoyen lambda ne s’est pas déplacé car cette consultation lui est apparue farfelue. Les avis divergents au sein même du monde culturel sur l’opportunité de déposer la candidature de la Ville ayant fini de convaincre les sceptiques.

      Dans un tel contexte, non, je le répète, ne pas se déplacer n’est pas synonyme d’un renoncement aux principes démocratiques que nous partageons vous et moi. Je ne partage pas votre critique, car elle est excessivement dogmatique. Par contre, je ne suis pas loin de penser qu’il peut être dangereux de multiplier les processus participatifs boiteux (attention, le terme « boiteux » vise bien ici le sérieux du processus, et non son sujet – car tout sujet mérite d’être débattu).

      Pour le reste, je ne me lancerai pas dans une contre argumentation sans fin sur l’action du PS (bien que je pourrais vous répondre que c’est le PS qui est à l’origine de la large vague de contestation à l’encontre de la directive sur la libéralisation des services – son auteur, Frits Bolkestein ayant même déclaré publiquement que l’échec de sa directive avait été causée par le PS wallon). Je me limiterai juste à ceci : la participation à un gouvernement implique des renoncements pour obtenir des acquis, surtout lorsque l’aile droite est majoritaire dans ce gouvernement (j’aimerais tant pouvoir prendre connaissance d’un bilan concret des mesures prises en faveur des citoyens les plus faibles par les partis de l’opposition). Critiquer les compromis négociés par le PS témoigne d’une certaine malhonnête intellectuelle de votre part, vous qui avez utilisé la même stratégie en concluant un accord — désavoué par la suite — avec la Ville. Vous étiez prêt à faire un pas en arrière pour obtenir des avancés pour la politique culturelle à Liège, car vous estimiez ces avancées significatives et dignes d’un compromis (et ce conformément à l’adage « un tiens vaut mieux que 2 tu l’auras »).

      Bien que n’étant pas un blogguer assidu, je ne manquerai pas de lire et de commenter vos futures contributions, comme vous m’y avez cordialement invité.

      Bien à vous,

      Laurent Rea Fuente

  • Juste un merci à vous... pour nous avoir permis de croire, pour une fois, à vous liégeois et/ou à nous étudiants en une citoyenneté active et responsable de son avenir, en ce Liège 2015 !

    Au plaisir de vous entendre à nouveau dans nos auditoires...