Les archives des Bulles

Affaire Modave : suite et sans doute pas fin

mardi 24 février 2009

Les lecteurs réguliers de ces pages [1] se souviendront que j’avais raconté, voici six mois, un bidonnage de l’info effectué par RTL-TVI et son journaliste Julien Modave à l’occasion d’une conférence de presse d’urbAgora sur le tram liégeois. Ce billet était le deuxième que je consacrais à ce journaliste puisque j’avais déjà eu l’occasion de critiquer le traitement qu’il avait fait de la parade de l’Euromayday en 2007. J’espérais en avoir fini avec lui. Il semble que ce ne soit pas le cas.

Samedi, je me trouvais en Vînave d’île, à Liège, à faire campagne pour la consultation populaire sur « Liège 2015 ». Deux équipes de télévision, dont une de RTL-TVI, étaient présentes. Alain De Clerck suggère que je réponde aux questions de cette dernière [2] et sa proposition se heurte immédiatement au refus catégorique de la journaliste. Christine Calmeau, pour ne pas la citer puisqu’elle a eu la courtoisie de me laisser sa carte de visite, déclare, devant plusieurs témoins, avec une franchise qui l’honore qu’elle n’a pas le droit de m’interviewer, dès lors que j’ai « diffamé » RTL. « Il se passera des années avant qu’on vous redonne la parole » ajoute-t-elle.

S’ensuit un bref échange (poli, je m’empresse de le préciser) où elle me reproche le fait que quand on tape le nom de M. Modave dans un moteur de recherche, c’est désormais sur mon blog qu’on est renvoyé en premier lieu [3]. Je lui signale que je me suis contenté, dans un premier temps d’écrire un courriel à la rédaction, qui ne m’a valu que des invectives téléphoniques, suite à quoi j’ai en effet blogué l’affaire. Je lui demande ce qu’elle aurait fait à ma place. Elle me dit qu’il fallait s’adresser au journaliste et rien qu’à lui. Ce qui ne me semble pas très utile. Bref.

Si je raconte cette minuscule anecdote, c’est en raison de la transparence avec laquelle elle montre, me semble-t-il, la rationalité qui est à l’oeuvre au sein de certains médias. Qu’un organe de presse ou une télévision puisse décider de bannir, pour des raisons strictement internes au jeu médiatique, un intervenant du débat public, voilà qui en dit long sur la menace démocratique qu’ils peuvent représenter quand ils sont mal utilisés.

À bon entendeur...

Notes

[1Si tant est qu’on puisse encore être lecteur régulier d’un blog aussi peu alimenté.

[2Ce dont je n’avais nullement l’intention, au demeurant, ayant décidé en juillet dernier de ne plus accorder d’interview à cette chaîne de télévision.

[3On avouera qu’il est quand même cocasse qu’une télévision qui a chaque soir plus d’un demi-million de téléspectateurs se sente agressée par un blog qui touche une fraction infime de cette audience mais ne se sente nullement agressive quand elle trafique l’info.