From francois@schreuer.org Fri Sep 26 15:29:03 2008 Subject: =?ISO-8859-1?Q?=E0?= propos de mon article paru dans votre journal cette semaine From: =?ISO-8859-1?Q?Fran=E7ois?= Schreuer To: Dominique Janne Cc: Thomas-Pierre =?ISO-8859-1?Q?G=E9rard?= Content-Type: text/plain; charset=UTF-8 Message-Id: <1222435742.6162.155.camel@lapinot> Mime-Version: 1.0 X-Mailer: Evolution 2.22.3.1 Date: Fri, 26 Sep 2008 15:29:03 +0200 X-Evolution-Format: text/plain X-Evolution-Account: 1201042327.5899.0@lapinot X-Evolution-Transport: smtp://schreuer0001;auth=PLAIN@luna.agora.eu.org:26/;use_ssl=when-possible X-Evolution-Fcc: mbox:/home/franz/.evolution/mail/local#Sent Content-Transfer-Encoding: 8bit Monsieur Janne, Suite à notre échange téléphonique de ce matin, j'ai fait une relecture attentive de l'article que j'ai rendu sur l'"axe" Guillemins-Médiacité à Liège. Je pense être en mesure de sourcer chaque fait avancé dans ce papier et je pense que les éléments d'appréciation qui l'émaillent sont directement justifiés par ces faits. Concernant les "studios de créations" auxquels je fais référence (et dont je pense pouvoir montrer - par une analyse systématique de la presse de l'époque que je ne n'ai pas le temps de réaliser séance tenante - qu'ils ont été déterminants dans l'acceptation du projet de "Médiacité" dans le débat public liégeois), voir par exemple cet extrait du journal Le Soir du 2 juillet 1999, sous la plume d'Eric Renette : Autre atout envisagé pour le Longdoz, un centre de création audiovisuelle (investissement : 180 millions (4,4 millions d'euros). Pour en crédibiliser la réalisation, Wilhelm & Co. s'est adjoint les conseils d'un ancien responsable du redéveloppement des mythiques studios de Berlin (Babelsberg) qui servira de modèle. Le but est de faire de Liège la capitale wallonne de la production, glisse Pierre Grivegnée ; en Belgique, il y a 8 studios de création, 5 en Flandre, 3 à Bruxelles, aucun en Wallonie. Concernant le projet de CIAC, je vous renvoie à la lecture de l'article "Maillon faible d'un geste fort", paru sous la plume de Marc Vanesse le 5 août dernier. On y lit par exemple ceci : Cette fois, les édiles liégeois ont retrouvé le goût d'entreprendre et remué le tiroir aux idées pour rendre à ce lieu, sa vocation internationale. On a même rêvé un temps de cultiver l'adage : "Carpe, je te fais lapin". En allant quérir le très cultivé et très hexagonal Jean-Jacques Aillagon comme expert - après le très catalan et très inspiré Diego Calatrava comme chef de gare -, on se remettait à croire aux dons des signatures pour garantir la munificence du tableau. On a même imaginé accueillir à Liège, une annexe de l'Hermitage (Saint-Pétersbourg), puis quelques joyaux du Moma (New York), avant de rêver à une excroissance nordique du Centre Pompidou (Paris). Hélas, ces louables tentatives visant à s'approprier les miettes de grandes marques muséales ont échoué loin des berges de la Meuse... Après l'euphorie des utopies, il a alors fallu reprendre l'affaire en main, les pieds au sol. Avec la modestie des ambitieux. Sur ce sujet, voir aussi l'enregistrement de la conférence Jan Hoet au MAMAC (ainsi que, sur le même site, les nombreux écrits de Jean-Michel Botquin) : http://www.lanouvelleunionnautique.com/?p=10 http://www.lanouvelleunionnautique.com/?p=12 Concernant l'esplanade entre la gare et la Meuse, les sources abondent. Lire par exemple les déclarations de Willy Demeyer et Michel Firket dans la presse des deux semaines précédant les dernières élections communales annoncer que les expropriations sont terminées. Puis les déclarations des deux mêmes depuis un an annonçant que "tout est possible". La déclaration d'Ariella Masboungi, citée dans l'article, a été faite lors d'un colloque en mai (je peux produire des témoins). À ce sujet, voir aussi l'article "Les urbanistes français stupéfiés", par Philippe Bodeux, dans Le Soir du 15 novembre 2006. On y lit par exemple ceci qui justifie à mon sens l'emploi du qualificatif "délirant" dans mon texte (et je peux produire des urbanistes [...] qui partagent le même avis) : La vision du projet Calatrava provoque des commentaires. "C'est une griffe architecturale qui ignore et nie le quartier préexistant. Mais qui peut avoir du succès simplement parce qu'elle est de renom, souligne Nathan Starkman, un ancien grand prix de l'urbanisme. Elle amène un nombre impressionnant d'expropriations. Vont-elles générer autre chose qu'un simple geste architectural?" Pour certains, l'esplanade imaginée par Calatrava est l'exemple caricatural de ce qu'il ne faut plus faire en ville. "C'est étonnant de voir revenir dans votre ville ce qui ressemble à une catastrophe urbanistique du passé, ajoute Luc Bousquet, urbaniste de l'État qui aide les collectivités françaises à recréer de nouveaux quartiers. Quand on aménage les abords d'une gare TGV, on ne peut pas oublier le quartier qu'il y a autour. Heureusement, la Ville apporte une réponse moins violente que Calatrava et améliore du coup son projet ". Concernant l'usage des termes "incapacité crasse des autorités communales", c'est le genre de déclarations qu'énormément de gens font à Liège, y compris dans les propres rangs de la majorité et dans l'administration (en expliquant que Demeyer a laissé pourrir le dossier de façon quasiment délibérée, en changeant d'avis toutes les trois semaines). Quant à l'opposition communale (Ecolo et MR), elle est nettement plus dure encore. Sur le retour de Daerden dans le dossier, lire l'entretien réalisé par Laurence Wauters dans Le Soir 29 mai dernier : "Daerden entend garder la main sur les dossiers liégeois". Et ainsi de suite. Dans ces conditions, la comparaison avec "Père Ubu" que vous émise me semble infamante et je tenais à vous le dire. Bref, je pense que cet article tient la route et même qu'il est journalistiquement bon. J'ignore qui a émis des protestations mais j'aimerais qu'on m'oppose des éléments factuels. Qu'est-ce qui est faux dans cet article ? Je suis disposé à débattre point par point du contenu de cet article avec qui trouvera à y redire. Bien à vous, François Schreuer