Les archives des Bulles

Quelques idées pour Liège dans les six ans qui viennent,...

mardi 3 octobre 2006, par François Schreuer

Alors que les élections communales approchent à grands pas, je continue, comme d’habitude dans ce genre de circonstances, à me sentir quelque peu désemparé face à la réponsabilité que j’aurai très bientôt de voter pour tels ou tels candidats. Je reçois un abondant courrier des uns et des autres (parfois même les mêmes courriers en plusieurs exemplaires) mais, à l’une ou l’autre exception près, je suis déçu par la brieveté et le caractère attendu de ce que j’y lis. Je vois des milliers d’affiches collées partout, mais je ne comprends pas ce que les gens qui placent ces affiches veulent me dire car en général, on n’y trouve qu’un nom, une photo et parfois un bref slogan. J’aimerais plutôt recevoir de chaque parti un programme de 20, 50 ou 100 pages, dense, construit, avec des projections budgétaires des propositions qu’ils font, la précision du dégré de liberté qu’ils comptent laisser à leurs élus et une explication de ce qui fonde leur engagement. En lieu et place de cela, des slogans, encore des slogans et au mieux des professions de foi convenues.

Le caractère spectaculaire de cette campagne m’irrite, donc. Je n’aime pas me rendre compte que, si les candidats sont aujourd’hui très accessibles, les élus le seront demain beaucoup moins et que, à moins de m’impliquer activement dans le jeu politique, cette élection — et son mode inévitable d’expression particulièrement fruste, puisque je suis obligé de synthétiser toutes mes priorités dans un vote personnel — sera la dernière occasion d’influencer effectivement le cours des choses avant six ans. Dans le même temps, la lecture de la prose électorale qui me tombe dans les mains ou que je trouve sur le net me donne souvent l’impression d’avoir à faire en général à pas des gens plutôt engagés, sincères pourrait-on dire [1], « de bonne volonté ». C’est une chose positive, que j’aimerais retenir.

Bref, plutôt que de rester passivement à ruminer mes déceptions et à voter dimanche « par défaut », « faute de mieux », j’ai décidé de me livrer au petit exercice suivant. J’ai mis par écrit une série de choses qui sont importantes à mes yeux dans la politique communale et je vais, dès que ce texte sera publié en ligne, envoyer un mail à tous les candidats [2] en les invitant à réagir, ici-même, à ce petit texte. On verra bien ce que ça donnera. Évidemment, les ténors auront autre chose à faire, mais peut-être que certains candidats moins exposés médiatiquement trouveront ici une occasion d’exprimer quelques idées. Et peut-être que je trouverai — ainsi que, qui sait ?, certains lecteurs de ce blog — quelques motivations à voter avec enthousiasme.

Je précise que les notes qui suivent — rédigées en deux heures — sont tout sauf un « programme ». Je n’y parle pas de toutes les questions importantes. Il s’y trouve très certainement des erreurs factuelles et des idées farfelues (n’hésitez pas à me les signaler) dues notamment au fait que si je suis l’actualité liégeoise avec beaucoup d’intérêt, je ne l’ai fait au cours des dernières années que de façon intermittente. Il est extrêmement probable aussi que la plupart de ces idées — si pas toutes — se retrouvent déjà dans les propositions formulées par tel parti ou candidat ; tant mieux.

Transports & mobilité

Je pense tout d’abord que les transports en commun doivent être redéployés avec ambition si l’on veut répondre aux défis auxquels la situation climatique globale nous confronte. Un consensus semble soudain s’établir autour de la nécessité de créer un tram à Liège. Je m’en réjouis, mais j’attends de voir. Je crois que la réalisation de cet hypothétique réseau de transports en commun urbain de grande capacité doit impérativement s’appuyer sur le très dense réseau ferroviaire existant en région liégeoise : la technologie du tram-train me semble par conséquent s’imposer. Cela ne suffira cependant pas. Il faudra créer un véritable RER liégeois, entièrement ferroviaire, reliant plusieurs fois par heure Liège à son hinterland (jusqu’à Verviers, Aywaille, Huy, Hannut, Tongres, Maastricht,...). Si l’on a été capable d’investir des milliards d’euros dans des autoroutes, dans le TGV ou dans d’autres projets de la même ampleur, il doit être possible de le faire dans les transports en commun locaux ! C’est une condition sine qua non de notre sortie de la civilisation de la voiture.

Il faudra aussi faire preuve de créativité : pourquoi pas le retour des bateau-mouches sur le plan d’eau continu qui existe entre Yvoz-Ramet et Lanaye (Flémalle, Seraing, Tilleur, Sclessin, le Val Benoît, Fragnée, Outremeuse, le centre-ville, Saint-Léonard, Herstal, Oupeye peuvent être reliées de cette manière) ? Pourquoi pas un téléphérique entre l’esplanade Saint-Léonard et l’hôpital de la Citadelle (il paraît qu’on veut faire venir les touristes,...) ?

Il est essentiel que les cyclistes puissent embarquer dans ces futurs transports en commun avec leur vélo sans payer de supplément. Il est également essentiel de développer des transports en commun de nuit, sans lesquels il n’est pas possible de sortir en ville pour bon nombre de personnes. Il faudrait au moins que les principales lignes soient desservies jusqu’à 1h30 en semaine et jusqu’à 3h du matin le week-end.

Étant donné l’ampleur des défis écologiques auxquels nous faisons face, étant donné aussi l’ampleur des problèmes sociaux qui se posent à de très nombreux habitants de notre ville (pour lesquels, comme pour chacun, la mobilité conditionne souvent l’accès à une série de droits), je plaide résolument pour l’instauration de la gratuité des transports en commun. Pragmatiquement, il s’agit sans doute là de la seule mesure capable de susciter le transfert modal de la voiture vers les transports en commun, sans lequel nous sommes littéralement voués à l’étouffement. Il s’agit aussi d’une manière d’augmenter la nécessaire offre de transports de façon pas trop douloureuse, en réaffectant le personnel actuellement affecté à la vente et au contrôle des titres de transports vers d’autres missions. Il s’agit aussi d’une mesure de convivialité exceptionnelle et une manière d’améliorer l’accueil des visiteurs de notre ville. Pour un développement plus important de ces questions, je vous renvoie à l’excellent opuscule du Collectif sans Ticket intitulé « Le Livre-accès » (paru aux éditions du Cerisier), qui me semble être une mine d’idées pour tout mandataire politique intéressé par la question des transports en commun.

Ces mesures doivent s’accompagner d’une interdiction progressive de l’accès des voitures au centre-ville : réduction du nombre de parkings pour réaffecter l’espace aux piétons (par exemple sur les places Cockerill et Xavier Neujean), banissement généralisé des 4x4 du territoire communal, contrôles stricts du respect des normes de pollution de l’air et sonore par les véhicules motorisés (combien de fois on est pris à la gorge par ce qui sort du pot d’échappement d’une voiture),...

À ces considérations générales, j’en ajoute quelques une sur la situation du vélo. Cycliste régulier, je souhaiterais que l’on développe une politique globale et cohérente en matière de mobilité cycliste, tout à fait insuffisante à mes yeux à l’heure actuelle. Ceci implique non pas tant la création de morceaux épars de pistes cyclables ici et là que l’identification et la sécurisation de cheminements cyclistes continus permettant effectivement de relier les différents quartiers de la ville. Le long de ces cheminements (dont on aura soin de tracer les parcours en tenant compte de la déclivité du terrain), il conviendra de multiplier les zones 30, d’éviter les bordures et autres portions de route défoncée, de sécuriser les carrefours, de prévoir des pistes cyclables là où c’est nécessaire et de bannir les pavés (qui sont douloureux pour les cyclistes et destructeurs pour leurs montures) ou d’y placer des « bandes conforts » [3]. Il faudra aussi éviter que ces itinéraires ne croisent de trop nombreux feux de signalisations : les arrêts trop fréquents fatiguent les cyclistes inutilement et le démarrage au milieu du flot des voitures est toujours délicat à négocier. Il faudra aussi que l’on sensibilise les automobilistes au fait qu’un certain nombre de leurs comportements mettent en danger les cyclistes (manque d’attention aux vélos qui viennent face à eux dans les SUL, dépassement sans respecter les distances de sécurité,...). Je pense qu’un échevin devrait être, au moins pour une législature, le temps de la mise en place des infrastructures, spécifiquement chargé de cette matière.

Une autre mesure extrêmement utile pour les cyclistes serait le remplacement des moteurs diesel des bus TEC par des modes de propulsion plus respectueux de l’environnement. Suivre un bus à vélo dans une voie étroite comme la rue Saint-Gilles ou se trouver derrière lui quand il démarre dans une rue en pente sont des expériences franchement pénibles à la suite desquelles on finit par se demander s’il est vraiment bon pour la santé de rouler à vélo.

Je fais une suggestion en particulier : que l’on transforme la rue Saint-Laurent, depuis le carrefour Saint-Gilles jusqu’au Cadran, en voie réservée aux riverains, aux transports en commun et aux vélos. Ceci impliquera notamment la fermeture de la sortie d’autoroute Saint-Laurent [4]. Cela permettra surtout aux cyclistes habitant sur les hauteurs (depuis Cointe et le haut du Laveu jusqu’à Saint-Gilles et Saint-Nicolas) de disposer d’une voie pour remonter chez eux calmement sans se faire agresser par la présence de voitures trop nombreuses et roulant trop vite. Accessoirement, cette mesure permettrait au patrimoine architectural exceptionnel du Publémont d’être mieux mis en valeur, ce que le trafic automobile compromet sérieusement pour le moment.

Politique sociale

Je ne vais pas faire très long sur ce point, parce qu’il me semble que la plupart des grands outils de politique sociale ne relèvent pas de l’échelon communal, à l’exception, partiellement, du CPAS et de la politique de logement. Tout ce qui facilite l’accès au logement est bon à prendre et je relève quelques idées intéressantes dans les programmes des partis de gauche, sans avoir d’idée originale à ajouter sur ce point.

Une question spécifique qui me semble devoir être abordée est celle du développement de la précarité : multiplications des statuts instables, flexibles, à temps partiels, intermittence,... qui me appelent des réponses spécifiques, notamment en termes de simplification administrative.

Urbanisme & environnement

Je suis convaincu que les gens qui ont décidé d’installer l’université au Sart-Tilman ont fait une erreur gigantesque, dont la ville de Liège paie le prix en se voyant en bonne partie désertée par les étudiants et le dynamisme qu’ils auraient pu y insuffler. L’implantation de l’université au Sart-Tilman étant désormais irréversible, il me semble à présent absolument nécessaire de revoir complètement le plan d’aménagement du lieu et d’y développer un véritable noyau urbain (tout en veillant scrupuleusement à la protection de la réserve naturelle voisine) : logements pour plusieurs milliers d’habitants, commerces, grande place et rues piétonnes et parkings en sous-sol (sur le modèle d’un campus de Louvain-la-Neuve en miniature). Il faudra aussi desservir le Sart-Tilman par une connexion régulière de grande capacité (un tram fera très bien l’affaire) et garantir une liaison nocturne avec le centre-ville. Sans cela, les facultés du « haut » resteront ce lieu où plus rien ne se passe après 18h.

Sur le plan urbanistique et environnemental, j’aimerais beaucoup que l’on construise sur l’îlot Tivoli. Je regrette fortement qu’on ait choisi d’implanter le Théâtre de la Place à l’Émulation plutôt que sur le Tivoli. Quoi qu’il en soit, il me semble essentiel que l’on construise là un bâtiment doté d’une fonction culturelle nocturne (théâtre, danse, musique,...) et qu’il s’agisse d’un ouvrage architectural de très grande qualité — un concours international d’architecture me semble s’imposer pour ce lieu.

De manière générale, le soutien à l’architecture contemporaine me semble devoir être une priorité. À ce titre, je trouve que la construction de la nouvelle gare des Guillemins, malgré son prix, est plutôt une bonne chose. L’exemple de Bilbao, qui est de temps en temps cité, me semble bon. C’est une ville qui a complètement renouvellé son image (assez proche initialement de celle de Liège) en permetttant l’expression artistique contemporaine (outre le musée de Gehry, on y trouve d’importantes interventions de Norman Foster ou de... Calatrava mais aussi de très nombreux architectes moins connus).

Concernant l’aménagement du quartier des Guillemins, j’espère qu’on évitera de céder aux sirènes mégalomanes du « canal » de Calatrava. Liège a connu suffisamment d’excès urbanistiques pour faire preuve, pour ce coup, d’un peu de modestie. Pour autant, le projet de la ville, via construction d’une nouvelle passerelle, d’une liaison piétonne et cycliste entre la gare, la parc de la Boverie et le Longdoz me semble excellente.

Un autre sujet de préoccupation est pour moi la publicité. Je trouve inadmissible son omniprésence dans l’espace urbain. C’est inesthétique, c’est agressif, c’est surtout symboliquement totalitaire dans la mesure où ce discours ne souffre aucune contestation : la publicité s’impose mais il n’est pas possible au citoyen d’exprimer son avis. Je propose donc la rupture du contrat avec la société JC Decaux et le remplacement de toutes les « sucettes » par des espaces de libre expression où chacun aura le droit d’afficher, d’écrire, de peindre,...

Culture

Tout d’abord, je ne perçois pas l’ombre de ce qui pourra faire la cohérence muséale du bien nommé « mégamusée », ce véritable gouffre financier destiné, pour autant que j’en comprenne, à amalgamer le musée du verre, le musée d’armes, le musée d’art religieux de la ville, les pièces issues du Curtius et quelques autres objets venus d’ici ou là (mais pas le musée d’Ansembourg pourtant voisin). Si le musée du verre (qui aurait toute sa place au Val St Lambert) et le musée d’armes (dans la mesure où il reflète une activité industrielle historique du bassin liégeois) ont sans nul doute un grand intérêt, on se demande quelle est la logique de les fusionner. Mais surtout, l’assemblage de ces pièces ne forme en aucune manière le musée d’histoire liégeoise dont on devrait pourtant disposer (et dont on peut penser qu’il aurait plutôt sa place dans le Palais des Princes qu’au Curtius). De manière générale, la politique muséale liégeoise me semble devoir être mise à plat et mériter pour ce faire un grand débat, associant les citoyens. Les richesses culturelles liégeoises sont énormes, mais je trouve terriblement mal mises en valeur. Concernant l’art religieux, par exemple, le patrimoine liégeois est de tout premier plan, mais il est actuellement éparpillé entre Trésor de la Cathédrale, musée d’art religieux, Curtius, Collégiale Saint-Barthélemy,... Cela dit, je trouve séduisante l’idée de redynamiser le Mamac à la Boverie.

Plus fondamentalement, j’ai l’impression que la politique culturelle communale vise d’abord les « briques » (on construit beaucoup), ensuite les grandes institutions (Théâtre, Opéra, OPL,...) et ensuite seulement, s’il reste quelque chose, les initiatives plus petites, plus confidentielles, le secteur associatif, l’art contemporain, etc. Je trouve ça regrettable.

Concernant la culture encore, je m’étonne qu’une ville disposant de cinémas aussi dynamiques que ceux des Grignoux et de la présence de cinéastes de premier plan ne mette pas mieux à profit cette richesse, en créant un festival de cinéma, en accueillant l’implantation wallonne du musée du cinéma qui avait été un temps envisagée, en construisant des studios de cinéma,...

Institutions

Sur le plan institutionnel, je suis favorable à la supra-communalité au niveau de l’agglomération liégeoise. L’idéal me semblerait une fusion des communes de toute l’agglomération pour former un ensemble de 400 000 ou 500 000 habitants qui aurait enfin les moyens de ses ambitions, permettrait des solidarités effectives entre centre et périphérie et refléterait plus correctement la réalité urbaine liégeoise vis-à-vis de l’extérieur. À défaut de cette mesure qui ne recueillera je suppose jamais l’assentiment politique nécessaire à sa réalisation, la création d’une communauté urbaine me semble nécessaire et urgente. Cette communauté urbaine doit à mon sens disposer de sa propre assemblée, être un lieu d’expression du débat démocratique, et non pas être une simple super-intercommunale n’associant que les exécutifs locaux.

Une autre point qui me semble important, sur le plan des pratiques politiques, est que l’on cesse de pratiquer le népotisme. Marre des « fils de » et des « filles de ».

Economie

Juste une petite idée ici : il me semblerait souhaitable de faire autant que possible migrer l’informatique communale (ainsi que celles des différents organismes qui en dépendent, intercommunales et autres) vers des logiciels libres, ainsi que les villes de Paris ou Munich sont par exemple en train de le faire. L’intérêt ne se situe pas tant au niveau du coût (on fait certes une économie sur les licences, mais la formation des agents aux nouveaux logiciels et la migration elle-même représentent aussi des coûts) qu’au niveau de la stimulation du tissu économique local : là où l’argent dépensé dans l’informatique communale est aujourd’hui immédiatement envoyé aux États-Unis, il serait, avec le logiciel libre, investi dans des PME locales très innovantes. Les compétences existent à Liège. Une politique communale volontariste en la matière pourrait leur permettre de se développer de manière significative, rien qu’en réorientant certains budgets. Le choix du logiciel libre serait également le choix d’une indépendance technologique qui n’est pas un enjeu négligeable, sans parler, à un niveau plus global de la stimulation de la concurrence que représente chaque brèche faite dans le monopole de la société Microsoft sur le marché du logiciel.

Concernant les grands dossiers liégeois, je crois qu’il faut arrêter de soutenir le développement de l’aéroport. Outre les arguments écologiques qui plaident pour cela, je crois surtout qu’on est en train de préparer un nouveau drame social quand, d’ici 10 ou 20 ans, la fin du pétrole mettra un terme au trafic aérien. Un aéroport est tout sauf un projet d’avenir !

Sécurité

Ainsi que j’ai eu l’occasion de l’exprimer récemment avec le collectif liégeois contre la vidéo-surveillance, je suis extrêmement préoccupé par le développement de la vidéo-surveillance qui me paraît un mauvais moyen de répondre aux problèmes de sécurité. Je constate que, face à l’exigence de « sécurité », les défenseurs des libertés individuelles se font de plus en plus rares. Cela m’inquiète beaucoup.

Positionnement par rapport à des enjeux extérieurs

Je suis résolument contre la construction d’une nouvelle liaisons autoroutière à l’Est de Liège, qui me semble pouvoir être remplacée par un investissement dans le ferroutage et les transports en commun. Je trouve aberrant qu’on investisse dans des autoroutes alors que la situation climatique est ce qu’elle est. Je trouve également scandaleux que le pays de Herve soit une fois de plus saccagé par le passage d’une autoroute.

Concernant les grandes surfaces qui pullulent en périphérie, il me semble que la ville de Liège et ses mandataires doivent défendre avec énergies des mesures susceptibles d’endiguer le phénomène. Ceci d’autant plus que la surface de la ville est terriblement inférieure à sa réalité urbaine. Arrêtons de gaspiller l’espace comme on le fait actuellement, arrêtons de laisser se créer des banlieues hideuses, amas de parkings et de bâtiments atroces (que ce soit à Boncelles, Rocourt ou Herstal), arrêtons surtout de créer un espace urbain et des services pratiquement inaccessibles aux personnes non motorisées (avec-vous déjà remarqué que si vous allez au centre commercial de Belle-Île autrement qu’en voiture, vous devez passer par le parking pour y entrer ?).

Je pense aussi que l’on n’exploite pas assez la présence de la ligne à grande vitesse sur laquelle se trouve Liège. Vu l’augmentation du prix des hydrocarbures, peut-être sera-t-il d’ici peu justifié de promouvoir, par exemple, une ligne TGV entre Londres et Francfort via Bruxelles,... qui passerait par Liège, susceptible de se substituer à un trafic aérien intense et, aussi, de renforcer les connexions entre Liège et les grandes villes européennes [5].

Sur le plan international, je trouve que Liège pourrait soutenir le peuple palestinien de façon très concrète en mettant en place un jumelage avec une ville palestinienne.

Concernant les sans-papiers, tant pour des raisons humanitaires et au nom de la solidarité que pour des raisons pragmatiques, il me semble que la ville de Liège doit soutenir la régularisation des sans-papiers.

Notes

[1Même si cela ne veut pas dire grand-chose à mon avis dans le fonctionnement de la politique.

[2Ou plus exactement ceux dont j’aurai trouvé l’adresse mail, puisqu’il ne semble pas si facile que cela de trouver les coordonnées de toutes les personnes qui se présentent.

[3Notons au passage que l’usage de telles bandes conforts s’impose par exemple sur le « Ravel » en rive droite de la Meuse où les pavés sont beaucoup trop nombreux.

[4Qui, soit dit en passant, est l’un des lieux les plus dangereux de cette ville

[5Certes, cela demanderait une adaptation des rames de l’Eurostar au réseau allemand, mais cela n’est pas impossible.