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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

13/05 — Eldorado

J’ai eu la chance, hier soir, d’assister, dans le tout nouveau cinéma Sauvenière, à Liège, à la première (mondiale, s’il-vous-plaît) d’Eldorado, le nouveau film de Bouli Lanners qui sera présenté au festival de Cannes, dans la quinzaine des réalisateurs. Ce road-movie wallon produit par Versus est une petite perle, minimaliste, intimiste. À ne pas manquer.

 

25/11 — Si les pauvres avaient leur mémoire...

Il y avait aujourd’hui au cinéma Le Parc (Liège) une soirée consacrée à Paul Meyer, qui est décédé le 29 septembre dernier, avec la projection de Klinkaart (1956, selon Piet van Aken) (photo) suivi du documentaire de Jean-Claude Riga Paul Meyer et La mémoire aux alouettes (2007), présenté comme « une ballade avec Paul Meyer en liberté très surveillée par la censure sociale de la mémoire ».

Paul Meyer m’apparait comme une très grande figure artistique et morale, incroyablement méconnue, honteusement méconnue. Et la censure dont il a en effet fait l’objet tout au long de sa vie nous apprend, je crois, beaucoup de choses sur le régime politique et social dans lequel nous vivons, sur cette soi-disant terre de compromis que serait la Belgique.

Mais soit, on reparlera de tout cela. En attendant, de cette soirée, je retiens surtout cette phrase : « Si les pauvres avaient leur mémoire, qu’ils transmettaient à leurs enfants, il n’y aurait plus de pauvres ».

 

16/11 — Paranoid Park

Je ne sais pas si je suis en train d’apprivoiser la face immobile de la force, cette vita contemplativa qui se refuse lorsqu’on est comme je le suis enfoncé jusqu’au cou dans l’hyperactivité si ce n’est le bougisme. Toujours est-il que j’ai finalement vu et beaucoup apprécié le dernier film de Gus Van Sant, Paranoid Park.

Parmi d’autres sujets de méditation, ce film me laisse penser que le cinéma a beaucoup moins que l’industrie du disque à redouter les échanges numériques de données dans le court et moyen terme. Pour la raison très simple que la vision d’un film sur pellicule est définitivement une expérience infiniment plus riche que ce que peut offrir un écran numérique et que j’espère que le public saura se rendre compte de tout ce qu’il perdrait à déserter les salles obscures pour matter des DivX téléchargés en P2P.

Le film de Van Sant est tout de textures et de semi-obscurités ; c’est un chef d’oeuvre de velouté (notamment dans les séquences de skate, tournées en 8mm), une étude anatomique in vivo. Ses longs plans semblent chercher à s’approprier la matière. On a besoin de salles de cinéma pour ce genre de choses |1|.

|1| Et ça tombe bien, puisque les Grignoux s’apprêtent à ouvrir 4 nouvelles salles à Liège (lire les récents articles du Soir ici et ici. Pourvu que ce soit l’occasion d’élargir encore le nombre de films proposés et de projeter des classiques.

 

10/10 — Décès de Paul Meyer

Trop peu branché sans doute sur l’actualité, je découvre aujourd’hui que Paul Meyer est décédé. Et je dois dire que me fait un choc.

Plus exactement, je l’avais entendue, cette triste nouvelle, dans la confusion d’un sommeil matinal que le journal parlé de La Première avait bien du mal à percer. Je me souviens m’être réveillé — plus tard — sous le coup de l’impression très désagréable de sortir d’un cauchemar dans lequel Paul Meyer était mort.

J’ai découvert et rencontré Paul Meyer en avril dernier, lors d’un ciné-club à Liège, dont j’avais dit un mot ici. J’avais été frappé et séduit par le discours de ce vieil homme frêle et sec, non seulement sur le cinéma, mais sur la politique et sur la vie en général ; un discours d’une lucidité et d’une humanité dont je perçois encore les accents. Nous avions discuté et convenu de faire un long entretien sur Radio Panik. Il m’a fallu attendre la fin de l’été pour disposer d’un matériel d’enregistrement permettant de prendre du son dans de bonnes conditions et j’ai consacré le mois qui vient de s’écouler à en acquérir le maniement.

Aujourd’hui, le numéro de GSM de Paul Meyer demeure dans mon carnet-des-choses-à-faire, inutile désormais.

 

24/08 — Naissance des pieuvres

Vu hier Naissance des pieuvres, premier film de Céline Sciamma. À voir sans hésiter. À noter, l’excellente prestation de Pauline Acquart, dans le rôle principal.

 

2/08 — Les chansons d’amour

Ce n’est ni la première ni probablement la dernière fois qu’on dit ici du bien de Christophe Honoré. Son dernier film (que je viens seulement de voir), Les chansons d’amour |1|, est un pur bonheur cinématographique. Comme d’habitude chez Honoré, l’intérêt de cette comédie musicale réside essentiellement dans la maîtrise formelle époustouflante mise au service de quelques portraits nuancés |2|. Chose peu banale, Honoré écrit |3| pour le cinéma, une écriture serrée, corsée mais pas entêtante, subtile sans être empruntée. La maîtrise du son comme celle de l’image sont totales. Chaque respiration, chaque clignement de paupière semblent inscrits dans un scénario qui nous sert une belle histoire, triste et drôle, dramatique et ensoleillée. Et puis, disons-le, Louis Garrel et Clotilde Hesme sont craquants, genre qu’on a envie de retourner au cinéma demain juste pour le plaisir de les voir encore une fois.

Inmanquable.

|1| Voir la bande d’annonce en ligne.

|2| Ah oui, et puis aussi de ces omniprésentes scènes parisiennes.

|3| Il nous souffle d’ailleurs quelques idées de lecture très directement liées à son scénario : Politique, d’Adam Thirlwell, Un bonheur parfait, de James Salter et Volupté singulière, d’A.-L. Kennedy.

 

14/07 — Still life

Après de longues semaines loin du cinéma, j’ai vu hier soir le très beau Still life (Sanxia haoren) du chinois Jia Zhang Ke, lion d’or de la dernière Mostra. Très beau film, contemplatif et social à la fois. La trame narrative est très simple, mais suffit au réalisateur à dérouler, dans le décor oppressant de la vallée du Yang Tsé, une fiction qui ressemble à un documentaire sur le désastre humain du « miracle » chinois.

 

16/04 — Paul Meyer

Très grosse impression cinématographique hier soir. J’ai vu, dans un chouette petit ciné-club de quartier, le film de Paul Meyer Déjà s’envole la fleur maigre, un film de 1959 absolument époustouflant sur l’immigration italienne en Belgique, et dont je dois bien avouer que j’ignorais jusqu’à l’existence. Je ne peux que vous le recommander si vous ne le connaissez pas encore. La projection vidéo a été suivie d’un échange avec le cinéaste particulièrement intéressant.

Pour en savoir plus à propos de ce personnage étonnant, outre la page très fournie que Wikipédia lui consacre, voir le site du Nova, où une rencontre avec Meyer et René Vautier a été organisée dernièrement ainsi qu’un long entretien avec Patrick Leboutte sur le site de l’asbl Des Images.

 

3/03 — Pars vite et reviens tard

Vu ce soir Pars vite et reviens tard, dont la bande annonce m’avait alléché un peu rapidement. Le résultat, quoique non totalement dépourvu d’intérêt, est malgré tout sérieusement décevant. L’entrée en matière séduit, pourtant, posant d’emblée l’ambiance d’un bon thriller policier mâtiné de références historiques, le tout sur fond d’une trame dramatique qui élève le niveau et donne à ce film la possibilité d’un propos d’une portée quasiment anthropologique — possibilité qui ne sera pas exploitée. À cela s’ajoutent quelques trouvailles dont cette idée un peu cliché mais amusante de poser en plein milieu de la place Beaubourg, côtoyant les sculptures de Niki de Saint Phalle, un microcosme presque villageois.

La suite n’est malheureusement pas du même acabit et le scénario tiré d’un bouquin de Fred Vargas peine à conserver le rythme, tout comme le réalisateur Régis Wargnier s’essoufle en même temps que son script, nous infligeant à mesure que le film avance des longueurs de plus en plus pénibles. L’intrigue centrale, tout le prolème est là, s’écroule trop rapidement et avec elle disparaît le propos thématique du film — celui du retour de la peste —, ce qui ne manque pas de créer un vide, ravale pour tout dire le film au rang d’un simple polar français avec des voitures de police qui roulent dans Paris sirènes hurlantes. Le suspense ne sera vaille que vaille relancé que par quelques questions subsidiaires de moindre intérêt. Dans tout cela, le film a perdu cohérence et unité.

Quant aux acteurs, on verra Lucas Belvaux camper une énième fois son personnage récurrent, éternel — qu’il soit flic ou malfrat, on lui retrouve de film en film les mêmes attitudes, la même dégaine, ce qui a tendance à devenir un peu lassant. Il en va de même d’une Marie Gillain peu inspirée. Olivier Gourmet est par contre exceptionnel, méconnaissable, authentiquement métamorphosé par chacun de ses rôles. José Garcia, le personnage central, est lui aussi plutôt convaincant.

 

5/11 — Dans Paris

Vu hier soir le dernier film de Christophe Honoré, Dans Paris (avec Guy Marchand, Romain Duris, Johanna Preiss et Louis Garrel). À voir, sans nul doute. Une bonne critique ici, rien à ajouter.

Pour vous mettre dans l’ambiance, passez ceci en boucle, c’est un vieux tube très eighties de Kim Wilde qui est dans la BO du film, ça peut pas faire de mal :

MP3 - 3.6 Mo
Kim Wilde, Cambodia
 

19/09 — The Wind that Shakes the Barley

Vu hier soir le dernier Ken Loach (lequel est aussi la palme d’or du dernier festival de Cannes) : The Wind that Shakes the Barley (Le Vent se lève). C’est très bon, très poignant, très bien fait, fignolé mais pas laborieux. Film de facture assez classique, parlant de la révolution irlandaise, épisode historique assez mal connu, me semble-t-il ; le film rappelle notamment les horreurs perpétrées en Irlande par les troupes d’occupation anglaises. Très intéressante réflexion politique sur la légitimité d’un mouvement de libération nationale, sa transformation en nationalisme — issue pragmatique mais décérébrante —, les impasses dans lequel s’embourbe le chemin qui mène au rêve socialiste et républicain,... ce genre de choses. À voir, sans aucun doute.

Pas le temps de gloser longuement, je vous renvoie à une bonne critique du film, parue dans Politis.

 

Cinéma

vendredi 20 juin 2008

Le nouveau protocole

Attention, ce post révèle l’intrigue du film.

J’ai vu hier (enfin, mercredi) Le nouveau protocole, de Thomas Vincent. Ce film, massacré par la critique, raconte l’histoire d’un homme, Raoul, exploitant forestier (joué par Clovis Cornillac), dont le fils meurt dans un accident de voiture. Suite à une rencontre avec une jeune femme, Diane (Marie-Josée Croze), plus ou moins journaliste, qui lui affirme que son fils est mort en raison des effets secondaires d’un médicament qu’il testait dans le cadre d’essais cliniques, cet homme taciturne et réservé va, après quelques hésitations, se lancer dans une enquête éperdue dans le monde des multinationales pharmaceutiques. Son domicile sera cambriolé, la jeune femme, avec laquelle il commence à travailler, semble harcelée par les barbouzes de la société pharmaceutique sur laquelle se portent les soupçons de notre duo de choc. Le bûcheron, qui monte un peu trop dans les tours, va tuer l’un d’eux et assommer l’autre, puis cambrioler les locaux de la boîte (...) [lire la suite]

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mercredi 22 août 2007

Inside Man (Spike Lee)

Attention, ce texte révèle l’intrigue du film.

J’ai finalement vu Inside Man, le beau film de Spike Lee, encensé par la critique (même les Cahiers du cinéma ont été sympa, c’est dire). Ce film est certainement très bon à bien des égards — casting soigné, intrigue intriguante, scénario léché, musique bien foutue, générique sympa, etc. Bref, c’est objectivement un bon film, agréable à voir, prenant malgré sa longueur, accessible au grand public et malgré tout attirant pour le cinéphile pas bégueule, tout ça. À voir sans nul doute.

Mais voilà, c’est un film dégonflé.

Rapide mise au parfum pour ceux qui n’auraient même pas vu la bande annonce : le propos distillé par celle-ci est grosso modo le suivant : soit un hold up parfait, dans une banque de Manhattan, réalisé sans violence par un génie du crime. Mais,... mais, est-ce que le hold up est bien un hold up ? Est-ce qu’il n’y a pas un enjeu politique là-dessous ? Que se passe-t-il à l’intérieur de cette banque ? Sous les apparences du hold up, est-on presque conduit à (...) [lire la suite]

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lundi 9 avril 2007

Deux bons films

Il paraît que je serais trop sévère quand je parle de cinéma dans les pages de ce carnet. Ça ne me semble pas tout à fait exact mais peu importe.

Quoi qu’il en soit, j’aimerais dire tout le bien que je pense de deux films que j’ai vu récemment et qui ont en commun une thématique qui est celle de la surveillance. Dans l’un comme dans l’autre, toutefois, le propos politique n’est que secondaire, constitue en quelque sorte la trame de ces films qui sont d’abord des oeuvres de fictions dramatiques convaincantes, comme chacun pourra s’en convaincre en allant les voir. C’est cependant cette trame qui m’intéresse ici, car il s’agit dans les deux cas d’une réflexion sur l’idée de contrôle, sur les dégâts que peut représenter une société de surveillance, sur les limites de cette transparence dont trop de naïfs font, au point que ça en devient souvent dangereux, un critère d’évaluation central des vertus d’un système politique. À l’inverse, c’est la vertu de l’intime, de l’épaisseur du monde social, qui est prônée. (...) [lire la suite]

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lundi 1er janvier 2007

« Perfume » est une daube

Je n’avais délibérément pas lu les critiques avant d’aller le voir ; subodorant de loin tout le mal qu’il y a immanquablement moyen de dire d’un film comme celui-là et voulant avec beaucoup de bonne volonté, pour autant que cela fût possible, retrouver quelque chose du goût que m’avait laissé la lecture du bouquin de Suskind, agréable souvenir d’enfance puisque je devais à peine avoir la moitié de mon âge actuel quand je l’ai lu.

C’est raté.

« Le Parfum » de Tykwer — ou plutôt « Perfume » puisque le film a l’extrême mauvais goût de mettre en scène des Français du XVIIIe siècle parlant un anglais contemporain, mâtiné, pour ne rien arranger, de quelques termes et locutions français, à la manière des Américains semi-cultivés — est, je me dois de vous en informer, une lamentable daube.

Tout d’abord, principalement, ce film est un échec sur le plan esthétique, ce qui est assez embêtant dans la mesure où l’on devine que l’intention première du créateur de ce navet était de toute évidence de se lancer avec beaucoup d’allant (...) [lire la suite]

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mercredi 27 septembre 2006

La Raison du plus faible

Je ne saurais trop vous suggérer d’aller voir « La raison du plus faible », de Lucas Belvaux. Je l’ai vu vendredi soir et j’en suis encore tout imprégné, de ce film, presqu’une semaine après. Il dit, me semble-t-il, très bien la révolte qui monte dans cette société merdique qui est la nôtre, cette révolte que tant de monde ne semble pas voir dans les lieux où se produit l’essentiel du discours sur le monde.

Ça se passe à Liège, dont est montrée une image extrêmement noire, trop noire en fait, mais terriblement juste pourtant. C’est l’histoire un peu pathétique de quatre gars qui décident un beau jour qu’ils en ont trop pris dans la gueule. Il y a un jeune chômeur surdiplômé (Eric Caravaca), un ancien braqueur résigné par la vie et devenu ouvrier chez Jupiler (Lucas Belvaux en personne) et deux anciens métallos, licenciés « avant d’avoir l’âge », dont un a perdu à l’usine l’usage de ses jambes (Patrick Descamps et Claude Semal). La porte de sortie se trouve, pensent-ils, dans un braquage. Foireux, évidemment. (...) [lire la suite]

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dimanche 9 juillet 2006

Renaissance

J’ai vu hier soir Renaissance, film d’animation français de Christian Volckman actuellement à l’affiche. À ne pas manquer, selon moi, même s’il est marqué de quelques défauts, heureusement largement compensés par ses qualités, dont le graphisme — qui se contente presque d’un bout à l’autre d’une écriture tranchée de noir et de blanc, sans la moindre nuance de gris — est loin d’être la moindre.

La grande réussite du film tient d’abord dans l’univers futuriste, splendide à défaut sans doute d’être parfaitement crédible, qu’il parvient à poser, celui d’une ville de Paris transposée en 2054 où surnagent curieusement, seules reconnaissables, les attractions à touristes que sont la butte Montmartre, la tour Eiffel ou Notre-Dame de Paris, lieux où se déroulent plusieurs scènes importantes. Il y a aussi les voies-sur-berges pompidoliennes bizaremment demeurées qui surplombent une Seine désormais enfoncée dans le sol de quelques dizaines de mètres, comme un canyon au milieu de la ville.

Quelques superbes (et trop rares) plans (...) [lire la suite]

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dimanche 7 mai 2006

On peut se passer d’aller voir « Romanzo Criminale »

J’ai tenté hier soir de me reconnecter sur la production cinématographique ambiante, que j’ai plus ou moins délaissée depuis quelques temps pour le mirifique musée du cinéma, mais ce fut un lamentable échec. Ça s’annonçait plutôt bien, pourtant : du policier-politique italien des années 70 (dans « l’âge d’or des Brigades rouges » précisait le synopsis — j’aurais dû me méfier de cet « âge d’or » qui ne veut rien dire), largement de quoi me faire bouger de mon fauteuil.

Ça s’appelle Romanzo Criminale, c’est signé Michele Placido, les acteurs sont beaux — ô la plastique d’Anna Mouglalis corsettée de dentelles —, il y a beaucoup de violence, toutes sortes de morts, des stars même il paraît, il y a un ou deux jolis paysages de bord de mer comme le Golfe de Gênes et la Campanie (je n’en sais rien en fait) en font d’inimitables, mais le film est raté, le scénario sent le pétard mouillé qu’accouchent à grand-peine ces scénaristes couillons incapables d’assumer leur ambition de parler de l’histoire (note pour plus tard : citer (...) [lire la suite]

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vendredi 4 novembre 2005

Batalla en el cielo

Il paraît que les billets de ce blog sont trop longs.

Je vais donc en faire un court.

Je vous suggère ardamment d’aller voir le dernier film du réalisateur mexicain Carlos Reygadas : Batalla en el cielo.

Il est vrai que j’ai un faible pour les films baroques,... mais celui-ci n’est pas seulement baroque, il est aussi, hum, disons, solaire et grotesque à la fois ; et puis aussi discrètement surréaliste, profondément humaniste.

Et puis — pour reprendre le mot du chroniqueur du Monde dont je ne me rappelle plus le nom, en un mot —, ce film est assurément buñuelien, jusque dans plusieurs références hyper-explicites. Ce qui constitue déjà en soi un motif acceptable d’aller y jeter un oeil.

Voili, voilà,

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lundi 15 novembre 2004

« Démocrate et révolutionnaire »

J’ai été voir hier soir Salvador Allende, de Patricio Guzman, un documentaire plutôt bien tourné consacré au personnage historique que fut Salvador Allende mais aussi, de façon plus générale, à l’expérience socialiste qu’a vécu le Chili pendant trois ans au début des années 70 et qui, indéniablement, figure aujourd’hui au panthéon des mythes de la gauche, entre les fronts populaires et la commune de Paris.

On est d’abord submergé par la chaleur (voire même la tendresse) incroyable, contagieuse, qui émane des images. L’espoir fou qu’on lit dans les yeux des milliers de prolétaires défilant en foule pour soutenir l’installation du nouveau gouvernement et qui pour la première (et peut-être la dernière) fois de leur vie voient s’établir un pouvoir qui vise à leur dignité. On est surpris par la conscience sociale très largement répandue qui semble s’être exprimée et dont le réalisateur montre la persistance aujourd’hui. On s’extasie de voir une gauche largement unie derrière un objectif terriblement ambitieux et (...) [lire la suite]

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vendredi 30 mai 2003

Coup de cœur : the Rabbit-proof fence

J’ai eu l’occasion de voir hier un film vraiment magnifique. Je crois qu’il est sorti en Belgique depuis plusieurs semaines et il a déjà été primé un peu partout. Qu’importe, il vaut vraiment la peine qu’on en parle.

Dans les années ‘30, les autorités australiennes ont systématisé une politique d’enlèvement à leurs parents des enfants aborigènes. Dans une perspective eugéniste, l’objectif était d’assimiler cette population, racialement et culturellement, d’éradiquer à terme tout particularisme. Les enfants étaient amenés dans des centres où on leur inculquait les rudiments — langue, religion,… — de la culture occidentale avant d’en faire les domestiques des blancs.

"The Rabbit-proof Fence" raconte l’histoire vraie de la longue route, à travers les étendues infinies et désertiques du coeur de l’Australie, de trois enfants, Molly, Gracie et Daisy, qui vont s’échapper du centre où elles sont détenues pour retrouver leur pays. Le seul repère géographique dont elles disposent est la « clôture anti-lapin » qui traverse (...) [lire la suite]

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