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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

7/08 — Un pavé « dépolluant »

La technophilie apparait parfois comme une folie furieuse. Elle présente cependant l’avantage certain de proposer régulièrement des idées fort distrayantes par leur originalité futurologique. Ainsi apprend-on par une dépêche de l’Agence France-Presse que des pavés « purifiant l’air » ont été installés à Hengelo, aux Pays-Bas (province d’Overijssel), à titre d’expérience-pilote.

Ces pavés contiennent du dioxyde de titane, « qui transforme les particules d’oxydes d’azote (NOx) émis par les voitures en nitrates inoffensifs, à l’aide du soleil ». Malheureusement, la dépêche ne dit rien de l’impact environnemental desdits pavés, de celui de leur transport et de leur fabrication, pas plus que de leur durée de vie, de sorte que l’on est réduit aux conjectures les plus hasardeuses concernant la pertinence réelle de ce qui apparaît à première vue comme un gadget.

Quoi qu’il en soit, on espère que les futés ingénieurs et les très éclairés décideurs qui font la fortune de ce pavé révolutionnaire (hum) ne perdront pas de vue qu’en tout état de cause, il existe une façon relativement simple de réduire la pollution de l’air : juguler la circulation automobile. À rebours, on se dit aussi que si le lobby automobile devait trouver dans ce genre de dérivatifs une occasion supplémentaire de différer l’échéance du changement de société, ce pavé pourrait bien s’écouler en quantités... titanesques.

Chaque société a les pavés qu’elle mérite....

 

11/06 — « Éco-bonis », emblèmes d’une politique injuste

Comme annoncé l’année dernière, la région wallonne vient donc de lancer le système des « éco-bonis » visant, je cite, à « récompenser les automobilistes qui utilisent des véhicules propres ». Dont coût, 22 millions d’euros par an !

Comme je l’avais déjà dit, outre que la rhétorique de la voiture « propre » est risible, cette mesure est profondément injuste, puisqu’elle consiste à transférer de l’argent du contribuable moyen vers les automobilistes — et donc discrimine les personnes qui n’utilisent pas de voiture, ce qui est un comble pour une mesure présentée comme « environnementale ».

C’est exactement la même logique que pour les abonnements de transports en commun gratuits pour les gens qui abandonnent leur voiture : seuls peuvent en bénéficier ceux qui avaient préalablement une voiture.

Alors que la région wallonne manque d’argent pour tant d’autres choses, alors que, notamment, les moyens manquent sérieusement pour soutenir le développement des alternatives à la voiture (vélo, transports en commun,...), cette mesure est particulièrement indigente. Electoralement, par contre, c’est sans doute bien joué : on imagine que l’automobiliste moyen sera certainement ravi de pouvoir non seulement rouler en bagnole tout en ayant le sentiment de protéger l’environnement mais de pouvoir en plus le faire avec une prime — et donc la caution — des pouvoirs publics...

 

14/01 — Clause de sauvegarde sur les OGM : que fait la Belgique ?

C’est une victoire très significative que vient d’obtenir le grand mouvement anti-OGM en France. C’est acquis depuis ce week-end : après l’Autriche, la Hongrie et la Grèce, la république française vient d’activer à l’encontre du maïs MON810 de la société Monsanto la « clause de sauvegarde » qui permet, dans la législation européenne à un Etat membre d’interdire la culture d’OGM sur son territoire.

Par cette décision, les risques considérables que représentent les OGM pour la santé, pour l’agriculture traditionnelle et pour la biodiversité sont enfin reconnus par les autorités françaises. Même si ce n’est qu’une étape dans le processus qui permettra de les éradiquer, c’est un événement majeur dans la lutte contre cette technologie intrinsèquement nuisible.

On espère qu’une amnistie suivra pour les « faucheurs volontaires » qui se sont fait condamner par centaines au motif que — selon certains juges — leur combat n’était pas justifié scientifiquement. Il est temps de reconnaître que le mouvement anti-OGM joue un rôle majeur pour la défense de notre avenir. Ce sont des lanceurs d’alerte, nous devons leur être reconnaissant de leur combat et des risques qu’ils ont pris pour le mener face à la mafia de l’agro-business dont les moyens sont inversément proportionnels à leur utilité sociale.

Question : et en Belgique, que se passe-t-il ? Ne serait-il pas temps de demander à notre « gouvernement intérimaire » d’activer lui aussi la clause de sauvegarde ? Ceci est d’autant plus d’actualité qu’on a appris dernièrement qu’un nouveau projet de plantation d’OGM (des peupliers ce coup-ci) a fait l’objet d’une demande d’autorisation (à ce sujet, lire le blog de Brigitte Leonet).

Photo : Bol de soupe après la grève de la faim, devant « le ministère de la crise du Logement », rue de la Banque, à Paris, le 12 janvier 2008.

 

13/01 — André Antoine met Inter-Environnement au tapis

Inter-Environnement Wallonie (IEW), c’est une fédération qui regroupe 150 associations actives dans la défense de l’environnement en Wallonie. Inter-Environnement Wallonie, c’est une expertise irremplaçable sur des questions comme l’aménagement du territoire, la mobilité, l’énergie, la pollution de l’air, de l’eau et des sols, etc. Inter-Environnement Wallonie, c’est, depuis 30 ans, le principal « lobby » — si l’on peut dire — environnemental en Wallonie. Inter-Environnement Wallonie, c’est une vingtaine de salariés qui travaillent avec acharnement pour défendre des enjeux essentiels pour notre avenir face à une horde de promoteurs immobiliers, constructeurs automobiles, industriels pétrochimiques et autres pollueurs invétérés — généralement indifférents à l’environnement mais disposant d’une force de frappe démesurée par rapport à celle des défenseurs des biens communs.

Bref, Inter-Environnement Wallonie, c’est le genre de structure que, à l’heure où les défis environnementaux sont tellement urgents, n’importe quel responsable politique doté d’un brin de sens des responsabilités (vous savez, ce truc qui incite à faire des actions utiles à la collectivité mais dont on ne tire pas nécessairement un bénéfice politique immédiat) devrait avoir à coeur de soutenir. Tel n’est pas le cas du ministre André Antoine qui vient de décider de couper une partie significative des vivres à IEW, ainsi qu’on l’a appris cette semaine.

Il faut dire que le sieur Antoine est familier des petites crapuleries par derrière, du double discours avec un grand sourire et du dégommage d’associations dérangeantes. Le parti « humaniste » — le cdH —, dont est membre M. Antoine, tient généralement un discours très favorable à l’environnement. Sa pratique toutefois diverge de façon étonnante avec ses mots. Les exemples abondent. À commencer par l’implantation forcenée de zonings industriels ou de lotissements immobiliers dans des zones rurales éloignées de tout moyen de transports en commun — à commencer par Perwez, le village dont M. Antoine est bourgmestre —, garanties certaines de « notre » dépendance totale à la bagnole reine |1|.

Notez que Antoine n’en est pas à son coup d’essai en matière d’étêtage d’associations dérangeantes. L’année dernière, il avait ni plus ni moins sucré les subventions du Gracq, obligeant la principale association cycliste francophone à licencier la plus grande partie de son personnel wallon.

Ceci pose une fois de plus la question de l’indépendance des associations critiques. Le subventionnement public — fautes de garanties dans la manière dont il est délivré — s’apparente de façon évidente à une laisse dorée — les politiciens l’utilisant sans vergogne pour contrôler cette soi-disant « société civile ». Si les citoyens veulent que des voix libres continuent à s’élever — ce qui est une condition sine qua non de l’existence de processus démocratiques et puis aussi sans doute de la survie de l’humanité face au défi environnemental —, il faut qu’il mettent la main au portefeuille : en versant des cotisations à des associations comme IEW, en achetant des journaux indépendants, en versant des dons pour soutenir. Cette culture de l’indépendance est très faible en Europe — alors qu’elle est beaucoup plus forte aux Etats-Unis, par exemple, pour le pire ou le meilleur. C’est la recette de Greenpeace. Force est de constater que ça a des conséquences très dommageables. Pour un qui s’en prend ouvertement dans la gueule comme IEW aujourd’hui, combien en effet pour s’autocensurer au quotidien ?

|1| Et quand il n’y aura plus de pétrole, vous allez voir qu’il faudra que les pouvoirs publics paient les dégâts pour les naïfs qui se retrouveront perdus en pleins champs.

 

2/12 — Lettre ouverte aux parlementaires belges

Je viens de co-signer une lettre ouverte aux parlementaires belges au sujet du Traité constitutionnel européen et de l’impuissance publique qu’il organise, notamment en matière climatique, dont bien peu de monde semble mesurer l’ampleur du défi qu’elle constitue.

Comme nous l’écrivons dans ce texte :

Il est en effet devenu urgent que les pays européens se dotent d’une réelle capacité d’action pour rencontrer ces objectifs mais aussi pour contrer les autres crises écologiques et sociales qui produisent de plus en plus de souffrances et de déséquilibres dans le monde.

Pour y arriver, la capacité d’action publique doit être renforcée et de nouvelles politiques doivent pouvoir être mises en œuvre démocratiquement. Le nouveau projet de Traité européen, appelé Traité de Lisbonne ou Traité simplifié, va à l’encontre de ceci. Le texte présenté à votre ratification enferme l’Europe, les Etats-membres et les citoyens dans une logique ultra-libérale socialement destructrice et écologiquement mortifère. Son changement de dénomination ne signifie aucunement un quelconque changement de fond par rapport au projet de traité constitutionnel rejeté par la France et les Pays-Bas en 2005. Présenté abusivement comme destiné seulement à améliorer le processus de prise de décision, il confirme intégralement toutes les options libérales exprimées précédemment. Il empêche de facto tout changement de paradigme économique et donc toute politique écologique solidaire sérieuse.

Appel à de nouvelles signatures est lancé en ligne.

 

28/11 — L’autoroute de trop

Parait dans La libre Belgique de ce jour un texte d’opinion que je co-signe avec Pierre Castelain, membre du secrétariat régional Ecolo de Liège et Gün Gedik, président du Mouvement des Jeunes socialistes de Liège intitulée L’autoroute de trop. Il y est question, une fois encore, de l’autoroute CHB, que la région wallonne veut construire à l’Est de Liège.

 

27/11 — Bottins téléphoniques, gabegie écologique

S’il y a bien un objet que les technologies de l’information rendent ringard, c’est celui-là : perpétuellement en retard, lourd, encombrant, le bottin téléphonique n’a plus guère d’utilité que pour les gens qui ne disposent pas de connexion à l’Internet. Et pourtant, bon an mal an, les bottins (pages blanches et « pages d’or ») continue à être distribué à plusieurs millions d’exemplaires par la société publicitaire anversoise Truvo (ex-Promédia) qui a semble-t-il trouvé là une activité particulièrement juteuse.

Comme il se doit, en gestionnaire avisée, la société Truvo communique d’ailleurs régulièrement sur le caractère indispensable de son activité, ainsi qu’on a pu en trouver certains échos dans la presse ces derniers jours.

Un lecteur, Pierre Becquart, attire mon attention sur les conséquences écologique de cette pratique qui perdure et il me semble utile de relayer ici sa missive.

[...] On peut lire sur le site de Truvo que ses pages d’or sont éditées à 4.500.000 exemplaires. On peut supposer qu’il en aille grosso modo de même pour les pages blanches. Le poids unitaire d’un des volumes excède largement le kilo et peut même atteindre 1,5 kg. En prenant un poids moyen de 1,25 kg par volume (blanc et d’or) on obtient une masse totale indicative de 11.250 tonnes de papier par an ! Soit 320 camions de 35 tonnes.

Ces tonnes d’un papier blanchi ou coloré, puis chargé d’encre d’imprimerie représentent une charge écologique intolérable au regard de la valeur ajoutée qu’elles représentent encore pour le citoyen aujourd’hui. Probablement des supports papiers devront encore subsister quelques années pour donner l’accès à cette information aux citoyens non connectés à internet. Mais il faut impérativement que les instances responsables (qui ?) prennent des actions en vue de limiter la distribution des briques papier à ceux qui en ont vraiment besoin et qui en formulent explicitement la demande et pas aux autres.

Laisser l’initiative à l’éditeur Truvo à cet égard est illusoire. D’une part il est contraint d’honorer ses (juteuses) obligations contractuelles à l’égard des opérateurs (pages blanches) et d’autre part il a besoin d’annoncer un tirage important à ses annonceurs potentiels (pages d’or). Il ne faut donc rien attendre de ce côté. Mais il est urgent que les acteurs tels que associations de consommateurs, presse et partis politiques s’intéressent à ce problème [...].

Voilà qui pourrait en tout cas donner du grain à moudre à une éventuelle nouvelle journée de déversement, après celle qui avait été organisée l’année dernière.

 

21/10 — « Parasols chauffants »

Alors que, à l’approche de l’hiver, pas mal d’entre nous ont quelques inquiétudes — voire de sérieuses alarmes — pour leur facture énergétique que l’augmentation des prix de l’énergie risque de faire sérieusement grimper ; alors que nous savons l’impérieuse nécéssité de faire des économies d’énergie |1|, le journal Le Monde nous apprend — faisant au passage la promotion "rédactionnelle" desdites breloques (non sans en citer les marques et les prix), pratique hautement contestable sur le plan de la déontologie journalistique — que la mode est désormais au chauffage d’extérieur, ustensile indispensable s’il en est pour profiter de sa terrasse en teck 365 jours par an.

La loi d’interdiction de fumer dans les restaurants et les cafés, qui doit entrer en vigueur en janvier 2008, risque de faire exploser le marché des chauffages extérieurs. C’est là, sur les terrasses des rues, qu’ils ont vu le jour puis se sont multipliés. C’est aujourd’hui sur les balcons et les jardins des particuliers qu’ils font une belle percée. [...] Les fabricants ne s’y trompent pas et multiplient l’offre : parasols chauffants à suspendre, à poser au sol ou sur une table, qui fonctionnent au gaz ou à l’électricité ; braseros qui marchent au bois. Des formes traditionnelles aux styles rustique ou contemporain : le chauffage d’extérieur permet de profiter de l’espace privé en toutes saisons. Dans ce contexte, où les Français considèrent leur balcon ou leur jardin comme une pièce supplémentaire qu’ils aménagent avec le même soin que la maison, le parasol chauffant ne doit pas se contenter d’être fonctionnel.

Est-il vraiment besoin de commenter longuement cette promotion du gaspillage d’énergie trendy ? Comme l’écrit un commentateur sur le site du journal, "J’espère que ce n’est pas trop encombrant et que cela tiendra dans mon hummer."

|1| Et qu’il est possible, comme le montre par exemple l’association Négawatt, de réduire notre consommation de l’ordre de la moitié ou des deux tiers.

 

18/08 — Et si on appliquait vraiment le principe polleur-payeur ?

Note rapide avant de revenir éventuellement sur cette information par la suite : après 11 ans de procédure judiciaire (quand même), plusieurs constructeurs automobiles japonais (Toyota, Nissan, Nissan Diesel, Hino, Mitsubishi, Isuzu et Mazda) viennent d’accepter d’indemniser des victimes de la pollution de l’air (lire les articles du Monde et de Libé).

Certains phénomènes sociaux sont difficilement explicables. Par exemple, pour quelle raison l’opinion publique reste-t-elle d’une stoïcité bovine face à certains menaces sur la santé publique tandis qu’elle peut prendre le mors au dent sur d’autres éventuellement moins dangereuses ? Ainsi, les dégâts graves pour la santé que représente la pollution automobile sont désormais plutôt bien connus — et le moins qu’on puisse dire est qu’ils sont importants |1|. Il n’empêche que, face à cette agression quotidienne concernant tous les habitants des villes |2|, les réactions politiques et citoyennes restent incroyablement faibles. Pendant que « nos » élus s’étripent à Val Duchesse sur le statut linguistique d’un arrondissement judiciaire, nous subissons chaque jour une exposition à des substances qui portent gravement atteinre à notre santé. Même des mesures ultra-minimales — comme l’obligation d’apposer un filtre à particules sur tous les véhicules à moteur thermique en circulation — sont, à en croire les journaux, très loin de préoccuper ces Messieurs-Dames en leur château.

Face à cette absence criminelle de réaction, peut-être la voie judiciaire s’impose-t-elle. J’ignore les possibilités que donne le droit belge et européen en la matière, mais je suppose qu’il doit être possible de trouver des angles d’attaque. Pour ma part, entre autre chose, je me verrais bien attaquer les TEC de Liège, dont plusieurs lignes de bus passent sous mes fenêtres.

Peut-être que la généralisation de ce genre d’actions judiciaires permettrait d’enfin stimuler la fibre inovatrice — dramatiquement éteinte actuellement — chez les constructeurs automobiles et d’amorcer enfin la désacoutumance de notre société au pétrole.

|1| Voir par exemple, en ligne, le reportage vidéo (février 2007) de la Télévision suisse romande : Le bal des particules fines.

|2| Soit dit en passant, ce n’est pas une raison pour arrêter de rouler à vélo : la pollution est plus concentrée à l’intérieur des habitacles des voitures qu’à l’air libre.

 

18/06 — Le lobby des bétonneurs n’a peur de rien

Selon l’agence Belga, les lobbys du béton et de la bagnole ont une idée (on pourrait même dire une idée fixe vu qu’ils avaient déjà sorti identiquement le même projet il y a deux ans). Considérant sans doute que les bénéfices de leurs affiliés ne sont de toute évidence point encore suffisants, l’Association belge de la route et la Road Federation Belgium sont en effet convaincus qu’il est d’utilité publique de créer un tunnel routier d’une dizaine de kilomètres dans le sous-sol des communes du Sud de Bruxelles (en bleu fluo sur le graphique), afin de « boucler » — sous Uccle, Watermael-Boitsfort et la Forêt de Soignes — le ring de Bruxelles, dont le tracé — bel et bien bouclé, pourtant — pousse actuellement jusqu’à Waterloo. Coût annoncé de ce tunnel ? Un milliard d’euro (autrement dit deux ou trois quand tout aura été calculé).

On se permettra de penser que c’est toujours le même cirque : on retrouve la rhétorique — parfaitement abusive — du « chaînon manquant » (sic), exactement comme pour les deux nouvelles autoroutes que veut construire la région wallonne (à l’Est de Liège et au Sud de Charleroi). On retrouve l’inconscience totale face à la bagnole — en particulier l’ignorance de cette règle élémentaire en matière de transports qui veut que le bitume attire la voiture, autrement dit que la construction de nouvelles infrastructures développe son usage —, l’absence de toute réflexion en matière de transports en commun (si ce n’est la proposition dérisoire et effrayante qu’un bus pourrait rouler dans ce tunnel et y avoir des arrêts) et a fortiori au sujet des conséquences sociales et environnementales de ces projets bien intentionnés. À l’instar de Liège qui attend le retour du tram et ne risque pas de le voir de sitôt tandis qu’une autoroute inutile va venir saccager sa banlieue Est, la région bruxelloise est pourtant particulièrement pauvre en transports en commun de grande capacité puisqu’elle ne dispose que de deux lignes de métro (et qu’elle attend son RER pour 2016). En fait, on peut même considérer que Bruxelles agonise sous le poids de la bagnole à laquelle il a été laissé beaucoup trop de place dans la ville.

La seule différence est que, jusqu’à nouvel ordre, les pouvoirs publics n’ont pas encore cédé aux sirènes du machin. Espérons que ça dure...

 

1er/06 — Pacte contre Hulot

Ça y est les anticorps commencent à se diffuser contre l’écologie en hélicoptère, contre l’écologie-TF1, contre l’écologie sponsorisée par les multinationales, ainsi que j’en avais dit quelques mots il y a peu. Signez-le, diffusez-le, propagez-le, c’est le Pacte contre Hulot.

Ça permettra peut-être à certaines personnes de se rendre compte que la sauvergarde de notre planète passera par une remise en cause profonde du système, en particulier par le renoncement au productivisme et, par conséquent, à la réduction drastique des sphères d’influence laissées au capitalisme.

Ça permettra aussi de dire et de répéter que, contraitrement à ce que Hulot promeut, le combat écologiste est d’abord un combat collectif, et non le choix individuel par chaque individu de quelques mesures écologiques |1|. Ce qu’il faut faire, ce n’est pas tant exiger de chacun qu’il cesse de polluer qu’organiser en commun le transfert modal, convertir notre économie aux nouvelles contraintes qui s’imposent. Ça ne sert à rien de dire aux gens d’abandonner leur voiture et de prendre les transports en commun si on de développe pas en même temps de façon très importante les transports en commun et si on n’organise pas la fiscalité pour que le choix plus écologique soit aussi (réellement) le plus avantageux.

|1| Même si bien sûr, l’action individuelle aura un rôle aussi et si certains comportements particulièrement irresponsables — par exemple se déplacer en hélicoptère comme le fait Nicolas Hulot — doivent être stigmatisés et abolis.

 

21/04 — Nicolas Hulot

Je reçois d’assez nombreux messages ces temps-ci de connaissances qui m’invitent à signer tel texte ou à rejoindre telle initiative — et en particulier un certain « pacte écologique » — placés sous le patronage de Nicolas Hulot, figure médiatique bien connue du paysage audiovisuel français qui malgré sa présence de longue date sur la chaîne de télévision de l’hypercapitalisme hyper-destructeur de l’environnement — je veux évidemment parler de TF1 —, malgré le fait qu’il mène une vie d’hyper-riche et ne respecte absolument pas les consignes qu’il donne aux gens, est curieusement parvenu à gagner une image d’écologiste, voire à devenir une des « personnalités les plus appréciées des Français » (?).

Je dois bien avouer que je commence à trouver ça fortement irritant. J’ai donc pris l’habitude de renvoyer simplement un court message mentionnant mes doutes et deux liens vers deux textes qui me semblent utiles : l’un, de Sophie Divry, paru sur le site de l’Institut d’études économiques et sociales pour la décroissance soutenable et intitulé Nicolas Hulot, le pacte médiatique et l’autre de mon ami Guy Leboutte, paru dans La libre Belgique et intitulé Une écologie sans politique. Une boîte à outil qui demande certainement à être complétée mais constitue déjà un bon nécessaire de survie en ces temps troublés par la domination médiatique.

 

27/11 — Reportage à La Brouck

J’ai participé hier à une manifestation organisée à La Brouck, dans la commune de Trooz, pour protester contre la construction de l’autoroute Cerexhe-Heuseux/Beaufays, dont il a déjà été question à plusieurs reprises sur ce carnet. J’en ai profité pour faire un reportage qu’on trouvera sur Indymédia Liège.

 

24/08 — Les méthodes de fachos de la droite marseillaise

Les faits sont indubitables et confirmés : les stocks de thon rouge en Méditérannée sont incroyablement bas, au point que l’espèce en est menacée. La pêche industrielle fait des ravages,... mais tout cela est aussi un business extrêmement juteux et les pêcheurs — qui sont devenus des industriels installés, des « gros poissons » si l’on veut et plus tellement des « petits qui doivent nourrir leur famille », lesquels ont été éradiqués par la concurrence — ont beau détruire en toute impunité notre patrimoine biologique commun, c’est quand même eux qui font la loi, et avec des méthodes de fascistes : quand Greenpeace se pointe à Marseille, dans le cadre d’une tournée en Méditérannée, pour dénoncer la situation et sensibiliser le public, forcément l’organisation écologiste dérange. Résultat, les autorités publiques (UMP) lui interdisent de s’exprimer en lui refusant tout simplement l’accès au port, pourtant initialement autorisé. Et les pêcheurs, dont le patron du syndicat est conseiller municipal... UMP, organisent le blocus du port et menacent ni plus ni moins de... couler le Rainbow Warrior. Pendant ce temps, le ministre de l’Intérieur français redresseur de torts, le sinistre Sarkozy, se garde bien d’intervenir pour restaurer le droit fondamental à la liberté d’expression. Faut dire, comme l’expliquent les excités qui s’attaquent à Greenpeace, que ce ne sont là que « bandits, voyous, provocateurs, intégristes écologistes, bande de tarés fumeurs de joints ».

 

4/01 — Droit à l’air pur ?

J’avais déjà eu l’occasion de dire tout le mal que je pense du tabac et des pratiques sociales qu’il induit. Je trouve assez agréable de constater que la situation évolue, même si tout cela se fait fort lentement. Après les trains en 2004, la Belgique interdit, à partir d’aujourd’hui (enfin, hier), de fumer sur le lieu de travail (à l’exception notoire du secteur horeca dont les employés vont avoir à subir quelque temps encore une exposition tabagique soutenue). C’est une énorme évolution, qui va considérablement réduire le tabagisme passif et permettre à pas mal de fumeurs d’avoir la possibilité réelle d’arrêter de fumer.

Ce que je trouve bien dans cette évolution, c’est que les pouvoirs publics décident de faire primer la santé des personnes sur les intérêts financiers des uns et des autres. C’est en quelque sorte la reconnaissance du droit à l’air pur pour chacun. En ces temps de dégradation écologique permanente de notre environnement, ceci donne envie d’aller plus loin : quand on sait toutes les saloperies qu’envoie dans l’atmosphère la combustion des hydrocarbures et les nombreuses et graves maladies dont ces divers polluants sont responsables, la conclusion coule de source. A quand l’interdiction du moteur à explosion ? Techniquement, c’est parfaitemnt possible, il faut juste avoir envie de se bouger, avoir la volonté politique de faire passer la santé avant l’industrie.

 

Environnement

jeudi 20 décembre 2007

Si le ministre André Antoine signe le permis de CHB...

Quelques paysages qui disparaitront si le ministre wallon signe le permis d’urbanisme pour la construction de l’autoroute Cerexhe-Heuseux/Beaufays.... ce qu’il pourrait faire dès aujourd’hui selon certaines sources.

(cliquez pour agrandir)

Mise à jour, le 21 décembre : Le permis n’est toujours pas signé :)

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vendredi 19 octobre 2007

L’injuste « prime à la voiture propre » du gouvernement wallon

Avec l’inculture politique et fiscale qui gangrène les milieux du pouvoir, on voit de plus en plus régulièrement paraître des mesures, notamment fiscales, qui portent atteinte à des principes fondamentaux, comme l’égalité de chacun devant la loi.

On en a déjà vu un exemple éclatant avec cette mesure prise par les différentes régions du pays proposant d’échanger une plaque minéralogique contre une abonnement gratuit aux transports en commun : comme je l’avais souligné à l’époque, cette mesure ne touche que les détenteurs d’(au moins) une voiture, ce qui est injuste dans la mesure où le financement vient des impôts de tous les citoyens. Ceux qui sont trop pauvres ou trop respectueux de l’environnement pour posséder une voiture dont se débarasser peuvent continuer à payer le bus. Par conséquent, entre deux personnes se trouvant dans la même situation de revenu — payant donc les mêmes impôts — et ne disposant pas d’une voiture, l’une peut recevoir un abonnement gratuit aux TEC et l’autre pas, la prime allant à (...) [lire la suite]

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lundi 15 octobre 2007

Un peu de lecture

Alors que la liberté de la presse se fait de plus en plus rare, particulièrement dans le paysage médiatique français, voici deux publications qui font heureusement exception à la grisaille ambiante.

Un dossier du Canard enchaîné, tout d’abord, sur les nouvelles formes de censure. C’est assez franco-français (on parle beaucoup de Sarkozy et de ses amis les milliardaires et patrons de presse du CAC 40), mais c’est très éclairant sur les mécanismes à l’oeuvre. Conformément à son habitude, le Canard ne se contente pas de supputer et de spéculer théoriquement sur ce dont il parle ; il aligne les faits. Et les faits sont accablants.

La démonstration de l’impact dramatique de la publicité sur l’indépendance éditoriale de la presse est notamment éclatante.

Secundo, l’Atlas environnement du Monde diplomatique est un recueil de cartes commentées dans lequel on trouvera non seulement un état des lieux très bien documenté et richement illustré de la situation écologique de la planète mais aussi un passage en revue (...) [lire la suite]

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samedi 29 septembre 2007

« Pour certain Ministre Régional, ce n’est pas encore suffisant »

Jean-Pierre Collignon, signataire de la pétition pour le tram et chroniqueur à la RTBF, entre autres qualités, me signale très aimablement ce billet passé ce matin dans sa « Chronique de l’Indispensable Monsieur Jean-Pierre, chroniqueur mondain » dans l’émission « Première séance », sur la Première chaîne radio de la RTBF.

À lire et à écouter, avant de se retrouver ce lundi à 18h devant l’hôtel de ville de Liège.

IMG/mp3/20070929_jean-pierre_collignon.mp3

Après l’informateur, le médiateur, le formateur et l’explorateur et bientôt, pourquoi pas le pacificateur, le réanimateur voire, pour finir, le fossoyeur, la farce n’en finit pas et, contrairement à ce qu’affirment certains journaleux qui prennent leurs vessies pour des lanternes, l’heure n’est pas au doute ou à la panique mais bien plutôt à la rigolade, pour ce qui me concerne, en tout cas. D’ailleurs et en outre, je ne perçois nulle-part la moindre impatience ni tourments d’aucune sorte dans le chef d’une population qui vaque à ses petites (...) [lire la suite]

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dimanche 16 septembre 2007

À Francorchamps, le vent tourne

Ce dimanche — difficile d’y échapper — aura donc lieu le grand prix de Belgique de Formule 1. Si l’aspect « sportif » de la chose me laisse, je dois bien le dire, de marbre, je porte par contre l’intérêt le plus vif aux diverses tractations politiques, spéculations économiques et autres jeux de pouvoir qui entourent cet événement — même si ce que j’en perçois n’est de toute évidence que la partie émergée d’un iceberg de fameuse dimension. Et, malgré le relatif unanimisme politique et médiatique qui entoure l’objet, il me semble avec plaisir déceler les signes assez nets d’un revirement en sa défaveur au sein de la population. Pour juger de l’évolution de la situation, que l’on se rappelle, il y a trois ou quatre ans, les campagnes de presse haineuses qui avaient pris pour cible les rares personnes qui s’opposaient à ce qu’on fasse n’importe quoi pour « avoir la F1 ». Aux premiers rangs des insoumis d’alors, le parti écologiste francophone — le seul à ne pas avoir cédé à l’hystérie — s’en était pris plein (...) [lire la suite]

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dimanche 17 septembre 2006

L’UPTR et le libéralisme

Un des critères les plus parlants pour faire la différence entre les deux concepts que sont le libéralisme et le capitalisme — distinction extrêmement importante à mon avis, et trop souvent négligée voire carrément niée dans les milieux alter — c’est de constater que le capitalisme ne se conforme aux règles du libéralisme que quand ça l’arrange — c’est-à-dire finalement assez peu souvent — et que le libéralisme ne lui sert la plupart du temps que de couverture idéologique, de paravent intellectuel, utilisé pourtant de façon très peu crédible si l’on prend la peine de s’y attarder un instant.

Car le libéralisme a beau avoir beaucoup de défauts, il n’est pas totalement dépourvu de mécanismes régulateurs : basiquement, le prix sur le marché est sensé modifier les comportements des acteurs (rationnels, les acteurs), de façon à opérer une réallocation permanente des ressources en fonction des conditions de la production. C’est ce type d’arguments que les « vrais » libéraux utilisent pour expliquer que l’écologie « (...) [lire la suite]

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mardi 29 novembre 2005

Une illustration de la féroce capacité de nuisance de la bêtise publicitaire

Il y a de nombreuses raisons de lutter contre la publicité. Parmi celles-ci, la nuisance écologique qu’elle représente est, me semble-t-il, très loin d’être la moindre. Récit d’une expérience vécue ce jour, exemple petit mais néanmoins frappant.

À peine sorti du train, ce matin, à la gare de Bruxelles-Central, je tombe sur une forte escouade d’une vingtaine de promo-boys et (surtout) promo-girls. Cette bande de joyeux mercenaires — prostitués du sourire, on peut dire ? — tente, comme on s’en doute, de refiler aux passants (en général du genre navetteurs abrutis par des horaires de dingue, pas le genre à perdre du temps à polémiquer) leurs prospectus en quadrichromie vantant la camelote d’une grande marque de prêt-à-porter (« H&M » pour ne pas la citer).

Bref, jusque là, rien de bien original, c’est vrai, même si tout ce papier sera évidemment tapé dans la première poubelle par l’immense majorité des gens.

Là où ça devient assez surprenant, c’est que le dépliant est emballé dans un sachet plastique. (...) [lire la suite]

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jeudi 17 novembre 2005

Des avions qui tournent en rond

Je ne sais si c’est quelque faiblesse inhérente à la condition humaine qu’il faut incriminer ; ou peut-être le modèle politique extraordinairement complexe qui est celui de la Belgique ; ou encore une certaine culture du compromis qui, poussée à bout, empêche toute décision un peu radicale d’être prise. Quoi qu’il en soit, à force de garder le nez dans le guidon et de gérer à la petite semaine des problèmes qui demanderaient un peu d’ampleur de vue, nos décideurs politiques ont (trop) souvent l’art de se mettre (et de nous mettre par la même occasion) dans des situations impossibles, voire complètement ubuesques.

C’est très particulièrement le cas aujourd’hui de l’aéroport « national » belge qui n’en finit pas d’occuper les manchettes de journaux de son actualité absurde. Ça fait quelques années que ça dure, en fait ; cet aéroport donne d’abominables maux de crâne à beaucoup de monde dans ce pays, non seulement à ses riverains (ça, on s’en doute) mais aussi aux responsables politiques chargés de sa gestion ainsi (...) [lire la suite]

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vendredi 12 novembre 2004

De la déprimante omniprésence des autoroutes en Wallonie

La Libre Belgique en parlait dans son édition de ce matin : le dossier des autoroutes wallones fait son grand retour au conseil régional wallon — mais l’avait-il vraiment quitté ? — avec le dossier de la liaison « Cerexhe-Heuseux-Beaufays ».

De quoi est-il question ? Il s’agit, selon les promoteurs de ce projet (la nouvelle majorité régionale PS-CDH), de boucler le ring de Liège, à l’Est. En fait de « ring », il est surtout question d’un enchevêtrement assez abscons de béton et de bitume qui s’est au cours de la seconde moitié du dernier siècle infiltré un peu partout dans l’agglomération et dont le programme idéologique culmine dans le « ring central » (A 602 sur le plan), monstruosité conceptuelle qui laisse penser qu’à Liège, rares sont les décideurs politiques à avoir quelque notion d’allemand. Ce ring central, il vaut la peine d’en dire un mot : autoroute urbaine sabrant Liège par le milieu, ce fut un gouffre financier sans nom (vous avez déjà entendu parler du « tunnel de Cointe » ? Eh bien, c’est là) (...) [lire la suite]

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