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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

11/06 — « Éco-bonis », emblèmes d’une politique injuste

Comme annoncé l’année dernière, la région wallonne vient donc de lancer le système des « éco-bonis » visant, je cite, à « récompenser les automobilistes qui utilisent des véhicules propres ». Dont coût, 22 millions d’euros par an !

Comme je l’avais déjà dit, outre que la rhétorique de la voiture « propre » est risible, cette mesure est profondément injuste, puisqu’elle consiste à transférer de l’argent du contribuable moyen vers les automobilistes — et donc discrimine les personnes qui n’utilisent pas de voiture, ce qui est un comble pour une mesure présentée comme « environnementale ».

C’est exactement la même logique que pour les abonnements de transports en commun gratuits pour les gens qui abandonnent leur voiture : seuls peuvent en bénéficier ceux qui avaient préalablement une voiture.

Alors que la région wallonne manque d’argent pour tant d’autres choses, alors que, notamment, les moyens manquent sérieusement pour soutenir le développement des alternatives à la voiture (vélo, transports en commun,...), cette mesure est particulièrement indigente. Electoralement, par contre, c’est sans doute bien joué : on imagine que l’automobiliste moyen sera certainement ravi de pouvoir non seulement rouler en bagnole tout en ayant le sentiment de protéger l’environnement mais de pouvoir en plus le faire avec une prime — et donc la caution — des pouvoirs publics...

 

22/02 — Pour financer les cadeaux fiscaux aux riches, l’Etat fédéral ponctionne la SNCB et les entités fédérées

Ce qu’il y a de suffocant dans la politique socio-économique réactionnaire qui est menée en Occident depuis quelques décennies, c’est non seulement le caractère strictement inique des lois qui sont votées — et qui sont directement responsables du fait que des dizaines de millions d’européens vivent aujourd’hui dans la pauvreté, entre autres choses — mais c’est aussi et peut-être surtout la manière dont ces « réformes » sont présentées, sous le sceau prétendu d’un « bon sens » permanent, sous la contrainte alléguée d’une nécessité économique qui n’existe, si elle existe, qu’en raison du dumping acharné que se livrent notamment les Etats membres de l’Union européenne.

Ainsi, la discussion budgétaire difficile dans laquelle notre ersatz de gouvernement fédéral est actuellement embourbé — et les appels qui s’ensuivent à la « solidarité » (sic) des entités fédérées — a ceci d’irritant qu’elle n’est, somme toute, que la conséquence des réformes fiscales inconsidérées qui ont été votées par les précédentes majorités (« arc-en-ciel » puis « violette ») et de la complaisance manifestée par le ministre des finances Didier Reynders (photo) à l’égard de la fraude fiscale (sans parler de sa gestion générale du département des finances, assimilé par d’aucuns à du sabotage passif). Après avoir dilapidé des sommes astronomiques dans des « cadeaux » aux riches, comment s’étonner que l’argent manque dans les caisses ?

Il y a dans la manière de présenter la situation — excluant d’emblée que la solution pourrait tout simplement être de taxer le capital ou de réinstaurer la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu —, tant dans le chef des grands médias que dans celui des partis politiques, quelque chose d’authentiquement castrateur de tout débat public. Il y a en particulier de l’indécence à affirmer, comme le fait dans une belle unanimité le gouvernement fédéral, que, sans contestation possible, la situation budgétaire est une menace sur la sécurité sociale. Tout comme il en a à demander aux Communautés et à la SNCB de contribuer à l’effort budgétaire — ce qui revient à entraver les investissements dans l’enseignement et la recherche ou dans la mobilité en commun, pourtant portés aux nues par les mêmes comme des priorités absolues.

Que, face à ces demandes, le gouvernement wallon se dise « prêt à collaborer » me laisse pantois, dans la mesure où cette attitude revient, pour les partis de la majorité régionale (PS & CDH) à entériner implicitement la lecture fiscale qui est manifestement faite à l’échelon fédéral, sous l’impulsion des deux partis « libéraux » dont l’offensive de long terme ne se dément pas, loin sans faut : de nouvelles baisses de la fiscalité sont en effet une fois encore à l’ordre du jour...

 

Fiscalité

lundi 19 novembre 2007

« La pression fiscale belge parmi les plus fortes »

Comme beaucoup trop régulièrement, on peut lire aujourd’hui sur certains sites de presse belge des échos serviles d’un document intitulé « Paying taxes 2008 », réalisé par la Banque mondiale en collaboration avec le cabinet d’audit PriceWaterhouseCoopers. On ne s’appesantira pas outre mesure sur l’opportunité douteuse de choisir un partenaire comme PriceWaterhouseCoopers dans le chef d’une banque mondiale qui ne convainc de toute façon plus personne lorsqu’elle se prétend soucieuse du bien commun.

On s’interrogera par contre sur la portée idéologique de cette soi-disant étude sur la « pression fiscale », dont le message central est simple et même simpliste : « la fiscalité, c’est le mal ». Le vocabulaire utilisé ne laisse aucun doute à ce sujet. On nous apprend par exemple que « la Belgique occupe une peu enviable 154e position, derrière l’ensemble des pays européens à l’exception de la France et de l’Italie. » De manière générale, la fiscalité est systématiquement présentée comme nuisible et les paradis (...) [lire la suite]

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vendredi 19 octobre 2007

L’injuste « prime à la voiture propre » du gouvernement wallon

Avec l’inculture politique et fiscale qui gangrène les milieux du pouvoir, on voit de plus en plus régulièrement paraître des mesures, notamment fiscales, qui portent atteinte à des principes fondamentaux, comme l’égalité de chacun devant la loi.

On en a déjà vu un exemple éclatant avec cette mesure prise par les différentes régions du pays proposant d’échanger une plaque minéralogique contre une abonnement gratuit aux transports en commun : comme je l’avais souligné à l’époque, cette mesure ne touche que les détenteurs d’(au moins) une voiture, ce qui est injuste dans la mesure où le financement vient des impôts de tous les citoyens. Ceux qui sont trop pauvres ou trop respectueux de l’environnement pour posséder une voiture dont se débarasser peuvent continuer à payer le bus. Par conséquent, entre deux personnes se trouvant dans la même situation de revenu — payant donc les mêmes impôts — et ne disposant pas d’une voiture, l’une peut recevoir un abonnement gratuit aux TEC et l’autre pas, la prime allant à (...) [lire la suite]

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samedi 4 juin 2005

Le tourisme fiscal n’est pas encore une maladie honteuse

Ce samedi, la joueuse de tennis belge Justine Henin-Hardenne a gagné son énième tournoi du Grand Chelem en étrillant la franco-américaine Mary Pierce en finale du tournoi de Roland Garros. J’avoue que j’ai regardé la fin du second set et un morceau de la cérémonie protocolaire qui a suivi.

Ca m’a donné l’occasion de constater qu’à ce triomphe annoncé assistaient plusieurs éminences politiques et royales « représentant » (je suppose) la Belgique, dont le premier ministre Guy Verhofstadt.

A la base, je trouve déjà ça un peu ridicule de voir les hommes politiques se presser dans les tribunes sportives — en tennis, c’est assez nouveau, mais en football, c’est un phénomène séculaire — les jours de succès, histoire de montrer leur tête sur les petits écrans, probablement. C’est comme ça qu’on fait des voix, paraît-il, même si je n’ai jamais compris pourquoi un opportunisme si manifeste pouvait d’une quelconque manière susciter l’adhésion des foules.

Dans le cas présent, je trouve ce suivisme carrément obscène. C’est (...) [lire la suite]

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mardi 5 août 2003

Du bon usage électoral de la fiscalité

Les libéraux sont vraiment des gens formidables. On dirait qu’ils font de gros efforts pour correspondre à tout prix à la (mauvaise) image qu’on se fait d’eux. Ainsi, en matière fiscale, M. De Gucht, président du parti libéral flamand, semble avoir, dans un rare élan d’honnêteté, décidé de ne plus s’embarrasser de brouiller les pistes. Il a renoncé à nous tromper sur la marchandise. Non seulement il ne s’embarasse plus d’un discours social dont il n’a fondamentalement rien à battre (ça, ça fait déjà un certain temps). Mais en plus, il nous révèle, la dimension profondément démagogique de sa méthode. Il nous dit sa pensée droit dans les yeux. On pourrait la résumer comme suit : « Pour prospérer en politique, baissez les impôts avant les élections, augmentez les après ». Ca paraît trop simple pour être vrai. Trop démago. Et pourtant, c’est vrai. Et ça marche (ce n’est pas le ministre des finances, auteur de presque 100.000 voix de préférence en province de Liège, qui me contredira). Jugez plutôt.

Pendant toute la (...) [lire la suite]

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