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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

25/08 — La SABAM taxe... les veillées scoutes

On savait déjà que chanter l’Internationale dans un film pouvait coûter très cher. On savait aussi que chanter « Adieu Monsieur le professeur » dans une école pouvait exposer à certains ennuis. Et ainsi de suite (il faudrait un jour faire la liste de tout cela, n’hésitez pas à commencer dans les commentaires).

J’ai appris récemment (et j’en reste, je dois dire, interloqué) que les mouvements de jeunesse se voient réclamer à présent |1| par les sociétés de perception des droits d’auteur (en Belgique, la SABAM |2|) une redevance pour utilisation d’un répertoire protégé... lors des feux de camps ; même si, dans la pratique, le paiement ne semble pour le moment n’être effectué qu’assez peu fréquemment par les intéressés. On ne parle pas ici des soirées destinées à faire rentrer de l’argent dans les caisses d’unité (où le bénéfice réalisé justifie peu ou prou une contribution) mais de l’utilisation non commerciale du répertoire et notamment du simple fait de chanter ensemble des chansons populaires, d’entonner en commun « Le petit âne gris » ou « Il s’appelait Stewball » le soir à la veillée.

Pour confirmation, on se référera à cet extrait du règlement de la Sabam :

(...) Pour éviter tout malentendu, nous vous confions encore cette information : les « fêtes privées » et « fêtes d’anniversaire » appartiennent à cette catégorie. Ce n’est que dans le cas où vous organisez un événement gratuit auquel vous n’invitez exclusivement que des membres de votre famille que vous êtes exempté de payer des droits d’auteur.

Nous nous référons un moment à l’article (-) de la loi relative au droit d’auteur : Selon l’art.22 paragr. 1 - 3°, l’auteur ne peut interdire la « communication gratuite et privée dans le cercle de famille », notion qui doit être interprétée de manière stricte. Chaque exécution d’oeuvres protégées en dehors de « la famille » doit être considérée comme publique, ce pour quoi des droits d’auteur sont dus. (...)

Si certains doutaient encore du caractère biopolitique des législations sur la propriété intellectuelle, les voilà servis. Ces lois donnent à un pouvoir privé comme la SABAM la possibilité de prendre le contrôle d’une part de l’intime, de pénétrer des sphères desquelles il devrait être possible de banir ce type de mécanismes de contrôle. On n’est plus très loin du moment où chanter sous sa douche deviendra un délit. Et tout ça se fait au détriment des auteurs — quel chanteur populaire se plaindrait que l’on chante ses chansons dans une veillée scoute ??? —, des organisations comme la SABAM ou la SACEM en France se sont complètement émancipées de leur mission de promotion des artistes, pour se concentrer sur la mise en oeuvre d’une répression aveugle et contre-productive de tout usage des biens immatériels qui ne leur fasse pas allégeance.

On peut se demander jusqu’où on ira dans ce délire. Il est de toute évidence urgent de prendre des mesures pour limiter la portée des lois sur la propriété intellectuelle, notamment en distinguant nettement un usage non commercial d’un usage commercial des oeuvres, en réduisant drastiquement les durée de protection (par exemple à 5 ans après la publication de l’oeuvre pour une utilisation non commerciale et à 10 ans pour une utilisation commerciale — au lieu de 50, voire 70 ans après... la mort de l’auteur), en créant des exceptions claires pour raisons pédagogiques, scientifiques, etc. Il est temps aussi d’affirmer ou de réaffirmer que les droits fondamentaux (protection de la vie privée notamment) priment sur les droits des sociétés d’auteurs à percevoir leur fric — et limite en conséquence les méthodes auxquelles celles-ci peuvent recourir.

|1| Depuis déjà un certain temps, semble-t-il, mais j’ignore depuis quand. Si quelqu’un de bien informé passant par ici pouvait nous donner des informations plus détaillées, ce serait très aimable à lui.

|2| Au sujet de la Sabam, lire aussi L’absurde croisade de la Sabam contre le peer-to-peer (14 juillet 2007).

 

20/09 — À propos du droit d’auteur, des grands médias et de Google,...

À la suite de la condamnation de Google par la justice belge pour usage abusif de contenus de presse protégés par le droit d’auteur, et alors que la multinationale américaine vient de faire appel, l’équipe du portail mouvements.be/ vient de publier une réaction concernant la centrée sur le recul des libertés d’usage des biens numériques et l’extension problématique et, semble-t-il, inexorable de la propriété intellectuelle.

Je reviendrai peut-être sur l’affaire plus longuement un de ces quatre, sans doute quand ça se sera un peu tassé.

 

15/12 — Wikipédia vs. Britannica ? Match nul

Linuxfr.org rapporte l’info aujourd’hui et elle est très très loin d’être banale : la revue Nature — l’une des revues scientifiques les plus réputées au monde — a soumis une série d’articles de Wikipédia à un test de validité, en les confrontant aux articles équivalents de l’encyclopédie Britannica.

Résultat ? L’encyclopédie libre s’en sort avec une grand dis’. Bien sûr, ces données sont à relativiser : tous les articles de Wikipédia ne sont pas du même niveau ; le test a porté sur la version anglaise qui est de loin la plus complète. Mais comme Wikipédia incite aussi nettement plus que ses homologues classiques à être critique par arpport à ce qu’on lit,...

+ d’info ->sur le site de Nature

 

18/02 — « Corrupthon »

A voir : le « Corrupthon européen contre les brevets logiciels ». Un peu provocateur, certes, mais Ô combien pertinent quand on voit ce qu’ont été et ce que sont les pratiques des décideurs européens sur le dossier du brevet logiciel.

 

14/11 — Du bon usage de la piraterie

Du bon usage de la piraterie, l’excellent bouquin — qui vient de sortir chez Exils —, signé par Florent Latrive et consacré aux enjeux de la « propriété » intellectuelle et aux alternatives qu’offre le libre, est disponible en Creative Commons sur le web.

 

27/03 — Manifestation contre les brevets logiciels

Le 14 avril à Bruxelles, manifestation contre la brevetabilité des logiciels. Plus d’info en ligne

 

Propriété intellectuelle

vendredi 31 août 2007

Sur quelques ressemblances entre la SABAM et la STASI

Parmi les rares choses dont j’ai une conviction fermement établie, il y a ceci que je suis persuadé qu’on est toujours plus critique vis-à-vis de ce qui est loin et passé que vis-à-vis de ce qui est proche et contemporain. C’est plus confortable. Pensez à ces militants « droits-de-l’hommistes » bon teints toujours prêts à se mobiliser pour dénoncer les atteintes aux droits fondamentaux en Birmanie ou à Cuba mais résolument aveugles sur la situation des prisons belges ou sur les dérives liberticides des « nos » lois anti-terroristes, pour ne prendre qu’un exemple.

Autrement dit : nous pêchons souvent par un excès de confiance et de bienveillance à l’égard de nos propres institutions.

Ainsi en va-t-il de la SABAM, dont il a été question récemment dans ces pages, au sujet de procès qu’elle gagné contre Scarlet et au sujet des veillée scoutes (mais combien d’autres exemple nous aurions pu prendre !). D’emblée, vous me direz que la Sabam n’est point une institution mais une société privée et que les deux choses (...) [lire la suite]

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samedi 14 juillet 2007

L’absurde croisade de la Sabam contre le peer-to-peer

Une fois de plus, la justice belge s’est montrée en ce début du mois de juillet disciple particulièrement zélée de la lutte contre le piratage, cette grande cause internationale dont chacun sait l’extrême importance et surtout la préséance sur certains droits fondamentaux comme le droit à la vie privée ou la liberté d’expression.

Après avoir accordé à la société CopyPresse une victoire à la Pyrrhus contre Google et fait prévaloir une lecture particulièrement restrictive du droit de citation, c’est maintenant aux échanges peer-to-peer que s’attaque la justice belge, saisie par la Société Belge des Auteurs, Compositeurs et Editeurs (SABAM) dans une affaire l’opposant depuis 2004 au fournisseur d’accès à Internet (FAI) Tiscali (aujourd’hui devenu Scarlet).

Fort logiquement, la Sabam, forte de sa victoire judiciaire, exige désormais des autres FAI — à commencer par Belgacom qui a reçu ce vendredi une lettre recommandée pour cette raison, selon Le Soir, lequel en profite pour faire utilement le point sur la (...) [lire la suite]

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dimanche 18 mars 2007

Les standards propriétaires font-ils partie des valeurs de l’ULB ?

Il y pour le moment qui déferle partout cette polémique assourdissante sur la censure de Tariq Ramadan par l’Université libre de Bruxelles (ULB), dont je parlerai un de ces jours si je trouve à en dire quelque chose d’intéressant. Etudiant à l’ULB, j’ai assez naturellement suivi avec un certain intérêt les argumentaires des uns et des autres, ce qui m’a notamment amené à lire la page web que l’université consacre à ses valeurs , dans le cadre d’un vaste chantier sur l’actualité du libre examen. Même si mon inscription à l’ULB, université athée, est pour moi un choix délibéré, j’avoue être assez rapidement pris d’une certaine lassitude en lisant cette prose ressassée et pour tout dire un peu désuete qui est déployée, particulièrement quand elle s’en prend aux retour des « relativismes ». Mais peu importe, car j’ai trouvé l’énergie de poursuivre la lecture jusqu’aux pistes de réflexion proposées, en l’occurrence la vidéo d’une conférence de Mme Danblon consacrée à cette question essentielle « Faut-il promouvoir le (...) [lire la suite]

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dimanche 19 mars 2006

Droits d’auteur, le combat continue

[attention preprint — ce texte est un premier jet extrêmement perfectible, il fera probablement l’objet de modifications dans les prochains jours. N’hésitez pas à réagir dans les forums, je lirai vos suggestions avec grand intérêt]

Malgré la lutte exemplaire des personnes qui se sont battues contre lui et notamment toutes celles qui se sont regroupées dans l’excellente initiative EUCD.info, le projet de loi du gouvernement français concernant les droits d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information (dadvsi) a franchi l’étape la plus critique de son parcours en étant adopté cette semaine par la représentation nationale. Malgré les mille démonstrations du caractère non seulement injuste mais aussi inefficace du projet, malgré les centaines de milliers de signatures reccueillies contre le texte, malgré les très sensés appels au report d’un texte dont il avait été décidé par le pouvoir — véritable coup de force antidémocratique — de déclarer l’urgence, le gouvernement français — qui semble ici (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 17 493 signes. Il a suscité trois réactions.

samedi 10 décembre 2005

Sur l’incompatibilité du libre et du propriétaire

J’ai reçu plusieurs réactions à mon billet de la semaine dernière concernant l’amendement au projet de loi français dit « DADVSI » sur les DRM et son impact sur les logiciels libres qui me font penser que je ne me suis pas exprimé de façon suffisamment claire. Il me parait dès lors utile de revenir brièvement sur la question.

Ce dont il s’agit aujourd’hui, avec l’affaire « EUCD-DADVSI », ce n’est pas tant un débat sur les vertus du modèle du libre face au modèle du propriétaire quant à leurs efficacités économiques respectives ou ce genre de choses. C’est, bien plus fondamentalement, un débat sur le droit à l’existence du logiciel libre et, aussi, même si j’en ai peu parlé dans mon article précédent, un débat sur le droit au partage de la culture.

Si ce problème trouve une application canonique et médiatisée dans le dossier de la directive EUCD et de son implémentation en droit français, les détails juridiques de cette affaire et les conséquences concrètes du texte de loi actuellement débattu ne sont pas ce sur (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 12 321 signes. Il a suscité dix réactions.

jeudi 1er décembre 2005

Les majors s’attaquent à nos droits fondamentaux

Il est sans doute difficile de s’en convaincre pour bon nombre d’entre nous, mais certaines questions relatives aux technologies de l’information sont aujourd’hui devenues des enjeux politiques très importants, qui concernent chaque citoyen. Loin de toucher seulement une caste technophile aux humeurs bondissantes et incompréhensibles, les évolutions techniques et juridiques liées au développement des technologies numériques ont et auront de très profondes influences sur notre mode de vie ou les libertés dont nous jouissons. Aujourd’hui, faute d’une conscientisation sur le sujet en dehors de quelques milieux très spécialisés et donc en l’absence de contre-pouvoirs suffisants, les grands groupes industriels contestent certains droits fondamentaux au nom du motif unilatéral et hautement contestable de la « lutte contre le piratage ». La défense de la « propriété privée » de biens immatériels, qu’ils tentent abusivement de présenter comme aussi légitime que celle qui prévaut dans le monde matériel, justifie (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 17 873 signes. Il a suscité huit réactions.
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