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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

24/02 — XXI

Tout le monde en a déjà parlé, je sais — lire par exemple ce qu’en écrit The Mole (faut dire, un succès éditorial dans la presse, c’est pas banal banal vu la morosité des temps). Je voulais quand même ajouter mes deux sous pour vous dire moi aussi tout le bien que je pense de l’objet après l’avoir lu de bout en bout (déjà, rien que ça, ça dénote pas mal par rapport à la manière courante et survolante de « consommer » les médias).

XXI, donc, est un nouveau trimestriel. 200 pages de « narrative journalism » haut de gamme vendues exclusivement en librairies (au sens français du terme ; au grand dam des marchands de journeaux) et qui s’arrachent comme des petits pains, malgré les 15 euros qu’il en coûte. Et si la campagne de promotion du nouveau venu — il y a du beau monde à l’orchestration |1| — a manifestement été très soignée, elle n’explique pas à elle seule un engouement qui semble principalement lié à la qualité des plumes qui s’y expriment.

Ce qui est étonnant avec cet authentique ovni médiatique, c’est que, me semble-t-il, la recette du succès prend méchamment à rebrousse-poil les idées reçues généralement admises parmi les éditeurs de presse, dont le moutonisme un peu pathologique est pour le coup nettement mis en lumière.

Alors que la tendance est au raccourcissement forcené des articles (comptez donc le nombre de phrases d’un article de La Meuse ou de la DH,..), XXI nous livre des articles de dix pages, dans lesquels on a le temps de s’immerger. Face à la profusion des flux d’informations de plus en plus accessibles, XXI renonce d’emblée à toute espèce d’exhaustivité, faisant le choix de la sobriété pour approcher les choses par quelques points d’appui bien choisis.

Alors que la disponibilité gratuite des articles sur le web est plus ou moins redevenue la norme dans la presse francophone après quelques années de fermeture relative, les articles de XXI ne sont disponibles qu’en papier — le site du magazine de contentant de compléter l’offre éditoriale. Ceci reste sans doute une question largement ouverte (on me sait par ailleurs plus chaud partisan du libre accès à l’informaion) — particulièrement en ce qui concerne la contradiction entre rémunération des journalistes et accès à l’information du plus grand nombre.

Alors que la tendance est à la chronique des insignifiantes trépidations du pouvoir, au journalisme de cour, à la starification gratuite de petits roitelets vulgaires dans leurs habits trop grands de représentants du peuple, XXI prend le large, sans façon. On peut par exemple lire dans ce premier numéro un article époustouflant d’Emmanuel Carrère sur Edouard Limonov, écrivain protéiforme et opposant baroque au poutinisme, un article dont j’aimerais vraiment beaucoup que vous ne vous dispensassiez pas de la lecture.

Alors que, parallèlement à sa prolétarisation accélérée, la gent journalistique est loin de faire systématiquement honneur à son statut putatif d’élite culturelle, les journalistes de XXI nous donnent du « lourd ». Il y a de la plume et du fond, du style et pas mal de kilomètres au compteur. Faut dire qu’on leur a vraisemblablement laissé le temps et les moyens de mijoter tranquillement leur papier... Ça aussi, c’est pas spécialement banal.

Même sur le plan des illustrations, XXI détonne. Passée la couverture « à l’italienne » un peu criarde, on découvre de la photo, du dessin, du graphisme cohabitant sans mal avec des pages entières de texte nu, le tout dans un style assez éloigné de l’imagerie d’agence ou de la photo illustrative qu’on retrouve le plus souvent dans la presse. Cerise sur le gâteau, un reportage en bande dessinée (j’avais jamais vu ça, moi) du très délicat Jean-Philippe Stassen — dans lequel les Liégeois reconnaîtront la Casa Ponton, sur la première planche — clôture en beauté ce premier numéro.

Alors que les patrons de presse semblent généralement persuadés que leur métier consiste à répéter veulement aux lecteurs ce qu’ils veulent entendre, XXI s’offre et nous offre le luxe rare de nous surprendre, voire de nous dérouter.

Alors que la tendance est au gratuit-papier-chiotte, à l’omniprésence de la pub, XXI nous épargne tout ça, nous demande quinze euros pour 200 pages denses. Autant dire que ça les vaut. De quoi donner quelques idées aux éditeurs de presse ?

|1| Laurent Beccaria, fondateur et directeur des éditions des Arènes, est directeur de la publication. Patrick de Saint-Exupéry, ancien grand reporter au Figaro et ancien récipiendaire du prix Albert Londres, est rédacteur en chef. Parmi les actionnaires, outre ces deux personnes, on retrouve notamment Gallimard et Charles-Henri Flammarion.

 

25/01 — Dassault et les médias, une nouvelle perle

Lu dans le Canard enchaîné de cette semaine :

Dassault fait roi

Candidat à sa réélection à Corbeil-Essonnes, Serge Dassault est allé partager, le 16 janvier, la galette des Rois avec ses employés du « Républicain de l’Essonne ». En position électorale délicate, le sénateur UMP, 83 ans, a exercé devant la rédaction de l’hebdomadaire un chantage aussi élégant que brutal :

« Elu aux municipales à Corbeil, je garde le “Républicain”, battu je le vends. »

En cas de défaite à la prochaine sénatoriale, il vend « Le Figaro » ?

 

15/11 — Merci à La Première

Je suis en train d’écouter l’émission « Face à l’info » et il y a quelque chose que je voudrais dire, comme ça, de but en blanc, c’est que j’aime beaucoup le traitement que font de la crise belge les journalistes de la rédaction radio de la RTBF. Alors que pas mal de monde cède au sensationnalisme, aux grandes déclarations pompeuses, aux conclusions hâtives, etc, La Première, est devenue |1| à mes yeux le principal lieu d’information et de réflexion francophone en Belgique aujourd’hui.

Voilà, si certains journalistes de la Première passent par ici, qu’ils sachent que leur travail est apprécié.

|1| Malgré que son site web soit l’un des pires jamais conçus.

 

22/06 — Encore des pétitions

C’est le jour des pétitions aujourd’hui : après celle de la médiathèque, en voici deux autres.

Tout d’abord une pétition de soutien à l’émission « Arrêt sur Images », émission de télévision animée par Daniel Scneidermann sur la chaîne France 5. Le bonhomme est parfois un peu controversé mais son indépendance et le caractère critique de son regard sur la politique et les médias ne font aucun doute. Il est à craindre que des gens à la parole trop libre tels que lui aient du soucis à se faire sous le règne de Sarkozy. Raison de plus pour signer. Et si vous vous dites que ça ne sert à rien, rappelez-vous ou apprenez que l’émission de Daniel Mermet sur France Inter Là-bas si j’y suis a pu être sauvée de cette manière.

Et puis une autre, qui concerne la question des standards ouverts. Je sais que la question des standards, c’est rébarbatif, technique, franchement cabalistique, tout ce qu’on veut, mais, je vous en prie, croyez-moi sur parole, c’est important. En gros, il s’agit de savoir qui définit les normes que nous utilisons pour communiquer de manière numérique. Et, en l’occurrence, Microsoft tente d’imposer son propre format de conservation des données d’un traitement de texte (OOXML) comme standard, contre le format Open Document qui a pourtant été validé très largement.

 

1er/06 — Pacte contre Hulot

Ça y est les anticorps commencent à se diffuser contre l’écologie en hélicoptère, contre l’écologie-TF1, contre l’écologie sponsorisée par les multinationales, ainsi que j’en avais dit quelques mots il y a peu. Signez-le, diffusez-le, propagez-le, c’est le Pacte contre Hulot.

Ça permettra peut-être à certaines personnes de se rendre compte que la sauvergarde de notre planète passera par une remise en cause profonde du système, en particulier par le renoncement au productivisme et, par conséquent, à la réduction drastique des sphères d’influence laissées au capitalisme.

Ça permettra aussi de dire et de répéter que, contraitrement à ce que Hulot promeut, le combat écologiste est d’abord un combat collectif, et non le choix individuel par chaque individu de quelques mesures écologiques |1|. Ce qu’il faut faire, ce n’est pas tant exiger de chacun qu’il cesse de polluer qu’organiser en commun le transfert modal, convertir notre économie aux nouvelles contraintes qui s’imposent. Ça ne sert à rien de dire aux gens d’abandonner leur voiture et de prendre les transports en commun si on de développe pas en même temps de façon très importante les transports en commun et si on n’organise pas la fiscalité pour que le choix plus écologique soit aussi (réellement) le plus avantageux.

|1| Même si bien sûr, l’action individuelle aura un rôle aussi et si certains comportements particulièrement irresponsables — par exemple se déplacer en hélicoptère comme le fait Nicolas Hulot — doivent être stigmatisés et abolis.

 

2/05 — Plus de publicité à la RTBF ?

Paraît aujourd’hui dans La libre Belgique, un appel, initié par Bernard Hennebert, dont je suis co-signataire au nom du groupe antipub liégeois des Démonteurs de pub, en compagnie de 99 personnes. Cet appel conteste la politique de la direction de la RTBF, qui souhaite pouvoir dépasser le seuil de 25% de revenus issus de la publicité. Plus d’info sur le site Consoloisirs. Pour mieux comprendre les enjeux, écouter l’intervention de Bernard Hennebert sur le sujet lors d’une conférence récemment organisée à Liège.

 

21/04 — Nicolas Hulot

Je reçois d’assez nombreux messages ces temps-ci de connaissances qui m’invitent à signer tel texte ou à rejoindre telle initiative — et en particulier un certain « pacte écologique » — placés sous le patronage de Nicolas Hulot, figure médiatique bien connue du paysage audiovisuel français qui malgré sa présence de longue date sur la chaîne de télévision de l’hypercapitalisme hyper-destructeur de l’environnement — je veux évidemment parler de TF1 —, malgré le fait qu’il mène une vie d’hyper-riche et ne respecte absolument pas les consignes qu’il donne aux gens, est curieusement parvenu à gagner une image d’écologiste, voire à devenir une des « personnalités les plus appréciées des Français » (?).

Je dois bien avouer que je commence à trouver ça fortement irritant. J’ai donc pris l’habitude de renvoyer simplement un court message mentionnant mes doutes et deux liens vers deux textes qui me semblent utiles : l’un, de Sophie Divry, paru sur le site de l’Institut d’études économiques et sociales pour la décroissance soutenable et intitulé Nicolas Hulot, le pacte médiatique et l’autre de mon ami Guy Leboutte, paru dans La libre Belgique et intitulé Une écologie sans politique. Une boîte à outil qui demande certainement à être complétée mais constitue déjà un bon nécessaire de survie en ces temps troublés par la domination médiatique.

 

20/09 — À propos du droit d’auteur, des grands médias et de Google,...

À la suite de la condamnation de Google par la justice belge pour usage abusif de contenus de presse protégés par le droit d’auteur, et alors que la multinationale américaine vient de faire appel, l’équipe du portail mouvements.be/ vient de publier une réaction concernant la centrée sur le recul des libertés d’usage des biens numériques et l’extension problématique et, semble-t-il, inexorable de la propriété intellectuelle.

Je reviendrai peut-être sur l’affaire plus longuement un de ces quatre, sans doute quand ça se sera un peu tassé.

 

17/09 — La bouse du jour

Dans La libre Belgique de ce week-end, à propos du scrutin suédois de ce dimanche, Alexandre Nichols écrit ceci, au sujet du président du parti conservateur suédois :

Avec son alliance conservateurs, libéraux, centristes et chrétiens, il promet « des jours meilleurs » aux Suédois : plus de travail, dans un pays qui compte officiellement environ 6 % de chômeurs, moins d’impôts grâce à des allégements fiscaux de 37 milliards de couronnes, et plus de facilités aux patrons de recruter et de licencier leurs employés en réduisant les lourdes contributions patronales. Mais personne ne veut s’attaquer à l’Etat-providence, bâti pendant des décennies par la social-démocratie qui assure sécurité et bien-être à tous les citoyens. La coalition de centre-droit le sait, et se défend d’y toucher, voulant juste y apporter quelques aménagements comme la réduction des allocations chômage ou de maladie.

Notez que les guillemets s’arrêtent assez vite pour laisser le journaliste épouser le discours de celui qu’il chroniquer. En toute rigueur, honnêteté et avec tout l’esprit critique souhaitable, tant il est vrai que supprimer les impôts (ces « lourdes » cotisations patronales) et détruire le droit social est parfaitement compatible avec la préservation de l’Etat-providence.

 

9/09 — Critique des médias

Alors que la création d’un groupe belge de critique des médias (un Acrimed à la belge, disent certains) se discute avec de plus en plus d’insistance dans les milieux alter (ce dont j’espère parler ici un de ces jours, dès que j’en trouverai le temps, de même d’ailleurs de la question plus générale de la critique médiatique), Hugues Dorzée, journaliste au Soir lance un pavé dans la marre pour défendre l’honneur outragé de la corporation des journalistes ; pavé que son collègue The Mole reprend sur son blog. Petit débat assez intéressant, que je vous invite à lire ici.

 

1er/09 — Le droit de grève « en débat »

Dans Le Monde daté de demain, ce titre qui fait bondir : « Devant l’université d’été du Medef, Nicolas Sarkozy lance le débat sur le droit de grève ». Outre le constat encore et encore répété que perdure la fascination (tiens, que ce mot est proche de « fascisation » !) qu’exerce le petit caporal de la droite française sur les médias (ce qui est d’ailleurs son principal atout pour la prochaine présidentielle), il y a dans cette façon servile de titrer, dans ce refus absolu de prendre distance, de respecter un minimum de factualité, quelque chose de très inquiétant. Car non, MM. Rémi Barroux et Philippe Ridet, le droit de grève n’est pas un « débat », c’est un droit fondamental, reconnus dans le droit national de tout état démocratique, admis dans les pratiques et promu par des textes internationaux ; mais il suffit semble-t-il que Nicolas Sarkozy s’y attaque pour qu’il devienne subitement un « débat » !

 

24/01 — Pétition contre la supression de la « règle des cinq minutes » à la RTBF

Un mot pour signaler le lancement, par les amis du RAP (Résistance à l’Agression Publicitaire), d’une pétition s’opposant à la publicité pour les enfants sur les antennes télévisées du service public. Ca paraît évident, et pourtant,... ça ne l’est pas.

 

Médias

mercredi 1er octobre 2008

Hommage appuyé de Dominique Janne en une de « Pan »

Il y a quelques semaines, j’ai été contacté par la rédaction du journal « Pan » pour écrire un article sur la situation du quartier des Guillemins, à Liège — à laquelle il se trouve que je porte un intérêt soutenu. J’ai accepté, non sans signaler que je n’étais pas « neutre » dans ce dossier (mais, comme vous l’aurez remarqué, le journalisme que j’entends pratiquer ne se berce pas de ce genre d’illusions).

J’ai rendu l’article suivant (qui est, pour l’essentiel, une compilation d’informations déjà publiées à de nombreuses reprises dans différents journaux), qui m’a valu des félicitations de la rédaction en chef et a été publié, sans signature, en Une la semaine dernière. J’aurais préféré le signer, mais cela n’est pas l’usage dans ledit journal. Dont acte.

Une nouvelle saga immobilière liégeoise

L’arrivée de la grande vitesse ferroviaire et la décision consécutive de construire une nouvelle et grandiose gare des Guillemins ont donné le départ, dans la cité ardente, d’une nouvelle saga urbanistique. Une spécialité (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 9 592 signes. Il a suscité treize réactions.

mercredi 6 août 2008

Propagande ordinaire sur RTL-TVI, Julien Modave a encore frappé

Le 22 juillet dernier, urbAgora présentait à la presse un premier état des lieux de sa réflexion sur la mobilité à Liège. Cette sortie avait donné lieu à de nombreux échos dans la presse : articles de Daniel Conraads dans Le Soir, de Marie Liégeois dans La libre Belgique, de Jessica Defgnée dans la dernière heure, reportage de Eric Ortmans sur RTC, dépêche Belga, présence de la RTBF radio et télévision et de plusieurs radios et écho important par Pierre Martin dans La Meuse, avec une double page (ici et ici) et même la couverture du journal, axée sur l’idée (la plus originale sans doute des propositions avancées) de construire un téléphérique entre l’esplanade St Léonard et la Citadelle.

Parmi les groupes de presse importants, seul RTL avait choisi de ne pas couvrir cette information ; ce qui, au vu de la couverture accordée par le reste de la presse, fut sans doute considéré comme un oubli par la rédaction puisqu’un reportage sur le sujet était diffusé dès le lendemain, dû à Julien Modave. (...) [lire la suite]

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vendredi 6 juin 2008

CCC : quel traitement journalistique ?

Quatre personnes ont été placées sous mandat d’arrêt, la nuit passée « dans le cadre d’une enquête sur des faits de terrorisme ». Il leur serait reproché, selon le parquet fédéral, d’avoir pris part aux activités du « Partito Comunista Politico-Militare » italien, considéré comme une organisation terroriste.

Une d’entre elle est un ancien membre des « Cellules communistes combattantes » (CCC), lesquelles se sont rendues tristement célèbres en professant des idées déplaisantes et en perpétrant une vingtaine d’attentats en Belgique dans les années ’80. Leurs membres ont ensuite passé une bonne partie des deux décennies suivantes en prison. Parmi ces personnes se trouve également une jeune journaliste de la RTBF.

Je ne suis bien sûr pas en mesure d’apporter la moindre appréciation sur le fond du dossier, mais c’est précisément pour cette raison que je m’étonne du traitement journalistique fort peu prudent à mon sens qu’il est fait de cette affaire depuis 24 heures :

— On sait que le parquet fédéral, qui semble à (...) [lire la suite]

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lundi 17 décembre 2007

La RTBF télé, officine de propagande du pouvoir

Il y a parfois des reprises de contact avec la réalité qui sont un peu pénibles.

Hier après-midi, comme annoncé ici, une manifestation était organisée à Liège pour protester contre la construction de l’inutile autoroute Cerexhe-Heuseux/Beaufays (CHB), demander un changement de priorités dans la politique de mobilité en Wallonie et promouvoir les alternatives au transport routier, à commencer par la construction d’un nécessaire réseau de tram dans l’agglomération liégeoise.

Environ 550 personnes selon un comptage effectué rue des Guillemins (probablement 600, ou un peu plus, compte-tenu des arrivées ultérieures) se sont retrouvées lors de cette manifestation. C’est sans doute bien peu si l’on compare ce chiffre à celui des milliers de participants à la parade « RTL » de Noël qui polluait le centre-ville de Liège de son envahissement publicitaire samedi soir. Mais c’était déjà pas mal quand l’on voit à quel point l’immense majorité des citoyens occidentaux renonce si souvent à l’exercice de ses droits civils et (...) [lire la suite]

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mardi 27 novembre 2007

Le hoax Suzanne de Lannoy

Circule depuis quelques jours par toutes les voies de l’Internet un texte écrit par une avocate bruxelloise, Suzanne de Lannoy, au sujet de l’avenir de la Belgique. Ce texte, dont la large diffusion vient de sa parution en tant que « carte blanche » dans le journal Le Soir du 23 novembre et qui s’intitule « Ceci n’est peut-être pas une fiction » est une mauvaise blague, un hoax assez déplaisant, qui, pris au sérieux par certaines personnes, suscite néanmoins de l’inquiétude.

Passons rapidement en revue les raisons pour lesquelles ce texte n’est pas crédible.

1. La forme. Mauvaise imitatrice d’un Umberto Eco découvrant fortuitement un manuscrit médiéval au début de son roman Le nom de la rose, Mme De Lannoy a quant à elle intercepté un fax. Elle l’explique en exergue de son petit pamphlet.

Le présent document est parvenu par erreur sur mon fax. Les noms des émetteurs et des destinataires n’étaient pas précisés. Une rapide enquête a cependant permis de conclure qu’il s’agirait d’une note secrète adressée (...) [lire la suite]

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mardi 23 octobre 2007

Contre Nicolas Sarkozy, user aussi du silence

J’ai très peu parlé de Nicolas Sarkozy jusqu’à présent. Ce n’est pourtant pas, chacun s’en rend bien compte, la matière qui manque ni les bonnes raisons de lui tailler des croupières. En fait, il n’y a que ça, de la matière et des bonnes raison de lui tailler des croupières. Les journaux en sont chaque jour emplis, ça déborde de partout. Je ne vais même pas en faire la liste, ce serait peine perdue, ce serait s’enfoncer dans la fange communicationnelle, tomber dans le piège à blogueurs et à socialistes, dans le piège à cons qui marche si bien ces temps-ci.

Il en va de la lettre de Guy Môquet comme de tout le reste. Je parle, vous en avez évidemment subi les échos, de la lettre de ce jeune homme mis à mort en octobre 1941, à l’âge de 17 ans, par l’occupant allemand, cette lettre qu’il a écrite avant de mourir et que Nicolas Sarkozy a, lors de son intronisation comme président de la république française, décidé de faire lire devant tous les écoliers français. L’affaire de cette lettre de Guy Môquet n’en est jamais (...) [lire la suite]

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mercredi 17 octobre 2007

Pour l’indépendance du CSA

Est parue dans Le Soir de ce jour une carte blanche que j’ai co-signée et dont je vous invite à lire le texte ci-dessous.

Dans le même registre de la critique médiatique, je signale aussi une carte blanche publiée dans Le Soir de lundi par le collectif des démonteurs de pub (décidémment, il y a des semaines, comme ça) à propos du très controversé jury d’éthique publicitaire (« JEP »).

Le CSA confisqué

Ce n’est pas le genre de nouvelle sur laquelle s’étend le journal télévisé : alors que la majorité PS-CDH négocie en ce moment le renouvellement du Bureau du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), sa présidente, Evelyne Lentzen, est en passe d’être « débarquée ». Le Gouvernement, et à travers lui le Parti Socialiste, lui reprocherait une attitude « trop indépendante » ! La tentation de « mettre au pas » l’organe de régulation de l’audiovisuel est manifestement très forte…

C’est le Gouvernement de la Communauté française qui est chargé de nommer, tous les 5 ans, les membres du Bureau : un président et trois (...) [lire la suite]

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lundi 8 octobre 2007

À Anvers, deux procès et le racisme

Les médias sont pleins des comptes-rendus du procès d’Hans Van Themsche, ce jeune Anversois qui a tué deux personnes et en a blessé une gravement dans les rues d’Anvers le 11 mai 2006, pour des motifs racistes évidents, qu’il a lui même clamé haut et fort avant, pendant et après son raid sanguinaire.

À la lecture de ces comptes-rendus proliférants, le premier constat qui saute aux yeux est la complaisance dont la plupart des journalistes font preuve à l’endroit de M. Van Themsche. Les effusions de pleurs de son clan, ses remords aussi crédibles que les lectures de Nostradamus par Paco Rabanne, les thèses les plus aberrantes de sa défense sont en effet relayées de façon peu critique. Les parents du meurtrier peuvent ainsi assurrer contre l’évidence « qu’ils n’ont pas donné une éducation raciste à leur fils ». Le grand-père de l’intéressé était pourtant engagé volontaire dans la SS tandis que son père — qui se présente comme opposé au racisme — a été longuement membre du Vlaams Belang, dont il a cependant rendu (...) [lire la suite]

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lundi 14 mai 2007

Quand RTL parle de l’Euromayday...

Je n’avais pas encore vu le reportage que RTL-TVI a consacré le premier mai dernier à la mayday. Je viens de comprendre les échos très négatifs que j’en ai reçus en le visionnant, quelqu’un ayant eu la bonne idée de le mettre sur le net.

IMG/flv/rtl_mayday.flv

Je suis vraiment abasourdi par la partialité et, en fait, l’amas de stéréotypes et même de mensonge que le journaliste, Julien Modave, parvient à aligner en deux minutes — avec un grand talent dans la manipulation, c’est la moindre des choses à lui concéder. Je suis d’autant plus surpris que l’hostilité évidente qu’il manifeste dans ce reportage (« ils sont en fait contre tout »,...) ne transparaissait en aucune manière dans les échanges que j’ai eu avec lui avant et pendant la parade, chargé que j’étais de gérer les relations avec la presse.

À toutes fins utiles, voici une transcription du reportage, ponctuée de quelques commentaires.

Le présentateur du journal télévisé lance, depuis le studio, le reportage par ces mots :

Les mandataires (...) [lire la suite]

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mardi 6 février 2007

Un hoax sur les OGM. Réflexions sur une réminiscence de la préhistoire du net

Le hoax est un sujet que je trouve particulièrement intéressant. Au-delà de la définition, normative au possible, véhiculée usuellement par les médias et que mettent beaucoup d’énergie à diffuser les « HoaxBusters » et autres « HoaxKillers » comme ils se nomment eux-mêmes, grands chevaliers de la vérité, le hoax peut en effet se révéler une pratique sociale tout à fait passionnante. Il peut par exemple s’agir d’une pratique de lutte des plus efficace (en ces temps d’ingestion de la société par la sphère médiatique et de crédulité universelle) comme l’a par exemple montré l’expérience percutante de Serpica Naro. La revue Multitudes a d’ailleurs récemment traité ce sujet de l’utilisation du hoax comme outil de lutte sociale avec sa mineure sur les « hoax activistes » dont je vous recommande au passage la lecture.

Ce n’est toutefois pas de cela qu’il s’agit ici, mais simplement de l’habituelle propagation d’une rumeur sur le net, en l’occurrence l’affirmation — fausse — que le gouvernement français aurait censuré (...) [lire la suite]

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vendredi 15 décembre 2006

J’ai décidé d’apprendre le néerlandais

Quelques petites remarques suite à l’affaire du hoax de la RTBF qui n’en finit pas d’agoniser : quatre choses à faire sans tarder et puis aussi une bonne résolution.

1. Si les réactions à chaud étaient critiquables mais somme toute compréhensibles, la véritable salve roulante qui a courru les ondes toute la journée a crevé pas mal de plafonds sur le thème du scandale inadmissible que constituerait, aux yeux des porte-parole autorisés, la petite pantalonnade des sociétaires du boulevard Reyers. Il convient dès lors de se demander sérieusement pourquoi les réactions politiques sont à ce point démesurées, pourquoi a pu avoir lieu cette éruption de bien-pensance putassière ; pourquoi cet étalage de connerie revendiquée de la part de ces gens qui font pourtant profession — sans beaucoup de succès il faut bien le dire pour la plupart d’entre eux — d’avoir l’air sérieux. Je ne vais pas reprendre ici le détail des interventions plus pénibles les unes que les autres qu’on a pu entendre aujourd’hui ; leur détail (...) [lire la suite]

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mercredi 13 décembre 2006

Enseignements d’un hoax médiatique ou de la preuve que la RTBF peut avoir de l’audace

Commençons par résumer ce dont il est question pour ceux — que j’espère nombreux — qui ne vivraient pas les yeux rivés sur les trépidations de l’actualité médiatique sachent ce dont il est question. La RTBF — qui peut parfois aussi avoir de bonnes idées et même, c’est presque inattendu, un brin de folie audacieuse — a brusquement interrompu ses programmes aujourd’hui en début de soirée pour annoncer que la Flandre faisait sésession, que le conseil régional flamand (dit abusivement parlement) venait de déclarer l’indépendance du plat-pays, laissant gros jean comme devant des francophones ahuris et un roi émigrant à l’étranger. S’est ensuivie une « émission spéciale » qui ne ressemblait pas vraiment à une émission spéciale dans laquelle se sont enchaînés des décrochages « en direct » devant quelques bâtiments officiels et des reportages fort opportunément préparés.

Le tout était gros comme une maison, accumulait de façon parfaitement invraisemblable des énormités plus visibles les unes que les autres, depuis la (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 11 572 signes. Il a suscité 66 réactions.

mardi 5 décembre 2006

Et si c’était lui ?

J’ai reçu hier, enfin, le premier numéro de mon abonnement à Politis, cet hebdo français qui est passé pas loin dernièrement de mettre la clé sous le paillaisson — pris qu’il était dans les turbulences qui ont suivi et suivent vraisemblablement encore les magouilles qui ont eu lieu à ATTAC France — et qui a opéré depuis lors un stupéfiant rétablissement, dont je crois que les gens de gauche ont tout lieu de se féliciter.

Qu’en dire de ce journal ? C’est la première fois que je m’abonne à une publication dont je n’ai jamais eu un exemplaire en main et c’est assez curieux de la découvrir pour la première fois dans sa boîte aux lettres. Je ne le connaissais donc, ce journal, que par des textes lus sur son site internet, notamment durant la campagne du référendum français sur le TCE. Il y aussi eu l’excellente chronique cinéma de Christophe Kantcheff lors du dernier festival de Cannes que j’ai suivie avec beaucoup d’intérêt ; or un journal qui une bonne chronique de cinéma ne peut pas être foncièrement mauvais.

Au (...) [lire la suite]

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samedi 4 novembre 2006

Primaires socialistes : la manipulation médiatico-sondagière

Pas le temps de beaucoup écrire ces temps-ci (mais j’y pense et ce ne sont pas sujets qui manquent). Voici toujours un texte de l’excellent Philippe Marlière, diffusé sur la mailing list de Démocratie & Socialisme et introuvable sur le web (enfin, du moins, je ne l’ai pas trouvé), au sujet du phénomène Ségolène Royal.

Primaires socialistes : la manipulation médiatico-sondagière

par Philippe Marlière

Selon ses partisans, la candidature de Ségolène Royal s’impose pour deux raisons « rédhibitoires » : 1) leur candidate est la mieux placée pour rassembler les socialistes et la gauche ; 2) les sondages la plébiscitent.

La campagne interne est en train de nettement infirmer le premier argument. Loin de rassembler les socialistes et la gauche, Ségolène Royal apparaît diviser profondément son camp. En dépit de l’embargo des médias voulu par le camp royaliste, le rassemblement du Zénith a souligné combien les contours flous et ambigus de son discours avaient fini par exaspérer un auditoire plutôt bien disposé à (...) [lire la suite]

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samedi 28 octobre 2006

Du respect des formes démocratiques dans le discours médiatique

J’ai regardé le journal télévisé de la RTBF hier soir. Mauvaise idée : en général ça m’énerve ; service public ou pas, il me semble vraiment douteux que le discours télévisuel sur l’actualité puisse encore prétendre être considéré comme journalistique.

Ça n’y a pas coupé ce coup-ci. Parmi pas mal d’autres points qui mériteraient d’être mentionnés, je relève plus qu’une négligence, une véritable faute de déontologie : le sujet dont le parle présentait le projet des ministres Dupont et Onkelinx d’étendre la déchéance des droits civils et politiques aux « corrompus », soit aux personnes condamnées pour corruption, ou pour détournement par fonctionnaire public. Mais voilà, alors qu’il ne s’agit en l’état que d’un avant-projet de loi, la RTBF présentait la chose comme si la loi avait déjà été votée, faisant complètement l’impasse sur le fait que ce texte doit encore passer par le parlement. Le ministre Dupont, brave bonhomme, jouait le jeu, en parlant des conséquences de son projet au futur de l’indicatif.

Certes, de facto, nous (...) [lire la suite]

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samedi 11 décembre 2004

Sur l’« affaire » Marie Arena

Qu’est-ce qui a piqué les journalistes ? Depuis une semaine, parmi les principaux organes de presse du pays, c’est à qui mettra la plus grande photo à la Une, à qui pondra le plus grand nombre de colonnes. L’« affaire » Arena est LE sujet du moment. Mis à part la très dirupienne Bénédicte Vaes, du « Soir », qui s’acharnait, hier soir au « club de la presse » de la RTBF, à dédramatiser le problème avec une admirable bonne volonté, c’est tout simplement la curée.

De quoi s’agit-il ? Ca vaut quand même la peine de l’expliquer : j’ose espérer que tout le monde n’est pas pris dans ce micro-tourbillon médiatique. Et puis de toute façon, si quelqu’un lit ceci dans un an, tout sera oublié, donc je vais reprendre l’histoire à zéro (et puis, s’il devait arriver que quelque lecteur étranger, saisi d’une envie d’exotisme, vienne à lire ces lignes, la moindre des courtoisies est de lui permettre de saisir de quoi il retourne).

Tout commence par une success-story socialiste. Marie Arena est une jeune fille issue d’un milieu « (...) [lire la suite]

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