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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

19/06 — Sur la rupture de Ségolène Royal un soir d’élections

Tirée du blog de l’excellentissime Jean-Luc Mélenchon, une citation à propos d’annonce par Ségolène Royal de la rupture de son couple un soir d’élections législatives.

.../... Ensuite l’autre qui nous pourri la soirée avec son histoire de couple. Terrible ! On commence tous par penser que c’est une ruse de journaliste pour tirer la droite d’un mauvais pas et re-peopliser une situation qui tournait tragiquement à l’avantage du match droite gauche. On se défausse donc tous en rangs sérrés : « affaire privée, respect etc... ». Je me fends même d’un « il n’y a pas de divorce heureux même par consentement mutuel ». Puis je réalise que je viens de me faire avoir et la moutarde me monte au nez. Car on nous dit : « ce soir Ségolène Royal annonce etc... » Donc ce n’est pas une affaire privée. C’est une affaire que Ségolène Royal rend publique et ça change tout. Je dis donc ce que je pense. Je le dis poliment, mais j’avoue que je le pense dans des termes plus rudes. Car je suis très faché de m’être senti obligé à l’élégance avec quelqu’un qui n’en a aucune et se contrefiche de celle des autres. Son délire narcissique vise à subsituer à la politique, qui se passe d’elle ce soir là, le retour à la focalisation de l’attention sur elle. Typique du comportement de toute puissance enfantin. Les gosses font ça tout le temps, ils se signalent, ils s’imposent, ils focalisent sur eux par leurs cris, leurs larmes, leurs souffrances réelles ou supposées, la société des adultes qui discutent sérieusement de choses qui les dépassent. Là, sitôt sa souffrance étalée comme de la confiture collante sur la tartine médiatique de la soirée médiatique, nous avons aussitôt l’air d’imbéciles, tous autant que nous sommes, sur tous les plateaux et ce matin dans toute la presse et surtout à la une du "Monde" ce midi, dans le titre et le dessin de Plantu. Bien sur, juste après, devant le tollé, suivant un scénario devenu classique arrive le « non, non, ce n’est pas moi qui ai voulu ça, on a fait exprès de mal comprendre, j’avais décidé d’en parlé à sept heures du matin et pas le soir à 23 heures » et ainsi de suite sur le mode victimaire bien connu. La semaine dernière c’était le même cirque avec le coup de téléphone à Bayrou et ainsi de suite pendant toute la campagne présidentielle. Questions : que devient la plainte contre les journalistes qui avaient soit disant « violé » sa vie privée en racontant déjà tout les tenats et aboutissant de cette histoire banale de couple ? Et que faut-il penser de cette nouvelle forme de féminisme que l’on qualifierait de goujaterie nauséabonde si un homme la pratiquait à l’égard de sa compagne ? Que faut-il penser de cette façon de proclamer sans cesse vouloir « protéger "ma" famille » et « mes » enfants (l’homme étant là dedans l’accessoire que le pronom possessif exclut sans autre forme de respect) quand on étale sans cesse les avatars de sa vie privée la plus intime ? .../...

 

9/05 — Fascisme ordinaire

Depuis déjà plusieurs semaines, j’accumule les notes à propos de l’élection — alors, probable, désormais acquise — de Nicolas Sarkozy à la présidence de la république française, sans parvenir à mettre de l’ordre dans mes idées. Tant de choses ont déjà été écrites — et j’ai pris beaucoup de temps à en recenser une partie sur la page dédiée du portail mouvements.be — sur le danger qu’il représente qu’il n’y a pas vraiment urgence à ajouter un texte à tous les autres. Il s’agit plutôt, comme souvent dans ces pages, d’une nécessité personnelle de clarification, de mise au net, de fourbissage des armes conceptuelles et idéologiques pour demain.

En attendant d’y parvenir — et même s’il est plus probable que ces notes rejoignent bientôt leurs homologues, nombreuses, dans le cimetière des billets morts-nés, pour la plupart victimes du temps qui court trop vite —, j’ai trouvé dans l’émission Là-bas si j’y suis de ce lundi, ce bref extrait sonore qui me semble résumer pas mal de choses. Il est tiré du répondeur de Là-bas dans lequel, quelques heures après le résultat du scrutin, un auditeur dit combien il en a gros sur le coeur.

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Extrait de l’émission Là-bas si j’y suis du lundi 7 mai 2007.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas Là-bas si j’y suis, il s’agit probablement d’une des meilleurs émissions du paysage radiophonique francophone mais aussi d’un des rares espaces d’expression politique non formattés par la pensée unique spectaculaire-marchande à être encore disponibles ailleurs que des réseaux de diffusion confidentiels. En l’occurrence, l’émission est diffusée tous les jours sur les ondes de France Inter, radio du service public français. Mais pour combien de temps encore ? On peut en tout cas l’écouter en ligne sur l’excellentissime (et entièrement bénévole) site officieux http://www.la-bas.org/.

 

28/03 — José Bové et le logiciel libre

Les très efficaces militants de l’APRIL sont bien connus pour leur pugnacité et leur extrême rigueur dans la défense des utilisateurs de logiciels libres. Ce sont eux qui sont à l’orgine de la mise sur pied, il y a plus d’un an, de l’excellente initiative EUCD.info qui, à défaut d’avoir réussi à empêcher le vote de la scandaleuse loi DADVSI |1|, ont réussi le tour de force de montrer de façon claire et compréhensible les impasses dans lesquelles mène le renforcement permanent et irréfléchi de la propriété intellectuelle et à mobiliser l’opinion publique sur cette question particulièrement difficile pourtant, au point que la candidate socialiste a pris récemment une position intelligente à ce sujet.

Depuis quelques semaines, ces mêmes militants de l’APRIL ont lancé une intéressante initiative visant à faire se positionner de manière précise les candidats à l’élection présidentielle française sur les thématiques liées au logiciel libre.

La réponse de José Bové a été publiée aujourd’hui et, à sa lecture, je dois dire que je ne regrette pas d’afficher ma préférence pour lui. La réponse, rédigée collectivement par le groupe de militants travaillant sur la thématique, est tout simplement un modèle du genre, complète, précise, rigoureuse, démontrant une connaissance profonde du sujet, à cent lieues des généralités convenues et superficielles qu’alignent la plupart des autres partis (et que vous pourrez lire, du moins pour ceux qui prendront la peine de répondre, sur le site http://candidats.fr/). Et de surcroît, cette réponse est rédigée en LaTeX :)

Je ne résiste pas au plaisir de la reprendre ici in extenso, en suggérant à tous les gens qui veulent faire de la politique sérieusement de s’en inspirer au plus vite.

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|1| Un recours au Conseil d’Etat a cependant été déposé,... par l’APRIL, contre cette loi.

 

24/08 — Les méthodes de fachos de la droite marseillaise

Les faits sont indubitables et confirmés : les stocks de thon rouge en Méditérannée sont incroyablement bas, au point que l’espèce en est menacée. La pêche industrielle fait des ravages,... mais tout cela est aussi un business extrêmement juteux et les pêcheurs — qui sont devenus des industriels installés, des « gros poissons » si l’on veut et plus tellement des « petits qui doivent nourrir leur famille », lesquels ont été éradiqués par la concurrence — ont beau détruire en toute impunité notre patrimoine biologique commun, c’est quand même eux qui font la loi, et avec des méthodes de fascistes : quand Greenpeace se pointe à Marseille, dans le cadre d’une tournée en Méditérannée, pour dénoncer la situation et sensibiliser le public, forcément l’organisation écologiste dérange. Résultat, les autorités publiques (UMP) lui interdisent de s’exprimer en lui refusant tout simplement l’accès au port, pourtant initialement autorisé. Et les pêcheurs, dont le patron du syndicat est conseiller municipal... UMP, organisent le blocus du port et menacent ni plus ni moins de... couler le Rainbow Warrior. Pendant ce temps, le ministre de l’Intérieur français redresseur de torts, le sinistre Sarkozy, se garde bien d’intervenir pour restaurer le droit fondamental à la liberté d’expression. Faut dire, comme l’expliquent les excités qui s’attaquent à Greenpeace, que ce ne sont là que « bandits, voyous, provocateurs, intégristes écologistes, bande de tarés fumeurs de joints ».

 

Politique française

mardi 23 octobre 2007

Contre Nicolas Sarkozy, user aussi du silence

J’ai très peu parlé de Nicolas Sarkozy jusqu’à présent. Ce n’est pourtant pas, chacun s’en rend bien compte, la matière qui manque ni les bonnes raisons de lui tailler des croupières. En fait, il n’y a que ça, de la matière et des bonnes raison de lui tailler des croupières. Les journaux en sont chaque jour emplis, ça déborde de partout. Je ne vais même pas en faire la liste, ce serait peine perdue, ce serait s’enfoncer dans la fange communicationnelle, tomber dans le piège à blogueurs et à socialistes, dans le piège à cons qui marche si bien ces temps-ci.

Il en va de la lettre de Guy Môquet comme de tout le reste. Je parle, vous en avez évidemment subi les échos, de la lettre de ce jeune homme mis à mort en octobre 1941, à l’âge de 17 ans, par l’occupant allemand, cette lettre qu’il a écrite avant de mourir et que Nicolas Sarkozy a, lors de son intronisation comme président de la république française, décidé de faire lire devant tous les écoliers français. L’affaire de cette lettre de Guy Môquet n’en est jamais (...) [lire la suite]

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dimanche 6 mai 2007

Dans quelques heures, il sera trop tard

Peut-on s’abstenir ou voter blanc ou nul dans les circonstances actuelles ?

A-t-on pris en compte la chape de plomb qui va s’abattre sur la société française ?

Veut-on abandonner nos libertés déjà menacées ?

Veut-on revenir à l’ordre moral d’avant mai 1968 ?

Veut-on ne plus recevoir d’information qu’à travers la propagande officielle des amis du Président ?

Veut-on un ministère de l’immigration et de l’identité nationale ?

Veut-on anéantir la créativité culturelle ?

Veut on remplacer la fraternité par la méfiance et l’exclusion ?

Veut-on accroître la précarité des plus faibles ?

Veut-on la généralisation des OGM ?

Veut-on une "démocratie" qui annonce le vainqueur d’une élection avant même qu’elle ait lieu ?

Veut-on une société policière s’immisçant de plus en plus dans la vie privée des citoyens ?

Veut-on subir le Traité Constitutionnel Européen et sa concurrence absolue ?

Veut-on s’inféoder à George W Bush, à l’OTAN et à l’impérialisme de la politique américaine ?

Veut-on continuer à détruire la planète ? (...) [lire la suite]

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mardi 17 avril 2007

France : menace de sélection des étudiants entre les deux premiers cycles de l’enseignement supérieur

Dans le tumulte de la campagne électorale, l’information risque bien de passer inaperçue ; elle est pourtant importante, et pas seulement pour les étudiants français, dont le principal syndicat, l’UNEF, n’a pas manqué de réagir : le gouvernement français envisage de permettre la sélection des étudiants entre les deux premiers cycles universitaires ; autrement dit, le fait de disposer d’un diplôme de premier cycle — désormais connu sous le vocable de bachelor, partout en Europe, sauf en France, où l’on parle de licence — ne garantirait plus systématiquement l’accès au second cycle (lire l’article de Luc Cédelle dans Le Monde à paraître dans l’édition datée de demain).

Ce projet régressif du gouvernement français — qui intervient, comme souvent pour ce genre de sales coups, dans un contexte peu favorable à un débat démocratique sur la question — s’inscrit dans la droite ligne des grandes tendances européennes en matière d’employabilité et, plus largement, de gestion du capital humain, lesquelles sont (...) [lire la suite]

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mardi 5 décembre 2006

Et si c’était lui ?

J’ai reçu hier, enfin, le premier numéro de mon abonnement à Politis, cet hebdo français qui est passé pas loin dernièrement de mettre la clé sous le paillaisson — pris qu’il était dans les turbulences qui ont suivi et suivent vraisemblablement encore les magouilles qui ont eu lieu à ATTAC France — et qui a opéré depuis lors un stupéfiant rétablissement, dont je crois que les gens de gauche ont tout lieu de se féliciter.

Qu’en dire de ce journal ? C’est la première fois que je m’abonne à une publication dont je n’ai jamais eu un exemplaire en main et c’est assez curieux de la découvrir pour la première fois dans sa boîte aux lettres. Je ne le connaissais donc, ce journal, que par des textes lus sur son site internet, notamment durant la campagne du référendum français sur le TCE. Il y aussi eu l’excellente chronique cinéma de Christophe Kantcheff lors du dernier festival de Cannes que j’ai suivie avec beaucoup d’intérêt ; or un journal qui une bonne chronique de cinéma ne peut pas être foncièrement mauvais.

Au (...) [lire la suite]

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samedi 4 novembre 2006

Primaires socialistes : la manipulation médiatico-sondagière

Pas le temps de beaucoup écrire ces temps-ci (mais j’y pense et ce ne sont pas sujets qui manquent). Voici toujours un texte de l’excellent Philippe Marlière, diffusé sur la mailing list de Démocratie & Socialisme et introuvable sur le web (enfin, du moins, je ne l’ai pas trouvé), au sujet du phénomène Ségolène Royal.

Primaires socialistes : la manipulation médiatico-sondagière

par Philippe Marlière

Selon ses partisans, la candidature de Ségolène Royal s’impose pour deux raisons « rédhibitoires » : 1) leur candidate est la mieux placée pour rassembler les socialistes et la gauche ; 2) les sondages la plébiscitent.

La campagne interne est en train de nettement infirmer le premier argument. Loin de rassembler les socialistes et la gauche, Ségolène Royal apparaît diviser profondément son camp. En dépit de l’embargo des médias voulu par le camp royaliste, le rassemblement du Zénith a souligné combien les contours flous et ambigus de son discours avaient fini par exaspérer un auditoire plutôt bien disposé à (...) [lire la suite]

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samedi 28 octobre 2006

Sarkoland

source

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mercredi 28 septembre 2005

Spammé par Nicolas Sarkozy (suite)

Après mon post d’hier concernant le spam de Nicolas Sarkozy, j’aimerais m’attarder un instant sur la réaction du député français (UMP) Yves Jégo qui, sur son blog, se fend d’un argumentaire véhément pour défendre son patron. Commençant par s’interroger sur l’« étrange polémique » suscitée la propagande électronique de son parti, qui n’est désireuse, écrit-il, que « d’engager le débat avec ceux qui le souhaitent et d’augmenter le nombre de ses adhérents », il en vient assez rapidement à s’indigner de la « mauvaise foi » de ses adversaires politiques qui osent critiquer une « pratique pourtant parfaitement légale » et — tenez-vous bien — « citoyenne ». Et de conclure d’une envolée :

Pour ma part je reste persuadé qu’un parti politique moderne et populaire ne peut être absent de ce formidable médias qu’est internet. La toile est un accélerateur de démocratie et de liberté .

Méfions nous de ceux qui chercherait à y restreindre la liberté d’expression !

Dans le débat qui suit, il commence, sûr de son fait, par critiquer (...) [lire la suite]

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mardi 27 septembre 2005

Spammé par Nicolas Sarkozy

L’expéditeur du courriel est « Nicolas Sarkozy (UMP) », le contenu du message relève du ton habituel de ce petit roquet malfaisant : « [...] pour restaurer la confiance, nous devons apporter des réponses simples, rapides et efficaces aux questions posées par les Français sur l’emploi, l’immigration, la fiscalité ou la sécurité. »

Oui, vous avez bien lu, des réponses « simples » et « efficaces » sur la fiscalité ou l’immigration. Autrement dit, baisser les impôts par principe quoi qu’il arrive et quels que soient les politiques publiques ; et concernant l’immigration, on évitera de traduire trop explicitement ce que peuvent bien être des solutions « simples et efficaces »... sans quoi on risquerait de tomber sous le coup de la loi sur la répression du racisme. Une fois de plus, voici une illustration que pour prospérer dans un régime spectaculaire, la démagogie est l’arme numéro un.

Mais cessons de pérorer inutilement au sujet de ce personnage dont le principal objectif dans la vie est qu’on parle de (...) [lire la suite]

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mardi 31 mai 2005

Commentaire hétéroclite de l’actualité un surlendemain de référendum

Immobilisme. Du point du vue du microcosme politique, c’est un séisme, un vrai beau gros tsunami, comme on dit depuis quelques mois. Mais l’immobilisme devrait l’emporter, il me semble. Absence d’alternative réelle — tous les appareils un peu importants, malheureusement, étaient pour. Incapacité congénitale du monde politique à sortir de ses carcans. La plupart des ouistes, finalement, ont expliqué qu’ils avaient eu raison de défendre leur position, que les nonistes étaient fondamentalement quelques part un peu quand même des gros connards irresponsables, « même si nous respectons ce vote », attention. Que pouvaient-ils dire d’autre ? Est-ce que vraiment on pouvait sérieusement s’attendre à ce que François Hollande dise autre chose que ce qu’il est programmé pour dire ? Alors on glose, beaucoup, sur la « crise », la « révolution par les urnes », on utilise beaucoup d’expressions dramatiques du même genre. On va promettre des « inflexions », une « relance » voire un « nouvel élan ». Mais, grosso modo, on reste (...) [lire la suite]

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lundi 24 janvier 2005

Chirac vs Jospin, acte 2 et demi ?

En 2002, Jospin avait trouvé Chirac « trop vieux ». Amusant : la différence d’âge entre les deux est exactement de... cinq ans.

Il ne se passe plus un jour sans qu’un indice vienne accréditer le scénario d’une nouvelle édition du duel Chirac-Jospin à la présidentielle de 2007.

Les lieutenants favoris des deux (ex-)cadors de la politique française multiplient les interventions destinées à ouvrir la voie à leur champion.

Bertrand Delanoë y allait à la brosse à reluire il y a quelques jours (non sans y inclure une petite nuance, c’est vrai).

C’est actuellement l’homme d’Etat en France qui réunit le mieux les qualités de compétence, d’honnêteté intellectuelle, de rigueur. Je ne sais pas s’il voudrait être candidat à l’élection présidentielle de 2007, s’il sera en situation de l’être, si ce sera opportun. Mais si jamais il le veut et est en situation de l’être, je suis partant.

Idem à droite où Douste-Basly n’y va pas non avec le dos de la cuillère. Il commence par écarter l’idée de Sarkozy d’organiser une (...) [lire la suite]

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samedi 25 décembre 2004

Les ambiguïtés du discours sur la libération des otages français

Les deux journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot, détenus depuis le mois d’août par un groupe d’activistes religieux en Irak (l’Armée islamique en Irak), viennent d’être libérés. Au-delà de la très bonne nouvelle que cet évenement représente, j’aimerais dire deux mots de l’attitude du gouvernement français, qui me semble flirter dangereusement avec les lignes de l’admissible.

Grosso modo, les Français se félicitent de la libération de leurs deux journalistes et voient dans cette libération une conséquence de leur politique irakienne, ce dont ils sont très contents. Ainsi le premier ministre Raffarin fait la déclaration suivante (pas mal d’autres allant dans le même sens) : « Il y a là pour nous une satisfaction grande d’être en mesure de voir que cette ligne de la France, cette amitié de la France pour le peuple irakien a été ainsi reconnue par la libération de nos deux compatriotes ». Le sénateur (et maire de Marseille) Jean-Claude Gaudin (UMP) enchaîne : « cette libération [doit] à (...) [lire la suite]

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jeudi 2 décembre 2004

Merci Laurent Fabius

Il n’y a plus de doute sur la question : le traité constitutionnel européen ne risque plus grand chose. Il est en effet certain depuis aujourd’hui que les socialistes français soutiendront sa ratification. Autrement dit que le ratification du traité par la France ne devrait pas poser de problème (le PCF et l’extrême-gauche — en plus, inévitablement, de l’extrême-droite — sont désormais plus ou moins seuls à militer pour son rejet ; ça fait quand même pas grand monde).

Or on voit mal quel autre grand pays pourrait voter contre le traité, mis à part la perfide Albion, dont personne ne doit souhaiter un « non » — qui aurait une signification toute autre que celle que la gauche lui donne et qui annoncerait une cohabitation encore plus difficile avec ces damnés anglais. Quant aux « petits » pays, tout le monde semble s’accorder pour dire que si un d’entre eux ose moufter, on fera semblant d’être très gêné pendant quelques jours, puis on fera voter une seconde fois (et ainsi de suite, jusqu’à obtenir le (...) [lire la suite]

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jeudi 29 mai 2003

France : le RMI devient RMA

Une application de plus de l’idéologie de l’employabilité ? Si ça pas y en être, ça y ressembler très fort. Parmi les (trop) nombreuses raffarinades du moment, la transformation du RMI (Revenu minimum d’Insertion) en RMA (Revenu Minimum d’Activité), si elle passe, risque fort de ne pas se limiter à un rafraîchissement de façade — « on prend une nouvelle appellation pour faire plus joli » — de la conception de l’aide sociale.

Les similitudes avec la réforme du Minimex, transformé voici presque deux ans en Belgique en « Revenu vital » par le SP.a Johan Vande Lanotte (voir ici pour plus d’info), sont fortes. Là aussi, on a transformé le citoyen à qui la collectivité se préoccupait de garantir la dignité d’un revenu minimum en un non-travailleur, coupable de ne pas avoir été capable de trouver du travail et responsable, sous peine de perdre l’assistance de l’Etat ou autres sanctions, de se plier à toutes acrobaties qu’un potentiel employeur se plaira à lui faire faire, d’accepter à peu près n’importe quel emploi. On (...) [lire la suite]

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