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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

27/10 — Anne Demelenne & Mateo Alaluf

Au café syndical du CPCR, ce vendredi, à Liège, étaient invités Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB, et Mateo Alaluf, professeur de sociologie à l’ULB. Le thème du jour : l’Orange bleue. J’ai enregistré leurs deux interventions respectives ainsi que le débat qui a suivi.

L’intervention d’Anne Demelenne (19’21) :

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L’intervention de Mateo Alaluf (9’38) :

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Et, pour ceux qui ont du temps, le débat (1h45). La qualité sonore n’est pas terrible (j’ai dû pas mal pousser le son pour que tout soit audible) mais on entend tout.

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Vous noterez que j’ai fait une intervention sur le déficit de réflexion dans les milieux syndicaux au sujet de l’aménagement du territoire. En substance, je faisais le constat que les syndicats — FGTB comme CSC, soit dit en passant — apportent aujourd’hui encore leur caution voire leur soutien à des politiques irresponsables sur le plan écologique : construction d’autoroutes, mise en zonings d’activités qui ne le justifient pas, etc ; de manière générale : dispersion du bâti et accroissement de la dépendance au pétrole. Je constatais que cette politique est nuisible aux services publics (qui ont beaucoup plus de difficultés à s’implanter dans un territoire organisé de façon anarchique que dans un milieu urbain dense ou dans un milieu rural organisé en villages) mais augure aussi d’une précarisation considérable de ceux qui ne pourront plus payer d’ici 5, 10 ou 15 ans le prix que coûtera le pétrole. Accessoirement, je faisais remarquer qu’il y a un choix à faire — en raison du caractère limité des quotas CO2 — entre le développement exponentiel du trafic routier et la survie de l’activité économique, particulièrement en ce qui concerne le Haut-fourneau 6 à Seraing.

Le modérateur du débat a toutefois considéré que ma question était hors-sujet et devrait être posée lors d’un prochain débat prévu sur la question du redéploiement de la région liégeoise. Je n’ai pas besoin de vous dire ce que je pense de ce genre de cadenassage du débat pour que vous le deviniez. Mais je reviendrai à cette question de l’aménagement du territoire ultérieurement.

 

25/10 — La Poste, ou le « service public » comme fer de lance de la précarisation de l’emploi

Suite à la libéralisation totale du marché postal décidée au niveau européen |1|, La Poste a décidé d’« actualiser » son plan stratégique. D’après une dépêche Belga de ce jour, la mesure phare consistera dans le remplacement de 6000 facteurs par 12 000 emplois précaires.

La direction de La Poste a présenté aux syndicats, jeudi en commission paritaire, une actualisation de son plan stratégique pour les années 2008-2009. Point principal de cette nouvelle mouture : l’apparition de « livreurs de courrier » qui seront chargés de distribuer un certain type de courrier pendant les heures creuses de la journée.

« La Poste entend remplacer 6 000 facteurs équivalents temps plein par 12 000 de ces livreurs qui ne travailleront que quelques heures par jour ou par semaine », a expliqué André Blaise (CSC).

Selon le représentant du syndicat chrétien, la direction entend ainsi « encourager » le travail à temps partiel parmi son personnel de plus de 50 ans. « Il faut savoir que l’âge moyen des travailleurs de La Poste atteint 45 ans et que les objectifs qu’ils doivent remplir sont déjà “limites” en termes de flexibilité et de productivité. Si l’entreprise continue à les presser, la corde va craquer », a-t-il averti.

.../...

« Un facteur commence actuellement sa carrière avec un salaire de 1.000 euros net. Gagner encore moins, ce sera vraiment un salaire de misère », a ainsi réagi la CGSP. Les représentants des travailleurs craignent également qu’un nombre insuffisant de travailleurs optent pour ce système. « Que fera-t-on alors ? On ne peut tout de même pas forcer les gens à travailler à temps partiel ! », a encore indiqué le syndicat socialiste.

Dans un communiqué, Johnny Thijs, CEO de La Poste, commente ces nouvelles mesures de précarisation de son personnel avec le flegme qui sied à quelqu’un qui gagne 900 000 euros par an.

« L’ouverture au changement dont nous avons fait preuve ces quatre dernières années doit se poursuivre. Il s’agit d’adaptations progressives, que nous entendons évidemment appliquer en concertation avec les syndicats, sans recourir à des licenciements secs. Ce scénario part toutefois du principe que La Poste pourra affronter ses concurrents sur le marché libéralisé à armes égales. Il serait inconcevable que la concurrence puisse se tourner uniquement vers les secteurs rentables du marché et utiliser à cette fin de la main-d’œuvre bon marché, et que dans le même temps La Poste soit obligée de desservir chaque jour la totalité des boîtes aux lettres sur l’ensemble de notre territoire. Nous attendons des pouvoirs publics qu’ils mettent en place les garanties nécessaires sur le plan des services et des conditions de travail afin d’éviter toute discrimination concurrentielle ».

Soit dit en passant, je participerai à un débat sur le sujet à La Louvière le 8 novembre prochain. S’il y a des lecteurs de ce blog qui viennent de ce coin-là, je serai heureux de les rencontrer à cette occasion.

|1| À ce sujet, lire par exemple l’article que j’ai publié dans le Journal du Mardi avec Pierre Eyben.

 

7/05 — Euro... mayday

Un reportage de Michel Grétry a été diffusé ce dimanche matin sur les ondes radio de la RTBF, dans le cadre de l’émission « La semaine de l’Europe ». Il y était brièvement question de la dimension européenne du processus Euromayday.

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18/04 — Un premier mai financé par Delta Lloyd

On apprend dans Le Soir que le premier mai de la FGTB bruxelloise sera subventionné par... P&V et Delta Lloyd, deux énormes compagnies d’assurances, deux des meilleurs représentants de ce capitalisme financier qui détruit tout sur son passage et accumule les bénéfices à des niveaux indécents (sur son site, le groupe Lloyd annonce 711 millions d’euros de bénéfices pour l’année écoulée, en hausse, précisent-ils aimablement, de 65%). Franchement, j’ai du mal à comprendre.

Le travail serait-il devenu l’allié du capital ?

Quoi qu’il en soit, moi, je serai à l’EuroMayday où ce genre de collusion malsaine ne risque pas d’arriver — et on l’on critiquera d’ailleurs (presque) autant le travail que le capital, question qu’on a envie de se libérer de l’un comme de l’autre.

 

12/02 — Un syndicat est né

Ca fait environ deux semaines. Ca se passe à Liège, ça s’appelle « SAEL » pour Syndicat autonome des étudiant(e)s liégeoi(se)s, entre autres choses ça se présentera aux prochaines élections étudiantes à l’ULg,... Le site web vient d’ouvrir, allez y faire un tour.

 

Syndicalisme

mercredi 7 novembre 2007

BHV, surtout garder la tête froide

L’issue redoutée a donc eu lieu ; les députés flamands ont voté cette après-midi la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvoorde (BHV) en Commission de l’Intérieur de la Chambre. Et beaucoup de commentateurs d’enchainer sur la « crise de régime » dans laquelle nous entrons. Beaucoup de cris. Beaucoup de fumée.

Avant toute chose, j’aimerais suggérer aux francophones — et notamment aux citoyens qu’on peut entendre réagir de façon très impulsive — de prendre garde à ne pas agir comme ces équipes de foot qui, après avoir pris un but, perdent soudain tous leurs moyens, se désorganisent et finissent le match avec trois ou quatre buts en plus.

Car si ce vote de la scission de BHV est une défaite — grave peut-être pour sa portée symbolique et la manière dont les choses se sont déroulées —, ce n’est pas un drame. L’élément le plus préoccupant, à mon avis, ce n’est pas la substance du vote lui-même, c’est le fait que le cordon sanitaire ait été rompu à cette occasion ; c’est la collusion du monde (...) [lire la suite]

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samedi 27 octobre 2007

Droit de grève contre service minimum, quelques éléments pour une autodéfense

Après la France, où le service minimum, après avoir rythmé la pré-campagne et la campagne présidentielles, est devenu l’une des mesures phare des débuts tonitruants du sarkozysme au pouvoir, le débat arrive maintenant en Belgique : entre autres mesures répressives, l’hypothétique coalition « Orange bleue » envisage de mettre en place un service minimum dans les transports en commun. Concrètement, il s’agit donc de limiter le droit de grève pour garantir que rouleront, en toutes circonstances, un certain pourcentage des véhicules de transports en commun.

Cette question, j’y réfléchis depuis fort longtemps ; je ne compte plus les tentatives avortées de textes sur ce sujet. À chaque fois, il y a eu difficulté à faire prise, incapacité à dépasser les lieux communs dans l’analyse, impossibilité à s’assurer des marques fiables pour assumer une position dépourvue de trop d’ambiguités. J’avoue les pires atermoiements sur cette question, presque les nuits blanches d’incertitude. Car ce sujet est difficile, en ce qu’il (...) [lire la suite]

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vendredi 24 novembre 2006

Quelques notes à chaud à propos de VW Forest

La menace grondait, elle s’est avérée : un nouveau désastre social commence en Belgique et plonge dans l’hébétude les dix mille — et plus — travailleurs menacés. Il les place devant la menace du chômage qui — bien plus qu’une sécurité face au risque économique ou un droit fondamental — est devenu un véritable purgatoire ainsi qu’une indignité, conformément aux injonctions des théoriciens de l’état social actif et c’est d’abord cela qui constitue le « drame » qu’on commente aujourd’hui.

Tandis qu’à la bourse de Francfort, l’action VW est annoncée en forte hausse, les pouvoirs publics s’apprêtent à ramasser les plâtres. Au-delà de l’émotion légitime et de la colère qui saisit chacun de nous devant ce constat scandaleux, il est important de se poser quelques questions sur les raisons qui ont permis à la situation présente d’arriver et sur la manière dont il convient d’éviter qu’elle se reproduise ; non sans démasquer au passage quelques tartuffes.

Pourquoi licencier ? Ce n’est pas du côté du nationalisme supposé des (...) [lire la suite]

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mardi 21 mars 2006

Flexblues, une tactique de guérilla du précariat

Trouvez une boîte qui précarise ses employés, le genre petits jobs informels pas déclarés, payés de la main à la main (pas bien lourd, ça va sans dire). Choisissez-la de préférence, cette boîte, vulnérable sur le plan de l’image, dans le secteur de la « communication » par exemple. Infiltrez-y quelques militants anti-précarité, autant que possible, en multipliant les candidatures ; rien n’interdit pour le coup d’inventer l’une ou l’autre identité, comme il n’y a pas de contrat, il n’y a pas non plus de contrôle. Puis démarchez les précaires déjà engagés — autant qu’il est possible, c’est pas toujours évident quand il n’y a aucun contact entre les différents employés — en évitant les jaunes qui se repèrent vite.

Inventez tous les moyens de pression possibles sur votre cible — à la guérilla comme à la guérilla — accumulez les preuves des pratiques scandaleuses (et illégales) de cette société (enregistrements, courriels,...). Dans le cas présent, il s’agissait de faire remplir des questionnaires dans le cadre d’une (...) [lire la suite]

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samedi 11 février 2006

Arcelor vs. Mittal. Plaidoyer pour une position cynique

Les entreprises capitalistes sont ce qu’elles sont : des structures dont le premier rôle est de permettre aux détenteurs de capital de s’approprier encore plus de ressources au détriment de la société en général et des salariés en particulier ; bref des organismes prédateurs dont il convient de se méfier. Sont-elles pour autant inutiles dans la société ? Sans doute pas, puisqu’elle permettent dans certains cas d’effectuer certaines tâches utiles de façon relativement efficace. Simplement, quand on traite avec une entreprise capitaliste, il ne faut jamais perdre de vue ce à quoi on a affaire. Ceci est d’autant plus vrai que l’entreprise est grande car ses décideurs ne trouvent alors plus de raison de s’encombrer des préventions et des relations sociales qui peuvent faire de certains petits entrepreneurs des gens attentifs aux personnes et au milieu qui les entourent. Tant Mittal Steel qu’Arcelor — les deux plus grandes entreprises sidérurgiques du monde dont la première tente actuellement de prendre le (...) [lire la suite]

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