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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

30/11 — Décret « inscriptions », pff

J’ai été me ballader cette nuit dans Liège, pour aller taper un brin de causette avec les parents de futurs élèves du secondaire qui attendaient devant certaines écoles du centre-ville pour y inscrire leur progéniture. J’y ai rencontré toutes sortes de gens, et pas seulement des bourgeois. Je dirais même que j’ai surtout rencontré des gens « normaux ». J’ai discuté avec une aide-soignante, avec plusieurs ouvriers, avec un militaire de carrière, une cuisinière,... Aucun d’entre ceux-là n’avait pu prendre congé et tous s’apprêtaient donc à travailler ce vendredi après une nuit blanche et glaciale (mais pourquoi avoir fixé la date le 30 novembres demandaient-ils, nombreux ?). Aucun d’entre eux ne pensait que le décret était une bonne chose.

Certaines des écoles devant lesquelles ces gens faisaient la file n’ont pas, les années précédentes, connu de saturation précoce ni ne sont réputées pour refuser des élèves sur des critères sociaux, ethniques ou autres. Mais devant le phénomène de pénurie organisée, il était plus prudent, aux yeux de ces parents, de venir faire la file. Le moins est de le comprendre. Et de comprendre que Mme Arena n’entend rien à la théorie des jeux (parce que provoquer une pénurie artificielle dans des écoles où il n’y en avait pas, au motif de rendre l’enseignement plus accessible à tous, c’est quand même très fort).

Je ne vais pas répéter ce que j’ai écrit il y a peu sur ce décret, mais je ne comprends pas que Marie Arena s’entête à prétendre que son décret va « donner à tout le monde les mêmes chances ». C’est faux, parce que tout le monde n’a pas la possibilité de faire 24 heures (si ce n’est 48) de file pour inscrire son enfant dans l’école la plus prisée (à tort ou à raison, d’ailleurs). Quid, par exemple, des gens qui travaillaient cette nuit ?

Mme Arena voudrait plomber sa « bonne intention » qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. Plutôt que d’organiser un tirage au sort qui aurait probablement été beaucoup plus équitable, malgré le travers qu’on peut trouver, aussi, à ce système, elle a fait perdre de nombreuses heures, fort pénibles de surcroît, à plein de gens. Pour, au final, obtenir un changement quasiment nul dans la ségrégation scolaire (sans parler du beau paquet de voix perdu par le PS dans l’opération).

Bref, comme l’écrit Nico Hirtt dans Le Soir de ce matin, « S’il faut reprocher quelque chose à Marie Arena, ce n’est pas d’avoir voulu réguler les inscriptions d’élèves, mais de l’avoir fait beaucoup trop timidement ».

 

2/09 — À propos du décret « non-résidents »

Le décret de la ministre de l’enseignement supérieur de de la Communauté française visant à limiter le nombre (extrêmement massif, il faut bien le dire, puisqu’on dépassait 80 % dans certaines filières) d’étudiants non-résidents dans notre enseignement supérieut fait beaucoup parler de lui. Ne faisant pas exception, je me suis fendu d’une « carte blanche », selon la terminologie en usage, qui, une fois n’est pas coutume, a été publiée dans le journal Le Soir de ce jour, sous le titre Il faut endiguer le dumping scolaire.

 

4/10 — Pourquoi est-t-il si facile d’« harmoniser » ?

Dans le numéro d’octobre de la revue Espace de libertés paraît un article que j’ai signé sur le processus de Bologne, disponible en ligne sur mon site perso.

Le sommaire de la revue est disponible ici.

 

Enseignement

lundi 22 octobre 2007

Décret « inscriptions », entre manque d’ambition et apories de la démocratisation scolaire

On a pas mal (re)parlé ces dernières semaines du décret « inscriptions », ce texte par lequel le gouvernement de la Communauté française de Belgique cherche (un peu) à contrer la ségrégation scolaire. Le principe est le suivant : les écoles secondaires ne pourront plus inscrire leurs futurs élèves du premier degré qu’à partir du 30 novembre précédant la rentrée scolaire. Cette mesure est censée mettre tout le monde sur un pied d’égalité.

Je dois dire que mes sentiments à l’égard de ce texte sont mitigés. D’une part, je suis reconnaissant à la ministre-présidente de la Communauté française, Marie Arena, et à son parti, le PS, d’avoir conscience du problème et de tenter quelque chose pour y remédier. La ségrégation scolaire est un fait incontestable en Communauté française. Et c’est un fait particulièrement odieux en ce qu’il bride l’avenir de milliers d’enfants, mal tombés. D’autre part, j’ai d’assez gros doutes sur l’efficacité de la mesure retenue — et, en fait, sur la possibilité de résoudre le problème de manière (...) [lire la suite]

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mardi 4 septembre 2007

Méditations d’un soir de rentrée des classes

Voici revenue, comme chaque année, la rentrée des classes. À chaque fois, c’est la même chose : débats enflammés entre pédagogues certifiés, ministres en charge et autres idéologues de service, reportages attendrissants sur les petits bouts que tout le monde s’extasie, semble-t-il, de voir brutalement précipités dans le grand cirque de la vie sociale, réminiscences intimes, en écho et en éclairs, de quelques traumatismes enfouis, mollement réveillés par toute cette agitation, nostalgie du temps qui passe, scandé par ce métronome, impitoyable comme tous les autres ; mais aussi surprenant constat d’une rassurante circularité dans le cours des choses terrestres. Malgré les nuages qui ne cessent de s’alourdir sur nos têtes, il y a une sorte de constance anthropologique dans la marche du monde et c’est apaisant. C’est tout cela que nous rappelle la rentrée des classes.

Pour ma part, c’est chaque année l’occasion de replonger dans la perplexité un peu amère dans laquelle me laisse l’indécision qui est la mienne (...) [lire la suite]

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mercredi 4 juillet 2007

Numerus Clausus, la loi du corporatisme médical

Il en va de même chaque année, souvent au début de l’automne, l’ubuesque affaire du numerus clausus en médecine rejaillit pathétiquement dans l’actualité. Cette année, on fait très fort, puisque c’est dès la première session que environ 80 étudiants (77 semble-t-il) se voient interdits de poursuivre leurs études de médecine malgré une réussite, en première session, en première candidature (à moins qu’on ne dise « BAC », maintenant).

Je dois dire que je ne peux réprimer un haut-le-coeur idéologique en voyant le temps depuis lequel ce numerus clausus pourrit la vie de tout le monde sans que la classe politique soit capable d’apporter des réponses satisfaisantes au problème. Même si je ne suis plus ce dossier avec régularité, le numerus clausus continue de retenir mon attention ; c’est que c’est une des premières questions sur lesquelles je me suis battu politiquement, lorsque j’étais militant à la FEF, à partir de 1999 : j’ai pas mal travaillé sur le sujet, pas mal écrit (ici, ici ou ici, entre autres). Et je reste (...) [lire la suite]

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mardi 17 avril 2007

France : menace de sélection des étudiants entre les deux premiers cycles de l’enseignement supérieur

Dans le tumulte de la campagne électorale, l’information risque bien de passer inaperçue ; elle est pourtant importante, et pas seulement pour les étudiants français, dont le principal syndicat, l’UNEF, n’a pas manqué de réagir : le gouvernement français envisage de permettre la sélection des étudiants entre les deux premiers cycles universitaires ; autrement dit, le fait de disposer d’un diplôme de premier cycle — désormais connu sous le vocable de bachelor, partout en Europe, sauf en France, où l’on parle de licence — ne garantirait plus systématiquement l’accès au second cycle (lire l’article de Luc Cédelle dans Le Monde à paraître dans l’édition datée de demain).

Ce projet régressif du gouvernement français — qui intervient, comme souvent pour ce genre de sales coups, dans un contexte peu favorable à un débat démocratique sur la question — s’inscrit dans la droite ligne des grandes tendances européennes en matière d’employabilité et, plus largement, de gestion du capital humain, lesquelles sont (...) [lire la suite]

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mercredi 29 mars 2006

Le « problème » des étudiants français en Belgique ou comment mal poser une question

Stigmatiser un ennemi impuissant est une grave erreur pour tout mouvement social. Cela revient quasiment à se donner la garantie qu’aucune solution aux problèmes que l’on vit ne pourra être trouvée et donc à se condamner à la déception des petits matins gris des lendemains de défaite. C’est pourtant ce que fait avec beaucoup d’énergie le mouvement qui secoue actuellement les hautes écoles concernées par le décret de la ministre Simonet sur la présence d’étudiants « non-résidents » dans notre enseignement supérieur.

Au-delà des polémiques sans doute justifiées sur les modalités et le calendrier d’application du décret, lesquelles ne sont pas le sujet du présent raisonnement, l’exigence de « liberté d’accès » formulée actuellement par les gens qui ont pris la parole est illusoire mais est surtout contre-productive pour la liberté d’accès elle-même. Car c’est un trou sans fond qu’on ouvre ici, qui le deviendra encore plus quand le nombre de programmes de cours entièrement anglophones aura augmenté comme on peut s’y (...) [lire la suite]

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dimanche 19 février 2006

Tribulations d’un porte-avion

La presse parle beaucoup ces jours-ci des heurts et malheurs du porte-avion français Clémenceau et de ses tribulations sur toutes les mers du globe à la recherche d’un endroit dépourvu de Cour suprême trop pointilleuse où se faire démanteler tranquillement. Je n’ai pas vraiment suivi tout cela très en détail mais il faut bien dire que ça a un côté rigolo d’imaginer l’embarras de ces militaires, hauts-gradés et amidonnés, qui croyaient pouvoir se débarasser relativement facilement de cet encombrant ; et puis Mme Alliot-Marie se dépêtrer dans toutes les complications de cette histoire. Ca a aussi un coté assez chouette de voir que grâce au travail de toutes sortes de gens dans les ONG ou ailleurs, il est parfois un peu plus difficile pour les pollueurs occidentaux de se servir des pays du sud comme poubelle.

En ce qui me concerne, cette histoire me rappelle surtout l’idée assez sympathique qu’avait eue un architecte belge dont je ne me rappelle plus du nom (et je ne parviens pas à retrouver le livre dans (...) [lire la suite]

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mardi 17 mai 2005

Numerus Clausus, la confusion des genres

La Libre Belgique l’annonçait il y a quelques jours, l’application du Numerus Clausus en médecine et dentisterie, qui avait été supprimée en 2003 par la ministre François Dupuis, sera rétablie par la Communauté française.

Cela n’est guère surprenant, pour de multiples raisons. Tout d’abord, en raison du contexte communautaire tendu, le Parti socialiste — qui devrait pourtant être le principal opposant au Numerus Clausus — a renoncé à se battre sur ce dossier et cautionne aujourd’hui sans réelle réserve l’application de ce mécanisme dont il reconnaît pourtant la criante injustice. C’est que parler du Numerus Clausus, c’est toucher aux soins de santé, et à leur financement, enjeu sensible s’il en est. La position de Rudy Demotte — intransigeante sur la question des quotas — apparaît donc comme un gage de rigueur donné à la Flandre. On peut le comprendre.

D’autre part, CDH et MR, très sensibles à l’électorat médical et malgré un discours fluctuant, n’ont jamais fait autre chose que relayer la position corporatiste (...) [lire la suite]

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jeudi 18 novembre 2004

Pourquoi les universités utilisent-elles encore des logiciels Microsoft ?

Voilà une question à laquelle je ne trouve pas de réponse rationnelle. Les universités de Communauté française (on pourrait même parler de l’enseignement en général) sont assez bien dans la dèche ces temps-ci. Les budgets craquent de toutes parts, il manque des sous pour pas mal de choses essentielles (engager des profs, continuer à payer tout ceux qui sont engagés, entretenir les bâtiments, développer la recherche, acheter des bouquins et payer des abonnements aux bibliothèques,...).

Malgré cela, il me semble — considération toute empirique obtenue par quelques coups de sonde réalisés personnellement ou par potes interposés — que la plus grande partie du parc informatique des universités continue à tourner avec des logiciels Microsoft (Windows + Office étant la norme de base qu’on retrouve absolument partout). Malgré les licences à tarif préférentiels octoyées au monde de l’éducation, ça continue, je pense, à représenter des sommes considérables.

Or l’usage type des PC mis à la disposition des étudiants (...) [lire la suite]

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samedi 7 août 2004

Marie-Dominique Simonet est notre nouvelle ministre de l’enseignement supérieur

C’est indubitablement une perle que le journal « Le Soir » a publié jeudi 5 août. Le contexte : première interview de Marie-Dominique Simonet, la nouvelle ministre de l’enseignement supérieur de notre Présipauté communautaire francophone.

« Pourquoi Joëlle Milquet a-t-elle jeté son dévolu sur Marie-Dominique Simonet ? » se demande le journaliste. Perspicace, le journaliste : le moins qu’on puisse dire est que la question vaut la peine d’être posée. La nouvelle excellence n’a en effet rien de connu dans son cv qui témoignerait d’un intérêt pour l’enseignement, pas plus que la moindre expérience politique,... (elle nous l’explique, dans la même interview, sur un ton touchant : « je n’ai même jamais été militante PSC ou CDH, même si j’étais tout de même proche du parti. Je n’en suis toujours pas membre, même si j’estime que je vais devoir l’être »).

Réponse de l’intéressée : « Elle m’a dit qu’elle souhaitait quelqu’un de la société civile qui, je l’ai compris comme ça, avait un lien avec le secteur économique [...] ». (...) [lire la suite]

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vendredi 7 mai 2004

Pour le refinancement de l’enseignement

Il y a trois ans, le gouvernement arc-en-ciel avait joué à nous faire croire que l’enseignement était l’une de ses priorités. Il s’agissait, à l’époque (on parlait des accords SteThérèse/StPolycarpe/StBoniface), de partager les fruits de la croissance. On avait donc décidé de faire la réforme fiscale (tout de suite) pour, grosso modo satisfaire les riches. On avait aussi décider de promettre que plusieurs années plus tard, on réinjecterait de l’argent (une fraction de la somme allouée à la « réforme fiscale ») dans les communautés (et donc dans l’enseignement).

Plusieurs années plus tard (c-à-d maintenant), les derniers sceptiques (ou les plus furieux zélateurs de l’arc-en-ciel) ne peuvent qu’admettre que l’enseignement aura encore besoin d’argent et que les accords hagio-dénommés précédemment cités n’ont en rien constitué en refinancement de l’enseignement. Tout ça pour dire que le conseil d’administration de l’ULB vient de lancer une pétition pour remettre cette revendication sur la table. Si vous avez un moment, (...) [lire la suite]

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